Balco Atlantico

Balco Atlantico
Ferrari Jérôme
Ed. Babel

Sur la place d'un village corse, le nationaliste Stéphane Campana s'est effondré, fauché par deux balles tirées à bout portant. Virginie, jeune fille vivant depuis l'enfance dans la vénération de cet homme, se jette sur son corps inanimé pour une ultime adoration.

Khaled et Hayet, frère et soeur originaires de Larache, près de Tanger, sont arrivés là quelque temps auparavant, en quête d'un monde meilleur que semblait promettre le miroitement de la mer du haut de la magnifique corniche qu'on appelle Balco Atlantico.

Sur l'île de violence et de beauté, la trajectoire militante de l'un et le parcours jalonné d'espoirs puis de désillusions des autres sont déroulés jusqu'à leur rencontre décisive.

Porté par une langue charnelle et terriblement fraternelle, un roman solaire sur la mémoire, l'exil intérieur et les rêves d'ailleurs.

Servir le peuple

Servir le peuple
Yan Lianke
Ed. Picquier poche

Lorsque Yan Lianke s'empare du célèbre slogan de la Révolution culturelle, c'est pour piétiner au passage les tabous les plus sacrés de l'armée, de la révolution, de la sexualité et de la bienséance politique. De quoi donner une crise d'apoplexie au ministre de la Propagande chinois, en charge de la censure.

Son court roman est aussi iconoclaste que jubilatoire. Ou comment Servir le peuple devient, pour l'ordonnance d'un colonel de l'Armée populaire de libération, l'injonction de satisfaire aux besoins sexuels de la femme de son supérieur. Le mari s'étant absenté pour deux mois, les deux amants passent leurs journées cloîtrés dans la maison, où ils découvrent par hasard, en brisant une petite statue en plâtre de Mao, que ce geste sacrilège décuple leur désir. Dès lors, c'est à qui se montrera le plus « contre-révolutionnaire » en détruisant le maximum d'objets liés au Grand Timonier. Un amour fétichiste et une variation insolente de l'Histoire officielle qui ont valu au livre d'être saisi et interdit en Chine dès sa publication.

Cahier pour Aline

Cahier pour Aline
Gauguin Paul
Ed. Sonneur

«À ma fille Aline, ce cahier est dédié. Notes éparses, sans suite comme les rêves, comme la vie toute faite de morceaux. Ces méditations sont un reflet de moi-même. Elle aussi est une sauvage, elle me comprendra...»

Les évadés

Les évadés
Gailly Christian
Ed. Double/Minuit

Le jeune Jérémie Tod ressemble trop à son père. On va le lui faire payer. En pleine rue, on le fait battre par un policier. Un homme, Théo Panol, intervient. Maladroit, il tue le policier. Il est arrêté, jugé et condamné : trente ans de réclusion. Ses amis décident de le faire évader. Les chances de réussite sont à peu près nulles. Ils vont quand même essayer.

Les Évadés est un inextricable entrecroisement d'histoires d'amour, d'histoires d'amour présentes et passées, d'histoires d'amour agonisantes et larvées, d'histoires d'amour réelles et chimériques, les personnages étant liés sans exception par des liens sentimentaux aussi vifs qu'incertains. Nous pourrions dire tout simplement que Christian Gailly, avec ce roman, enferme dans l'espace clos d'une petite ville une communauté d'individus sans illusion, qu'il les suit chacun avec la même attention, la même acuité, la même cruauté, et qu'il les anime comme un marionnettiste. Les Évadés est un roman très romanesque, en CinémaScope et en Technicolor, aux résonances de série B.
Mais Les Évadés est peut-être aussi une parabole sur la solidarité, sur la beauté du sentiment collectif. La même idée germera en effet au même instant dans la tête des principaux personnages, dans une sorte de télépathie et d'illumination générale : faire évader Théo Panol. La scène est belle, elle fait penser à ces films de Lubitsch ou de Capra où les opprimés réunissent leurs petites forces et leurs grands sentiments pour partir à l'assaut des oppresseurs et des salauds, et le souffle qui traverse le dernier quart du livre est aussi riche et inventif qu'il est salutaire : il vient à point nommé pour nous rappeler, en ces temps d'individualisme et de cloisonnement, que la beauté du soulèvement collectif n'a pas d'égal - dût-il se terminer dans le sang. Éric Reinhardt, Les Inrockuptibles

Elephant man

Elephant man
Treves Frederick
Ed. Sonneur

En 1884, le chirurgien Frederick Treves (1853-1923) rencontre John Merrick, dont le corps difforme est exhibé sans ménagement par un forain qui le présente comme l'Homme-Éléphant. Deux ans plus tard, le médecin parvient à extirper Merrick de sa misérable condition de bête de foire et lui offre enfin la vie de dignité à laquelle le jeune homme a toujours aspiré.

Cette histoire vraie fut à l'origine du célèbre film Elephant Man de David Lynch.

La mort heureuse

La mort heureuse
Camus Albert
Ed. Folio

« Je suis certain qu'on ne peut être heureux sans argent. Voilà tout. Je n'aime ni la facilité ni le romantisme. J'aime à me rendre compte. Eh bien, j'ai remarqué que chez certains êtres d'élite il y a une sorte de snobisme spirituel à croire que l'argent n'est pas nécessaire au bonheur. C'est bête, c'est faux, et dans une certaine mesure, c'est lâche. »

En 1938, Albert Camus abandonne son premier roman, La mort heureuse, pour commencer à rédiger L'étranger. Ce premier projet romanesque, publié à titre posthume, est riche pourtant de descriptions lumineuses de la nature et de réflexions anticonformistes. Le héros, Mersault, recherche désespérément le bonheur, fût-ce au prix d'un crime. Son parcours est nourri de la jeunesse difficile et ardente de Camus ; ses choix et ses pensées annoncent les récits et les essais à venir.

 

Dompter la bicyclette. Et autres déboires

Dompter la bicyclette. Et autres déboires
Twain Mark
Ed. Sonneur

Tour à tour typographe, pilote sur le Mississippi, chercheur d'or et journaliste, l'écrivain Mark Twain (1835-1910) - également inventeur - était fasciné par les nouvelles techniques. Il s'essaie ici au périlleux apprentissage de la bicyclette, découvre les propriétés explosives des paratonnerres et lutte avec une machine à écrire dont les défauts semblent l'emporter sur les qualités. Curieux et maladroit, incorrigible et tenace, l'auteur de Huckleberry Finn livre ici, avec l'humour qui l'a rendu célèbre, un aperçu réjouissant des affres d'un pionnier face aux grandes inventions de son temps.

Là où les tigres sont chez eux

Là où les tigres sont chez eux
Blas de Roblès Jean-Marie
Ed. J'ai lu

Une famille ordinaire du Missouri puritain des années 1970. Une mère possessive, un père désabusé. Deux fils : un hippie révolté et Jonathan Franzen himself, adolescent mal dans sa peau, équipé de 'biceps en fromage blanc', exclu du club très fermé des gars cool du lycée, craignant les filles, mais vouant une passion délirante à Thomas Mann, à Charlie Brown et à Snoopy...

Larsen

Larsen
Bonvin Jean-Jacques
Ed. Allia/Petite collection

Le narrateur déconstruit le mythe américain en racontant son séjour chez son vieil ami Larsen, un ancien prisonnier exilé. Entre Bragg, qui passe son temps à fumer des joints, et Michael, un onaniste inassouvi, il évoque un quotidien où l'oisiveté est de mise.

Partir en guerre

Partir en guerre
Larrue Arthur
Ed. Allia/Petite collection

Alors que le narrateur s'invite dans l'appartement d'une copine, d'autres squatters ont déjà pris possession des lieux. Il évoque cette nuit partagée avec la Voïna, un groupe d'artistes anarchiste qui livre une guerre sans merci à un Etat fascisant.