Mason & Dixon

Mason & Dixon
Pynchon Thomas
Ed. Points

«Jour après jour, les Pionniers et les Géomètres progressent, davantage de points sont reliés, et deviennent bientôt visibles, tandis qu'on découvre dans le Ciel de nouvelles Étoiles, qu'on nomme et inscrit dans les Almanachs...» : en 1763, deux astronomes anglais, le mélancolique Mason et le séducteur Dixon, se lancent dans une incroyable odyssée au coeur de l'Amérique du Nord.

Semper Augustus

Semper Augustus
Bleys Olivier
Ed. Folio

Une famille ordinaire du Missouri puritain des années 1970. Une mère possessive, un père désabusé. Deux fils : un hippie révolté et Jonathan Franzen himself, adolescent mal dans sa peau, équipé de 'biceps en fromage blanc', exclu du club très fermé des gars cool du lycée, craignant les filles, mais vouant une passion délirante à Thomas Mann, à Charlie Brown et à Snoopy...

Le cure-dent

Le cure-dent
Lacroix Jean-Yves
Ed. Allia

Surtout, le voisinage de la beauté a quelque chose de pratique que la pudeur n'avoue jamais. Jean-Yves Lacroix

Lac

Lac
Echenoz Jean
Ed. Double/Minuit

Franck Chopin n'est pas de ces hommes qui ont eu très tôt un but dans la vie. Nulle vocation chez cet individu sinon celle de vétérinaire, vers dix ans, lorsqu'il aimait tellement soigner les petits mammifères, puis à vingt ans celle de chef de la révolution mondiale (Marx, Engels, Lénine, Chopin) - ensuite plus rien. Ensuite il va faire des études de sciences, qui le ramèneront à s'occuper des animaux - mais son objet d'étude est devenu l'insecte, la mouche plus précisément, qui est un genre qu'on ne soigne pas.

Et quatre ou cinq fois dans sa vie, il a disparu deux mois ; comme il connaît peu de personnes, on ne s'est pas trop inquiété.

Echenoz aime les lieux. Il a un talent fou pour suggérer, décrire une résidence anonyme, un lac artificiel, une gare parisienne, toute la poésie de Paris dans les vitres d'un RER. Il est de cette génération journalistique et voyageuse qui ne croit plus au roman, comme Balzac y croyait : naïvement. Jacques-Pierre Amette, Le Point

Le narrateur de Lac ne se contente pas de multiplier les rebondissements sans se prendre au sérieux. Des morceaux de réalité sont saisis dans les mailles et les miroitements de ses descriptions pour rire. La banlieue, par exemple, est présente avec une intensité qui renseignera les historiens du futur sur l'urbanisme parisien des années 80. Elle le fera mieux que les photographies, parce que les odeurs rôdent autour des fouillis de formes, les destins s'y faufilent, et les moeurs s'y impriment, comme sur les murs en démolition où restent accrochés des lambeaux de papiers peints usés à la tête des lits, des porte-savons suspendus, et autres vestiges de gestes quotidiens fossilisés.

Lac porte également témoignage sur la façon décousue de parler et de se taire, à la même époque - la nôtre. Les producteurs de cinéma seraient bien avisés de repérer l'aigu des répliques. Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde

Babylone

Babylone
Crevel René
Ed. Petite bibliothèque Ombres

«Femme couronnée de paille naturelle, il faut renoncer au bleu de la tendresse, au rouge du désir, au jaune de la joie, et même au mauve de la fatigue. Sur les quais, les tonneaux, lentement, perdent leur parfum feutré de géranium. Terre insensible, heure vide, Babylone, après les cris, les morsures, c'est grand silence. Une digue continue dans la mer ce sol charnel, ce grand corps de continent que l'insolation divinise.

Une femme, une ville luttent d'indifférence.»

Le rêve du village des Ding

Le rêve du village des Ding
Lianke Yan
Ed. Picquier poche

Sous les rayons du soleil couchant, la plaine du Henan est rouge, rouge comme le sang. Ce sang que vendent les habitants du Village des Ding pour connaître une vie meilleure. Mais, quelques années plus tard, atteints de « la fièvre », ils se flétrissent et quittent ce monde, emportés par le vent d'automne comme des feuilles mortes. Seul le fils du vieux Ding, qui a bâti sa fortune sur la collecte du sang, continue de s'enrichir en vendant des cercueils et en organisant des « mariages dans l'au-delà » pour unir ceux que la mort a séparés.

Le Rêve du Village des Ding est un roman bouleversant. Bouleversant par la tragédie qu'il raconte, bouleversant parce qu'il n'est que la fiction d'une réalité plus terrible encore. C'est l'histoire de centaines de milliers de paysans du Henan contaminés par le sida que l'auteur évoque dans ce roman d'une émotion poignante, traversé de rêves et de prémonitions. « Colère et passion sont l'âme de mon travail », dit Yan Lianke. Son livre est interdit en Chine et l'auteur privé de parole.

Un texte lyrique et désespéré... de la très belle littérature (Nils C. Ahl, Le Monde).

Dix indiens

Dix indiens
Smart Bell Madison
Ed. Babel/Actes Sud

Lorsqu'un chauffard un jour le renverse, Devlin ne souffle mot de l'accident. Et quand une femme tombe sous une balle perdue lors d'une fusillade de rue, il se surprend à kidnapper le bébé de la victime. Pourquoi ? Lui-même l'ignore.

Devlin est psychologue pour enfants et pratique le taekwondo. Pour échapper à son malaise existentiel, il se lance dans un projet aussi exaltant que désespéré : ouvrir un cours de taekwondo dans l'un des quartiers noirs les plus défavorisés de Baltimore. Les membres de deux gangs rivaux s'inscrivent bientôt - de jeunes vendeurs de crack à la gâchette facile, animés d'une violence aveugle que Devlin croit un moment être à lui seul capable d'éradiquer, grâce à la maîtrise de soi qu'enseignent les arts martiaux...

Placé sous le double signe de la lucidité et de l'empathie, Dix Indiens confronte, au fil d'un fatal décompte, le monde blanc que corrode la dépression individuelle et le monde noir en proie au désarroi collectif.

Toute passion abolie

Toute passion abolie
Sackville-West Vita
Ed. Biblio romans

« En un éclir lady Slane sentit que le puzzle éclaté de ses souvenirs venait de se reconstituer [...]. Elle se retrouva sur la terrasse de la villa indienne désertée [...]. Elle appuyait ses bras sur le parapet brûlant, faisant pivoter lentement son ombrelle.

En fait, elle se tenait ainsi pour dissimuler son trouble car elle venait de se retrouver à l'écart de tous avec ce jeune homme à ses côtés. »

Le jour même de la mort de son mari Henry Holland, comte de Slane, lady Slane décide de vivre enfin sa vie.

Elle a quatre-vingt-huit ans. Lady Slane surprend alors son entourage en se retirant à Hampstead. Dans sa nouvelle demeure, toute passion abolie par l'âge et le choix du détachement, lady Slane se sent libre enfin de se souvenir et de rêver...

Léonard et Virginia Woolf disaient de ce livre de 1931 qu'il était le meilleur de Vita Sackville-West. Élégance folle, finesse et charme rétro. Epok.

La fille perdue

La fille perdue
Lawrence David Herbert
Ed. Biblio romans

Alvina, une jeune fille de bonne famille désargentée, découvre l'amour entre les bras d'un Italien, beau mais un peu fruste. Au mépris de toutes les conventions, elle le suit dans son pays. Perdue pour la morale, perdue dans un monde primitif dont elle n'a pas les clés, Alvina se découvre elle-même.

Peinture au vitriol de la société de province, fresque historique de l'Angleterre et de l'Italie au seuil de la Première Guerre mondiale, hymne à l'amour charnel et à l'instinct vital : trois motifs qui s'entremêlent ici dans un récit vigoureux, d'une fraîcheur déconcertante.

Par l'auteur de L'Amant de Lady Chatterley.

Le roi des Juifs

Le roi des Juifs
Tosches Nick
Ed. Livre de poche

À chacun son dieu. Nick Tosches, écrivain aussi déjanté qu'érudit, a choisi le sien : Arnold Rothstein, le « roi des Juifs », un célèbre gangster des années 1920. De sa naissance en Bessarabie à son arrivée dans le Lower East Side, Tosches retrace avec une méticulosité sidérante la vie de ce truand légendaire, métaphore d'un New York cosmopolite et violent, où il faut parfois tuer pour survivre.

Radioscopie d'une époque révolue, pamphlet, saga, élégie de l'american dream, réalité ou pur mensonge... Entre la fiction et le documentaire, Nick Tosches se livre en virtuose à un tour de prestidigitation éblouissant.

Nick Tosches donne à la vie et à la mort d'Arnold Rothstein la dimension d'un récit biblique. Il dresse un formidable portrait de ce fils d'émigrants devenu roi des bas quartiers de Manhattan.
Marianne.

À lire Tosches, on a l'impression de suivre un évangéliste fou, rêvant de planter sa croix sur une colline de bookmakers et de filles perdues. Le Point.