Nunc. Revue pérégrine n°18/mars 2009

Nunc. Revue pérégrine n°18/mars 2009
Revue
Ed. Corlevour

Hommage à Claudette Oriol-Boyer

Codicille

Codicille
Genette Gérard
Ed. Seuil/Fiction & Cie

Invité un jour à commenter la forme, la teneur, la genèse, la «réception» critique et l'improbable statut générique de Bardadrac, l'auteur en est venu à remettre ses pas dans ses traces et, de fil en aiguille, à en prolonger le propos et le mode de disposition.

Le thème autocritique initial - dont on trouve encore ici quelques marques en forme de scolies, additions, repentirs, résurgences, méandres accessoires, bras morts ou vifs - a donc tourné peu à peu en «suite» ou en «continuation» de ce qui en principe ne peut ou ne doit être ni poursuivi ni continué. Cela s'appelle sans doute aggraver son cas, mais celui-ci n'est peut-être pas si grave qu'on ne puisse l'aggraver encore sans dommage - et pour qui ?

En numérique chez Tropismes : Codicille

Journal 1940-1950

Journal 1940-1950
Jullian Philippe
Ed. Grasset

Romancier, essayiste, pasticheur, mais aussi dessinateur et homme d'esprit, Philippe Jullian (1919-1977) a laissé plusieurs oeuvres qui font les délices des connaisseurs, comme son Dictionnaire du snobisme ou sa biographie d'Oscar Wilde. Ce que l'on ignorait, c'est qu'il avait tenu un journal intime. De sa jeunesse à Bordeaux durant la Deuxième Guerre mondiale aux brillantes années parisiennes de ses débuts, voici un document essentiel : autobiographie, recueil de mots d'esprit, galerie de portraits... Des gens du monde aux gens de ballet, des Anglais de Paris aux Parisiens anglophiles, c'est le tableau d'une époque.

Ces mots qui nourrissent et qui apaisent. Phrases et textes relevés au cours de mes lectures

Ces mots qui nourrissent et qui apaisent. Phrases et textes relevés au cours de mes lectures
Juliet Charles
Ed. POL

J'ai dévoré bien des livres, vécu grâce à eux d'inoubliables instants. Ils me transportaient, m'exaltaient, me laissaient anéanti, ne cessaient de me triturer, m'aidaient à me connaître, à m'ouvrir mon chemin... Par la suite et au long des années, ils ont eu à combler ma faim, une faim qui réapparaissait aussitôt qu'assouvie. Toutefois, après les avoir ingérés, comment me séparer d'eux alors qu'ils avaient eu pour moi une telle importance ? Il fallait absolument que j'en garde quelques bribes. D'où ma manie de prélever ces mots, ces phrases qui m'avaient dévasté, embrasé, poussé à aller plus avant. Manie d'autodidacte qui s'acharne à creuser toujours plus profond, qui tient à ne rien perdre de ce qu'il a acquis, qui veut pouvoir mâcher encore et encore ces mots où puiser force, lumière, énergie. Les phrases et textes rassemblés dans ce volume sont tirés des carnets où se trouve thésaurisée cette nourriture qu'aiment à consommer ceux qui se cherchent, cherchent un sens à la vie.
C.J.

Récit sur rien

Récit sur rien
Littell Jonathan
Ed. Fata Morgana

Court récit sur les fantasmes secrets de l'auteur et dans lequel l'obsession du détail conforte les racines d'un imaginaire qui aurait le goût d'un sorbet au citron...

Qu'est-ce qu'un roman ?

Qu'est-ce qu'un roman ?
Rozakis Dimitrios
Ed. Vrin

Quel est le rapport entre le roman et la quête du bonheur à l'époque moderne ?
Quelles sont les étapes de la maturation du genre romanesque ?
La quête romanesque du bonheur passe-t-elle par une intellection de la nécessité historique ou bien par une expérience esthétique autonome ?
En quel sens la vraisemblance constitue-t-elle la règle de la création romanesque et le moteur de l'évolution du genre ?

Commentaire

'Illusions perdues'

Georg Lukàcs

Balzac et le réalisme français

'Vraisemblance et motivation'

Gérard Genette

Figures II

Gabriel Garcia Marquez. Une vie

Gabriel Garcia Marquez. Une vie
Martin Gerald
Ed. Grasset

Une vie est l'histoire d'une réussite, une histoire tout aussi fascinante et étrange que les oeuvres de Gabriel Garcia Márquez elles-mêmes. Le grand écrivain colombien, prix Nobel de littérature en 1982, incarne à la fois le réalisme magique et l'engagement révolutionnaire. Ses romans et nouvelles mêlent les grands tableaux de l'histoire sud-américaine à la fable, au folklore et aux mythes populaires. Son oeuvre dénonce les inégalités sociales et les inextricables compromissions morales, fruits de luttes acharnées de pouvoir ou d'intérêt, et causes du malheur des plus faibles.

Ce sont toutefois les aspects moins connus de l'incroyable destin de l'écrivain que cette biographie met en lumière : la difficulté de concilier la célébrité et la qualité littéraire, la politique et l'écriture, le pouvoir, la solitude et l'amour.

Ce travail admirable, fruit de dix-sept années de constance et d'obstination, retrace avec brio la vie du prix Nobel de littérature, de son enfance dans un milieu pauvre et rural jusqu'à la gloire internationale. Un hommage subtil à un auteur complexe, mais aussi une clef indispensable à la compréhension de son oeuvre.

Une famille d'écrivains. Chroniques buissonnières

Une famille d'écrivains. Chroniques buissonnières
Vandromme Pol
Ed. Rocher

Ce qui a commencé avec Journal de lectures, ce qui s'est poursuivi avec l'Humeur des lettres et Vagabondages s'achève avec Une famille d'écrivains. Se boucle un cycle qui valut à Pol Vandromme le grand prix de la critique de l'Académie française et l'obtention de la bourse de la Fondation Simone et Cino del Duca.

L'intérêt de ces recueils, c'est de composer, à coups de chroniques buissonnières, une vaste galerie de portraits littéraires.

De cette promenade hors des sentiers balisés, une cohérence se dégage : un arbitraire de convenance personnelle qui a permis à Pol Vandromme de reconnaître les écrivains proches de sa sensibilité et de son esthétique.

Ainsi, de Retz à Nimier, de Stendhal à Dominique de Roux, de Larbaud à Déon, de Saint-Simon à Céline, la littérature habite-t-elle la maison de famille de Pol Vandromme.

Ce livre, qui couronne un art aigu et clairvoyant, le montre à chaque page.

Gustave Flaubert. Une manière spéciale de vivre

Gustave Flaubert. Une manière spéciale de vivre
de Biasi Pierre-Marc
Ed. Grasset

Qu'est-ce qu'une vie d'écrivain ? Une enfance, des amours, des voyages, des amitiés, des soucis d'argent, des mondanités, des succès, des revers... Mais, au fond, tout cela a-t-il quelque chose à voir avec l'oeuvre, l'écriture, le style ? Et qu'est-ce qui fait que cette vie-là, précisément, est celle d'un écrivain ?

Ces questions touchent toute entreprise biographique mais elles deviennent cruciales quand on aborde une figure comme celle de Gustave Flaubert. Si son oeuvre a révolutionné le romanesque, c'est au nom de nouvelles exigences - l'impersonnalité, le refus de conclure, la relativité des points de vue - qui installent au coeur de son écriture une figure du vide : « Personnalité de l'auteur : absente. » Comment, dans ce cas, partir à la recherche de l'écrivain sans trahir son projet ? Pour lui, l'oeuvre est tout, l'auteur n'est rien. Le plus beau cadeau que pourrait lui faire la postérité serait de ne rien savoir de sa vie contingente, en lisant ses textes comme s'il n'avait jamais existé...

Le problème s'aggrave encore si l'on considère l'autre aspect des choses : le versant « guenilles » de sa vie. Là, c'est bien pire : non seulement nul ne doute que Flaubert a existé, mais chacun peut se faire une idée très précise de son agenda en se plongeant dans les cinq mille pages de sa Correspondance. À l'impersonnalité structurale de l'oeuvre répond une exceptionnelle réussite de l'écriture du quotidien, tour à tour profonde, cinglante, drôle, émouvante...

C'est en jouant sur ce double registre que Pierre-Marc de Biasi ressuscite ici son Flaubert. De l'oeuvre à l'existence, en perpétuel aller-retour. Avec, entre les deux, « une manière spéciale de vivre »...

 

Les entretiens de Treilles, vol. 3. La place de la NRF dans la vie littéraire du XXe siècle. 1908-1943

Les entretiens de Treilles, vol. 3. La place de la NRF dans la vie littéraire du XXe siècle. 1908-1943
Collectif
Ed. Gallimard/Les cahiers de la NRF

Quand parut en 1909 le « second » premier numéro de La NRF, « revue mensuelle de littérature et de critique », dirigée par Jacques Copeau, André Ruyters et Jean Schlumberger, cet élégant fascicule de cent dix pages n'était qu'un périodique de plus parmi des douzaines de publications du même genre et dont plusieurs jouissaient d'une notoriété et d'une audience certaines. Comment, en quelques années, la dernière-née des innombrables revues de la Belle Époque a-t-elle réussi à s'imposer comme le lieu de rencontres et d'échanges des lettres modernes ? Comment ce « groupement d'esprits libres » (selon la définition de Gide, qui inspirait la revue sans jamais la diriger) a-t-il réussi à fédérer des auteurs aussi différents que Claudel et Proust, Jouhandeau et Supervielle, Giraudoux et Valéry ? Leur point de convergence : une exigence littéraire absolue refusant de se mettre au service d'une quelconque idéologie.

Très vite, la revue a donné naissance à un comptoir d'édition, puis à la Maison Gallimard. Ce sont sans doute les synergies entre les deux entreprises qui ont fait l'essentiel de leur réussite.

Ces entretiens reviennent sur cette aventure intellectuelle unique dans les lettres européennes, en évoquant les figures des fondateurs, en précisant le rôle des principaux protagonistes, en définissant l'attitude de la revue à l'égard des avant-gardes de l'époque, sa position face aux totalitarismes de gauche et de droite qui ont marqué l'histoire du XXe siècle. Y ont participé des écrivains et des critiques, des historiens des lettres et des historiens d'art, des spécialistes du monde de l'édition et des éditeurs de textes et de documents. Ils préludent à d'autres entretiens qui, en 2011, auront pour sujet l'histoire non de la revue, mais de la maison d'édition.