Histoire du livre

Histoire du livre
Blasselle Bruno
Ed. Gallimard

C'est avec l'invention du codex, cet ensemble de cahiers de parchemin plies et cousus succédant au rouleau de papyrus que commence l'histoire du livre, aux premiers siècles de notre ère. Dans la longue tradition médiévale de copie manuscrite, l'irruption de l'imprimerie, grâce à Gutenberg, ne constituera qu'une rupture technique, tant les premiers livres imprimés s'efforceront d'imiter la magnificence des manuscrits. Mais la diffusion du livre ne pourra plus être arrêtée.

Stimulé par le développement des universités, il part à la conquête de nouvelles classes sociales, participe au rayonnement de l'humanisme et de la Renaissance, aux batailles de la Réforme et des Lumières. En France, à la veille de la Révolution, 2 000 titres sont enregistrés au dépôt légal ; il y en aura 15 000 en 1889. La scolarisation et l'essor des bibliothèques, qui, au XIXe siècle, ont mis le livre à la portée de tous, ne suffisent pas à expliquer une telle croissance. Si l'usage du livre se généralise, c'est aussi parce que les conditions de sa fabrication connaissent les mêmes progrès que le monde industriel. Surtout, un nouveau métier est apparu : l'éditeur, qui chasse, dépiste, découvre le manuscrit, en contrôle la publication et la distribution, relayé par des commis voyageurs et des libraires, présents dans les plus petites villes.

Avec plus de 60 000 titres publiés en 2007 et 470 millions d'exemplaires vendus la même année, le livre poursuit son essor, bientôt accompagné par celui de nouveaux supports, tel le livre électronique, qui étendront la diffusion de l'écrit.

Borges en dialogues

Borges en dialogues
Borges Jorge Luis
Ed. 10/18

En 1984, Jorge Luis Borges a 85 ans. Mais ce n'est pas un écrivain comblé d'honneurs et vieillissant qui va se livrer au jeu des questions-réponses pour la radio argentine. C'est un homme au faîte de son intelligence, érudit et passionnant, qui, au cours de trente conversations stimulantes, va peu à peu dévoiler le vaste champ de ses réflexions et de son inspiration. De l'identité argentine à l'emprise du temps, de la mythologie aux westerns, de Dante à Kipling, Borges apporte sur sa vie et son oeuvre un éclairage inédit, démontrant une fois encore qu'il est un des auteurs et des penseurs essentiels du XXe siècle.

« Si, dans ces entretiens, Borges commente abondamment les littératures anglo-saxonne, argentine et française, ce sont les questions du temps, de l'identité, de la fiction qui suscitent les développements les plus passionnants. » René de Ceccaty, Le Monde

 

L'art du roman

L'art du roman
Woolf Virginia
Ed. Points/Signatures

«Le seul conseil en effet qu'une personne puisse donner à une autre à propos de la lecture c'est de ne demander aucun conseil, de suivre son propre instinct, d'user de sa propre raison, d'en arriver à ses propres conclusions.»

Loin d'imposer un quelconque jugement, Virginia Woolf partage sans détour sa connaissance profonde et son indéfectible amour de la littérature. Elle admire Proust et Austen, se demande si on peut comprendre Tolstoï sans parler russe et s'interroge sur l'avenir des écrivains femmes, pour mieux imaginer le roman de demain.

L'Art de la fiction

L'Art de la fiction
Lodge David
Ed. Rivages poche

L'art de la fiction est traité à travers de nombreux thèmes comme les interventions d'auteur, le suspense, le roman épistolaire, le monologue intérieur, le réalisme magique, le symbolisme, et chacun illustré par des extraits d'un roman classique ou moderne.

S'appuyant sur des écrivains aussi différents que Henry James et Martin Amis, Jane Austen et Fay Weldon, Henry Fielding et James Joyce, David Lodge rend accessibles à tous la richesse et la variété de la littérature anglaise et américaine.

Apportant à la critique littéraire la verve et l'humour de ses propres romans, David Lodge, qui fut professeur de littérature à l'université de Birmingham, de 1960 à 1987, fournit aux étudiants, aux écrivains aspirants et à quiconque souhaite comprendre le fonctionnement de la littérature, sa méthode et son interprétation.

Les affinités extrêmes

Les affinités extrêmes
White Kenneth
Ed. Albin Michel

Si Kenneth White sait traverser des territoires et habiter pleinement la terre, c'est aussi un aventurier de l'esprit qui évolue dans les espaces mentaux les plus exigeants, les plus rares - et les plus vivifiants.

Il évoque dans cet essai littéraire aussi passionné que poétique son rapport personnel à quelques écrivains de langue française dont Breton, Michaux, Céline, Cioran, Segalen..., qu'il estime être parmi les plus libres et les plus stimulants de cette fin de modernité : prosateurs hors des limites du roman, poètes qui dépassent la philosophie.

L'ensemble prend des allures de ce que White, styliste de talent et démocrate radical de toujours, appelle un « manifeste anti-médiocratie ». Loin de tout dogmatisme, étranger aux modes intellectuelles de ce siècle débutant, ces Affinités extrêmes sont avant tout un guide d'indépendance d'esprit.

Calligrammes dans tous ses états

Calligrammes dans tous ses états
Debon Claude
Ed. Calliopées

«Calligrammes» dans tous ses états donne à voir toutes les étapes de la naissance du second grand recueil poétique d'Apollinaire, publié en 1918, l'année de sa mort.

Environ quatre cents manuscrits et documents, dont la première maquette de Case d'armons, fabriquée sur le front en 1915, et l'édition originale, jamais encore reproduite, sont pour la première fois réunis ici. Accompagnés d'un appareil critique, destiné aux chercheurs, aux étudiants, aux enseignants, aux fervents d'Apollinaire, aux amoureux de la poésie, voire aux collectionneurs, ils constituent l'épopée d'un livre élaboré difficilement pendant la Grande Guerre. Solidaires de cette Histoire vécue par le poète-combattant, ils sont surtout un moment essentiel de l'histoire de l'art et de la poésie modernes.

L'inventeur, en 1917, du mot «calligramme» a créé dès 1914, dans ses «poèmes formels», une poésie «spectaculaire», qui s'offre simultanément à la lecture et à la contemplation. Apollinaire nous propose dans Calligrammes, trop longtemps resté dans l'ombre d'Alcools, toutes sortes de fécondes métamorphoses poétiques dont l'héritage est loin d'être épuisé.

Présentées et analysées par Claude Debon, les étapes de cette création mettent en lumière un exceptionnel champ d'expérimentations et de réussites poétiques.

Lettres choisies

Lettres choisies
Lawrence David Herbert
Ed. Rivages

'Je suis las et dégoûté de la personnalité sous toutes ses formes. Soyons libres et impersonnels, essayant de créer une vie nouvelle, une vie nouvelle en commun, un arbre de vie partant des racines qui sont en nous. Ma chère Katherine, vous savez qu'en tout ceci nous sommes vos amis sincères, et que ce que nous voulons, c'est créer une belle nouvelle vie en commun, le germe d'une nouvelle vie sociale. Mais il faut que nous développions nos racines les plus profondes sortant de l'inconscient et non pas des concepts conscients que nous appelons faussement notre moi. Quand vous reviendrez, je veux que vous veniez, vous et Murry, habiter avec nous ou près de nous. Ensemble, et non plus séparés. Vivons tous ensemble et créons un nouveau monde. Si cela est trop difficile en Angleterre, parce qu'ici tout est destruction, corruption et mort, partons pour la Floride, bientôt. Mais partons ensemble et restons ensemble, plusieurs ayant le même esprit.' Avec ma tendresse. D.H. Lawrence.

Revue Internationale Henry Bauchau n°1/L'écriture à l'écoute

Revue Internationale Henry Bauchau n°1/L'écriture à l'écoute
Collectif
Ed. Presses universitaires de Louvain

Hommage à Claudette Oriol-Boyer

Le clavier cannibale

Le clavier cannibale
Claro Christophe
Ed. Inculte

« On déplorera que les assassins ne soient pas tous illettrés »

Présentation de l'éditeur 

Un recueil de courts essais sur des auteurs américains, sur la traduction et le monde de l'édition. A travers une cinquantaine de textes évoquant les grands noms de la littérature américaine (Gibson, Pynchon, DeLillo, Vollmann, Gaddis, Cooper, Moody, Selby, Sorrentino, Everette), C. Claro, traducteur et écrivain, dresse une cartographie de la fiction de notre époque.

Description raisonnée d'une jolie collection de livres. Le Promeneur. Vingt ans d'édition

Description raisonnée d'une jolie collection de livres. Le Promeneur. Vingt ans d'édition
Collectif
Ed. Des Cendres & Le Promeneur

Description raisonnée d'une jolie collection de livres est le titre d'un ouvrage consacré en 1844 par son ami Duplessis à la vie, l'oeuvre et surtout les 1254 livres de la bibliothèque de Charles Nodier, bibliothèque dont la vente est restée dans l'histoire.

Précurseur méconnu de Borges et bibliomane exalté - qui se contentait d'acheter des livres quand il ne les rêvait pas -, Nodier est la figure tutélaire du présent volume, consacré au parcours multiple, depuis plus de vingt ans, d'un autre écrivain que sa passion des livres aura, à son tour, amené à explorer tout le spectre de l'imprimé, de la revue au discret et luxueux livre d'artiste, des petites structures indépendantes à l'insertion au sein d'une des plus prestigieuses maisons d'édition françaises.

'Jolie' doit s'entendre avec une touche d'ironie : on accole trop souvent cet adjectif, ou un synonyme, aux livres qui font l'objet du présent ouvrage, en une forme de compliment qui n'est, le plus souvent, qu'une façon de s'en débarasser, en les réduisant à d'agréables objets. Car le souci esthétique qui les caractérise - effet, comme on le verra, d'une extrême économie de moyens - s'est toujours voulu fondamentalement éthique.

'Collection' parce que Le Promeneur appartient à ce type de projets littéraires (des éditions de la Sirène au Sagittaire ou au Point du jour) qui, tout en traitant avec les nécessités commerciales, n'ont jamais renoncé à la rigueur extrême de leur choix, fût-ce au prix d'une limite consentie. Issue de la Bibliothèque d'un amateur, en reflétant les enthousiasmes et les lacunes, cette 'jolie collection de livres' peut donc être accessoirement considérée comme une oeuvre à part entière, que la présente 'description' éclairerait pour la première fois dans son ensemble, à la manière de ces tableaux du XVIIe siècle qui représentent une infinité d'autres tableaux, en une suite de galeries vertigineuses ou de pinacothèques affolées, derrière lesquelles se profile l'ombre d'un collectionneur jamais visible, mais partout présent.