Sibérie. Un voyage au pays des femmes

Sibérie. Un voyage au pays des femmes
Brunswic Anne
Ed. Actes Sud

En deux voyages, hiver 2004 et printemps 2005, Anne Brunswic a parcouru une bonne partie de la Sibérie, cette région-continent marquée par une histoire aventureuse souvent tragique, en proie aujourd'hui au désordre politique et à la dépression économique. De la mer Blanche au Pacifique, de la Yakoutie au Birobidjan en passant par les mines de la Kolyma et le port de Vladivostok, elle a traversé des paysages immenses et souvent désertiques, magnifiques et désolés, où vivent encore, tant bien que mal, dans des conditions climatiques extrêmes immigrants européens et indigènes sibériens, chrétiens orthodoxes et animistes, descendants des bourreaux du Goulag et familles de leurs victimes.

Anne Brunswic s'est surtout attachée à rencontrer des femmes de toute condition, poétesses ou chanteuses, journalistes ou cuisinières, universitaires ou conservatrices de musée. Natalia, Tamara, Lioudmila, Irina... racontent leurs parcours professionnel et intime, politique et religieux, les tragédies qui ont marqué leurs familles, leurs deuils, la débrouille au jour le jour et leurs rêves de jeune fille.

Ce voyage d'une observatrice du quotidien permet, au fil des pages, de comprendre comment les Russes de ce bout du monde donnent sens à leur brutale expérience historique et quels espoirs ils nourrissent pour l'avenir. Entre ces femmes séparées par des milliers de kilomètres, elle devient une sorte de messagère. Malgré la dureté et les incertitudes de leur vie, la plupart déclarent leur attachement à la terre sibérienne, à ses valeurs d'aventure et de fraternité, et leur conviction que leur pays meurtri, tôt ou tard, s'en sortira.
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Survivre en Tchétchénie

Survivre en Tchétchénie
Iachourkaev Soultan
Ed. Gallimard/Témoins

Le 4 janvier 1995, quelques jours après le déferlement de centaines de chars russes dans la petite République tchétchène indépendante, les bombardiers commencent à pilonner la capitale, Grozny. Resté seul dans sa maison de banlieue sous les bombardements, Soultan Iachourkaev commence à rédiger son journal.

Entre deux visites à ses bêtes, dans une maison glaciale et à demi détruite, passant du tragique au comique, du simple constat des dégâts à l'indignation, il fait le décompte des pillages et des assassinats, note les conversations avec les deux voisins qui lui restent, raconte les pénuries, les nuits sans sommeil, les incursions en ville. Il nourrit son texte de récits historiques, d'anecdotes, de souvenirs et de tout ce qui fait sa vie. Il survit, sans livres, sans rien. Cet intellectuel de grande envergure, poète fin et érudit, a le temps de penser...

L'objet de ses méditations sous les bombes ? La Tchétchénie et la Russie, l'Europe et ces éclats d'Europe que sont les pays du Caucase. On y voit l'enchaînement des circonstances qui a conduit à la guerre. Et l'on comprend un peu mieux la résistance d'un petit peuple persécuté depuis des siècles.
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La Confédération sudiste. 1861-1865. Mythes et réalités

La Confédération sudiste. 1861-1865. Mythes et réalités
Noirsain Serge
Ed. Economica

Pour ne pas s'exclure du Rêve Américain en raison de ses échecs militaires, politiques et sociétaux, le Sud vaincu recourut à l'affabulation pour ennoblir sa défaite et faire accroire à l'union de son peuple dans sa lutte pour son indépendance. L'auteur dénonce cette vision romantique du conflit et met en exergue les non-dits et les nécroses de l'oligarchie cotonnière. Quant au Nord, il ne guerroya pas pour abolir l'esclavage. La Proclamation d'Émancipation de Lincoln ne fut qu'une communication de politique étrangère visant à travestir la cause nordiste en une croisade humanitaire afin de bloquer les velléités interventionnistes de la France et du Royaume-Uni.

Pour la première fois, en français, un auteur analyse la propagande confédérée en France et les rapports entre le Texas et un Mexique déchiré par Juarez et Maximilien.

Cet ouvrage est désormais la référence indispensable à toute étude sur la guerre de Sécession dans la mesure où l'auteur produit des centaines de sources jamais consultées par les ouvrages francophones et procède à une « autopsie » tout à fait nouvelle du conflit le plus meurtrier de l'histoire américaine.
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Voir du même auteur La flotte européenne de la confédération sudiste

La flotte européenne de la confédération sudiste

La flotte européenne de la confédération sudiste
Noirsain Serge
Ed. Chab

Ce conflit, que les francophones désignent sous le nom de 'guerre de Sécession', eut une dimension internationale sur mer. Le Sud acquit et fit construire des navires de guerre et de commerce en France et en Grande-Bretagne. Cet ouvrage décrit l'histoire de cette petite flotte ainsi que les complications diplomatiques qu'elle suscita en Europe. Après sa victoire sur les Confédérés, l'Etat américain réclama des compensations financières à la Grande-Bretagne pour les pertes que lui avaient infligées les croiseurs sudistes bâtis sur le sol britannique. En 1872, un tribunal international d'arbitrage, le premier du genre, siégea à Genève pour régler ce contentieux. Les conclusions de ce tribunal créèrent un précédent qui influence encore aujourd'hui les règlements de conflits d'intérêts dans les cours internationales de justice.
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Par les monts et les plaines d'Asie centrale

Par les monts et les plaines d'Asie centrale
Nivat Anne
Ed. Fayard

Gaz, pétrole, islam. Les 'grands' de ce monde ont trouvé un nouveau terrain d'affrontement : les cinq Etats indépendants que sont le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan d'Asie centrale. Déjà, la Chine envoie ses commerçants, l'Iran et la Turquie se cherchent des alliés, la Russie ne veut pas lâcher ses anciennes républiques, les Etats-Unis installent leurs bases militaires, et Al-Qaïda observe cette pépinière pour groupes extrémistes et terroristes.
Toujours seule, voyageant en taxis collectifs, habillée comme une femme locale, tel un caméléon, Anne Nivat nous transporte dans la vallée de la Ferghana, un territoire grand comme l'Europe, sur l'ancienne route de la soie, par-delà les hauts cols du Pamir. Au coeur de l'Asie centrale, nous croisons avec elle des 'gens de plaine' et des 'gens de montagne', commerçants, artistes ou paysans. Mais aussi des 'gens d'islam'. Certains, pour la première fois, sont sortis de la clandestinité de leur parti politique interdit pour dialoguer avec une journaliste occidentale. Si, là-bas aussi, le fondamentalisme fait peur, survivre au quotidien reste la préoccupation de tous.
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Mao. L'histoire inconnue

Mao. L'histoire inconnue
Jung Chang & Jon Halliday
Ed. Gallimard/Biographies

«Mao Tsé-toung, qui pendant vingt-sept ans détint un pouvoir absolu sur un quart de la population du globe, fut responsable de la mort d'au moins soixante-dix millions de personnes en temps de paix, plus que tout autre dirigeant au XXe siècle.» Ces lignes, par lesquelles s'ouvre le livre de Jung Chang et Jon Halliday, annoncent clairement leur propos. On ne trouvera pas dans cette biographie un nouveau portrait, plus ou moins hagiographique, du Grand Timonier, dont l'apport théorique, résumé dans le Petit Livre rouge, et la praxis révolutionnaire «au service des masses» ont naguère fait tourner tant de têtes pensantes en Occident.

Mao Tsé-toung n'était mû ni par l'idéalisme ni par l'idéologie. S'il adhéra au marxisme-léninisme, c'est avant tout parce que cette doctrine lui permettrait de s'emparer du redoutable instrument de pouvoir qu'avait créé Lénine : le parti unique. Maître du Parti communiste chinois à la fin des années 1930, puis, en 1949, de tous les leviers de commande de son pays, après une guerre civile meurtrière et avec le concours décisif de l'URSS, Mao devint alors, comme l'a écrit Simon Leys, «le suprême despote totalitaire». Presque invisible, comme l'avaient été les empereurs, il imposa à son peuple un état permanent de mobilisation quasi militaire et une existence aride, périodiquement entrecoupée d'explosions de violence et de «campagnes de terreur» dévastatrices.

Mais cette terreur était aussi pour lui un moyen d'accomplir le dessein, tenu secret, qu'il nourrissait depuis son accession au pouvoir : faire de la Chine une superpuissance militaire, et dominer le monde. La poursuite de ce rêve entraîna la mort de trente-huit millions de ses compatriotes, au cours de la plus grande famine de l'Histoire. La mise en lumière de cet aspect essentiel, et méconnu, de son règne est sans doute la principale révélation qu'apporte ce livre, qui en compte beaucoup d'autres : sur la mythique Longue Marche, sur les liens étroits de Mao avec Staline, sur son comportement désinvolte mais non moins despotique avec ses épouses successives, ses enfants et ses maîtresses.

Fruit de dix années de recherches, en particulier dans des fonds d'archives long-temps inaccessibles, nourri de nombreux témoignages inédits, cet ouvrage se lit à la fois comme un récit d'horreur empoignant et comme un précis de philosophie politique digne de Machiavel. Nulle destinée ne saurait sans doute mieux que celle de Mao illustrer la brutale maxime de Lin Biao, qui fut longtemps son complice avant d'être sa victime : «Le pouvoir politique, c'est le pouvoir d'opprimer les autres.»
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L'Italie par elle-même. Lieux de mémoire italiens de 1848 à nos jours

L'Italie par elle-même. Lieux de mémoire italiens de 1848 à nos jours<br />
Isnenghi (dir.) Mario
Ed. Doubleday

L'Italie a-t-elle enfin réussi à faire ses Italiens ?

Seul le portrait des Italiens peints par eux-mêmes pouvait laisser espérer une réponse. Ce volume issu de la grande entreprise collective dirigée par Mario Isnenghi sur les Luoghi della memoria (« Lieux de la mémoire ») en Italie témoigne de l'évolution du processus de construction de l'identité du pays.

Vieille nation et jeune État, l'Italie contemporaine née au milieu du XIXe siècle a trouvé ses dates fondatrices, imaginé ses lieux symboliques et façonné ses héros ou antihéros mythiques. En l'espace de 150 ans, des traditions italiennes nouvelles ont été inventées puis violemment contestées, l'histoire exaltée puis réprouvée. Bref, les Italiens ont vécu.

C'est cet itinéraire de vie commune - où s'entremêlent société civile, histoire culturelle, pouvoirs et religion -, du Risorgimento à la République en passant par le fascisme et les guerres, qui est ici restitué. Des milieux, des événements, des hommes et des symboles (la place, le cinéma, la mafia, les Cinq Journées de Milan, Garibaldi, Mussolini, l'Amérique...) sont présentés sous un jour nouveau au lecteur français soucieux de comprendre, en dépassant les stéréotypes, l'histoire et l'univers de ses voisins européens.
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Le dernier été de l'Europe

Le dernier été de l'Europe
Fromkin David
Ed. Pluriel/Histoire

L'affaire des origines de la Première Guerre mondiale semble depuis longtemps entendue : conflit entre puissances impérialistes occidentales, qui rivalisent pour le partage du monde, précipité par une suite d'événements où le hasard et les passions nationalistes ont leur part.

Le livre de David Fromkin, appuyé sur une exploitation minutieuse d'archives inédites, ruine cette thèse : il montre que tout, dans cette catastrophe, fut prémédité. La désinformation, la manipulation furent cyniquement mises au service d'objectifs de guerre délibérés. Seulement, ce n'était pas un, mais deux conflits qui se préparaient : les Autrichiens souhaitaient ramener la Serbie dans le giron de l'empire, tandis que l'Allemagne voulait la guerre avec la Russie et la France. Rivaux mais alliés, les deux empires ont cru pouvoir faire converger leurs efforts et mener chacun leur propre guerre. Aussi déclenchèrent-ils l'apocalypse qui devait inaugurer un nouveau siècle.

Écrit d'une plume alerte, cet ouvrage d'un historien reconnu se lit comme un véritable roman qui tient le lecteur en haleine du début à la fin.
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Ibn Khaldûn et les sept vies de l'Islam

Ibn Khaldûn et les sept vies de l'Islam
Martinez-Gros Gabriel
Ed. Actes Sud/Sindbad

Pour Ibn Khaldûn, l'Etat est un processus contradictoire, construit par une violence organisée, que son fonctionnement l'amène cependant à affaiblir, puis anéantir. C'est dans le monde 'bédouin', où la violence des groupes est rendue nécessaire par le souci de se défendre et de survivre, que l'Etat va puiser la force nécessaire à son existence et à son maintien. Cette force fond au bout d'un certain temps au feu de la pacification étatique, et doit être renouvelée.

Il existe donc une relation intime et délétère entre l'Etat et la tribu. L'une nourrit l'autre, et s'y engloutit. Ce mécanisme simple admet une infinité de variantes et de nuances que Gabriel Martinez-Gros étudie à la fois dans l'Introduction (Muqaddima) et dans l'Histoire universelle d'Ibn Khaldûn. Il s'interroge ensuite sur les conditions de pertinence de la théorie, de fait bien adaptée à une histoire impériale dont on peut repérer la mise en place en Orient dès le premier millénaire avant notre ère, mais que les royaumes hellénistiques ou l'Empire romain illustrent aussi. En revanche, l'histoire de l'Occident médiéval et de l'Ancien Régime ne correspond guère à ce schéma, et encore moins l'histoire des nations modernes. Mais une forme d'épuisement du progrès économique, la mise en cause des nations, le malaise des démocraties pourraient rendre actualité, dans nos propres sociétés, à la théorie d'Ibn Khaldûn.

Giuseppe Mazzini. Père de l'unité italienne

Giuseppe Mazzini. Père de l'unité italienne
Frétigné Jean-Yves
Ed. Fayard

Avec Cavour, Garibaldi et Victor-Emmanuel II, Giuseppe Mazzini (1805-1872) est la quatrième figure tutélaire du Risorgimento italien et il mérite autant qu'eux d'être connu en France pour le rôle essentiel qu'il a joué dans l'histoire de son pays et pour l'héritage politique et intellectuel qu'il a laissé, héritage encore vivace de nos jours. De grandes figures comme Thomas Carlyle, Gandhi, Giovanni Gentile, Thomas Mann, Adam Mickiewicz, Friedrich Nietzsche, Romain Rolland, Carlo et Nello Roselli, Gaetano Salvemini, Alexis Tolstoï, Woodrow Wilson ont écrit sur lui et se sont inspirées de son oeuvre; c'est lui qui a élaboré le projet le plus cohérent et le plus moderne: rassembler l'Italie dans une république unitaire. Ayant passé l'essentiel de sa vie en exil, il est à l'échelle européenne l'un des principaux théoriciens de la démocratie moderne, du nationalisme et de la question sociale, ce qui a fait de lui l'un des adversaires longtemps redoutés de Marx.

Ses idées restent actuelles sur de nombreux points: la politique comme religion civile; les rapports entre les nations et l'union des peuples en Europe; une conception politique et sociale qui s'efforce de concilier libéralisme, démocratie et socialisme, anticipant sur les conceptions du socialisme libéral.

À l'heure où, tout comme nous, notre «soeur latine» tente d'explorer une voie vers la modernité qui lui soit propre, cette passionnante biographie, qui est la première en France mais s'appuie sur l'historiographie italienne récente comme sur une lecture exhaustive et personnelle des écrits de Mazzini, vient combler une lacune en permettant de lui restituer la paternité de ses réflexions et initiatives politiques.
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