Vermilion sands

Vermilion sands
Ballard James Graham
Ed. Souple/Tristram

Mélange de Riviera et de Floride, Vermilion Sands est une station balnéaire sur le déclin, prise dans les sables, avec sa léthargie, son mal des plages, ses perspectives mouvantes. S'y côtoient milliardaires excentriques, artistes désoeuvrés, belles et riches héritières en proie à leurs névroses et leurs fantasmes, qui trompent leur ennui dans d'étranges passe-temps. On y rencontre - parmi d'autres inventions extraordinaires - des fleuristes qui cultivent des plantes douées pour l'art lyrique... des sculpteurs de nuages... des maisons psychotropiques, sensibles à l'humeur de leurs occupants...

Souvent considéré comme le plus parfait des livres de J.G. Ballard, Vermilion Sands était devenu introuvable. Aux neuf nouvelles, ou chapitres, composant le recueil original, s'ajoutent aujourd'hui un long inédit, «Le labyrinthe Hardoon», qui préfigurait dès 1955 tout l'univers de Vermilion Sands, ainsi que trois avant-propos qui montrent l'importance séminale de ces textes pour l'oeuvre future de l'auteur.

«Vermilion Sands est la banlieue exotique de mon esprit», disait J.G. Ballard.

Sauvagerie

Sauvagerie
Ballard James Graham
Ed. Souple/Tristram

Pangbourne Village est un enclos résidentiel de luxe près de Londres, où une dizaine de familles aisées - directeurs généraux, financiers, magnats de la télé - vivent en parfaites harmonie et sécurité. Jusqu'au jour où l'on découvre que tous les enfants viennent d'être kidnappés et leurs parents sauvagement massacrés.

Deux mois après les faits, les enlèvements ne sont toujours pas revendiqués. Les enquêteurs sont dans l'impasse. Impuissants, ils se repassent avec effarement la vidéo tournée sur la scène du crime. La froideur méticuleuse des assassinats ajoute à l'impression d'être en présence d'une tuerie hors norme.

La police décide de faire appel à un psychiatre, le docteur Richard Greville, pour reprendre l'enquête.

Dans ce bref roman magistral, J.G. Ballard explore les conséquences extrêmes de la logique ultra-sécuritaire.

Enlèvement avec rançon

Enlèvement avec rançon
Ravey Yves
Ed. Double/Minuit

Max et Jerry ne se sont pas revus depuis que Jerry a quitté la maison familiale pour l'Afghanistan. Max, son frère, est resté comptable dans une entreprise d'emboutissage.

Et, si, un soir, Jerry passe la douane en fraude pour un retour de quelques heures parmi les siens, c'est que, comme Max, il poursuit un objectif qui devrait lui faire gagner beaucoup d'argent. Le plan ne peut échouer. Quitte à employer les grands moyens.

Enlèvement avec rançon est une histoire de trahison et d'amour fraternel, de rancoeurs familiales longuement macérées. Comme toujours dans les romans d'Yves Ravey, un arrière-plan social se dessine par touches. La politique mondiale fait aussi irruption avec le terrorisme et ce « réseau dormant » auquel appartient Jerry, prêt à se réveiller. Par quel fanatisme ce garçon, né dans un patelin du Jura français, issu de la classe ouvrière, s'est-il embarqué jusqu'au bout dans une cause si éloignée de lui ? Yves Ravey se garde bien de fournir des réponses. Il n'y a aucune morale, aucun jugement dans ce roman, dépouillé jusqu'à l'os, tragique comme peuvent l'être les westerns, burlesque aussi, comme eux, parfois. Du grand art.
Isabelle Rüf, Le Temps.

Mon amour ma vie

Mon amour ma vie
Gallay Claudie
Ed. Babel

Dan est le dernier rejeton des Pazzati, une vieille famille du cirque échouée sur un terrain vague en bordure du périphérique. La bâche du chapiteau est trouée, il y a longtemps qu'on ne donne plus de spectacles. Le soir, autour du feu de camp, on se rappelle le temps de la splendeur en mangeant des sardines à l'huile ou des saucisses grillées.

Dan voudrait qu'on l'aime, surtout sa mère qui est si belle. Seul entre cinq adultes, tourmenté par les incertitudes d'un âge qui le bannit peu à peu de l'enfance, il se réfugie auprès de sa guenon avec laquelle il partage tout : les caresses, l'odeur, les maladies et l'espoir de voir un jour la mer.

De cette famille en perdition, réfugiée en marge d'un monde urbain auquel elle n'appartient pas, Claudie Gallay voudrait sauver le fils. Apre et lucide pour dire la violence des destins perdus, son écriture célèbre avec une grâce dépouillée la beauté pure des rêves.

Instructions pour sauver le monde

Instructions pour sauver le monde
Montero Rosa
Ed. Suites/Métailié

Quatre personnages plongés dans l'apocalypse de la modernité d'une grande cité vont voir leurs destins se croiser. Un chauffeur de taxi veuf qui ne peut pas se remettre de la mort de sa femme, un médecin sans illusions perdu dans les espaces virtuels de Second Life, une prostituée africaine accrochée à la vie que protège son totem, un petit lézard, et une vieille scientifique alcoolique et pédagogue sont les héros de ce conte philosophique sur fond d'assassinats en série, de terrorisme et de petits prodiges.

Grande raconteuse d'histoires étranges, Rosa Montero signe ici une tragicomédie pleine d'espérance, entre humour et émotion.

En numérique chez Tropismes : Instructions pour sauver le monde

Autobiographie de Miss Jane Pittman

Autobiographie de Miss Jane Pittman
Gaines Ernest J.
Ed. Piccolo/Liana Levi

C'est à plus de cent dix ans que Jane entreprend de raconter l'histoire de sa vie. L'esclavage pendant la guerre de Sécession, l'errance pour tenter de rejoindre l'Ohio, la terre des Yankees libérateurs, le labeur dans les plantations blanches de Louisiane, le combat pour l'égalité. Jane Pittman, héroïne et narratrice, mène dans son langage imagé cette émouvante chronique. Inspiré par le récit d'une ancienne esclave, ce roman pourrait s'intituler « Cent ans de servitude ».

« Autobiographie de Miss Jane Pittman a imposé Gaines au public américain » Le Magazine littéraire

« La force des romans de Gaines est la fidélité avec laquelle ils font entendre la voix de ceux qui n'ont pas d'histoire. » Libération

Les mille automnes de Jacob de Zoet

Les mille automnes de Jacob de Zoet
Mitchell David
Ed. Points

Dejima, comptoir de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, ou la promesse d'une fortune facile. Jeune clerc, Jacob de Zoet débarque sur l'île en 1799, bercé par l'espoir d'un mariage à son retour. Là, il est comme envoûté par Mlle Aibagawa, douce sage-femme au visage étrangement brûlé. Or la demoiselle est enlevée sous ses yeux par le diabolique Enomoto et conduite sur le mont Shiranui...

Le sanglot de l'homme noir

Le sanglot de l'homme noir
Mabanckou Alain
Ed. Points

Suffit-il d'être Noirs pour être frères ? Qu'ont en commun un Antillais, un Sénégalais et un Noir né à Paris, sinon la couleur à laquelle ils se plaignent d'être réduits ? Et la généalogie qu'ils se sont forgée, celle du malheur et de l'humiliation (esclavage, colonisation, immigration)... Dans cet essai, Alain Mabanckou refuse de définir l'identité noire par les larmes et le ressentiment.

Sister Carrie

Sister Carrie
Dreiser Theodore
Ed. Points

«Les lumières, le tintement des tramways, les murmures attardés de la cité lui parlaient argent et lui en disaient le pouvoir : 'je vais être heureuse', pensait-elle à longueur de journée.» : venue de sa campagne, Carrie débarque dans la grande ville, Chicago. Timide et discrète mais aussi farouchement ambitieuse, elle comprend vite que sa beauté peut faire oublier ses origines modestes. D'amant en amant, elle saisit toutes les occasions pour être enfin admise dans la haute société. Elle connaîtra la gloire, certes, mais le bonheur ?

L'homme de ses rêves

L'homme de ses rêves
Cheever John
Ed. Folio

Ce recueil est composé de douze nouvelles publiées au cours des années 1930 et 1940, dans un large choix de magazines : depuis des revues littéraires confidentielles de gauche jusqu'aux périodiques de luxe à gros tirage, en passant par des quotidiens nationaux. Ces textes étonneront sans aucun doute les lecteurs qui ne connaissent que l'oeuvre de Cheever postérieure à 1947. Loin des banlieues cossues de la côte Est des États-Unis, l'auteur nous plonge au coeur d'une Amérique en pleine dépression, où vivent chômeurs, parieurs et plus généralement représentants d'une société en mal d'espoirs. Ces histoires (les premières qu'il a écrites) portent la marque incontestable de celui que beaucoup considèrent comme l'un des maîtres de la nouvelle.