Mercier et Camier

Mercier et Camier
Beckett Samuel
Ed. Double/Minuit

Mercier et Camier nous invitent au voyage. La contrée qu'ils vont parcourir, une île jamais nommée, est parfaitement reconnaissable. C'est l'Irlande, merveilleusement décrite ici, avec ses landes de bruyères, les jetées de ses ports lancées vers le large pour enlacer la mer, ses sentiers parmi les tourbières, les écluses du canal de Dublin, tout un paysage si cher à Samuel Beckett et si souvent présent en filigrane dans toute son oeuvre.

Le but du voyage de Mercier et Camier n'est guère précis. Il s'agit « d'aller de l'avant ». Ils sont en quête d'un ailleurs qui, par nature même, s'abolit dès qu'il est atteint. Leurs préparatifs ont été extrêmement minutieux, mais rien ne se passe tout à fait comme prévu. Il faut d'abord parvenir à partir ce qui n'est jamais une mince affaire. Il faudra ensuite rebrousser chemin pour moins mal se remettre en route derechef. Il pleuvra énormément tout au long du voyage. Ils n'ont qu'un seul imperméable à se partager et, après maints efforts, leur parapluie refusera définitivement de s'ouvrir. Leur unique bicyclette va bientôt être réduite à peu de chose : on a volé les deux roues. Cependant, mille embûches ne peuvent les faire renoncer à quitter la ville. Mercier et Camier vont nous entraîner par monts et par vaux, et d'auberges en troquets où le whisky redonne courage. C'est qu'il faut du courage pour affronter leurs rencontres souvent périlleuses avec des personnages extravagants, cocasses ou inquiétants, voire hostiles, au point qu'un meurtre sera commis. De quiproquos en malentendus, de querelles en réconciliations, ainsi va le constant dialogue entre Mercier et Camier qui devisent et divaguent chemin faisant.

Mercier et Camier sont unis dans l'épreuve et, si différents que soient leurs caractères, ils semblent à jamais indissociables. Cette solidarité survivra-t-elle aux péripéties du voyage ? Où vont-ils aboutir et peuvent-ils demeurer inchangés au terme d'une pérégrination si mouvementée ?
Présentation de l'éditeur

Villa Amalia

Villa Amalia
Quignard Pascal
Ed. Folio/Gallimard

Les Arabes dansent aussi

Les Arabes dansent aussi
Kashua Sayed
Ed. 10/18

Comment être à la fois arabe et israélien ? Pour le narrateur, ce n'est pas une question théorique mais une réalité quotidienne et déchirante. Élevé en Galilée dans une famille de combattants de la cause palestinienne, il va découvrir à l'occasion de ses études à Jérusalem un monde nouveau, où on parle hébreu, où on écoute les Beatles, où on sort avec les filles. Un monde qui le fascine, auquel il voudrait s'intégrer, mais qui le rejette cruellement, lui, le petit Arabe avec ses cassettes de Fairouz. Avec un terrible sens du détail tragi-comique, Sayed Kashua raconte dans ce premier roman inspiré de sa propre expérience la vie de ces Arabes israéliens, pris entre deux cultures et désespérément à la recherche d'une identité.

«Un livre très drôle et très triste, dont le seul parti pris est celui d'une bouleversante sincérité.» Lili Braniste, Lire
Présentation de l'éditeur

Les sombres feux du passé

Les sombres feux du passé
Lee Chang-Rae
Ed. Points/Seuil

Le «docteur» Hata tient un magasin de matériel médical, mène une vie tranquille dans la petite ville de Bedley Run (Etat de New York) et se prépare à une paisible retraite. Jusqu'au jour où Sunny, la jeune fille d'origine coréenne qu'il a adoptée, s'échappe pour aller vivre avec des délinquants. Cet événement va bouleverser et remettre en cause toute la vie de ce citoyen modèle et parfaitement intégré.

Désemparé, Hata se remémore un drame qui l'a marqué, lorsqu'il était officier de santé dans l'armée japonaise d'occupation en Birmanie, et que de jeunes coréennes servaient de «femmes de réconfort» aux soldats...

Salué dès sa parution aux Etats-Unis comme un chef-d'?uvre, ce livre marque l'arrivée d'un écrivain de premier plan sur la scène internationale.
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Abrégé d'histoire de la littérature portative

Abrégé d'histoire de la littérature portative
Vila-Matas Enrique
Ed. Christian Bourgois/Titres

Enrique Vila-Matas est un voleur de noms. Dans une valise, il les transporte sur des chemins étrangers. Europe, Afrique rêvée, au gré d'une fantaisie alerte et armée de lectures orientées dans le sens du plaisir et de la grâce. Qu'il ouvre sa valise, les noms s'échappent - Duchamp, Larbaud, Gomez de la Serna et cent autres.
«Les textes de l'écrivain barcelonais frappent par leur construction virtuose, comme s'il jonglait avec ses intrigues, bourrées de références littéraires qu'il n'est pas indispensable de décrypter pour les goûter. L'ironie est toujours présente, provoquant un plaisir particulier. L'amusement entraîne le lecteur dans une complicité supérieure à celle que pourrait amener l'identification. Que la réalité en soit réduite à devoir être décrite par la littérature semble un paradoxe très réjouissant à Enrique Vila-Matas.» Mathieu Lindon, Libération, juin 2000
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Enfants sans enfants

Enfants sans enfants
Vila-Matas Enrique
Ed. Christian Bourgois/Titres

« Chacun de ces textes recèle une citation de Kafka. C'est l'un des impératifs que l'auteur s'est donné. Kafka a vécu quarante et un ans : ce recueil doit couvrir quarante et un ans de l'histoire de l'Espagne, et chaque récit doit s'inscrire dans une région différente.
Un fils sans fils, ce qui, selon l'auteur, caractérise Kafka, doit apparaître dans chaque nouvelle. 'Que sommes-nous après tout sinon une combinatoire différente d'expérience et de rêverie', dit le narrateur de Ceux d'en bas. » Lili Braniste, Lire, avril 1999

« Vila-Matas se fait le chroniqueur de l'histoire espagnole. Façon de parler, car c'est Buster Keaton qui tient la plume. Alors on ne sait plus s'il faut rire ou pleurer. Et de cette incertitude on ne se lasse pas. Viva Vila-Matas. » Sud-Ouest Dimanche, mars 1999
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La littérature nazie en Amérique

La littérature nazie en Amérique
Bolano Roberto
Ed. Christian Bourgois/Titres

Ce roman est constitué d'une trentaine de biographies traitant d'auteurs du XXe siècle ayant en commun leur fascination pour le fascisme ou le nazisme. On trouvera ainsi la biographie d'une famille d'admirateurs argentins d'Adolf Hitler, celle d'un prédicateur poète nord-américain, celle d'un Guatémaltèque absolument inculte qui écrit de la science-fiction «aryenne», celle d'un Chilien d'origine allemande dont l'oeuvre gravite autour des plans de camps de concentration, celle d'un Cubain, cryptographe, anti-castriste et pro-nazi... Mais cette parodie grinçante s'en prend aussi à certaines réalités sud-américaines, et ne constitue pas un simple exercice de vertige littéraire.


«Roberto Bolaño a trouvé, en quelques livres à mourir de rire, aux sens propre et figuré, ce que cherchent tant d'écrivains: donner une forme jouissive et féroce à son désespoir.» Philippe Lançon, Libération, juin 2003
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La lettre de Humboldt. Du jardin paysager au daguerréotype

La lettre de Humboldt. Du jardin paysager au daguerréotype<br />
Recht Roland
Ed. Cornélius

1839 : Alexandre de Humboldt est à Paris chez Arago qui lui montre les premiers résultats de Daguerre. Il écrit aussitôt à Carl-Gustav Carus, le disciple de Friedrich, pour lui dire son enthousiasme devant cette découverte prodigieuse... Lettre emblématique qui vient relier photographie et Romantisme, science et peinture. Lettre qui fonctionne ici comme le frontispice d'un essai où viennent se superposer tous les signes avant-coureurs de la photographie. Théories du jardin et du paysage, problématiques de la fenêtre et du cadre, déploiement du dispositif muséal et naissance de l'histoire de l'art... : l'originalité de l'essai de Roland Recht consiste à montrer comment le Romantisme allemand s'est constitué en laboratoire de la naissance d'un nouveau regard. Paru en 1989, il est réédité ici avec une postface de l'auteur.
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Justice

Justice
Dürrenmatt Friedrich
Ed. Christian Bourgois/Titres

À l'heure de la plus grande affluence, dans un restaurant fréquenté par la meilleure société, un député zurichois, Isaak Kohler, tire à bout portant sur un professeur d'université. On le condamne à vingt ans de réclusion. De sa prison, il fait appel à un jeune avocat désargenté du nom de Spät et le charge de réexaminer l'affaire mais en considérant, à titre d'hypothèse, que le meurtre a été commis par quelqu'un d'autre.

La proposition paraît absurde. Le jeune avocat l'accepte cependant, pour se retrouver pris au piège d'une Justice fort éloignée de ses idéaux. Et c'est lui, désormais, qui voudra tuer pour rétablir la vérité.
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