Des mules et des hommes. Une enfance, un lieu

Des mules et des hommes. Une enfance, un lieu
Crews Harry
Ed. Folio/Gallimard

Ce livre est le récit inoubliable des premières années d'Harry Crews. Il naît en pleine Grande Dépression, dans une misérable baraque de paysan au sud de la Géorgie. Mais si Bacon County est une région au sol aride et aux vendettas sanglantes, c'est aussi un lieu magique où les serpents parlent, où les oiseaux peuvent s'emparer de l'âme d'un enfant, où les prédicateurs et les sorcières gardent fantômes et démons à portée de main. C'est surtout une terre d'hommes et de femmes pour qui la solidarité n'est pas un vain mot et le respect du soleil et de la pluie l'essence même de l'existence.

À la fois choquant, attendrissant et drôle, Des mules et des hommes raconte les débuts d'un écrivain dans un monde où «survivre est suffisant comme triomphe».

Dernières nouvelles d'Ecosse

Dernières nouvelles d'Ecosse
Hird Laura
Ed. 13e note

En onze récits, Laura Hird, icône féminine de la contre-culture anglo-saxonne, orchestre avec autant de cynisme que de sensibilité les collisions de personnages monstrueusement solitaires, dans une Écosse à la fois refuge et prison.

« Les gens sont tellement cons. Ils font d'office confiance à la première personne qui s'intéresse un peu à eux. C'est la solitude, j'imagine. Personne n'a jamais l'air à l'aise en sa propre compagnie, contrairement à moi. C'est carrément pathétique. Cela dit, je peux parfaitement décider de bien aimer Hope. Je peux décider d'aimer n'importe qui. »

Souvent cataloguée comme sombre et crue, l'oeuvre de Laura Hird est surtout bien plus complexe qu'un simple inventaire de dysfonctionnements urbains. C'est à une étude épidémiologique de l'humain qu'elle se livre, en vidant de leur substance rassurante les idées douillettes de rédemption et de salut
(Heidi James, auteur de Carbon)

Éperdument lisible, d'un humour noir et douloureux, le délice naît de la dysfonction. The Times

De sueur et de sang

De sueur et de sang
Toole F. X.
Ed. 13e note

De sueur et de sang, trois inédits du légendaire auteur de Million Dollar Baby qui disent la violence du ring, la rage de vaincre, la fraternité des hommes malgré les tentations et les trahisons. La boxe comme voie d'accomplissement et source d'inspiration littéraire.

« C'est ça, le secret. Faire mal à l'adversaire. Le forcer à reculer, le forcer à boxer en appui sur ses talons. Viser les reins, qu'il se prépare à pisser rouge dans la cuvette. Viser les yeux, qu'ils soient injectés de sang. Décoller les côtes, provoquer des spasmes au foie. Esquinter les articulations des épaules. User l'adversaire, lui arracher le coeur et l'écrabouiller. C'est ça, la boxe. C'est à ce point horrible. Mais survivre et gagner, c'est ce qui nous fait bander. On appelle ça se faire respecter. »

Sa voix littéraire associait aux rugueux accents d'un habitué des salles de boxe l'élégance d'un écrivain à l'ancienne. C'était un conteur né.
Ses meilleures nouvelles, d'un réalisme lucide, contiennent juste ce qu'il faut de mélodrame [...] (Eddie Muller, auteur de Mister Boxe)

L'opéra de la lune

L'opéra de la lune
Bi Feiyu
Ed. Picquier poche

Xiao Yanqiu a la beauté froide de la Chang'E de la légende, qui avala la pilule d'immortalité avant de s'élancer vers la lune, où elle vit désormais dans une solitude glacée. Mais dans son coeur brûlent la passion de son art et le regret d'avoir, à l'orée de sa jeunesse, brisé sa carrière d'actrice d'opéra. Vingt ans après, on lui propose de reprendre le rôle de la déesse de la lune dans le célèbre opéra tiré de la légende. A quel prix saura-t-elle incarner celle qui évoque l'impossible désir humain d'échapper à son destin ?

Le récit fort et émouvant de Bi Feiyu nous plonge dans les coulisses de l'opéra de Pékin, où il faut bien composer avec ces soucis terre-à-terre que sont l'argent et les pressions politiques. Mais il dresse surtout le portrait d'une femme qui, de toute la force de sa volonté, cherche à aller au-delà d'elle-même en fusionnant avec l'image que lui tend le miroir de l'art.

Poussière et sueur

Poussière et sueur
Xinwu Liu
Ed. Folio

C'est un dimanche ordinaire à Pékin. Lao He, cinquante-sept ans, est un ouvrier migrant parmi tant d'autres, survivant d'une histoire tragique. Employé comme jardinier par la municipalité, il vit dans un foyer près du quartier d'Andingmen. Des visites familiales à la traditionnelle loterie sur la place principale, mille événements, souvent cocasses, vont rythmer son unique journée de loisir.

Liu Xinwu reconstitue la vie de tout un quartier populaire avec ses ivrognes, ses escrocs, ses braves gens et quantité de personnages pittoresques, d'une marieuse surnommée la Girafe à un loueur de trampoline. L'occasion de décrire, avec tendresse, une société en pleine transformation, entre mode de vie traditionnel et modernité citadine.

En numérique chez Tropismes : Poussière et sueur

Homo erectus

Homo erectus
Benacquista Tonino
Ed. Folio

Et s'il existait, au coeur de Paris, une société secrète où les hommes puissent enfin confier leurs dérives sentimentales, leurs expériences rocambolesques, leurs fantasmes inavouables ?

C'est à cette société que ce roman de Benacquista inscrit ses lecteurs, et surtout ses lectrices.

En numérique chez Tropismes : Homo erectus

Le festival de la couille. Et autres histoires vraies

Le festival de la couille. Et autres histoires vraies
Palahniuk Chuck
Ed. Folio

Une partouze géante au fin fond de l'Ouest américain, un combat de moissonneuses-batteuses, une expédition en sous-marin nucléaire, la construction d'un château en béton, un face-à-face improbable avec Marilyn Manson, les promenades d'un escort boy avec un malade en phase terminale : autant d'évocations d'une Amérique déjantée dont Chuck Palahniuk s'est fait le chroniqueur.

Dans ce recueil d'histoires vraies où se mêlent subversion, tendresse, humour décapant et exhibitionnisme, il démontre combien la réalité peut dépasser l'imagination et dévoile ainsi l'envers du décor de ses romans. Il nous fait découvrir une autre Amérique, dont les héros illuminés ne sont pas si éloignés de nous. On ne ressort pas indemne de ce voyage au bout du bizarre et du tragique.

L'homme à la carabine

L'homme à la carabine
Pécherot Patrick
Ed. Folio

Prison de la Santé, 1913. Les survivants de la bande à Bonnot attendent leur jugement. Ils ont vingt ans et voulaient vivre sans entraves. Communautés, insoumission, végétarisme et fausse monnaie, ils ont pris les chemins de traverse qu'emprunteront, bien plus tard, d'autres enfants de la révolte. Traqués, au terme d'une fuite en avant sanglante, ils deviendront ces bandits tragiques qui feront trembler la France. Parmi eux, André Soudy. Gamin tuberculeux, traîne-misère, poucet aux poches crevées... Qui est vraiment celui qu'on appellera « l'homme à la carabine » ? Au fil d'un roman-collage, Patrick Pécherot a suivi ses traces à demi effacées. Croisant au passage les fantômes d'Aragon, Arletty, Léo Malet, Colette, Henri Calet, Georges Brassens, Léo Ferré, Boris Vian..., il brosse l'esquisse d'un perdant magnifique.

En numérique chez Tropismes : L'homme à la carabine

L'incident

L'incident
Gailly Christian
Ed. Double/Minuit

Elle n'avait pas prévu qu'on lui volerait son sac à la sortie du magasin. Encore moins que le voleur jetterait le contenu dans un parking. Quant à Georges, s'il avait pu se douter, il ne se serait pas baissé pour le ramasser.

Tout pilote connaît la consigne : après chaque vol, il faut remplir le livre de bord. Remplir le livre de bord, telle est donc, en bonne logique, la dernière phrase d'un roman qu'on découvre étonnamment semblable à un numéro de voltige aérienne, avec préparation au sol, envol, figures et atterrissage en finesse. Un art de l'arabesque que Christian Gailly cultive avec une virtuosité croissante. Cela commence par un sac à main arraché près de la place Vendôme, un jour de canicule. Un... vol inaugural, en quelque sorte. On apprend ultérieurement l'identité de la victime : Marguerite Muir, quarante ans. Un peu plus tard encore, on découvre celle-ci dentiste. On sait aussi qu'elle possède un brevet de pilote, depuis que Georges Palet, cinquante-huit ans, a retrouvé ses papiers, jetés sur le parking de l'hypermarché Continent, à L'Haÿ-les-Roses, Val de Marne. Autre information : celui qui raconte est un familier de Marguerite et pratique lui-même le pilotage. Mais sur ce chapitre, on n'en saura jamais davantage. On nous révèle incidemment que Georges Palet se trouve assigné à résidence et privé de droits civiques. Des histoires avec des femmes. Peut-être même un meurtre. Autre détail, qui ne sera dévoilé qu'à l'approche de la fin, la vedette masculine du roman de Christian Gailly se passionne pour les avions de combat et ne rate aucun film de guerre... Jean-Claude Lebrun

J'ai réussi à rester en vie

J'ai réussi à rester en vie
Oates Joyce Carol
Ed. Points

Une famille ordinaire du Missouri puritain des années 1970. Une mère possessive, un père désabusé. Deux fils : un hippie révolté et Jonathan Franzen himself, adolescent mal dans sa peau, équipé de 'biceps en fromage blanc', exclu du club très fermé des gars cool du lycée, craignant les filles, mais vouant une passion délirante à Thomas Mann, à Charlie Brown et à Snoopy...