L'oiseau bariolé

L'oiseau bariolé
Kosinski Jerzy
Ed. J'ai lu

Dans ce paysage désolé de l'Europe de l'Est ravagée par la tourmente de la guerre, un petit garçon de six ans est envoyé à la campagne par ses parents. Campagne hostile dans laquelle les plus extravagantes superstitions survivent. L'enfant a les cheveux noirs, là où tout le monde est blond.

Tel l'oiseau bariolé, il tente en vain de convaincre ceux qui l'entourent qu'il fait partie des leurs. Peine perdue. Il reste l'autre, le « Bohémien », celui par qui le malheur arrive, condamné à être persécuté...

« Ce livre flamboyant d'épouvante, cette fantasmagorie baroque inspirée d'une enfance pourchassée par la barbarie nazie peint un chef-d'oeuvre apocalyptique de violence et de haine, une épouvantable métaphore de l'Histoire. [...] un immense bouquin. » L'humanité
Présentation de l'éditeur

Lignes de failles

Lignes de failles
Huston Nancy
Ed. Babel/Actes Sud

Entre un jeune Californien du XXIe siècle et une fillette allemande des années 1940, rien de commun si ce n'est le sang. Pourtant, de l'arrière-grand-mère au petit garçon, chaque génération subit les séismes politiques ou intimes déclenchés par la génération précédente. Monstrueuses ou drôles, attachantes ou désespérées, les voix de Sol, Randall, Sadie et Kristina - des enfants de six ans dont chacun est le parent du précédent - racontent, au cours d'une marche à rebours vertigineuse, la violence du monde qui est le nôtre, de San Francisco à Munich, de Haïfa à Toronto et New York.

Quel que soit le dieu vers lequel on se tourne, quelle que soit l'époque où l'on vit, l'homme a toujours le dernier mot, et avec lui la barbarie. C'est contre elle pourtant que s'élève ce roman éblouissant où, avec amour, avec rage, Nancy Huston célèbre la mémoire, la fidélité, la résistance et la musique comme alternatives au mensonge.
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C'était Broadway

C'était Broadway
Charyn Jerome
Ed. Folio

« Broadway était à l'origine un vieux sentier indien qui traversait Manhattan de part en part et continuait jusqu'au Bronx. Les Hollandais le nommèrent Heere Straat (Rue Haute) puis Breede Weg (Large Chemin). C'était la route principale de la Nouvelle-Amsterdam, une ville qui tenait presque de l'illusion. »

En remontant avec Jerome Charyn la célèbre avenue, on croise Arnold Rothstein, le financier de la pègre new-yorkaise, l'homme qui a littéralement inventé Broadway, Owney Madden, le modèle du Gatsby de Fitzgerald, mais aussi Damon Runyon, chroniqueur inspiré et oublié de la Grande Rue, et « Citizen » Hearst, qui finira par épouser une des plus célèbres Ziegfeld girls. Toute une galerie de personnages insolites reprend vie sous nos yeux à travers cette histoire de Broadway qui est aussi l'histoire d'une ville, New York, et d'un rêve, le rêve américain.

Porté par une prose nerveuse aux accents cinématographiques, C'était Broadway saisit l'atmosphère d'une rue dont le nom à lui seul est désormais une légende.
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No Country For Old Men. Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme

No Country For Old Men. Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme
McCarthy Cormac
Ed. Points/Seuil

À la frontière du Texas, Moss découvre un carnage : un homme à moitié mort, d'autres déjà froids, des armes, de l'héroïne et deux millions de dollars. La tentation est trop forte. Mais on ne vole pas impunément des narco trafiquants. Moss devient l'objet d'une impitoyable chasse à l'homme. À ses trousses, un vieux shérif et un tueur psychopathe de la pire espèce...

« Toute sa vie réduite à vingt kilos de papier dans une sacoche. »
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Un autre. Chronique d'une métamorphose

Un autre. Chronique d'une métamorphose
Kertèsz Imre
Ed. Babel/Actes Sud

Doublement traumatisé par l'expérience concentrationnaire puis par la mise au ban stalinienne, Imre Kertész est confronté, après l'effondrement du communisme d'Etat de la Hongrie, aux conséquences d'une inédite liberté. On lui demande d'être l'éternel témoin et garant de la mémoire de l'Holocauste, on l'invite en Allemagne, en France, en Italie, à Vienne et à Tel-Aviv. A soixante-dix ans, il visite des lieux de son passé ou découvre enfin le visage réel d'une Europe qu'il n'avait jusqu'alors appréhendée qu'à travers son immense érudition.

Dans le compagnonnage de Wittgenstein, qu'il traduit, Imre Kertész se rencontre et se cherche. Qu'est-il devenu ? Qu'est devenu le monde à la fin des années 1990 ? C'est en écrivain que Kertész transforme en autant d'illuminations ces questions auxquelles se mêlent rêves et souvenirs, choses vues et expériences marquantes.
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Les autres

Les autres
Ferney Alice
Ed. Babel/Actes Sud

Théo fête ce soir ses vingt ans et rien ne devrait troubler ce moment de convivialité et de réjouissance. Rien sinon le jeu de société que son frère aîné lui offre, qui révélera à chaque participant la façon dont les autres le perçoivent, menaçant de remettre en cause l'idée qu'il se faisait de lui-même et des sentiments réciproques l'attachant à ses proches. Au fil de la partie, le jeu devient le révélateur de secrets de famille jusque-là soigneusement occultés par la honte, la déception ou la souffrance... et nul ne sortira indemne de la soirée.

Evoquant les liens de la fratrie, de l'amitié ou de l'amour naissant, Les Autres est aux relations affectives ce que La Conversation amoureuse est à l'amour : un accomplissement romanesque d'une remarquable maîtrise polyphonique.
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L'été 80

L'été 80
Duras Marguerite
Ed. Double/Minuit

«Au début de l'été, Serge July m'a demandé si j'envisageais dans les choses possibles d'écrire pour Libération une chronique régulière. J'ai hésité, la perspective d'une chronique régulière m'effrayait un peu et puis je me suis dit que je pouvais toujours essayer. Nous nous sommes rencontrés. Il m'a dit que ce qu'il souhaitait, c'était une chronique qui ne traiterait pas de l'actualité politique ou autre, mais d'une sorte d'actualité parallèle à celle-ci, d'événements qui m'auraient intéressée et qui n'auraient pas forcément été retenus par l'information d'usage. Ce qu'il voulait, c'était : pendant un an chaque jour, peu importait la longueur, mais chaque jour. J'ai dit : un an c'est impossible, mais trois mois, oui. Il m'a dit : pourquoi trois mois ? J'ai dit : trois mois, la durée de l'été. Il m'a dit : d'accord, trois mois, mais alors tous les jours. Je n'avais rien à faire cet été-ci et j'ai failli flancher, et puis non, j'ai eu peur, toujours cette même panique de ne pas disposer de mes journées tout entières ouvertes sur rien. J'ai dit : non, une fois par semaine, et l'actualité que je voulais. Il a été d'accord. Les trois mois ont été couverts à part les deux semaines de fin juin et début juillet. Aujourd'hui, ce mercredi 17 septembre, je donne les textes de L'Été 80 aux Éditions de Minuit. C'est de cela que je voulais parler ici, de cette décision-là, de publier ces textes en livre. J'ai hésité à passer à ce stade de la publication de ces textes en livre, c'était difficile de résister à l'attrait de leur perte, de ne pas les laisser là où ils étaient édités, sur du papier d'un jour, éparpillés dans des numéros de journaux voués à être jetés. Et puis j'ai décidé que non, que de les laisser dans cet état de textes introuvables aurait accusé davantage encore - mais alors avec une ostentation douteuse - le caractère même de L'Été 80, à savoir, m'a-t-il semblé, celui d'un égarement dans le réel. Je me suis dit que ça suffisait comme ça avec mes films en loques, dispersés, sans contrat, perdus, que ce n'était pas la peine de faire carrière de négligence à ce point-là.

Il fallait un jour entier pour entrer dans l'actualité des faits, c'était le jour le plus dur, au point souvent d'abandonner. Il fallait un deuxième jour pour oublier, me sortir de l'obscurité de ces faits, de leur promiscuité, retrouver l'air autour. Un troisième jour pour effacer ce qui avait été écrit, écrire.» M.D.

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Emily L.

Emily L.
Duras Marguerite
Ed. Double/Minuit

Un jour d'été, bar de la Marine, à Quillebeuf. Au large, l'estuaire de la Seine. C'est, à nouveau, Duras. À nouveau ce désoeuvrement maritime, blanc et bleu, des plages tout juste passées de mode, avec un rien de luxe, des clients perdus et des voix qui renouent d'impossibles ruptures. «Je ne peux pas m'arrêter d'écrire, dit la narratrice à l'homme qui l'accompagne, je ne peux pas. Et cette histoire, quand je l'écris, c'est comme si je vous retrouvais... que je retrouvais les moments où je ne sais pas encore ni ce qui arrive, ni ce qui va arriver... ni qui vous êtes, ni ce que nous allons devenir.»

La narratrice et l'homme qu'elle n'aime plus - ou qu'elle aime - observent deux autres solitaires du bar de la Marine, deux Anglais de l'île de Wight, venus de leur yacht : le «captain» et une femme détruite par l'alcool, jadis peut-être belle. Les deux voix françaises se mêlent aux deux voix anglaises, auxquelles il faudrait ajouter par instants la voix de la douce tenancière des lieux - elle aussi sur le départ. On apprendra le drame du couple anglais et, par échos, celui du couple français. Et l'on rêve de celle qui fut surnommée Emily L., la femme de l'amour fou, la lady des poèmes et des yachts, voguant parmi les îles de la Sonde.

Mais la belle journée passe, des pétroliers - hauts immeubles de l'impeccable blanc - montent sur le bleu et le noir. Un bac rouge, fragile, jette sa tache vive. L'immensité entre doucement dans la nuit. Il reste une certaine tranquillité, parcourue d'angoisses : celle du corps qui lit en soi le passage sans remède de toutes choses, «le corps qui lit et qui veut connaître l'histoire depuis les origines, et à chaque lecture ignorer toujours plus avant que ce qu'il ignore déjà». Jean-Maurice de Montremy
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Un moment à Pékin, vol. 1. Enfances chinoises

Un moment à Pékin, vol. 1. Enfances chinoises
Lin Yutang
Ed. Picquier poche

Nous sommes en 1900 : chassé par les troubles de la révolte des Boxers, M. Yao, riche commerçant épris de taoïsme et de libre pensée, quitte Pékin avec femme, enfants et serviteurs. Au cours du voyage, Moulane, sa deuxième fille âgée de dix ans, disparait, enlevée par des voleurs d'enfants. Ainsi débute l'histoire de la famille Yao, liée à celle de M. Tseng, un confucianiste à l'ancienne mode. Relations entre générations, de maîtresses à servantes, amours interdites et mariages de raison, le lecteur se laisse emporter par la destinée de ces familles à un moment où l'ancienne Chine bascule vers la modernité.
Lin Yutang, qui souhaitait tant faire connaître la vie et la culture de ses compatriotes aux Occidentaux, choisit ce moment clé du passage de la tradition aux idées nouvelles ; mais en dépit des conflits, son roman, centré sur les femmes, respire un optimiste et un bonheur de vivre qui le rendent très attachant.
Enfances chinoises forme la première partie d'Un moment à Pékin. La deuxième partie Le Triomphe de la vie paraît en même temps.
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Givre et sang

Givre et sang
Cowper Powys John
Ed. Points

Rook Ashover est un homme hanté. Par l'intensité de ses liens avec la nature, par les trois femmes qu'il désire avec une violence sourde, par l'amour dévorant qu'il voue à son jeune frère Lexie, condamné par la médecine. Perdu dans ses pulsions contradictoires, hésitant entre la culpabilité et le chagrin, le désir et le remords, la fidélité au passé et l'horreur que lui inspire une hérédité maudite, Rook ne se tient jamais bien loin de la folie. Son attirance sensuelle et mystique pour la nature imprègne le récit de sa déchéance d'un lyrisme touchant au sublime.

«S'il me fallait définir en peu de mots la magie de cet auteur, je dirais qu'il est possédé par le souffle des dieux, formule qui ne rend qu'imparfaitement le double aspect ténébreux et lumineux de son oeuvre.» (Henry Miller)
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