La Gauche au pouvoir. L'héritage du Front populaire

La Gauche au pouvoir. L'héritage du Front populaire
Michel Winock & Séverine Nikel
Ed. Bayard

Les ouvriers en grève, les usines occupées, les congés payés, les conventions collectives, les 40 heures... Nous avons tous à l'esprit ces images de joie, de fierté, de dignité conquise. Nous sommes nombreux à partager cette mémoire du Front populaire, grand moment de notre histoire sociale. D'autant que la gauche n'a cessé de faire référence à cette expérience fondatrice et qu'aujourd'hui encore les principaux leaders du Parti socialiste se réclament de Léon Blum.

En effet, le Front populaire est tout d'abord une série de premières fois : celle d'une union de la gauche, regroupant les socialistes, les communistes et les radicaux, celle du pouvoir, de la confrontation à la guerre, au fascisme. Pourtant, il est aussi un échec, politique - il ne dure qu'une année -, économique, et surtout peut-être idéologique. Pour ne pas avoir assez vu que le véritable danger se situait à l'extérieur, il ne parviendra pas à son objectif premier : faire pièce au fascisme.

Si Michel Winock et Séverine Nikel déconstruisent les mythologies de droite comme de gauche qui participent encore pleinement de l'héritage du Front populaire, ils pointent aussi la permanence des questions, voire des impasses, qu'il a mises au jour. La gauche est-elle capable de s'unir ? Peut-elle se maintenir au pouvoir tout en restant elle-même ? Que signifie un projet socialiste ? Questions d'une cruciale actualité.
Présentation de l'éditeur

Le Front populaire

Le Front populaire
Rioux Jean-Pierre
Ed. Tallandier/L'Histoire

Ne pas oublier le rôle immense que le côté kermesse aura joué dans la grève. [...] La joie d'être autonome, d'être libre et, par le fait de n'avoir pas, aujourd'hui, à obéir, de se sentir soudain un autre. » C'est André Malraux qui a noté dans un Carnet inédit, après Simone Weil et tant d'autres qui ont senti eux aussi la « joie » profonde de « 36 » dans « le silence des machines », cette vérité première, primitive ou primaire, peu importe, mais si pleinement vécue par nombre de salariés qui ont occupé leur lieu de travail : le « Front popu » fut une bouffée d'air printanier prise « sur le tas », un de ces moments où l'on reprend souffle, yeux écarquillés et coeur battant la chamade ; où l'on se persuade de ne plus avoir à subir ; où l'on se prend à rêver d'écrire l'Histoire comme ça, de chic, avec de beaux pleins et de beaux déliés, comme à l'école primaire de la lutte pour la justice. Où l'on profite d'un temps perdu, d'un temps volé, d'un peu de temps enfin, pour s'occuper de soi en posant le fardeau, puisque ces jours-là, ce fut un peu « je est un autre », allégé, émancipé. Bref, ce fut du temps libéré, presque libertaire : du temps libre. Jean-Pierre Rioux

Présentation de l'éditeur

Eclats du Front populaire

Eclats du Front populaire
Collectif
Ed. Syllepse

Soixante-dix ans après juin 1936, que reste-t-il du Front populaire ? Quelques images fortes se sont fixées dans la mémoire collective : les congés payés avec ses départs en tandems et en trains, les 40 heures, les usines en grève, les bals pendant les occupations des usines...

Les 1 000 jours du Front populaire font partie de l'histoire sociale et politique de la France. Les conquêtes ouvrières marquent et structurent durablement l'histoire humaine et industrielle du pays, et ce jusqu'à la fin des années 1970.

La « guerre froide » et la politique des blocs ont refoulé les souvenirs et le vécu des luttes unitaires d'avant-guerre. Pourtant, au gré des circonstances politiques le Front populaire est appelé à la rescousse : en 1956 lors des élections législatives, en 1968 lors des « événements », en 1981 avec l'arrivée de la gauche au pouvoir, en décembre 1995 quand le gouvernement Juppé est mis à mal, en 2005 après la victoire du « non » au traité constitutionnel européen.

Ce Front populaire de combat, symbolique et mythifié, surgit des cendres du passé. Peut-il éclairer les chemins d'aujourd'hui ? Les puissantes mobilisations pour l'abrogation du CPE ouvrent la voie, elles aussi, à des mouvements sociaux nouveaux porteurs d'espérance.

L'ouvrage enrichit la connaissance du Front populaire par deux approches. Il s'attache à cerner la situation sur le plan local avec l'examen de la réalité des luttes sociales dans plusieurs villes de la banlieue de Paris. Colombes, Asnières, Saint-Ouen, Clichy, Gennevilliers, singulièrement de Nanterre, et de Marseille. Des thèmes transversaux sont aussi examinés : la place des femmes, le jazz, l'antifascisme, le colonialisme, l'immigration, l'analyse économique.

Chronologie et documents font de ce livre à la fois une mise en perspective originale des grèves de 1936, des réformes, des échecs et des impuissances, notamment en politique internationale.
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Autour du Front populaire. Aspects du mouvement social au XXe siècle

Autour du Front populaire. Aspects du mouvement social au XXe siècle<br />
Prost Antoine
Ed. Folio policier/Gallimard

L'histoire du mouvement ouvrier français se confond à bien des égards avec l'histoire de la société elle-même. Antoine Prost livre ici, au terme de recherches menées pendant quarante ans, une analyse remarquable des grands moments qui ont jalonné la chronique du monde des «travailleurs».

Grève de février 1934, Front populaire (des grèves de juin 1936 à celle de novembre 1938), mouvement de mai 1968 : l'histoire du mouvement ouvrier est d'abord ponctuée de luttes. Mais le regard de l'historien s'attache aussi à l'évolution des effectifs syndicaux depuis 1918, au rôle central de la CGT, aux mutations profondes des lendemains de la Seconde Guerre, sans négliger les bouleversements qui affectent au cours du siècle la classe ouvrière et substituent progressivement le salarié au travailleur.
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Histoire des syndicats (1906-2006)

Histoire des syndicats (1906-2006)
Dominique Andolfatto & Dominique Labbé
Ed. Seuil/XXe siècle

Quel a été le rôle des organisations syndicales dans l'évolution de la société française depuis un siècle ? Comment analyser la désyndicalisation contemporaine ? Ce livre propose de répondre à ces questions en partant d'un moment fondateur de l'histoire syndicale : le congrès de la CGT, à Amiens, en 1906.

À travers l'histoire du syndicalisme français, c'est une autre histoire qui s'écrit, celle qui se joue dans la rue, dans les ateliers et les bureaux, dans des salles de meetings et de congrès et, depuis 1968, dans les grand-messes de la négociation collective.

Cette histoire met en valeur d'incontestables succès mais aussi de retentissants échecs, qui se paient par une désaffection syndicale, dont les auteurs analysent ici les raisons et les motivations profondes.
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Chimères n°60 - Printemps 2006

Chimères n°60 - Printemps 2006
Collectif
Ed. Chimères

' Par quelle aberration a-t-on pu croire, après la chute du Mur, que la disparition d'un adversaire signifiait l'abolition de l'adversité ?

Par quelle sottise a-t-on pu considérer que l'Homo economicus allait pacifier la planète, et que les conflits subsistants n'étaient que des vestiges du passé, des bavures exotiques ? Je l'explique à la manière de Tchékhov. Par le très grand plaisir que les hommes ont à dormir. ' La Cerisaie ' est vraiment la grande pièce sur les dix dernières années que nous venons de passer. Tous les protagonistes, qu'ils soient propriétaires ou intellectuels, y sont acquis à l'idée que finalement tout s'arrange toujours, que le mal n'est que le fourrier du bien. Cet esprit-là domine en Occident depuis 1989. C'est ainsi que l'on a pu, sans rire, voir Fukuyama célébrer la victoire des Etats-Unis sur l'Union soviétique exactement dans les même termes que Kojève pensait fêter la victoire de Staline sur l'Occident? Fêter la victoire de Staline en 1937 et la victoire de Wall Street en 1987 exactement dans les mêmes catégories intellectuelles aurait tout de même dû poser un problème, non ? '
André Glucksman, in Le Nouvel observateur, janvier 2002.

Un autre monde. Contre le fanatisme du marché

Un autre monde. Contre le fanatisme du marché
E. Stiglitz Joseph
Ed. Fayard

'Aujourd'hui, il existe une certaine conscience des limites des marchés. Les scandales des années 1990 ont jeté 'la finance et le capitalisme de style américain' à bas du piédestal où ils se trouvaient depuis trop longtemps. Plus globalement, on a compris que la perspective de Wall Street, souvent à courte vue, était diamétralement opposée au développement, qui exige une réflexion et une planification à long terme.
On se rend compte aussi qu'il n'y a pas une seule forme de capitalisme, une seule 'bonne' façon de gérer l'économie. Il existe d'autres formes d'économie de marché (comme celle de la Suède, où la croissance est restée vigoureuse) qui ont créé des sociétés tout à fait différentes de celle des Etats-Unis, avec de meilleurs systèmes de santé et d'éducation et moins d'inégalité. Or, du moment qu'il y a des alternatives et des choix, ce sont les processus politiques démocratiques qui doivent être au centre des prises de décision, et non pas les technocrates.
L'un des principaux choix auxquels toutes les sociétés sont confrontées concerne le rôle de l'Etat. Le succès économique nécessite de trouver le juste équilibre entre l'Etat et le marché. Quels services l'Etat doit-il fournir ? Quelles réglementations doit-il instaurer pour protéger les travailleurs, les consommateurs, l'environnement ? Il est clair que cet équilibre change avec le temps, et qu'il sera différent d'un pays à l'autre.
Dans ce livre, je vais démontrer que la mondialisation, telle qu'on l'a imposée, a empêché d'obtenir l'équilibre requis. Je veux souligner cependant que rien n'oblige à ce qu'elle nuise à l'environnement, aggrave les inégalités, affaiblisse la diversité culturelle et favorise les intérêts des grandes firmes aux dépens du bien-être des simples citoyens. Une mondialisation choisie, bien gérée, comme elle l'a été dans le développement réussi d'une grande partie de l'Asie orientale, peut beaucoup apporter aux pays en développement comme aux pays développés.' J.E. Stiglitz
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Américains, arabes : l'affrontement

Américains, arabes : l'affrontement
Nicole Bacharan & Antoine Sfeir
Ed. Seuil

Oui, il y a bien un affrontement entre Américains et Arabes, entre Occident et Orient. Choc des civilisations? Conflits d'ambitions? Ou incompréhension entre deux cultures, deux visions du monde?

«Nous vivons sur la même planète, mais pas dans le même univers mental» constatent les auteurs. Leur dialogue a débuté le 11 septembre 2001, dans les studios de télévision et de radio où ils analysent les événements internationaux. «Et si nous allions plus loin, si nous examinons en profondeur ce qui nous sépare vraiment?» À la lumière de l'Histoire et de la crise au Moyen-Orient, ils ont alors confronté leurs identités respectives, leurs conceptions de l'individu, de la société, de la foi, du bonheur...

Par leurs regards croisés, Nicole Bacharan et Antoine Sfeir apportent à la géopolitique une donnée cruciale: le poids considérable de la tradition, de la croyance, de l'imaginaire collectif. Car on ne peut comprendre l'actualité du monde sans connaître les blessures et les rêves des êtres qui la font. Du 11 septembre à la guerre d'Irak, du conflit israélo-palestinien à la menace iranienne, ce livre donne des clés essentielles pour saisir les vrais enjeux planétaires.
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Atlas de l'empire américain

Atlas de l'empire américain
Dorel Gérard
Ed. Autrement

« Super grands », « une méga puissance », « une hyper puissance », les qualificatifs ne manquent pas pour désigner les États-Unis contemporains dont l'Atlas démonte minutieusement la géostratégie de domination. Cette république impériale, unique en son genre, ne tient pas du hasard mais largement de la géographie et plus encore de la solidité d'une nation toujours jeune, qui a su jouer des atouts d'une nature généreuse et des opportunités que l'Histoire lui a ménagées ou qu'elle a su saisir... ou forcer. Gérard Dorel

11 septembre. La terreur démasquée. Entre discours et réalité

11 septembre. La terreur démasquée. Entre discours et réalité
Blin Arnaud
Ed. Cavalier Bleu

L'histoire ne cesse de s'accélérer nous dit-on. Il est vrai qu'aujourd'hui, cinq années représentent une éternité. Suffisamment eu tout cas pour entrevoir un événement comme le 11 septembre avec discernement. Du moins peut-on l'espérer. Car le ' 11 septembre ' est l'une de ces dates qui, comme le ' 14 juillet ', se suffit à elle-même tant l'empreinte sur l'imaginaire collectif est profonde. Une date qui a marqué son époque : c'était ' la fin de l'âge de l'innocence ', celui de la ' guerre des civilisations ' ou encore de la ' fin de l'histoire '. Le monde, nous en étions persuadés, avait changé ce matin-là. Mais quel monde ? Difficile de le dire puisque, depuis la chute de l'URSS en 1991, nous naviguions dans le brouillard avec un soi-disant ' nouvel ordre mondial ' que personne n'arrivait il définir. Quel (autre) monde était né sur les décombres de cette guerre froide que l'on commençait à regarder avec nostalgie ? Les théories abondaient mais le brouillard persistait. Sommes-nous en mesure aujourd'hui d'y voir plus clair sur la manière dont les choses ont évolué depuis ce 11 septembre 2001 et dans quelle direction elles semblent s'orienter. Cet ouvrage est une invitation au décryptage d'une réalité trop souvent décalée par rapport aux discours des uns et des autres. décryptage au cours duquel nous espérons pouvoir distinguer ce qui, entre discours et réalité, correspond à l'environnement qui est le nôtre, sachant que notre perception du monde détermine aussi dans une grande mesure la manière dont nous façonnerons notre avenir.
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