Gabriel Garcia Marquez. Une vie

Gabriel Garcia Marquez. Une vie
Martin Gerald
Ed. Grasset

Une vie est l'histoire d'une réussite, une histoire tout aussi fascinante et étrange que les oeuvres de Gabriel Garcia Márquez elles-mêmes. Le grand écrivain colombien, prix Nobel de littérature en 1982, incarne à la fois le réalisme magique et l'engagement révolutionnaire. Ses romans et nouvelles mêlent les grands tableaux de l'histoire sud-américaine à la fable, au folklore et aux mythes populaires. Son oeuvre dénonce les inégalités sociales et les inextricables compromissions morales, fruits de luttes acharnées de pouvoir ou d'intérêt, et causes du malheur des plus faibles.

Ce sont toutefois les aspects moins connus de l'incroyable destin de l'écrivain que cette biographie met en lumière : la difficulté de concilier la célébrité et la qualité littéraire, la politique et l'écriture, le pouvoir, la solitude et l'amour.

Ce travail admirable, fruit de dix-sept années de constance et d'obstination, retrace avec brio la vie du prix Nobel de littérature, de son enfance dans un milieu pauvre et rural jusqu'à la gloire internationale. Un hommage subtil à un auteur complexe, mais aussi une clef indispensable à la compréhension de son oeuvre.

Une famille d'écrivains. Chroniques buissonnières

Une famille d'écrivains. Chroniques buissonnières
Vandromme Pol
Ed. Rocher

Ce qui a commencé avec Journal de lectures, ce qui s'est poursuivi avec l'Humeur des lettres et Vagabondages s'achève avec Une famille d'écrivains. Se boucle un cycle qui valut à Pol Vandromme le grand prix de la critique de l'Académie française et l'obtention de la bourse de la Fondation Simone et Cino del Duca.

L'intérêt de ces recueils, c'est de composer, à coups de chroniques buissonnières, une vaste galerie de portraits littéraires.

De cette promenade hors des sentiers balisés, une cohérence se dégage : un arbitraire de convenance personnelle qui a permis à Pol Vandromme de reconnaître les écrivains proches de sa sensibilité et de son esthétique.

Ainsi, de Retz à Nimier, de Stendhal à Dominique de Roux, de Larbaud à Déon, de Saint-Simon à Céline, la littérature habite-t-elle la maison de famille de Pol Vandromme.

Ce livre, qui couronne un art aigu et clairvoyant, le montre à chaque page.

Gustave Flaubert. Une manière spéciale de vivre

Gustave Flaubert. Une manière spéciale de vivre
de Biasi Pierre-Marc
Ed. Grasset

Qu'est-ce qu'une vie d'écrivain ? Une enfance, des amours, des voyages, des amitiés, des soucis d'argent, des mondanités, des succès, des revers... Mais, au fond, tout cela a-t-il quelque chose à voir avec l'oeuvre, l'écriture, le style ? Et qu'est-ce qui fait que cette vie-là, précisément, est celle d'un écrivain ?

Ces questions touchent toute entreprise biographique mais elles deviennent cruciales quand on aborde une figure comme celle de Gustave Flaubert. Si son oeuvre a révolutionné le romanesque, c'est au nom de nouvelles exigences - l'impersonnalité, le refus de conclure, la relativité des points de vue - qui installent au coeur de son écriture une figure du vide : « Personnalité de l'auteur : absente. » Comment, dans ce cas, partir à la recherche de l'écrivain sans trahir son projet ? Pour lui, l'oeuvre est tout, l'auteur n'est rien. Le plus beau cadeau que pourrait lui faire la postérité serait de ne rien savoir de sa vie contingente, en lisant ses textes comme s'il n'avait jamais existé...

Le problème s'aggrave encore si l'on considère l'autre aspect des choses : le versant « guenilles » de sa vie. Là, c'est bien pire : non seulement nul ne doute que Flaubert a existé, mais chacun peut se faire une idée très précise de son agenda en se plongeant dans les cinq mille pages de sa Correspondance. À l'impersonnalité structurale de l'oeuvre répond une exceptionnelle réussite de l'écriture du quotidien, tour à tour profonde, cinglante, drôle, émouvante...

C'est en jouant sur ce double registre que Pierre-Marc de Biasi ressuscite ici son Flaubert. De l'oeuvre à l'existence, en perpétuel aller-retour. Avec, entre les deux, « une manière spéciale de vivre »...

 

Les entretiens de Treilles, vol. 3. La place de la NRF dans la vie littéraire du XXe siècle. 1908-1943

Les entretiens de Treilles, vol. 3. La place de la NRF dans la vie littéraire du XXe siècle. 1908-1943
Collectif
Ed. Gallimard/Les cahiers de la NRF

Quand parut en 1909 le « second » premier numéro de La NRF, « revue mensuelle de littérature et de critique », dirigée par Jacques Copeau, André Ruyters et Jean Schlumberger, cet élégant fascicule de cent dix pages n'était qu'un périodique de plus parmi des douzaines de publications du même genre et dont plusieurs jouissaient d'une notoriété et d'une audience certaines. Comment, en quelques années, la dernière-née des innombrables revues de la Belle Époque a-t-elle réussi à s'imposer comme le lieu de rencontres et d'échanges des lettres modernes ? Comment ce « groupement d'esprits libres » (selon la définition de Gide, qui inspirait la revue sans jamais la diriger) a-t-il réussi à fédérer des auteurs aussi différents que Claudel et Proust, Jouhandeau et Supervielle, Giraudoux et Valéry ? Leur point de convergence : une exigence littéraire absolue refusant de se mettre au service d'une quelconque idéologie.

Très vite, la revue a donné naissance à un comptoir d'édition, puis à la Maison Gallimard. Ce sont sans doute les synergies entre les deux entreprises qui ont fait l'essentiel de leur réussite.

Ces entretiens reviennent sur cette aventure intellectuelle unique dans les lettres européennes, en évoquant les figures des fondateurs, en précisant le rôle des principaux protagonistes, en définissant l'attitude de la revue à l'égard des avant-gardes de l'époque, sa position face aux totalitarismes de gauche et de droite qui ont marqué l'histoire du XXe siècle. Y ont participé des écrivains et des critiques, des historiens des lettres et des historiens d'art, des spécialistes du monde de l'édition et des éditeurs de textes et de documents. Ils préludent à d'autres entretiens qui, en 2011, auront pour sujet l'histoire non de la revue, mais de la maison d'édition.

Ces fabuleux voyous. Crimes et procès de Villon, Sade, Verlaine et Genet

Ces fabuleux voyous. Crimes et procès de Villon, Sade, Verlaine et Genet
Richter Florence
Ed. Hermann

Génies littéraires, artistes novateurs, hors-la-loi, scélérats ? Qui sont François Villon, Donatien Alphonse François marquis de Sade, Paul Verlaine et Jean Genet ? Qu'ont-ils en commun pour figurer dans cet essai où on les qualifie d'emblée de bandits ? Pour essayer de rassembler ces qualificatifs contradictoires en une seule formule, disons qu'ils sont de fabuleux voyous. Voyous, sans conteste : ils eurent tous les quatre des activités délictueuses et leurs moeurs ont été jugées scandaleuses par leurs contemporains. Ils sont aussi fabuleux, dans les deux sens qu'on peut prêter au terme : non seulement extraordinaires, étonnants, mais encore mythiques, dans la mesure où la légende s'est emparée d'eux. Mais quelle fut l'existence matérielle de ces fabuleux voyous, leur vie quotidienne, jusque dans leurs prisons ? Et trouve-t-on chez ces quatre écrivains, malgré les époques différentes, des caractéristiques communes qui ont entraîné leur délinquance ? Pourquoi ces hommes ont-ils commis des délits et des crimes ? Comment la Justice les a-t-elle traités ? Quels textes ont inspiré leurs actes, leurs jugements et leurs peines ? À ces questions précises, le présent ouvrage apporte des réponses parfois surprenantes.

L'orientaliste. L'énigme résolue d'une vie étrange et dangereuse

L'orientaliste. L'énigme résolue d'une vie étrange et dangereuse
Reiss Tom
Ed. Phébus

Comment Lev Nussimbaum (1905-1942), un juif d'Azerbaïdjan ayant fui Bakou devant l'arrivée des bolcheviks, est-il devenu Essad Bey, prince musulman et flamboyante figure des milieux interlopes du Berlin de Weimar, puis Kurban Said, auteur des romans Ali et Nino et La Fille de la Corne d'Or ? Comment, en brouillant les pistes sur ses origines et en jouant avec ses identités, a-t-il pu échapper aux premières persécutions nazies, et être pressenti, en pleine guerre, pour être le biographe officiel de Mussolini ? C'est le parcours de ce personnage hors du commun que retrace Tom Reiss dans L'Orientaliste, de l'Asie centrale à l'Italie, en passant par Constantinople, Berlin et New York, à travers les bouleversements de la première moitié du XXe siècle.

Rimbaud

Rimbaud
Baronian Jean-Baptiste
Ed. Gallimard/Folio biographies

«J'ai créé toutes les fêtes, tous les triomphes, tous les drames. J'ai essayé d'inventer de nouvelles fleurs, de nouveaux astres, de nouvelles chairs, de nouvelles langues. J'ai cru acquérir des pouvoirs surnaturels. Eh bien ! je dois enterrer mon imagination et mes souvenirs ! Une belle gloire d'artiste et de conteur emportée !»

Lorsque Arthur Rimbaud (1854-1891) écrit à sa soeur Isabelle «notre vie est une misère, une misère sans fin. Pourquoi existons-nous ?», il est âgé de trente-sept ans et n'a plus que quelques mois à vivre. Mais qu'importe, il a déjà vécu plusieurs vies en une seule : une vie d'écolier précoce, une vie d'adolescent rebelle, une vie éphémère de poète génial, une vie d'époux aux côtés de Verlaine, une vie de grand voyageur autour du monde, une vie de négociant en Abyssinie, une vie d'estropié, une vie de tragédie grecque, de verbe et de silence. C'est l'unicité de cette existence, une des plus grandes aventures poétiques de tous les temps, que nous restitue, année après année, cette biographie.

Livres en feu

Livres en feu
Polastron Lucien Xavier
Ed. Gallimard/Folio essais

Détruire la bibliothèque est un geste qui remonte à la plus haute Antiquité. Les autodafés, apparus en même temps que les livres, se multiplient à proportion du nombre d'ouvrages. Considérée comme subversive ou au contraire comme le symbole du pouvoir absolu, la bibliothèque est au centre des crises et des conflits. Bien souvent, elle n'y survit pas.

De l'incendie d'Alexandrie à celui de Sarajevo en 1992, en passant par Rome, Ctésiphon, Bagdad, par les méfaits de l'Inquisition, par la Révolution française ou la Commune, Lucien X. Polastron déploie une singulière érudition sur ce terrain encore peu exploré. Il mène l'enquête sur les causes du désastre, reconstitue les trésors perdus, part sur les traces des volumes rescapés.

Attaque en règle contre le support papier, convoitises pharaoniques sur l'information numérisée... les dangers d'aujourd'hui sont-ils pires que les grands malheurs vécus par les bibliothèques ? Le rêve de la bibliothèque absolue vire-t-il au cauchemar - celui entrevu par Bradbury, Huxley ou Orwell ?

Leçons d'écriture et de lecture

Leçons d'écriture et de lecture
Renard Jules
Ed. Sonneur

Tout au long de son Journal, qu'il tint de 1887 à 1910, Jules Renard (1864-1910), auteur des célèbres Poil de Carotte (1894) et Histoires naturelles (1896), n'a cessé de s'interroger sur les mots, le rythme, la phrase... Leçons d'écriture et de lecture rassemble un choix de ses considérations et de ses préoccupations sur le style - le sien, bien sûr, tout comme celui des écrivains de son époque, de Victor Hugo à Verlaine, en passant par Huysmans, Maupassant, Claudel... Jules Renard dresse ainsi son propre portrait d'écrivain mû par le doute, celui de ses contemporains, de son siècle, de la littérature de son époque.

1887, sans date Le talent est une question de quantité. Le talent, ce n'est pas d'écrire une page : c'est d'en écrire trois cents. Il n'est pas de roman qu'une intelligence ordinaire ne puisse concevoir, pas de phrase si belle qu'elle soit qu'un débutant ne puisse construire. Reste la plume à soulever, l'action de régler son papier, de patiemment l'emplir. Les forts n'hésitent pas. Ils s'attablent, ils sueront. Ils iront au bout. Ils épuiseront l'encre, ils useront le papier. Cela seul les différencie, les hommes de talent, des lâches qui ne commenceront jamais. En littérature, il n'y a que des boeufs. Les génies sont les plus gros, ceux qui peinent dix-huit heures par jour d'une manière infatigable. La gloire est un effort constant. // 17 septembre Chaque matin, le vieux poète s'adosse au vieux rocher de l'inspiration, grimace, rougit, se raidit, se rompt

 

L'aventure du désert

L'aventure du désert
Jordis Christine
Ed. Gallimard/L'infini

Je me suis longtemps demandé pourquoi certaines personnalités exerçaient sur nous une fascination sans fin. Emily Brontë, Rimbaud, T.E. Lawrence, Charles de Foucauld... pour citer pêle-mêle quelques-uns de ces personnages en apparence les plus opposés. Puis je compris qu'ils se ressemblaient. Les liait une expérience intérieure si profonde qu'une vie entière ils y restèrent fixés.

Foucauld, Lawrence, deux hommes que rapprochent une époque, l'aventure, la guerre, le désert, le renoncement. Tous deux partis vers des terres inconnues et des royaumes sans roi : Charles de Foucauld se rendit dans le désert et y rencontra Dieu ; T.E. Lawrence, s'il n'arriva pas à la même conclusion, ressentit lui aussi l'appel de cette terre sans bornes. Le désert, où trouver l'extrême, l'héroïsme, une autre existence - où entendre dans la solitude « le verbe vivant » que l'on porte avec soi.

Saints et héros, selon certains, espions de haut vol selon d'autres, une démarche essentielle relie ces chercheurs d'absolu, si différents soient-ils. Le goût de l'excès, peut-être, et la volonté de fuir la société ? Certain désir de s'écarter de la vie ordinaire, de « vivre à hauteur de mort »