Jack London. Le vagabond magnifique

Jack London. Le vagabond magnifique
Simon Yves
Ed. Mengès

Marin sur les océans du monde, trimardeur sur les routes et les rails des États-Unis, chercheur d'or en Alaska, ou encore reporter et militant socialiste... Le parcours chaotique de Jack London, né à San Francisco en 1876, a enflammé l'imaginaire de générations de lecteurs à travers le monde. Jouisseur de dangers, buveur, bagarreur et parfois voyou, cet autodidacte à la curiosité insatiable, fit de sa vie le gisement poétique de son oeuvre. Mort à quarante ans en pleine gloire, d'une overdose de morphine. Accident ou suicide ? Le mystère demeure...

Yves Simon a succombé à la fascination de ce baroudeur, devenu un immense écrivain, et dresse un portrait personnel et tendre de cet éternel mélancolique, qui à l'instar de Jack Kerouac, Joseph Conrad ou Robert Louis Stevenson, ne sut vivre et écrire que sous la menace permanente du coup de corne.

La délivrance de Tolstoï

La délivrance de Tolstoï
Bounine Ivan
Ed. Oeuvre

Y-a-t-il jamais eu écrivain plus tourmenté que Léon Tolstoï ? Légende vivante, génie universellement acclamé, il fut aussi apôtre du progrès social et chantre de la non-violence. Son imposant oeuvre littéraire porte la marque d'une recherche effrénée de la vérité que Tolstoï poursuivra jusqu'à la fin. Homme de contradiction, obsédé par la mort, il s'abîme dans une quête mystique tonitruante qui aboutira à son excommunication par l'Église russe.

Ivan Bounine, qui fut son disciple, décrit ici le long calvaire existentiel de l'auteur de Guerre et Paix. Avec le talent qu'on lui connaît, il retrace l'itinéraire spirituel du grand écrivain, qui trouvera sa « délivrance », dans la petite gare d'Astapovo, un matin brumeux de 1910...

 

L'ennemi déclaré. Textes et entretiens choisis 1970-1983

L'ennemi déclaré. Textes et entretiens choisis 1970-1983
Genet Jean
Ed. Gallimard/Folio

Articles, entretiens, préfaces ou discours, les textes des interventions de Genet, ici rassemblés, témoignent d'un paradoxe : celui qui fut l'écrivain le plus solitaire, le plus retranché de son temps fut aussi, durant les vingt dernières années de sa vie, l'un des plus présents sur la scène publique. De Chartres à Chicago, de la Goutte-d'Or au camp de Chatila, des rives du Jourdain aux ghettos noirs d'Amérique, ce livre retrace l'aventure littéraire et politique, menée aux frontières de l'Occident, aux côtés des exclus du monde et des peuples en révolte, d'un poète qui n'a jamais revendiqué d'autre titre que celui de vagabond.

Saint Genet. Comédien et martyr

Saint Genet. Comédien et martyr
Sartre Jean-Paul
Ed. Gallimard/Tel

Originellement, cet ouvrage devait constituer l'introduction aux Oeuvres complètes de Jean Genet. Il est très vite devenu une réflexion autonome, qui, à partir du cas de l'écrivain, s'ouvre à d'autres horizons, méthodologiques, critiques et philosophiques. Jean-Paul Sartre s'en est expliqué en ces termes, lors de la parution en 1952 : « Montrer les limites de l'interprétation psychanalytique et de l'explication marxiste et que seule la liberté peut rendre compte d'une personne en sa totalité, faire voir cette liberté aux prises avec le destin d'abord écrasée par ses fatalités puis se retournant sur elles pour les digérer peu à peu, prouver que le génie n'est pas un don mais l'issue qu'on invente dans les cas désespérés, retrouver le choix qu'un écrivain fait de lui-même, de sa vie et du sens de l'univers jusque dans les caractères formels de son style et de sa composition, jusque dans la structure de ses images, et dans la particularité de ses goûts, retracer en détail l'histoire d'une libération : voilà ce que j'ai voulu ; le lecteur dira si j'ai réussi. »

Jean Genet. Matricule 192.102. Chronique des années 1910-1944

Jean Genet. Matricule 192.102. Chronique des années 1910-1944
Albert Dichy & Pascal Fouché
Ed. Gallimard

Ecrire sur Genet est peut-être encore une façon de poursuivre le voleur. Ce vieux désir d'arrestation qui anime toujours les entreprises critiques ou biographiques, comment ne serait-il pas exacerbé par le statut d'un écrivain en perpétuelle fuite, échappant toujours à ses propres images, vagabond littéraire 'sans profession' ni 'domicile fixe' - comme disent si bien, à son propos, les divers rapports de police ou minutes de jugement que vous lirez ici ?
A ce soupçon, ce livre, d'évidence, ne saurait se dérober. Il offre à la lecture les résultats d'une enquête menée, avec une patience bénédictine, sur les traces de Genet de sa naissance en 1910 jusqu'à sa sortie définitive de prison en 1944. Enquête non policière cependant : elle ne s'érige nullement en instance de vérité, ne donne lieu à aucune interprétation, ne tire aucune conclusion. Avec le moins de commentaires possible, elle livre les éléments et les pièces de la dernière fiction de l'auteur : celle de sa vie.
Dernière précision. Ce livre ne vise guère à la destruction de la 'légende' dont Genet se serait entouré et encore moins au rétablissement d'une vérité dont l'oeuvre serait le masque. Si elle existe, cette 'légende' a la forme exacte de l'oeuvre qui la développe et, en cela, demeure irréductible, échappe à toute révélation.

 

Jean Genet, menteur sublime

Jean Genet, menteur sublime
Ben Jelloun Tahar
Ed. Gallimard

Tahar Ben Jelloun nous livre ici le récit de douze années de rencontres avec Jean Genet. Les fulgurances de leurs conversations et les nombreuses anecdotes que recèlent ces souvenirs inédits jettent un jour nouveau sur cet écrivain secret et souvent mal compris. On y retrouve aussi toute la force et l'urgence des débats politiques et intellectuels du tournant des années quatre-vingt.

En 1974, lors de leur premier rendez-vous, l'homme qui s'installe en face de Tahar Ben Jelloun n'a plus grand-chose en commun avec l'écrivain-voleur mythique, saint et martyr. Il écrit rarement, a coupé les ponts avec Sartre et Cocteau et se passionne désormais pour les luttes révolutionnaires les plus contemporaines : Zengakuren japonais, Black Panthers américains, et enfin la cause palestinienne.

Ce Genet « politique » n'en est pas moins resté un homme insaisissable et créatif. Pendant les dix années qui vont suivre, Genet tantôt apparaît, tantôt disparaît, pour se lancer dans de nouveaux projets auxquels il associe souvent Tahar Ben Jelloun : entretiens, articles, scénarios, traductions...

Malgré les séismes que Genet provoque encore régulièrement, quand il apporte son soutien à la Fraction armée rouge par exemple, ces années sont également marquées par des doutes et une fragilité dont Tahar Ben Jelloun est aussi le témoin. L'opinion l'ignore, Genet est alors un homme gravement malade qui met ses dernières forces dans l'écriture d'un livre ultime, achevé à la veille de sa mort : Un captif amoureux.

Essais

Essais
Muray Philippe
Ed. Belles lettres

L'empire du bien triomphe
Il est urgent de le saboter

L'empire du bien
Après l'Histoire, I-II
Exorcismes spirituels, I-IV

Présentation de l'éditeur

P. Muray (1945-2006) porte un regard désespéré sur le monde. Ses cibles sont toutes les formes de bien-pensances et sa plume conjugue style et liberté de ton. Ce volume rassemble sept de ses plus grands textes dont L'empire du bien et Après l'histoire.

Paul Flamand, éditeur

Paul Flamand, éditeur
Lacouture Jean
Ed. Les Arènes

Jean Lacouture rend hommage à celui qui fut pour lui un maître et un ami : Paul Flamand, directeur - avec Jean Bardet -des Éditions du Seuil pendant près d'un demi-siècle. C'était un bourgeois venu de Charente, sauvé à vingt ans de la tuberculose, dépourvu de tout diplôme universitaire, un chrétien non conformiste, un seigneur insomniaque qui écrivait des lettres magnifiques, aussi bien pour accueillir que pour refuser un manuscrit.

Homme libre, il savait publier des auteurs dont il ne partageait pas les idées, et s'opposer à toutes les autorités établies, de Moscou au Vatican - et à Paris... Sous son impulsion, le Seuil propose un catalogue rivalisant avec tout ce qui a été publié en France après la guerre, Gallimard compris.

Paul Flamand plaçait au-dessus de tout l'exigence esthétique et l'amitié. Aucune culture ne lui était étrangère. Jean Lacouture trace un portrait gai et chaleureux d'un homme qu'il a aimé. Il nous emporte au coeur de l'aventure intellectuelle de toute une génération. Il nous dévoile l'une des figures les plus originales de ce beau métier mystérieux et parfois décrié : éditeur.

La vie secrète d'Hergé

La vie secrète d'Hergé
Reibel Olivier
Ed. Dervy

Les nombreuses biographies et études consacrées au créateur de Tintin font presque toutes référence, à un moment ou à un autre, à l'intérêt qu'Hergé portait à la franc-maçonnerie, aux sciences occultes, à la théosophie... mais aucune n'avait été aussi loin dans ses investigations pour comprendre qui était Georges Rémi. Ami d'Edgar P. Jacobs et de Jacques Van Melkebeke qui l'ont beaucoup influencé, Hergé, personnage secret et indéchiffrable, connaissait parfaitement ces milieux, peut-être même faisait-il partie de certains, mais qui était-il vraiment ? Quel message voulait-il transmettre ?

Pour le savoir, Olivier Reibel, en tintinophile averti, a donc décrypté les albums de Tintin, les uns après les autres, pour y dénicher la moindre référence, le moindre indice. À l'aide d'extraits, il montre qu'Hergé nous fait continuellement des clins d'oeil à l'aide de dessins, mais aussi d'expressions, d'onomatopées...

Truffée d'éléments inédits et très documentée, cette enquête passionnante démontre que l'ésotérisme est bien omniprésent au coeur de l'oeuvre et de la vie d'Hergé, et nous dévoile les nombreux symboles ésotériques occultés, illustrant chaque album de Tintin.

C'est donc à votre tour, cher lecteur, de vous initier à « La vie secrète d'Hergé » !

Dans la peau de Tintin

Dans la peau de Tintin
Apostolidès Jean-Marie
Ed. Impressions nouvelles

Tintin est une peau, une armure, une carapace. Hergé le conçut ainsi, d'abord pour conquérir la jeune femme qu'il aimait, ensuite pour obtenir la reconnaissance sociale dont il avait besoin. Il s'investit si bien dans cette saga qu'elle peut se lire aujourd'hui comme une autobiographie cachée de son créateur. On y retrouve ses peurs, ses blessures secrètes, ses aspirations les plus nobles comme ses désirs les moins avouables. Tout cela forme le terreau sur lequel il bâtit une oeuvre complexe, comique, riche en rebondissements et présentée sous une enveloppe enfantine, à la manière des contes de fées du XVIIe siècle.

À la suite d'Hergé, le lecteur est invité à entrer dans la peau de Tintin, pour se sentir plus fort, pour vaincre les peurs de son enfance. La peau de Tintin se fait alors corps collectif et le petit reporter acquiert le statut d'un mythe. Ce mythe nouveau permet à ceux qui y participent de se reconnaître entre eux comme des frères unys et de solidifier leur rapport au monde contemporain, un rapport souvent fondé sur l'inquiétude et le défi.

Enfin, ce volume s'attache à éclaircir une situation paradoxale : qu'arrive-t-il lorsque les ayants droit se sentent eux-mêmes exclus de la peau de Tintin, qu'ils ne comprennent ni la force ni la spécificité de ce mythe, perpétué hors de leur contrôle ? Le danger est grand qu'ils cherchent à réduire le personnage d'Hergé au statut d'une marque commerciale, de façon à regagner le contrôle d'un produit dont ils se veulent les propriétaires exclusifs et jaloux.