Un homme singulier, Charles Baudelaire

Un homme singulier, Charles Baudelaire
Lazard Madeleine
Ed. Arléa

Singulier, Charles Baudelaire l'était à plus d'un titre. Personnage complexe, malheureux, on verra qu'en le débarrassant de sa légende, qu'il s'est plu lui-même à construire, Madeleine Lazard nous le rend proche et attachant.

Le contraste entre l'inadaptation sociale de l'homme, son impécuniosité quasi permanente et traumatisante, et l'oeuvre considérable du poète qui a ouvert les portes de la modernité est saisissant.

L'histoire de ses relations avec sa famille, et particulièrement avec sa mère, met en lumière l'opposition de deux mondes, celui des « bourgeois », qu'il haïssait, représenté par son brillant beau-père, général et ambassadeur, et celui qu'il s'était forgé, le monde de la littérature, de la poésie et de l'art sous toutes ses formes.

Céline

Céline
Sollers Philippe
Ed. Ecriture

Depuis sa mort, voici un demi-siècle, la stature de Céline n'a cessé de croître : qu'on le veuille ou non, il est un des auteurs majeurs du XXe siècle, un des plus lus, des plus commentés et assurément des plus disputés. Céline a inventé une manière entièrement nouvelle d'écrire le français. Son Voyage au bout de la nuit a été ressenti comme un choc, comme une révolution dans la manière de dire par le roman l'expérience humaine. C'est son oeuvre de polémiste qui devait plus tard lui aliéner durablement nombre de lecteurs. Mais peut-on vraiment dissocier le génie de l'écrivain des violences de l'homme ? Pour Henri Godard les deux sont inséparables.

Cette biographie se propose précisément de retracer le chemin de la vie à l'oeuvre, tout comme elle s'efforce de pénétrer le secret de cette existence à l'épreuve du travail de l'écriture. Elle part à la découverte des vérités contradictoires de Céline, que restitue par fragments, de l'enfance à la mort, une abondante correspondance récemment réunie. C'est un portrait souvent inattendu qui se dessine peu à peu : de l'enfant sage et affectionné du passage Choiseul au reclus de Meudon, en passant par le jeune commis de boutique, le cuirassier à jamais marqué par la guerre, le médecin des quartiers pauvres, l'antisémite furieux, le prisonnier de Copenhague... mais aussi l'amoureux de la mer et des ports, le copain qui adore parler sexe, enfin, le plus méconnu, l'homme qui mit le corps féminin et la danse au centre de sa vie.

Au fil des pages et des années, c'est une figure plus intime, plus complexe, plus déchirée aussi, que découvre le lecteur. Cet itinéraire hors du commun échappe décidément aux simplifications péremptoires.

Clara Malraux. Nous avons été deux

Clara Malraux. Nous avons été deux
Bona Dominique
Ed. Grasset

« Malraux, ce n'est pas seulement André. C'est aussi Clara : sans elle, sa vie, sa légende auraient sans doute été différentes.

Entre eux a existé un lien fait de complicité et de passion. Ils se sont aimés, déchirés, trompés. Ils ont tout connu ensemble, sauf l'ennui.

Vivant éperdument et en communion les fêtes des années vingt, à la confluence des débats intellectuels, politiques et artistiques, ils ont trouvé dans les voyages l'exotisme, la révolution chinoise, la drogue qui convenait à leurs tempéraments survoltés.

L'initiatrice du voyage en Indochine et du pillage des temples d'Angkor, c'est elle. Mais c'est elle aussi qui sauve Malraux de la prison et se lance avec lui dans toutes ses aventures, y compris la guerre d'Espagne.

Amoureuse mais libre, vivant ses amours à sa guise, elle supporte mal que son illustre compagnon lui rende la pareille. Supplantée par d'autres femmes - Josette Clotis, Louise de Vilmorin -, elle souffre de l'abandon mais ne se résigne pas. C'est une battante.

Faute de partager les combats de Malraux, elle se dresse contre ses idées. Elle milite de plein coeur du côté des faibles, des opprimés, et rêve de fraternité universelle.

Destin magnifique et cruel. Ce livre montre comment une femme moderne, libre, tente d'exister à l'ombre d'un grand homme. Non pas par lui mais avec lui. Et même, sans lui. » D. B.

Mon Kafka. Kafka, l'unique.

Mon Kafka. Kafka, l'unique.
Gorouben Anne
Ed. Encre Marine

A. Gorouben, peintre et dessinatrice mêle ici des dessins à la mine de plomb à des extraits du Journal de l'écrivain.

Histoire, forme et sens en littérature. La Belgique francophone. Tome1 - L'engendrement (1815-1914)

Histoire, forme et sens en littérature. La Belgique francophone. Tome1 - L'engendrement (1815-1914)
Quaghebeur Marc
Ed. P.I.E Peter Lang

L'auteur met en relation la fin de la révolution de 1830, qui voit la naissance d'une Belgique moderne, et l'apparition d'une littérature francophone belge singulière, en rapport avec le contexte historique, et qui se distingue de la littérature française.

Le livre interdit. Le silence de Joseph Kessel

Le livre interdit. Le silence de Joseph Kessel
Walter Georges
Ed. Le cherche midi

Le livre interdit, c'est l'ouvrage que G. Walter voulait que Joseph Kessel écrive sur sa mère, mais ce dernier a toujours refusé. Témoin privilégié des dernières années de l'écrivain, G. Walter raconte le déclin, mais aussi la force de vie de ce romancier français.

Hélène Hoppenot. Journal 1936-1940

Hélène Hoppenot. Journal 1936-1940
Hoppenot Hélène
Ed. Editions Claire Paulhan

Après un séjour en Chine, où son mari, diplomate, a été nommé pendant quatre ans, Hélène Hoppenot regagne la France en 1937 et reprend la rédaction de son journal. Elle note ses observations sur le monde politique et diplomatique, rencontre de grands écrivains et artistes et grâce à son mari, suit de près les agissements de l'Etat sous la menace de la guerre.

Pêle-mêle

Pêle-mêle
Richard Jean-Pierre
Ed. Verdier

Pêle-mêle : pourquoi placer sous l'autorité d'un tel concept les quelques études qu'on va lire ? À leur origine une injonction puissante, celle du hasard, de l'aléa, disons du gré d'une suite de lectures. Leur loi, sans doute, c'est moins le paradoxe que la diversité, la différence.

On y suivra, par exemple, le fil d'un chant d'oiseau, ou l'inflexion, chez un poète d'aujourd'hui (Yves Bonnefoy) d'une forme première de rêverie (la courbure) ; ou bien chez un autre (Gérard Macé) le portrait réinventé de trois grands anthropologues ; ailleurs on verra un grand rêveur (Paul Claudel) subir et écrire une pluie chinoise, ou un autre (Henri Bosco) inventer la sauvagerie d'une montagne provençale ; ou bien on épousera, chez un écrivain de maintenant (Christophe Pradeau), la lutte onirique, et enfantine, menée contre les figures d'une existence souterraine ; on suivra, chez un jeune romancier-poète (Michel Jullien), la réinvention tactile, passionnelle, d'un monde de jouets, ou d'objets perdus ; on écoutera chez un autre encore (Stéphane Audeguy) l'éloge d'une vertu peu contemporaine : la douceur ; on rencontrera au passage plantes, fruits, insectes, nuages, oiseaux, poissons, divers petits héros inattendus.

De quoi vivifier entre choses, bêtes et mots, la force de la célèbre devise bachelardienne : « Le monde est ma provocation. »

Romain Gary. De Wilno à la rue du Bac

Romain Gary. De Wilno à la rue du Bac
Catonné Jean-Marie
Ed. Solin

Cinq identités, deux prix Goncourt et mille tragédies. Menteur magnifique, Romain Gary fut le romancier virtuose et désespéré de sa propre vie, déroutant tous ceux qui ont tenté de reconstruire son identité, comme si « Gary » pouvait être identique à lui-même. Comment établir la vérité d'un homme qui s'est efforcé, sa vie durant, à nier la réalité et vécut un destin d'exception dont il s'est ingénié à brouiller les pistes ? Immigré juif, aviateur, compagnon de la Libération, écrivain polyglotte, diplomate, époux de Jean Seberg, autant de personnages dont il réécrit les rôles jusqu'à donner vie à un double qui le menaça d'élimination.

Les écrivains par définition ont une existence essentiellement littéraire, vouée à l'écriture. La vie réelle est dans leur oeuvre, et celle de Gary fut d'abord l'oeuvre d'un romancier à l'imagination extravagante, né de ses fictions, à l'origine de son propre mythe. On m'avait fait une « gueule », se plaindra-t-il dans Vie et mort d'Emile Ajar, oubliant qu'il avait beaucoup contribué à la façonner.

Jean-Marie Catonné s'interroge sur la signification de ces nombreuses affabulations. Pourquoi s'est-il choisi une ascendance tartare, laissant courir le bruit qu'il était le fils d'Ivan Mosjoukine ? Pourquoi Gary a-t-il toujours affirmé n'être qu'à moitié juif, prétendu n'avoir jamais connu son père, ou prêté à sa mère une chimérique carrière théâtrale ? Qui se cache derrière tous ces pseudonymes dont le premier, Gary, devint son nom officiel, puis Fosco Sinibaldi, Shatan Bogat, Tonton Macoute, jusqu'à inventer Emile Ajar, ultime avatar de Romain Kacew, qui détruisit sa légende ?

 

Visions de Kérouac

Visions de Kérouac
Budin Yves
Ed. Carnets du dessert de lune

'Maintenant il est sur la Planète Il veut tout voir tout embrasser tout goûter Il n'est pas le seul La Dépression touche à sa fin Les gens ont à nouveau de l'argent pour s'amuser Le temps Rimbaud est venu de se laisser emporter Abandonner toutes les valeurs transmises par les parents Le mariage les enfants l'avancement social le plan de carrière la retraite Prendre du bide rien à voir avec ce qu'il veut être Maintenant c'est limpide c'est écrit Avoir du succès être le plus grand joueur de football américain Etre célèbre figurer parmi les Sublimes Faire librement l'expérience de la vie Devenir non pas un artiste obscur vulgaire lambda Non Devenir Le plus grand écrivain du monde ni plus ni moins ah ça mon gars ça t'en bouche un coin'