Dojnaa

Dojnaa
Tschinag Galsan
Ed. Picquier poche

« Elle était encore un jeune tremble verdoyant, portant une pousse, son enfant. Ses racines tenaient toujours bon, résistant aux tempêtes sur le sol de la vie ; pleine de sève, elle s'élevait bien droite au milieu de la forêt des hommes. Quand viendrait la vieillesse, il se pourrait bien qu'elle devienne un temir terek, un tremble d'acier, comme dans les légendes ; elle en était sûre. »

Dans une langue d'une beauté âpre comme ces solitudes accrochées au ciel des steppes mongoles, Galsan Tschinag conte l'histoire de Dojnaa, fille d'un lutteur de légende, fière et solide à l'image de la terre qui l'a vue naître, aux confins des mondes habités. Abandonnée par son mari, elle élève seule ses enfants, traque le loup qui décime son troupeau, résiste aux hommes qui veulent la posséder. Elle incarne la force d'un peuple qui vit depuis toujours aux rythmes de l'eau, la terre et l'air, et porte sur ses épaules le destin d'un monde en train de disparaître.
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Petit éloge d'un solitaire

Petit éloge d'un solitaire
Millet Richard
Ed. Folio 2?

«Il était de ces êtres, si incompréhensibles aujourd'hui, qui ont le goût de la solitude : une solitude qui était plus un accomplissement que de la misanthropie ou la contestation de l'ordre social qu'elle est devenue dans une société qui a fait du vivre-ensemble, de la transparence, du festif, de la convivialité, une des figures de la démocratie où les solitaires sont suspects aux vertueux hédonistes du nouvel ordre moral. Mais s'il aimait autant la solitude, c'était qu'il pouvait ainsi laisser libre cours à ce qu'il faut bien appeler son originalité ou ses bizarreries.»
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Eloge de la caresse

Eloge de la caresse
Solesmes François
Ed. Phébus/Libretto

Quand la langue de l'amour, si riche soit-elle, achoppe à l'ineffable, la main la supplée: une caresse savante en son cheminement, en ses modulations, revêt une éloquence, un pouvoir de suggestion que les mots ne possèdent pas toujours. Et son message est immédiat, universel.
Pour peu que la main amoureuse se fasse patiente et sagace, à l'exemple de celle du sculpteur, du potier, elle ravive, elle éploie les contours, confirme un galbe et lui rend son lustre. Ingénieuse et persuasive de surcroît, elle hante les replis, soudoie les attaches, jusqu'à faire jouer le mécanisme secret qui donne accès au-dedans de la merveille.
S'il est vrai que le corps aimé est toute une contrée, est-il moyen plus délicat de gagner... l'arrière-pays? F. S.

'L'ouvrage de François Solesmes Eloge de la caresse est un très grand livre d'érotique et de poésie.' Robert Misrahi Le Nouvel Observateur

'L'auteur de ce 'traité' poétique, composé à la manière d'un blason du corps de la femme et de la main qui l'exalte, se livre, se perd pour se retrouver, par le pouvoir de l'impulsion érotique, par la vertu de la parole et de l'écriture, dans ce lieu qui l'excède. La réside l'intérêt et, en beaucoup de ses pages, la beauté de ce livre' __Patrick Kéchichian Le Monde
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La nuit

La nuit
Wiesel Elie
Ed. Double/Minuit

Né en 1928 à Sighet en Transylvanie, Elie Wiesel était adolescent lorsqu'en 1944 il fut déporté avec sa famille à Auschwitz puis à Birkenau. La Nuit est le récit de ses souvenirs : la séparation d'avec sa mère et sa petite soeur qu'il ne reverra plus jamais, le camp où avec son père il partage la faim, le froid, les coups, les tortures... et la honte de perdre sa dignité d'homme quand il ne répondra pas à son père mourant.

« La Nuit, écrivait Elie Wiesel en 1983 est un récit, un écrit à part, mais il est la source de tout ce que j'ai écrit par la suite. Le véritable thème de La Nuit est celui du sacrifice d'Isaac, le thème fondateur de l'histoire juive. Abraham veut tuer Isaac, le père veut tuer son fils, et selon une tradition légendaire le père tue en effet son fils. L'expérience de notre génération est, à l'inverse, celle du fils qui tue le père, ou plutôt qui survit au père. La Nuit est l'histoire de cette expérience. »

Publié en 1958 aux Éditions de Minuit, La Nuit est le premier ouvrage d'Elie Wiesel qui est, depuis, l'auteur de plus de quarante oeuvres de fiction et de non-fiction. Prix Nobel de la paix en 1986, il est titulaire d'une chaire à l'université de Boston.

Aux États-Unis, une nouvelle traduction de La Nuit, avec une préface d'Elie Wiesel, connaît depuis janvier 2006 un succès considérable. C'est cette nouvelle édition que nous faisons paraître.
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Nuage rouge

Nuage rouge
Gailly Christian
Ed. Double/Minuit

Un homme roule sur une route de campagne. Il rentre chez lui. Il est presque rendu. C'eût été trop simple: une voiture arrive en face, c'est celle de son ami Lucien mais, quand il la croise, Lucien n'est pas à l'intérieur, c'est une femme qui conduit, une inconnue au visage flou, dominé par le rouge. Qui est-elle? Et Lucien, où est-il? Et ce rouge, qu'est-ce que c'est? Du rouge à lèvres? De la confiture? Du sang? On dirait des peintures de guerre.

Des larmes et du sang, voilà bien ce que promet le beau titre du nouveau roman de Christian Gailly. Nuage rouge, c'est l'annonce de ciels peints, chargés d'un orage que la prose ne cessera de remettre, éludante et dilatoire, sournoisement enjouée. C'est aussi l'invention, peut-être, d'une forme originale de fiction: le polar bègue. Bègue, le narrateur l'était avant que ne commence son histoire, que ne se délie sa langue de témoin - héros, il ne le sera de rien, pas même du fait divers assez sordide qui sert d'intrigue à ce livre saisissant.
Fabrice Gabriel, Les Inrockuptibles

Les personnages de Christian Gailly sont, plus que jamais, de son propre aveu, des égarés. À l'image de Rebecca Lodge, l'héroïne danoise de Nuage rouge, qui, 'sans perdre de vue le soleil et l'amour', finit par s'égarer, un après-midi d'été, sur une petite route de la campagne vendéenne. Multiples variations sur un même geste, oscillations infinies, art, merveilleusement affiné, de la suspension. Christian Gailly emporte définitivement le c?ur.
Jean-Noël Pancrazi, Le Monde
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Petit éloge de la mémoire. Quatre mille et une années de nostalgie

Petit éloge de la mémoire. Quatre mille et une années de nostalgie<br />
Sansal Boualem
Ed. 10/18

«C'est le plus lointain, celui que j'aime à explorer, qui me donne le plus de frissons. Écoutez-moi raconter mon pays, l'Égypte, la mère du monde. Remplissez bien votre clepsydre, le voyage compte quatre mille et une années et il n'y a pas de halte.

Jadis, en ces temps fort lointains, avant la Malédiction, j'ai vécu en Égypte au pays de Pharaon. J'y suis né et c'est là que je suis mort, bien avancé en âge...»
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Petit éloge de la peau

Petit éloge de la peau
Detambel Régine
Ed. Folio 2?

«J'écris à l'écran, je n'ai plus besoin de toucher pour sentir, j'effleure seulement. Mon écrit est de la graine de traces. Il est eau. L'écriture aujourd'hui, moderne poétique de la peau, n'écorche plus le papier. Fi des parois scarifiées. Elle se tient loin du manuscrit, du parchemin, de cette peau de veau mort-né, encore sanguinolente, dont le vélin tira sa palpitante origine. Elle n'est plus une écriture mordeuse de chair, qui tatoue le texte sur la peau des livres - et c'est pourquoi d'ailleurs elle se mémorise si mal.

Elle dit qu'il n'est plus nécessaire de faire saigner la peau pour que l'écriture suinte vive, elle procède virtuellement, elle s'inscrit à l'écran liquide.

L'écriture est bain.»
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Petit éloge de l'excès

Petit éloge de l'excès
Férey Caryl
Ed. Folio 2 €

«Je n'invente rien, c'est dans le dictionnaire étymologique : le mot est d'abord employé pour désigner un acte qui dépasse la mesure, un dérèglement. Je vous passe les détails mais, à la fin, l'emploi du mot au sens de «très grand», et de son adverbe au sens de «très» ou «tout à fait» et cela sans idée d'excès, est fréquent. L'excès non seulement résiste aux règles imposées par les pauvres types sus-nommés, mais permet aussi de nous multiplier, de nous essayer à toutes les sauces, tous les possibles, de grandir en somme. Tant pis si on est excessivement mauvais. Il n'y a à perdre que des illusions, des résidences secondaires, des voitures, des slips de bain.»
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Petit éloge du temps présent

Petit éloge du temps présent
Laclavetine Jean-Marie
Ed. Folio 2?

«Nous vivons désormais dans le 'présent perpétuel' prédit par Debord. Oh, sinistre prestige de la table rase, conjugué à la tyrannie du spectacle... De plus en plus souvent, les romans qui agitent l'opinion donnent à pressentir une littérature sans mémoire, une communauté réduite aux caquets de l'autobiographie, maigrelette et touche-pipi, jetant des anathèmes pathétiques sur l'imagination qui lui fait défaut, arpentant les champs de bataille cathodiques, parée de fausses-vraies balafres et de peintures de guerre tendance, fixant sur la caméra un regard terrible : 'J'ai l'air assez barbare, là ?' Et il arrive, oui, que l'on trouve cela délicieusement barbare.»
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Parfois je ris tout seul

Parfois je ris tout seul
Dubois Jean-Paul
Ed. Points/Seuil

Un électricien victime de fous rires intempestifs perd son travaiL Une femme renonce à son fantasme d'amant viril et charbonneux de peur de salir son tailleur beige. Un écrivain brise en mille morceaux, à la fin de chaque livre, le siège sur lequel il l'a écrit... Entre Desproges et Beckett, des instantanés insolites, féroces et extrêmement drôles des petits dérapages de la vie quotidienne.

« C'est bien là le signe distinctif de cet écrivain, un style qui capte l'attention, l'intercepte, la fixe. Le charme, quoi. » Le Monde
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