L'histoire est une littérature contemporaine : manifeste pour les sciences sociales

L'histoire est une littérature contemporaine : manifeste pour les sciences sociales
Jablonka Ivan
Ed. Seuil

Réflexion de l'historien sur la possibilité de concilier l'écriture dans les sciences sociales avec la créativité littéraire.

Sept femmes

Sept femmes
Salvaire Lydie
Ed. Points

L'auteure brosse le portrait de 7 femmes écrivains qui l'ont marquée par leurs oeuvres et leur parcours : Emily Brontë, Colette, Virginia Woolf, Djuna Barnes, Marina Tsvetaeva, Ingeborg Bachmann et Sylvia Plath.

Une autre histoire de l'édition française

Une autre histoire de l'édition française
Mollier Jean-Yves
Ed. La fabrique éditions

Cette histoire est racontée depuis la diffusion de l'imprimerie en France jusqu'à l'irruption du numérique. Résumant trente années de recherches consacrées au livre, située dans une perspective d'histoire culturelle, économique et politique, la synthèse couvre aussi bien l'histoire littéraire que l'édition scolaire, juridique, scientifique et de jeunesse.

Rimbaud

Rimbaud
Baronian Jean-Baptiste
Ed. Gallimard/Folio biographies

«J'ai créé toutes les fêtes, tous les triomphes, tous les drames. J'ai essayé d'inventer de nouvelles fleurs, de nouveaux astres, de nouvelles chairs, de nouvelles langues. J'ai cru acquérir des pouvoirs surnaturels. Eh bien ! je dois enterrer mon imagination et mes souvenirs ! Une belle gloire d'artiste et de conteur emportée !»

Lorsque Arthur Rimbaud (1854-1891) écrit à sa soeur Isabelle «notre vie est une misère, une misère sans fin. Pourquoi existons-nous ?», il est âgé de trente-sept ans et n'a plus que quelques mois à vivre. Mais qu'importe, il a déjà vécu plusieurs vies en une seule : une vie d'écolier précoce, une vie d'adolescent rebelle, une vie éphémère de poète génial, une vie d'époux aux côtés de Verlaine, une vie de grand voyageur autour du monde, une vie de négociant en Abyssinie, une vie d'estropié, une vie de tragédie grecque, de verbe et de silence. C'est l'unicité de cette existence, une des plus grandes aventures poétiques de tous les temps, que nous restitue, année après année, cette biographie.

Livres en feu

Livres en feu
Polastron Lucien Xavier
Ed. Gallimard/Folio essais

Détruire la bibliothèque est un geste qui remonte à la plus haute Antiquité. Les autodafés, apparus en même temps que les livres, se multiplient à proportion du nombre d'ouvrages. Considérée comme subversive ou au contraire comme le symbole du pouvoir absolu, la bibliothèque est au centre des crises et des conflits. Bien souvent, elle n'y survit pas.

De l'incendie d'Alexandrie à celui de Sarajevo en 1992, en passant par Rome, Ctésiphon, Bagdad, par les méfaits de l'Inquisition, par la Révolution française ou la Commune, Lucien X. Polastron déploie une singulière érudition sur ce terrain encore peu exploré. Il mène l'enquête sur les causes du désastre, reconstitue les trésors perdus, part sur les traces des volumes rescapés.

Attaque en règle contre le support papier, convoitises pharaoniques sur l'information numérisée... les dangers d'aujourd'hui sont-ils pires que les grands malheurs vécus par les bibliothèques ? Le rêve de la bibliothèque absolue vire-t-il au cauchemar - celui entrevu par Bradbury, Huxley ou Orwell ?

Leçons d'écriture et de lecture

Leçons d'écriture et de lecture
Renard Jules
Ed. Sonneur

Tout au long de son Journal, qu'il tint de 1887 à 1910, Jules Renard (1864-1910), auteur des célèbres Poil de Carotte (1894) et Histoires naturelles (1896), n'a cessé de s'interroger sur les mots, le rythme, la phrase... Leçons d'écriture et de lecture rassemble un choix de ses considérations et de ses préoccupations sur le style - le sien, bien sûr, tout comme celui des écrivains de son époque, de Victor Hugo à Verlaine, en passant par Huysmans, Maupassant, Claudel... Jules Renard dresse ainsi son propre portrait d'écrivain mû par le doute, celui de ses contemporains, de son siècle, de la littérature de son époque.

1887, sans date Le talent est une question de quantité. Le talent, ce n'est pas d'écrire une page : c'est d'en écrire trois cents. Il n'est pas de roman qu'une intelligence ordinaire ne puisse concevoir, pas de phrase si belle qu'elle soit qu'un débutant ne puisse construire. Reste la plume à soulever, l'action de régler son papier, de patiemment l'emplir. Les forts n'hésitent pas. Ils s'attablent, ils sueront. Ils iront au bout. Ils épuiseront l'encre, ils useront le papier. Cela seul les différencie, les hommes de talent, des lâches qui ne commenceront jamais. En littérature, il n'y a que des boeufs. Les génies sont les plus gros, ceux qui peinent dix-huit heures par jour d'une manière infatigable. La gloire est un effort constant. // 17 septembre Chaque matin, le vieux poète s'adosse au vieux rocher de l'inspiration, grimace, rougit, se raidit, se rompt

 

L'aventure du désert

L'aventure du désert
Jordis Christine
Ed. Gallimard/L'infini

Je me suis longtemps demandé pourquoi certaines personnalités exerçaient sur nous une fascination sans fin. Emily Brontë, Rimbaud, T.E. Lawrence, Charles de Foucauld... pour citer pêle-mêle quelques-uns de ces personnages en apparence les plus opposés. Puis je compris qu'ils se ressemblaient. Les liait une expérience intérieure si profonde qu'une vie entière ils y restèrent fixés.

Foucauld, Lawrence, deux hommes que rapprochent une époque, l'aventure, la guerre, le désert, le renoncement. Tous deux partis vers des terres inconnues et des royaumes sans roi : Charles de Foucauld se rendit dans le désert et y rencontra Dieu ; T.E. Lawrence, s'il n'arriva pas à la même conclusion, ressentit lui aussi l'appel de cette terre sans bornes. Le désert, où trouver l'extrême, l'héroïsme, une autre existence - où entendre dans la solitude « le verbe vivant » que l'on porte avec soi.

Saints et héros, selon certains, espions de haut vol selon d'autres, une démarche essentielle relie ces chercheurs d'absolu, si différents soient-ils. Le goût de l'excès, peut-être, et la volonté de fuir la société ? Certain désir de s'écarter de la vie ordinaire, de « vivre à hauteur de mort »

Ma collection littéraire: notes sur la littérature russe. Tome1

Ma collection littéraire: notes sur la littérature russe. Tome1
Soljénitsyne Alexandre
Ed. Fayard

L'auteur devient lecteur et décortique les oeuvres des grands écrivains russes des XIXe et XXe siècles pour comprendre leur état d'esprit et leurs objectifs lors de l'écriture. Ce premier tome aborde la période classique avec entre autres Tolstoï et Tchekhov et court jusqu'aux années 1970 avec Youri Naguibine.

Ces amis qui enchantent la vie. Passions littéraires

Ces amis qui enchantent la vie. Passions littéraires
Rouart Jean-Marie
Ed. Robert Laffont

J.-M. Rouart a rassemblé 120 écrivains français et étrangers, toutes époques confondues, dans cette anthologie élaborée comme un hommage à ceux qui lui ont donné le goût de la littérature et ont jalonné son parcours de romancier.

Gustave Flauvert. Une manière spéciale de vivre

Gustave Flauvert. Une manière spéciale de vivre
de Biasi Pierre-Marc
Ed. Grasset

Qu'est-ce qu'une vie d'écrivain ? Une enfance, des amours, des voyages, des amitiés, des soucis d'argent, des mondanités, des succès, des revers... Mais, au fond, tout cela a-t-il quelque chose à voir avec l'oeuvre, l'écriture, le style ? Et qu'est-ce qui fait que cette vie-là, précisément, est celle d'un écrivain ?

Ces questions touchent toute entreprise biographique mais elles deviennent cruciales quand on aborde une figure comme celle de Gustave Flaubert. Si son oeuvre a révolutionné le romanesque, c'est au nom de nouvelles exigences - l'impersonnalité, le refus de conclure, la relativité des points de vue - qui installent au coeur de son écriture une figure du vide : « Personnalité de l'auteur : absente. » Comment, dans ce cas, partir à la recherche de l'écrivain sans trahir son projet ? Pour lui, l'oeuvre est tout, l'auteur n'est rien. Le plus beau cadeau que pourrait lui faire la postérité serait de ne rien savoir de sa vie contingente, en lisant ses textes comme s'il n'avait jamais existé...

Le problème s'aggrave encore si l'on considère l'autre aspect des choses : le versant « guenilles » de sa vie. Là, c'est bien pire : non seulement nul ne doute que Flaubert a existé, mais chacun peut se faire une idée très précise de son agenda en se plongeant dans les cinq mille pages de sa Correspondance. À l'impersonnalité structurale de l'oeuvre répond une exceptionnelle réussite de l'écriture du quotidien, tour à tour profonde, cinglante, drôle, émouvante...

C'est en jouant sur ce double registre que Pierre-Marc de Biasi ressuscite ici son Flaubert. De l'oeuvre à l'existence, en perpétuel aller-retour. Avec, entre les deux, « une manière spéciale de vivre »...