Gertrude Stein: autobiographies intempestives

Gertrude Stein: autobiographies intempestives
Christine Savinel
Ed. Rue d'Ulm
Date de publication : 16/01/2017

Il y a chez Gertrude Stein (1874-1946) une constante propension autobiographique. Son œuvre entière s'entend comme un monologue dramatique ininterrompu, un peu à la manière de Rousseau, mais sans confessions, et plus proche de Nietzsche par le caractère réflexif.

Dans les années qui suivirent L'Autobiographie d'Alice Toklas (1933), sorte de remarquable « Comment j'ai écrit de si bons livres », Stein écrivit, autour de son unique - et triomphal - voyage de retour en Amérique, deux textes inclassables : Quatre en Amérique (1934) et L'Histoire géographique de l'Amérique (1936), à quoi il faut ajouter l'extraordinaire roman policier raté qu'est Du sang sur le sol de la salle à manger (1933). Elle y relance de manière plus ou moins indirecte les enjeux de son identité, littéraire, intime, linguistique. La période se clôt avec L'Autobiographie de tout le monde (1937), qui, derrière l'annonce d'un texte écrit au nom de tous les autres, se révèle théâtre de la reconnaissance et de la disparition de l'image de soi. (présentation de l'éditeur)