Poètes russes d'aujourd'hui. Anthologie bilingue

Poètes russes d'aujourd'hui. Anthologie bilingue
Collectif
Ed. La Différence

Par la diversité de ses courants, de ses écoles, la poésie russe contemporaine est aussi foisonnante que celle du début du siècle dernier, explique Konstantin Kedrov dans la préface à cette anthologie.

Après la chute de la dictature soviétique en 1991, on s'est aperçu que les courants interdits dans les années trente étaient toujours bien vivants. Le symbolisme mystique reprenait de la vigueur avec Akhmadoulina, Koublanovski, Sedakova, Kekova, une nouvelle forme issue du futurisme voyait le jour avec Sosnora, Katsuba et Schwartz, le classicisme traditionnel perdurait sur des thèmes nouveaux avec Kouznetsova, Pavlova, Ermakova, Ameline et la poésie lyrique se renouvelait en devenant moins chaste, plus érotique, parfois même franchement hardie.

Cette anthologie - qui paraît à la suite du recueil Dépôt (2001) publié par La Différence en collaboration avec l'université Natalia Nesterova de Moscou - se propose de faire découvrir des poètes très différents sans privilégier ni écarter des tendances opposées. Comme l'écrit Boris Lejeune : «La voix de chacun des vingt-cinq poètes forme un choeur polyphonique qui chante la mélodie de la vie, constante dans son infini renouvellement.»
Présentation de l'éditeur

Le cavalier de Saint-Urbain

Le cavalier de Saint-Urbain
Richler Mordecai
Ed. Buchet-Chastel

Jeune réalisateur, Jake Hersh a quitté le quartier juif de Saint-Urbain dans un Montréal jugé étriqué, pour le bouillonnement culturel du « Swinging London » des Sixties. À trente-sept ans, marié et père de trois enfants et jouissant d'une petite notoriété, il mène une vie agréable... jusqu'au jour où il est accusé d'agression sexuelle par une jeune Allemande.
S'il est innocent de ce crime en particulier, Jake n'en traîne pas moins un puissant sentiment de culpabilité : où sont les chefs-d'oeuvre qu'il rêvait de créer ? Où sont passés ses idéaux d'antan ? Et tous ces combats qu'il devait livrer ? Pour supporter ses échecs, il invoque son cousin Joey, autre-fois petit caïd du quartier, qu'il imagine en Cavalier de Saint-Urbain, redresseur de torts et chasseur d'anciens nazis, traquant le Dr Mengele jusque dans la jungle d'Amérique du Sud. Mais qui est le vrai Joey Hersh ? Et quel est son rôle dans le guêpier qui menace Jake aujourd'hui ?
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Ecrits autobiographiques. Le Docteur Jivago

Ecrits autobiographiques. Le Docteur Jivago
Pasternak Boris
Ed. Gallimard/Quarto

Des trois textes de Boris Pasternak réunis ici, seuls les deux premiers - Sauf-Conduit, Hommes et positions - sont ouvertement autobiographiques. Écrits en 1930 et 1956, ils racontent les naissances et les renaissances de l'élan poétique, et suggèrent déjà les violences d'une histoire dévoyée. Mais le troisième, le grand roman, Le Docteur Jivago, dit ouvertement ce qu'ils ne disent pas jusqu'au bout : le rapport profond d'une conscience libre à une époque qui asservit. C'est, en arrière-fond de ces trois livres, la Russie soviétique qui se profile et se dresse avec la grandeur terrifiante de ses débuts et la violence médiocre et glacée des années qui suivent, celles d'un régime stalinien dont on a peur de parler : époque de purges, d'exécutions sommaires, temps du mensonge institutionnalisé. Ce qu'on ne peut décrire sans que «le coeur se serre et les cheveux se dressent sur la tête».

L'art, s'il s'allie à la mémoire et à la pensée, a-t-il le pouvoir de restaurer ce qui a été abîmé et perdu ? Pasternak l'a espéré et mis en acte, au risque de sa propre vie : «De l'immense majorité d'entre nous, on exige une duplicité constante, érigée en système. On ne peut pas, sans nuire à sa santé, manifester jour après jour le contraire de ce qu'on ressent réellement, se faire crucifier pour ce qu'on n'aime pas, se réjouir de ce qui vous apporte le malheur» (Le Docteur Jivago, XV, 7).

C'est de cet espoir de rachat que parle ce livre, où l'on trouvera, comme un contrepoint brutal à la splendeur de l'écriture et à la sincérité du propos, Le Dossier de l'affaire Pasternak et, sous forme de «Vie et oeuvre», une chronique de la vie de Pasternak indissociable de l'histoire de l'Union soviétique, jusqu'à la mort de l'écrivain en 1960.
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Seeland

Seeland
Walser Robert
Ed. Zoé

Seeland... il y a dans ce mot quelque chose de magique. Seeland, ce peut être partout, en Australie, en Hollande ou ailleurs.

Après ses années berlinoises et avant de s'installer à Berne, Robert Walser passe sept ans à Bienne, sa ville natale (1913-1921). Plusieurs recueils paraissent durant ces années, dont Seeland. Cet ensemble de six nouvelles constitue l'aboutissement de la période biennoise de l'écrivain, avec sa dualité caractéristique de ferveur romantique et de truculence, de rêverie et de réflexion, d'observation espiègle et d'abstraction.

Les principaux motifs qui préoccupent Walser à cette époque s'entrecroisent dans ces textes: la promenade, surtout, comme façon d'être au monde et aux mots. Le paysage est même au centre du livre, dont le titre évoque la région du lac de Bienne. D'autres personnages relaient le flâneur: Hans le rêveur impénitent appelé au service militaire; le peintre en début de carrière; ou encore, sept enfants prononçant l'épitaphe de leur père. Au centre de ce recueil mûrement composé par le poète, l'un des textes les plus célèbres de Walser, à la fois fantaisie et art poétique: «La promenade», présentée ici dans son contexte et dans une nouvelle traduction.

Ai-je vraiment besoin d'aller à l'étranger et de faire le tour du monde? Le jeu toujours vivant de mon imagination peut m'offrir beaucoup plus. La force de l'imaginaire et la pensée non anémiée me semblent plus vastes que la terre entière et mener bien plus loin, dans le mystérieux et le merveilleux, que les chemins de fer et les paquebots de luxe où le voyageur s'ennuie, se voyant requis par des banalités, par d'autres voyageurs terre à terre et par des conversations insipides, au lieu d'être occupé de choses élevées et incroyablement belles.
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Les hommes contre

Les hommes contre
Lussu Emilio
Ed. Denoël

Dans une fresque humaniste teintée d'un humour tragique, Emilio Lussu raconte l'année 1916-1917 sur le front de guerre entre l'Italie et l'Autriche-Hongrie. Parmi la neige et la rocaille des hauts plateaux alpins, soldats et officiers se débattent dans les mâchoires d'acier de la Grande Guerre. Les hommes tombent par milliers pour quelques mètres carrés de pierre et de boue. On croise des fantassins bouleversants d'humanité, un capitaine qui simule l'exécution d'un déserteur et le laisse fuir, mais aussi un général sanguinaire qui reproche au narrateur de ne pas s'être fait tuer au combat. Ce grand roman antimilitariste met en lumière la résistance de l'homme de troupe à travers la désertion, l'automutilation, le suicide et la mutinerie.

Publié en Italie en 1938, adapté au cinéma par Francesco Rosi en 1970, Les Hommes contre est l'un des grands textes sur la Première Guerre mondiale.

«Ce qui hisse Les Hommes contre au rang de chef-d'oeuvre, c'est que le livre parvient à nous réconcilier avec notre propre humanité.» Philippe Claudel
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Jaseurs

Jaseurs
Raban Jonathan
Ed. Christian Bourgois

Dans la pluvieuse Seattle, berceau des start-ups sur l'Internet à la veille du troisième millénaire, deux immigrants affrontent leur rêve d'Amérique. Tom Janeway, l'intellectuel anglais d'origine hongroise, tente en vain de fonder la famille qu'il n'a jamais eue, tandis que Chick, le jeune clandestin fraîchement débarqué d'un porte-conteneurs en provenance de Chine, s'efforce de survivre avec l'énergie du désespoir. Sur fond d'émeutes anti-mondialistes et de chute vertigineuse du Nasdaq, Tom se retrouve accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis, séparé de sa femme et de son fils, cependant que Chick se fait entrepreneur le jour et squatter de bidonville la nuit. Leurs destins vont se croiser de la plus improbable façon dans ce roman satirique, dont l'écriture brillante dénonce les illusions d'une société crispée sur ses réflexes identitaires alors même qu'elle feint la fluidité et l'ouverture. De soirées huppées sur les rives du Lac Washington en campements de clochards sous les ponts d'autoroute, de sociétés informatiques en réminiscences du monde disparu de Dickens et de Trollope, Jonathan Raban dépeint avec humour et compassion l'atmosphère artificiellement euphorique du dernier Noël du vingtième siècle, tandis que s'effilochent les anciens rêves.
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Temps forts

Temps forts
Sontag Susan
Ed. Christian Bourgois

Avec ce recueil d'une quarantaine d'essais écrits durant ces vingt-cinq dernières années, Susan Sontag déploie une fois encore l'extrême variété de ses intérêts, de ses goûts et de ses engagements, qui font d'elle une des grandes humanistes de notre époque.
Qu'il s'agisse de littérature, de cinéma, de peinture, de photographie ou de danse, l'intelligence pénétrante et souvent provocatrice de ses analyses est une invitation constante à partager ses passions.
Dans la dernière partie du recueil, où elle développe ses conceptions du rôle de l'écrivain et de l'intellectuel dans notre univers troublé, Susan Sontag tire des leçons du passé les grands enjeux de ce siècle encore tout neuf.
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La piste de glace

La piste de glace
Bolano Roberto
Ed. Christian Bourgois

Z, - une petite ville touristique sur la côte en Catalogne-, l'été, la fournaise, des personnages touchants et grotesques, des amours impossibles, des détournements de fonds, des ambitions politiques qui sombrent, des ruines qui abritent des secrets, un crime : voilà le décor que plante Roberto Bolaño pour ce roman presque noir, éclairé par son humour mélancolique et cruel.

Trois personnages prennent la parole à tour de rôle : un écrivain chilien désabusé, un poète mexicain sans permis de séjour, veilleur de nuit dans un camping, et un fonctionnaire municipal, prêt à tout pour sa bien-aimée.

Ils évoquent les femmes qu'ils aiment, les illusions qu'ils nourrissent et qu'ils perdent, leurs destins différents cependant aimantés tous par la mort.

Leurs récits, leurs confessions, sont comme autant de détours dans un labyrinthe, où ils errent et vivent en aveugles.

Au coeur de ce labyrinthe, le cauchemar architectural du Palacio Benvingut, ses occupants illégaux, et la piste de glace, clandestine.
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Famille, tracas & Cie

Famille, tracas & Cie
Colwin Laurie
Ed. Autrement

« Faisons un bébé, dit Teddy.
Tout de suite, tu veux dire ?
On pourrait s'entraîner, se mettre en forme.?
Jane Louise succomba intérieurement. Qu'il était donc étrange d'avoir un mari, cette personne qui faisait presque partie des meubles, comme un coussin ou une lampe, qui vous transformait d'une entité unique en une unité, dont la respiration la nuit était aussi rassurante qu'une pendule, à qui on pouvait, lors d'une soirée, ne prêter presque aucune attention, et qui pouvait en un instant, en un seul regard, se transformer en ce qu'était vraiment un mari : un partenaire sexuel. »

Jane Louise, 40 ans, issue d'une famille juive quelque peu nomade, vient d'épouser Teddy, membre d'une grande famille de la Nouvelle-Angleterre. Mais un mariage heureux, un mari charmant et un travail créatif ne mettent pas à l'abri des questions existentielles. Et quand, côté familles, Teddy et Jane Louise frôlent le désastre, il y a Dieu merci les amis.
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Le Jardin des Innocents

Le Jardin des Innocents
Hemmerechts Kristien
Ed. Actes Sud/Lettres néerlandaises

Trois soeurs d'une quarantaine d'années quittent la Flandre pour se rendre en Espagne, dans le petit port où, enfants, elles venaient en vacances : Nora, la benjamine, l'actrice, la séductrice ; Judith, l'aînée, la femme d'affaires aux activités mystérieuses ; et Hélène, vendeuse de parfumerie apparemment conventionnelle et sans histoires.

Ensemble, elles vont retrouver leur tante, une femme solitaire mise au ban de la famille depuis bien longtemps et qui s'est installée dans un lieu chargé de symboles, une bâtisse où la municipalité enfermait les filles-mères à l'époque de Franco.

Au fil des kilomètres et des souvenirs égrenés dans le cadre de cette intimité illusoire, le passé évoqué met au jour les strates de moins en moins avouables de la personnalité des trois soeurs.

La famille est toujours lieu de drames. Et le temps du voyage suffit pour que la mécanique sociale se dérègle, que les apparences se fissurent et qu'affleurent la violence, la folie ordinaire.

Ce récit d'allure nonchalante, courant au fil de la plume ou paressant au rythme de la conversation, évoquant tour à tour la souriante mélancolie de Tchekhov ou l'âpreté d'Ibsen, offre une image parfaite de l'univers de Kristien Hemmerechts : un monde où la mer bleue cache d'inquiétants abîmes, où rien n'est 'innocent'.
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