Correspondance. 1927-1942

Correspondance. 1927-1942
René Daumal & Léon Pierre-Quint
Ed. Ypsilon

Exhumer la figure de Léon Pierre-Quint, personnage complexe injustement oublié, critique littéraire et éditeur majeur de la première moitié du vingtième siècle & démystifier la légende inepte du «sage» ou de l'«ange» dont est entachée l'image de René Daumal, l'un des hommes, certes poète, les plus radicalement lucides que l'entre-deux guerres ait connu - voilà le mérite de cette correspondance inédite.

Des balbutiements du Grand Jeu aux années noires de la 2de guerre mondiale, ce ne sont pas moins de 180 lettres, ici dévoilées, qui témoignent des échanges entre le très attentif directeur-passeur des éditions du Sagittaire, et un René Daumal du quotidien qui n'a «pas d'autre gagne-pain qu'écrire, réviser, traduire, corriger des épreuves, rédiger des 'prières d'insérer', [...] etc. en tirant fréquemment la langue», et qui dans l'envoi de sa Guerre sainte écrit : «À Léon Pierre-Quint / qui avidement en chacun / cherche la / Pierre angulaire / et / la Quint e-essence / et le lieu / où les Solitudes se rencontrent».

Correspondance. 1927-1939

Correspondance. 1927-1939
Roger Gilbert-Lecomte & Léon Pierre-Quint
Ed. Ypsilon

Hommage à Claudette Oriol-Boyer

Oeuvres complètes, vol. 1. Céline Arnauld

Oeuvres complètes, vol. 1. Céline Arnauld
Céline Arnauld & Paul Dermée
Ed. Classiques Garnier

Il n'est pas courant dans l'histoire des lettres que l'on publie les oeuvres d'un couple d'écrivains. Tous deux oubliés, ils furent cependant des précurseurs : créateurs et animateurs de revues, amis des plus grands écrivains et peintres. D'origine roumaine, Céline Arnauld (1885-1952), pseudonyme de Carolina Goldstein, forte d'une licence de lettres, réalisa son oeuvre personnelle de poète tout en étant la collaboratrice de son mari. D'origine belge, Paul Dermée (1886-1951), pseudonyme de Camille Janssen, poète, critique, fut un des pionniers de la radio française ; sa formation scientifique et littéraire le désignait pour des fonctions de journaliste littéraire de radio.

Le voyage des mots. De l'Orient arabe et persan vers la langue française

Le voyage des mots. De l'Orient arabe et persan vers la langue française
Rey Alain
Ed. Guy Trédaniel

Tel un cortège de Rois mages apportant à l'Europe les richesses de l'Orient, un trésor de mots arabes est venu enrichir les moyens verbaux qui nous permettent de nommer le monde. Du Ciel à la Terre, des sciences aux croyances, des substances naturelles aux étoffes et aux vêtements, de la guerre à la paix, maints domaines de notre expérience peuvent cacher ou dévoiler leur origine orientale, qu'elle soit savante, poétique ou familière.

Les mots arabes en français sont souvent surprenants, inattendus, comme la houle de l'océan, le chiffre des calculs, l'élixir et l'ambre, et, dans la vie commerciale, le magasin ou la douane. Le confort n'est pas absent ; non seulement le divan et le sofa sont « arabes », mais aussi le matelas. Que les mots « babouche » et « fez » soient orientaux, on ne s'en étonne guère ; mais le « châle », le « gilet », la « jupe » ? Et la « coupole », le « masque » et la « mascarade » ?

Le Voyage des Mots de l'Orient arabe, persan ou turc vers le français, souvent par l'Italie et l'Espagne, est évoqué ici précisément, mais aussi poétiquement et artistiquement. Car l'écriture arabe, avec ses « arabesques », est un lieu de beauté et de plaisir, en admirables calligraphies décoratives.

36 facéties pour des Papous dans la tête

36 facéties pour des Papous dans la tête
Treussard Françoise
Ed. Carnets Nord

Dans la catégorie « attention, chefs-d'oeuvre ! », les écrivains de la bande des Papous de France Culture, joueurs et imaginatifs, ont choisi 36 histoires romanesques qu'ils nous racontent comme elles arrivent dans leur mémoire vagabonde, joliment troussées.

Hugo aujourd'hui ? C'est Totor dans le 9.3 ! À Anna Karénine on a envie de dire : faites l'amour, pas la gare ! Avec Flaubert, souvent bobos varient, pour Duras, autant en emporte le nuocmâm... Quant au loup de Perrault, il compte pour du beurre. Les héros sont ici apprivoisés, parfois moqués, toujours choyés. Eva Almassy, Patrice Caumon, Odile Conseil, Lucas Fournier, Gérard Mordillat, Ricardo Mosner, Dominique Muller, Françoise Treussard et Jacques Vallet s'en sont donné à coeur joie.

Voici 36 Facéties* joyeuses, comme autant de pirouettes avec la littérature, brillamment illustrées par Ricardo Mosner.

Car rien n'est plus important que de rire en lisant. Ou l'inverse.

* imaginées pour Des Papous dans la tête, émission « culte » de France Culture.

 

Epilogue

Epilogue
Genette Gérard
Ed. Seuil

Comme l'indique son titre, ce petit livre met un point final à la suite bardadraque qui l'a précédé, selon une fonction d'«examen» auto-critique et dans un après-coup plus ou moins tardif, que la tradition classique assignait comme définitive et forclusive. La sagesse populaire, qui craint à juste titre les suppléments inutiles et les promesses en l'air, dit en pareil cas : «N'épiloguons pas», ou parfois, et plus bizarrement : «N'anticipons pas». Je vais donc épiloguer un peu, mais pas trop, dans un autre désordre à bâtons rompus et sous le signe paradoxal de la convergence des temps, sans éviter quelques détours à fins de repentirs ambigus, d'aggravations provocantes ou de diversions hasardeuses, et non sans anticiper parfois, mais pas de beaucoup, on verra bien quoi. G. G.

Il existe d'autres mondes

Il existe d'autres mondes
Bayard Pierre
Ed. Minuit

À suivre la théorie des univers parallèles, que prennent de plus en plus au sérieux les physiciens, je ne suis pas seulement en train d’écrire ce livre, mais aussi de diriger un orchestre symphonique, de mener une enquête à Scotland Yard et de faire l’amour avec une star de cinéma.
Il est étonnant qu’une théorie aussi stimulante, illustrée par un grand nombre d’écrivains – comme Dostoïevski, Nabokov ou les sœurs Brontë – et qui permet de résoudre de multiples énigmes de la vie quotidienne, n’ait pas davantage retenu l’attention des chercheurs en sciences humaines. Ce livre entend combler cette lacune.

William Blake ou l'infini

William Blake ou l'infini
Jordis Christine
Ed. Albin Michel

Né au-dessus d'une échoppe de bonnetier, à Londres, William Blake (1757-1827) affirmait que, pour retrouver la joie que nous portons en nous, « il suffit de nettoyer les fenêtres de la perception ». Après avoir vu Dieu à huit ans, puis un arbre « rempli d'anges », il dessina, peignit, grava, écrivit de longs poèmes prophétiques.

Anticlérical, antimonarchiste, pacifiste, révolté par la misère et l'injustice sociale, il voulut changer l'homme et le monde. À l'argent-roi, il opposa l'esprit, c'est-à-dire la poésie et l'art. Rejeté par son époque, condamné à la solitude et à la pauvreté, il n'en continua pas moins de poursuivre son chemin jusqu'à sa mort.

Dans cet essai biographique passionné et passionnant, Christine Jordis, prix Femina pour De petits enfers variés et prix Médicis pour Gens de la Tamise, fait de l'auteur du Mariage du Ciel et de l'Enfer notre contemporain.

Devenir Carver

Devenir Carver
Barry Rodolphe
Ed. Finitude

Il aura vécu intensément. Enfance heureuse, adolescence agitée, marié trop jeune, père à tout juste dix-neuf ans, il a connu la précarité, les galères et les frustrations, l'alcool et la descente aux enfers. On aurait déjà pu en faire un roman. Puis il est mort une première fois, ou presque, à quarante ans - exit « Mister Whiskey » auteur contrarié et mari impossible -, pour renaître et mener une nouvelle vie. Une vie vouée à tirer les leçons du passé, à s'élever, à aimer « tout ce qui le grandit ». À devenir Carver, un des plus grands écrivains américains.

Lorsque Rodolphe Barry évoque Raymond Carver, nous entendons sa voix feutrée, nous sentons sa présence sobre et puissante. C'est une descente au fond du coeur de Ray.

La zone grise. Entretien avec Anna Bravo et Federica Cereja

La zone grise. Entretien avec Anna Bravo et Federica Cereja
Levi Primo
Ed. Payot

Un 1983, Primo Levi s'entretient avec deux historiens, Anna Bravo et Federico Cereja, et revient sur son expérience des camps. Il se penche notamment sur la zone grise, cette bande aux contours mal définis « qui sépare et relie à la fois les deux camps des maîtres et des esclaves » et dont la classe hybride des prisonniers fonctionnaires est « l'ossature et l'élément le plus inquiétant ». Il s'agit de témoigner de cas précis pour comprendre et de comprendre pour mieux juger. Primo Levi le fait avec son style net et précis dont l'équivoque est à jamais bannie.

Précédé d'une importance préface de Carlo Ginzburg, et d'une note de Federico Cereja, l'entretien de Primo Levi est suivi d'une postface d'Anna Bravo : ces textes forment un ensemble incomparable pour aborder une des questions les plus délicates de l'historiographie des camps.

Ils offrent aussi un véritable viatique pour les femmes et les hommes que ne rebute pas la complexité du mal.