Contes de la lune : Essai sur la fiction et la science modernes

Contes de la lune : Essai sur la fiction et la science modernes
Aït-Touati Frederique
Ed. Gallimard

En 1610, en guise d'étrenne., l'astronome Kepler offre à son protecteur Wackenfels la description poétique d'un flocon de neige : parce que sa structure hexagonale est l'une des figures élémentaires de la matière, le flocon révèle celle de l'univers. Du microcosme au macrocosme, cet éloge paradoxal de Kepler est à la fois un genre littéraire à la mode maniériste du temps, et l'un des accès à la compréhension du monde.

Entre le tournant copernicien négocié par Kepler et Galilée (la Terre tourne autour du Soleil) et la rupture opérée par Newton (le inonde est régi par des lois universelles), la vision directe et les premiers télescopes ne suffisent pas à l'exploration des lointains. L'inaccessibilité de ces nouveaux objets de la connaissance suppose des techniques d'écriture pour décrire l'invisible et dire l'inconnu des mondes cosmologiques.

La fiction joue donc un rôle central : en dépassant les limitations du réel observable, elle permet de substituer une nouvelle image mentale du cosmos à l'ancienne, elle forge un point de vue inédit d'où décrire l'univers ; elle fournit à la science les textes les plus efficaces dans la transformation des représentations du cosmos.

Cette part oubliée ou méconnue, Frédérique Aït-Touati la retrouve, en s'intéressant justement au XVIIe siècle, siècle du commencement moderne, de la mathématisation du monde, de la magie géométrique, des arts de voler, des voyages lunaires et de l'exploration des merveilles de la nature. Par là, elle donne matière à penser et à rêver sur une autre façon de concevoir la science.

Le livre à lire... dans une bibliothèque

Le livre à lire... dans une bibliothèque
Ernst Paul
Ed. L'Hèbe

Une bibliothèque, c’est le lieu intime de la maison, beaucoup plus que les toilettes ou que la cave à vin. La bibliothèque révèle toutes vos passions, vos curiosités, parfois même les voyages que vous avez faits, les peintres que vous aimez, les premiers poèmes que vous avez lus. C’est aussi la pièce qui fait directement écho à un bâtiment public qui a une fonction en tous points semblables : la plonge dans des livres.
Miroir de la personnalité, et de la ville, la bibliothèque parle pour vous. Alors, quelle stratégie de rangement adopter ? Quelles conditions pour prêter un de vos livres favoris ? Comment bluffer grâce à sa bibliothèque ? C’est à ces impératifs que cet ouvrage vous propose de vous consacrer, le temps d’une nuit d’insomnie et de passion pour les livres.

Maurice Nadeau. Une passion littéraire. Revue Ah!

Maurice Nadeau. Une passion littéraire. Revue Ah!
Revue
Ed. Cercle d'art

« Militant trotskyste en 1933, Maurice Nadeau entre aussi la même année en journalisme, puis en littérature. D'un grand journal (Combat) à des hebdomadaires (France Observateur, L'Express), d'une revue à l'autre, d'un éditeur à l'autre, le militant de la littérature est le lecteur, le critique, le découvreur et parfois l'éditeur de quelques-uns des plus grands écrivains de la seconde moitié du XXe siècle, dont il est souvent devenu l'ami. Ainsi David Rousset, Henry Miller, Malcolm Lowry, Gombrowicz, Maurice Blanchot, Samuel Beckett, Henri Michaux, Roland Barthes, Michel Houellebecq... Maurice Nadeau est toujours aujourd'hui l'artisan et le concepteur de La Quinzaine littéraire et des éditions Maurice Nadeau. Pas de jour sans lecture d'un livre, d'un manuscrit, sans désir de partager, de communiquer, de vivre en littérature.

On découvre dans ses entretiens avec Jacques Sojcher l'histoire de cette passion généreuse, avec en toile de fond la grande histoire d'un siècle de littérature. »

STRUCTURE DE L'OUVRAGE

Jacques Sojcher, l'orgueil de l'effacement Maurice Nadeau, Une vie en littérature (1992-2011). Conversations avec Jacques Sojcher

Maurice Nadeau, Sartre et l'idiot de la famille (articles parus dans La Quinzaine Littéraire n° 119 juin 1971 et n° 121 juillet 1971.

Lettres inédites d'auteurs à Maurice Nadeau
(Georges Perec, Samuel Beckett, Simone de Beauvoir, Edmond Jabès,  Raymond Queneau...)

Album photos de Maurice Nadeau en compagnie d'artistes et d'écrivains (Fred Deux, René de Obaldia, Marie Etienne, Louis Guilloux, Annie Lebrun, Henri Miller, Anne Sarraute, Leonardo Sciascia, Trotsky Andréa Zanzotto)Textes de Serge  Gilbert Lascault, Gilles Nadeau, Bernard Noël, Pierre Pachet, Eugène Simion, Christine Spianti...

Paulhan et son contraire

Paulhan et son contraire
Kéchichian Patrick
Ed. Gallimard

De l'enfance à la vieillesse, d'une guerre à l'autre, dans sa réflexion sur le langage et la littérature ou sur la morale politique, dans son commerce avec les écrivains, dans ses responsabilités éditoriales, dans son exercice de la critique, dans ses engagements et ses dégagements, dans ses amours enfin, Jean Paulhan refusa de s'en tenir aux évidences acquises. Sous chaque apparence, sous la moindre certitude, autour de chaque mot, de la moindre idée, il creusa des tranchées, des trous, des galeries, des abîmes. Et comme cela ne suffisait pas, il se mit lui-même en jeu, en danger - celui de devenir fou -, tenant simultanément ou successivement les différents rôles : l'écrivain et le critique, l'auteur et l'éditeur, le maître et l'élève, le terroriste et le rhétoriqueur, le sujet et l'objet, le mot et l'idée, le parlant et le parlé, en somme le marteau et l'enclume, la plaie et le couteau.

Jean Paulhan n'a pas simplifié ma vie. Cette vie, il ne l'a pas non plus exactement éclairée. Mais, incontestablement, il l'a rendue, secrètement, cocasse, imprévisible, sensible, poreuse, faillible, risible et dramatique : intéressante dans des proportions considérables, presque extravagantes.

Jack London. Photographe

Jack London. Photographe
London Jack
Ed. Phébus

Jack London, tête brûlée éprise de liberté, a, en quarante années d'une existence intense, semé sur sa route de nombreux romans, nouvelles ou essais comme autant de témoignages de sa soif de vivre. Marin en Sibérie et au Japon, blanchisseur, pilleur d'huîtres, chasseur de phoques, vagabond, chercheur d'or, militant socialiste, correspondant de guerre ou agriculteur... l'auteur de L'Appel sauvage, de Martin Eden, du Peuple d'en bas, de John Barleycorn ou du Talon de fer aura bel et bien vécu plus de cent vies.

Curieusement, on ignore souvent que cet aventurier des mers et des mots était également un photographe de génie qui, par l'image, a reflété son temps. Et de quelle manière ! Avec douze mille clichés, le petit gars des rues de San Francisco a porté sur le monde le regard des grands humanistes. Toujours en empathie avec ses sujets - miséreux de l'East End londonien, soldats du conflit russo-japonais, lépreux de l'île de Molokaï - Jack London a fait part de ses émotions sans jamais se départir d'une sensibilité éloignée des images d'Épinal attendues.

Grâce au travail de Jeanne Campbell Reesman, de Sara S. Hodson et de Philip Adam qui ont sélectionné les deux cents photos les plus marquantes de ce grand reporter s'il en est, un hommage est enfin rendu au Jack London photographe, tant chacune de ses prises de vue déborde d'humanité, de tendresse et de beauté.

Après le livre

Après le livre
Bon François
Ed. Seuil

Nous vivons une des très rares mutations de l'écrit. Rares (la tablette, le rouleau, le codex, l'imprimerie), mais chaque fois irréversibles et globales.

Ce que change Internet, ce n'est pas le rapport au livre, c'est le rapport au monde. Le numérique affecte la façon dont on écrit aussi bien que celle dont on lit, nos bibliothèques comme la trace que nous laissons parmi les autres. Il ne s'agit pas ici de prédire. Prendre le temps, au contraire, de considérer l'histoire récente de notre propre rapport à ces machines, comment nous nous en servons, ce qu'elles ouvrent de possibles. Prendre le temps de revenir à quelques oeuvres décisives, celles de Balzac ou de Rabelais en font partie, qui sont elles-mêmes l'empreinte d'une de ces transitions. Alors peut-être accepterons-nous de voir que s'offrent pour nos fables, nos récits, nos lettres, nos carnets privés, nos images aussi, d'autres vecteurs, une autre mémoire et de nouveaux modes de transmission. Nous sommes déjà après le livre.

L'invention de Philippe Muray

L'invention de Philippe Muray
de Vitry Alexandre
Ed. Carnets Nord

Mars 2010, Fabrice Luchini lit Philippe Muray. Ou comment passer du statut d'artiste confidentiel à celui d'écrivain en vogue qu'on cite dans les dîners parisiens. Mais le Philippe Muray qu'on décrit comme un pamphlétaire ne donne qu'une image grossièrement simplifiée de cet écrivain : au-delà des « billets d'humeur » les plus connus, il a en effet légué une oeuvre complexe, marquée par sa vision grinçante - mais libératrice - de l'individu et de la société.

En s'appuyant sur le grand-oeuvre de Philippe Muray, Le XIXe siècle à travers les âges, cette véritable petite encyclopédie plonge le lecteur dans les coulisses de son écriture, pour découvrir comment il invente une nouvelle manière de dépeindre l'homme moderne - et comment l'écrivain Muray s'invente à travers la lecture de ses prédécesseurs.

Entre rire et désillusion, comique et tragique, c'est un personnage riche d'infinies contradictions dont on découvre ici le portrait.

La cause des livres

La cause des livres
Ozouf Mona
Ed. Gallimard

J'ai réuni dans ce livre des articles que, pendant quarante ans, j'ai donnés au Nouvel Observateur. Une actualité littéraire fantasque les a souvent inspirés, les figures imposées du journal en ont toujours dicté la forme : c'est une brocante où le hasard semble avoir plus à dire que la nécessité.

Et pourtant, cette promenade buissonnière à travers les livres dessine peu à peu un itinéraire familier. On retrouvera ici les aveux du roman, les mots des femmes, l'ombre portée de la Révolution sur les passions françaises, et un tableau de la France et des Français où l'on voit une diversité obstinée tenir tête à la souveraine unité de la nation.

Ces rencontres d'occasion avec les oeuvres et les figures du passé me renvoient donc à mes goûts et à mes attaches. Je n'ai pas de peine à reconnaître en elles des voix amicales et des présences consolantes. Mais j'y vois aussi surgir l'événement intempestif, la rencontre inattendue, la surprise des sentiments. La littérature et l'histoire, sur la chaîne usée des destinées humaines, n'ont jamais fini de broder les motifs inépuisables de la complexité. Telle est la cause des livres.

Leçons sur la langue française

Leçons sur la langue française
Guyotat Pierre
Ed. Léo Scheer

De 2001 à 2004, Pierre Guyotat a donné à l'université Paris-VIII Saint-Denis, dans le cadre de l'Institut d'Études Européennes, devant un auditoire composé de jeunes étudiants en grande partie étrangers, un cours d'« Histoire de la langue française par les textes », qui est ici retranscrit dans sa quasi-intégralité.

Lectures commentées, éléments d'une pensée de la langue et de l'Histoire, récits de la vie intérieure, sociale, politique, des grands auteurs et de la scolarité de Pierre Guyotat, dans la continuité de ses derniers livres, Formation et Arrière-fond, permettent de renouveler l'idée que l'on se faisait des grands textes classiques et, en offrant une vue unique de la relation que l'auteur d'Éden, Éden, Éden entretient avec eux, de remonter aux sources d'une oeuvre, la sienne, qui ne cesse de s'inventer.

L'ensemble forme une anthologie à la fois intime et universelle : parcours de savoir et d'imagination dans l'Histoire de la France et de l'Europe, et au-delà - le Nouveau Monde, l'Empire ottoman, la Chine... Du Serment de Strasbourg à Paul Claudel, de Rutebeuf à Buffon, de Montaigne à Tocqueville, de la science à la peinture, à la musique, à l'architecture et aux lois, d'Ézéchiel à l'Henry V de Shakespeare, c'est toute une tradition occidentale qui est ici exposée librement et liée à l'actualité immédiate, par un des créateurs les plus puissants du dernier demi-siècle.

Dictionnaire André Malraux

Dictionnaire André Malraux
Collectif
Ed. CNRS

Le dictionnaire total qui épouse le rythme d'une vie menée tambour battant, de l'Indochine à l'Espagne, de Trotsky à De Gaulle, de la Résistance au ministère de la Culture, de La Condition humaine aux Chênes qu'on abat. Malraux restitué dans toute sa diversité, dans tous ses paradoxes et dans tout son génie. Malraux public et privé, esthète et aventurier, solitaire et mondain, séducteur et timide. Malraux et son rapport à l'enfance, à l'argent, au bonheur, à la mort, à la religion, à la science, aux femmes et à lui-même.

Près de 300 notices établies par des universitaires (français, chinois, japonais, américains, turcs) mais également des témoins (Sophie de Vilmorin, dernière compagne de l'écrivain, Alain Malraux, neveu d'André, Dominique Desanti), des philosophes (Bernard-Henri Lévy), des écrivains (Jorge Semprún), des conservateurs de musées.

Une entreprise éditoriale sans précédent.

Un monument de savoir, à la mesure de la place occupée par Malraux dans notre roman national.