Trois sentiers vers le lac

Trois sentiers vers le lac
Bachmann Ingeborg
Ed. Babel/Actes Sud

Voici cinq nouvelles - et autant de portraits de femmes en décalage avec la réalité. Il y a d'abord Nadja, l'interprète de conférences, qui se prend à rêver d'une langue unique. Il y a Beatrix dont le but hebdomadaire est le salon de coiffure, où elle laisse libre cours à son narcissisme. Miranda, qui oublie ou perd ses lunettes comme pour adapter la réalité à son propre univers. Il y a encore Mme Jordan, délaissée par son fils mais qui n'en continue pas moins de l'idolâtrer avec toute son abnégation de mère. Et il y a Elisabeth, photographe et journaliste de guerre que les sentiers autour du lac de son enfance ne ramènent pourtant pas « chez elle ».

Dans ces récits de solitude, d'exil et d'abandon dédiés aux stratégies de survie de celles qu'on empêche de construire leur identité, Ingeborg Bachmann joue magistralement avec les mots, pour mieux faire ressortir la déroutante absurdité du monde.
Présentation de l'éditeur

Le dernier qui part ferme la maison

Le dernier qui part ferme la maison
Fitoussi Michèle
Ed. Livre de poche

'Le Clos joli' et 'La Pommeraye'. Deux maisons voisines dans un lieu-dit isolé de la campagne normande. Dans la première vit, solitaire, une vieille dame qui a pris sa retraite vingt ans plus tôt. Atteinte de la maladie d'Alzheimer, elle fugue, cependant que ses filles, deux quadragénaires que tout oppose, se disputent sur la meilleure façon de s'occuper d'elle. L'autre maison, résidence secondaire de Parisiens en instance de divorce, devient par hasard ce week-end-là, le théâtre d'un chassé-croisé de couples illégitimes. Pendant deux jours, tous et toutes vont se poursuivre en une ronde qui ressemble à la vie, compliquée et pleine de surprises.

C'est une comédie contemporaine autour du blues des quadras: familles décomposées, parents qui vieillissent mal, course à l'argent et à la réussite, poursuite illusoire de la jeunesse et de l'amour, malentendus et mensonges.

Écrit à plusieurs voix, pelote finement serrée de sentiments à vif, de secrets trop longtemps gardés, le roman de Michèle Fitoussi croque, entre humour et émotion, des personnages qui nous ressemblent tant.
Présentation de l'éditeur

O Verlaine !

O Verlaine !
Teul Jean
Ed. Pocket

Alcoolique phénoménal, amant frénétique et désordonné, bigame maltraité par ses deux compagnes, Paul Verlaine oscilla jusqu'au tombeau entre l'ignoble et le sublime. C'est à la toute fin de sa vie, au moment de la pire déchéance morale et matérielle, au moment où les gloires de l'époque l'accablaient de leur mépris, qu'une soudaine vague de sympathie naquit en sa faveur parmi les étudiants et la jeunesse du Quartier latin. En quelques semaines, il devint leur idole.

Fol amoureux de ce personnage magnifique et terrifiant, Jean Teulé a choisi de raconter cette période extravagante à travers le regard du jeune Henri-Albert Cornuty - un adolescent de Béziers qui monta à pied à Paris dans le seul but de rencontrer Verlaine...

« (...) un très bel hommage au clochard céleste. » Anthony Palou Le Figaro Magazine

« Un voyage au pays des mauvais esprits par un romancier amoureux des mots. » Christine Ferniot Lire

« Jean Teulé signe avec Ô Verlaine ! son plus beau roman d'amour. » Pierre Drachline Le Monde des Livres
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Ambiguïtés

Ambiguïtés
Perlman Elliot
Ed. 10/18

Instituteur au chômage, Simon ne parvient pas à oublier Anna, qu'il aime sans retour depuis dix ans. Un après-midi, sans que rien ne laisse présager de son geste, il enlève le petit garçon de la jeune femme à la sortie de l'école.

Crime d'un pervers masqué en héros romantique ? Acte désespéré d'un homme détruit par le chômage ? Ultime tentative d'un amoureux transi pour attirer l'attention de celle qu'il aime ? Sept personnages, tous impliqués à des degrés divers dans l'événement, tentent de trouver une explication à ce geste. Au travers de leurs témoignages, ils parlent aussi d'eux, de leur souffrance à vivre dans une société convertie au culte de l'argent, et de leur espoir qu'il y reste encore, malgré tout, une place pour la poésie et l'amour fou.

« Un texte aussi dense que maîtrisé, aussi attachant, humain et ambigu que les êtres qui le peuplent. » Raphaëlle Leyris, Les Inrockuptibles
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Verre cassé

Verre cassé
Mabanckou Alain
Ed. Points

« Verre Cassé est un ivrogne de 64 ans. Ancien instituteur, /.../ il a été chargé par l'Escargot entêté, patron du bar Le Crédit a voyagé, de tenir la chronique des faits et gestes de sa clientèle. Une sorte de Cour des miracles peuplée de mythomanes assoiffés, d'éclopés burlesques et de vieux débris /.../ Verre Cassé est une oeuvre truculente, exubérante, bavarde, tonitruante, d'un comique sans retenue. /.../ La verve d'Alain Mabanckou est un fleuve en crue qui emporte tout sur son passage, les mots, les hypocrisies, les convenances, les traditions, les politiquement correct, l'afro-ethnique. » Bernard Pivot, Le Journal du Dimanche

Ce roman a reçu le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs, le prix des Cinq Continents de la francophonie et le prix RFO du livre en 2005. Alain Mabanckou est notamment l'auteur de African Psycho.

Une vie française

Une vie française
Dubois Jean-Paul
Ed. Points/Seuil

« Jean-Paul Dubois offre un roman d'une ampleur réjouissante. Cinquante ans de la vie d'un homme au coeur d'une société française qui commence avec Charles de Gaulle et s'achève avec Jacques Chirac. Tout le roman est un mélange réussi entre l'anecdote et l'histoire, entre Mai 68 et les dîners de famille, entre la mort de Franco et le premier baiser avec la langue. Jean-Paul Dubois parvient à raconter un demi-siècle de politique française par le chemin des écoliers, drôle et désenchanté. En passant du rire aux larmes, de la mort à la vie, il nous offre une saga sans artifices, un livre-bilan, un roman palpitant. »
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La bête qui meurt

La bête qui meurt
Roth Philip
Ed. Folio/Gallimard

«Un nu aux seins opulents, légèrement évasés, pour lequel elle aurait pu poser elle-même. Un nu aux yeux clos, défendu comme elle par sa seule puissance érotique et, comme elle, à la fois primaire et élégant. Un nu mordoré mystérieusement endormi sur un gouffre noir velouté que, dans mon humeur du moment, j'associais à celui de la tombe. Fuselée, ondulante, elle t'attend, la jeune fille, immobile et muette comme la mort.»

À l'orée de la vieillesse, David Kepesh, esthète attaché à sa liberté et séducteur exigeant, rencontre parmi ses étudiantes Consuela Castillo, vingt-quatre ans, fille de riches émigrés cubains, «émerveillée» par la culture. Et découvre la dépendance sexuelle... et la mort qui rôde en chacun de nous.

Après La tache, Philip Roth nous offre à la fois un précis amoureux, une radiographie de notre temps et une méditation sur la condition humaine. Un nouveau chef-d'oeuvre, d'une perfection lapidaire.
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Le jour des Morts

Le jour des Morts
Nooteboom Cees
Ed. Folio/Gallimard

Après l'accident d'avion qui emporta sa femme et son fils, Arthur Daane a quitté Amsterdam pour s'établir à Berlin. Cameraman, documentariste, cet homme-images est un nomade qui capture, au détour de ses promenades berlinoises, l'ombre du passé. Hanté par l'indicible mémoire des lieux, il observe le monde à travers le voile de sa douloureuse solitude.
C'est ainsi, dans cet état d'âme et d'esprit, qu'il croise Elik Orange. Attiré par cette silhouette, cette aura, cette ombre, Arthur retrouve enfin la voie du désir. Elik s'offre à lui puis se dérobe pour finalement l'attirer dans la lumière aveuglante de l'Espagne.

Roman d'amour pour une femme inaccessible et pour une autre à jamais disparue, Le jour des Morts est aussi le livre du Temps et de la mélancolie. Dans une langue superbe, Cees Nooteboom lance ses personnages bien au-delà de leur destin individuel et les inscrit ainsi au coeur des véritables enjeux de la littérature.
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Pauvre Georges !

Pauvre Georges !
Fox Paula
Ed. Joëlle Losfeld/Arcanes

Georges Mecklin, homme droit mais apparemment sans grande envergure, enseigne dans une école privée de Manhattan et vient de s'installer avec sa femme à la campagne. Un jour, il surprend un adolescent, Ernest, en train de fouiller dans ses affaires. Georges, dont l'existence étriquée réclame une «belle cause», décide de le prendre sous son aile sans se douter que cette décision va agir comme un détonateur. Dès lors, on assiste à l'implosion d'un couple dans un univers où les murmures, les discussions l'emportent sur une capacité réelle à affronter la vie.

«Pauvre Georges ! paraît plus frais et plus vrai après trente ans d'existence que bien des romans écrits aujourd'hui», Jonathan Franzen.

«Elle est douée, elle est douée, elle est plus que douée», Jonathan Lethem.
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Les Hommes à terre

Les Hommes à terre
Giraudeau Bernard
Ed. Métailié/Suites

Les hommes à terre sont tous un peu des marins perdus, immobiles ils voyagent vers d'indicibles aventures.

À Hô Chi Minh-Ville, Jean-Paul accompagne son père et découvre un inconnu qui n'a pas oublié sa guerre à Saïgon. A Brest, un marin raconte ses voyages à une toute jeune fille mais c'est elle qui partira. Billy, lui, n'est pas un marin comme les autres, la dame de L'Iguaçu le sait. A Lisbonne, Diego l'Angolais, le naufragé, pêche en attendant de reprendre la mer pour rêver ses amours dans la salle des machines. À La Rochelle, Pierre enterre Jeanne, une femme tendre qui connaissait la mélancolie des voyages, les bonheurs des retours et l'éternité de l'amour.

Une prose précise, drue, crue et poétique, des personnages qui naissent de l'aventure, l'ailleurs et l'éternité éphémère que seule fait naître la mer.

«Il vous embarque, Bernard Giraudeau, vous tire vers le large, vous serre dans ses filets. Avec un don irrésistible pour dire le clair-obscur de la vie et capter l'éternité des émotions.» Michel Abescat, Télérama

«Bernard Giraudeau raconte de manière bouleversante ces vies fantasmées, ces hommes que la réalité brise, ces femmes sublimes, adorées, adorantes, qui 'se tiennent' jusqu'au bout. Le miracle, c'est qu'il évite la nostalgie de mauvais aloi et surtout la fausse poésie que peut engendrer un tel thème. (...) Les Hommes à terre est, aussi, un livre sur la mort. Beau à pleurer.» Marie-Françoise Leclère, Le Point
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