Petites histoires de la rue Saint-Nicolas

Petites histoires de la rue Saint-Nicolas
Amselem Line
Ed. Allia

Avec le temps et les couches de papier qui s'accumulent, la salle à manger est un peu capitonnée par une sorte de carton épais qui sonne creux. Tout le monde est gai quand on change le papier peint mais ça serre aussi le coeur. Je sens qu'à chaque couche rajoutée, il nous reste un peu moins d'espace pour vivre. Je me mets à rêver au jour où on enlevera ce molleton et je me demande ce qu'on pourra bien faire de toute la place qu'on aura en plus. Line Amselem
Présentation de l'éditeur

Du vent dans mes mollets

Du vent dans mes mollets
Moussafir Rapha?le
Ed. Intervista/Les mues

Rachel a neuf ans, une institutrice humiliante, des parents vaches et une copine garce. À neuf ans, on est puni quand on donne son avis. On peste quand les parents gloussent. On glousse quand les parents pestent. On découvre aussi de nouvelles sensations bizarres...

Cette grande petite fille dissèque son monde avec un regard drôle et acerbe dont la maturité étonne, amuse et choque. De fous rires en conflits, elle explore l'impitoyable monde de l'enfance, celui des irrépressibles balbutiements sexuels, des mesquineries blessantes et des premiers clivages politiques. Un monde qui mène, parfois trop vite, vers celui des adultes....
Présentation de l'éditeur

Qui est Memory ?

Qui est Memory ?
Doizelet Sylvie
Ed. Gallimard/Blanche

«Bishop n'avait jamais été aussi triste de sa vie. Il avait comme tout le monde vécu des moments difficiles. Il avait ces dix dernières années expérimenté toutes les phases de l'isolement : l'exaltation, le découragement, et cette curieuse attente. Mais ce qu'il ressentait depuis quelques jours ne ressemblait à rien. C'était comme si le village s'était lassé de lui.

Voilà exactement le genre d'idées qu'il ne faut pas avoir lorsqu'on vit dans la solitude. C'était la porte ouverte aux démons. Mais que faire...»

Un village, Winderton, dominé par la nuit, le froid, le silence au fin fond de l'Angleterre. Mary vient à Winderton pour tenter d'y résoudre une énigme. Qui est le véritable auteur de quinze romans policiers écrits sous trois pseudonymes différents, pourtant semblables entre eux ? Une femme, seule certitude, qui vivrait retirée dans ce village.
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Les femmes du métro Pompe

Les femmes du métro Pompe
Banier François-Marie
Ed. Gallimard/Blanche

« 1958. À la bouche de la station de métro 'Rue de la Pompe' se réunissent, deux fois par jour, les Espagnoles qui font la loi dans le quartier. Aux heures les plus chaudes, elles sont une centaine sur le trottoir. Et moi, je suis là, au milieu de ces cercles, de ces infinis conciliabules, de ces calculs invraisemblables et de quelques confidences pas piquées des hannetons. Je me saoule à Bilbao, à Salamanque, à Madrid. Comme je ne peux tout traduire en même temps, chef d'orchestre au milieu de la mêlée, souvent, je bats la mesure. Je jongle avec les plus beaux soleils d'Espagne. »

Le jeune Sacha, fils et petit-fils d'agent de change à Paris, est devenu le confident d'une tribu de bonnes espagnoles qu'il place chez les uns et les autres. Parmi elles, la mystérieuse et très belle Pepita hante son coeur et son esprit. Il parcourt avec elle la ville, l'emmène pour la séduire chez la grande comédienne Bella d'Artois, il va en secret chercher des recettes de bonheur chez un diplomate japonais et se sert de toutes les clefs que lui offrent les femmes du métro Pompe pour parvenir à ses fins : l'amour éternel.
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Vélo volé

Vélo volé
Schmitt Maxime
Ed. L'Arpenteur

« Je brûle mes ailes. Un agriculteur enflamme son champ de blé. La colline, réputée pour ses vieux ceps, s'embrasse des deux côtés de la route. Dans le feu roulant, je carbure avec la rapidité d'un tigre entre des cerceaux d'acrobate. Pas question de me lignifier ! Dans la tranchée, mes roues font un bruit de succion sur le goudron qui fond. Je suis une étincelle, mes muscles et ma poitrine dans l'état inflammatoire, mais tant que mon coeur battra, je vivra.

Les coureurs ne perdent pas de temps à dire correctement infarctus, ils prononcent infractus. Comme eux, je pense avec mes jambes. »
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Cavale

Cavale
Quintane Nathalie
Ed. P.O.L./Blanche

Ayant tué à coup de boule de bowling un touriste russe, le narrateur décide de fuir à vélo les bords pollués du lac Salton...

De la Californie du Sud à la Lost Coast, via... la forêt de Compiègne, il rencontre une série de personnages loghorréiques et plus ou moins affamés - le contre-rhétoriqueur paranoïaque, la jardinière égarée, le collectionneur de petits cyclistes, un pêcheur (curieusement silencieux), un dominicain vulgaire, un Canadien sympathique... et même Jeanne Hachette. En faisant irruption, ils viennent sans cesse trouer la cavale du héros - et la cavale du roman vers sa fin.

Roman excentré, qui propose d'emblée au lecteur 21 manières de se commencer - 21 débuts qui seront la réserve théorique et pratique du livre -, Cavale est le devisement d'un monde flottant, fait à une époque « assez désagréable », par un narrateur douteux.
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Broussaille de prose et de vers (où se trouve pris le mot paysage)

Broussaille de prose et de vers (où se trouve pris le mot paysage)
Sacr James
Ed. Obsidiane/Vif d'enclume

Je sais aussi, j'en fais l'expérience dès que j'aligne trois mots, que le plus vrai dans ce que j'écris c'est en fait ce mensonge qui se montre non seulement dans les maniements formels de la langue, mais dans toute la matière de celle-ci, dès que j'entends l'écrire, c'est à dire la versifier ou la proser. Cette fausseté (et laisse-t-elle vraiment paraître au moins cela, qu'elle est fausse ?) n'est-ce pas elle qui constitue la trame de ce que serait mon style ? Le style comme ce qu'il y a de plus faux dans une écriture ? Et de plus vrai, dans la mesure où c'est pas possible d'écrire autrement qu'empêtré dans le mensonge.

Mon style : ça devient peu à peu ma vraie façon de mentir, mais encore faudrait-il pouvoir lui garder une fraîcheur de mensonge ou que reste agréablement dosées, ou proposées de façon surprenante, sa part de mensonge rusé et celle de mensonge naïf. Le mieux étant peut-être de n'y pas penser (en tout cas pas trop) quand justement on se mêle d'écrire. J. S.

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Cave canem

Cave canem
Gibault François
Ed. Léo Scheer

À tout instant et en tous lieux, les plus aimables farces peuvent tourner à la tragédie. Un petit nuage au loin, trois gouttes attendues, et puis d'un coup le ciel se couvre et c'est l'inondation meurtrière. Il suffit de quelques secondes pour passer du rire aux pleurs et encore moins pour se faire vitrifier. À peine avez-vous pris le temps de naître que vous êtes en joue, dos au mur, sinon mort déjà. Aussi, dites à vos fils de se hâter avant que le temps ne se gâte, avant que leurs meilleurs amis, enfants de choeur, louveteaux, boy-scouts, ne leur plantent leurs couteaux suisses dans le dos. Et vous, nourrissons, marmots, agneaux, poussins, têtards, avant de vous faire manger, filez par les hublots, par les toits, par les escaliers et les souterrains, fuyez vos couveuses, vos chambres d'enfants, vos parents, vos écoles et, sans vous retourner jamais, courez droit devant vous le plus longtemps que vous pourrez. Ne pensez qu'à sauver votre peau.
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Piercing

Piercing
Tremblay Larry
Ed. Gallimard/Blanche

Piercing rassemble trois récits. Homme de théâtre, Larry Tremblay y explore la ville, le territoire urbain, précisément en tant que théâtre, lieu initiatique de tous les possibles. Le récit-titre, «Piercing», met en scène une adolescente en fugue fraîchement arrivée à Montréal de son Chicoutimi natal. Elle s'intègre à un groupe de jeunes avec qui elle fait l'expérience de la marginalité. «La hache» pose la question des idéologies extrémistes en confrontant deux générations : un professeur se rend, en pleine nuit, chez un étudiant pour lui remettre sa copie corrigée. «Anna à la lettre C» interroge le désir entre une jeune femme et un homme d'âge mûr. Dans la touffeur d'une soirée d'été, les mots et les gestes semblent attendre que l'orage éclate.
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Le Toison

Le Toison
Froehlich Patrick
Ed. Seuil/Fiction & Cie

Trois voix se croisent et se relaient pour décrire l'étrange univers du Clos Fleuri. Il y a Louis, le fils qui a déserté la maison familiale pour s'installer dans une caravane au milieu des bois et des livres ; Jeanne, sa soeur, avec laquelle il entretient une relation fusionnelle depuis l'enfance ; et Jean, le mari de Jeanne. Le passé, accablant, revient par bribes : violence, étouffement, hypocrisie. Même après la mort du père, aucun n'arrive à s'échapper vraiment de cette propriété que délimite une rivière, le Toison, au-delà de laquelle se trouveraient peut-être la liberté et la reconstruction de soi.

Tout tourne autour de l'anniversaire des cinquante ans de Jeanne, celle qui tient les cordons de la bourse. Louis viendra-t-il ? Pourquoi insiste-t-on tellement pour qu'il soit là ?

Dans ce huis clos porté par une écriture obsessionnelle, les voix se télescopent en un long monologue étourdissant, elles se chevauchent et se répondent dans un même choeur inextricable.
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