Correspondances croisées

Correspondances croisées
Marina Tsvetaeva & Boris Pasternak
Ed. Syrtes/Littérature étrangère

La rencontre annoncée dans cette correspondance entre deux génies de la poésie russe du XXe siècle est un événement littéraire exceptionnel. Exceptionnelle, elle l'est doublement, cette relation épistolaire entre poète soviétique et poète de l'émigration, alors que, après une phase de liberté surveillée où les échanges étaient encore possibles, la culture russe se scinde irrémédiablement, et ceci pour toute la durée de l'expérience soviétique.

Boris Pasternak et Marina Tsvetaeva s'étaient rencontrés à Moscou en 1918. Ce n'est qu'en 1922 qu'ils se sont véritablement découverts au travers de leurs écrits respectifs. Pendant quatorze années, ils ont entretenu une correspondance d'une densité et d'une intensité rares dans laquelle se tissent, étroitement mêlées, passion sentimentale et poésie, sur fond d'époque historique et d'histoire littéraire. Plus de trois quarts des lettres échangées entre ces deux êtres radicalement différents sont inédits. Dessinant une courbe en arc de cercle, la relation se noue, suit un mouvement ascendant jusqu'à atteindre un pic paroxystique, décroît, se dénoue et finit par se défaire définitivement.

Il faut lire les lettres de Tsvetaeva et de Pasternak comme leur poésie, comme une oeuvre à part entière. Loin d'être en marge de leur destin littéraire, les lettres étaient, au coeur même de celui-ci, laboratoire de l'écriture - mais également laboratoire de la vie, car c'est au gré de ces lettres que se façonnent les événements majeurs de leur biographie. Les mots échangés sont dérobés à la vie, au quotidien, à la famille.

La fille de Tsvetaeva, Ariadna Efron, avait décidé que ces lettres ne devaient être publiées qu'après cinquante ans, à condition que cette édition soit intégrale. Elle les confia aux Archives nationales de Moscou qui n'autoriseront leur parution qu'en l'an 2000.
Présentation de l'éditeur

Séjours à la campagne

Séjours à la campagne
Georg Sebald Winfried
Ed. Actes Sud/Lettres allemandes

Suivi de 'Au royaume des ombres' de Jan Peter Tripp

A travers six portraits inoubliables et richement illustrés de Johann Peter Hebel, Jean-Jacques Rousseau, Eduard Mörike, Gottfried Keller, Robert Walser et du peintre Jan Peter Tripp, W.G. Sebald évoque ses propres visions, ses propres hantises, tout en rendant hommage à des artistes dont la vie et l'oeuvre l'ont autant intrigué qu'initié. Il célèbre à sa manière leur persévérance, leurs sacrifices, et leur génie pour réinventer la beauté et l'utopie, malgré tout.

Séjours à la campagne invite aussi à découvrir le paysage préalpin, région dont tous les artistes de ce recueil sont originaires, y compris W.G. Sebald. Ainsi, quelques années avant sa mort, l'auteur revisite les contrées de son enfance.

En fin de volume, on trouvera Au royaume des Ombres, un texte écrit par Jan Peter Tripp, en hommage à son ami W.G. Sebald, ainsi que le portrait posthume qu'il a peint de lui.

Le voyage en bleu

Le voyage en bleu
Dalager Stig
Ed. Actes Sud

A l'approche de sa mort, Hans Christian Andersen, l'auteur des contes universellement connus, cherche le pardon pour sa vanité et pour avoir laissé sa mère et sa demi-soeur dans leur misère. Lui qui s'est largement mis en scène comme le vilain petit canard devenu cygne n'aimait pas qu'on lui rappelle ses origines modestes. Pour se faire une place dans un milieu qui lui était complètement fermé au départ, et où il voulait être acteur, il essuya d'innombrables humiliations et échecs avant d'écrire ses contes enfin appréciés de la critique.

Au fur et à mesure que son état s'aggrave, Andersen est hanté par les personnes-clés de son existence, revoit les lieux qu'il a visités, de Paris à Constantinople, de Londres à Rome. Il fait le bilan de ses regrets et semble peu à peu accepter l'échéance qui vient.

Malgré la renommée internationale dont il a joui de son vivant, malgré les louanges de plusieurs familles royales, de divers mécènes aristocrates et de grands artistes internationaux tels Hugo, Dumas, Balzac, Heine et Dickens, Andersen doutait terriblement de lui-même et de son oeuvre. Abonné à l'amour impossible, il fut l'éternel insatisfait, vivant par procuration, se réfugiant dans son imaginaire avec un désir presque permanent d'être ailleurs ou d'être quelqu'un d'autre.
Présentation de l'éditeur

Armée de folie

Armée de folie
Butts Mary
Ed. Anatolia/Rocher

Dans ce roman visionnaire du Graal, Mary Butts saisit le climat spirituel des années vingt. Mary Butts avait un penchant notoire pour l'insolite, en art comme dans la vie, un formidable goût de la fête ; elle prenait un plaisir extrême aux écarts de conduite les plus extravagants - traits qui apparaissent dans Armée de folie, avec ses bribes de chansons et de poèmes, ses personnages qui dansent, festoient, plaisantent, et jusque dans cette langue nerveuse, visuelle, directe, parfois énigmatique et frappante, ramassée, inattendue.

Ce roman est imprévu, incontrôlé, créant une sensation de folie, donnant l'impression qu'une force supérieure perturbe et bouleverse les protagonistes et le livre lui-même. On ne perd jamais de vue ni les personnages ni ce qui les entoure - les dieux, la nature, les objets. L'art et la vie peuvent coexister, dans le ciel et sur la terre, car il s'agit pour Mary Butts d'un royaume comme celui du Graal. La folie des années vingt - confusion, colère et désespoir, ainsi que l'élévation de l'âme -, c'est aussi la folie d'essayer de vivre la vérité des mythes et des légendes, une folie qui est l'arme de Scylla et de Picus. Ceux-ci, en s'identifiant à ce qu'ils aiment, se trouvent illuminés et unis.
Présentation de l'éditeur

Le voyage de Lou

Le voyage de Lou
Hyland Maria
Ed. Actes Sud

David Zimmer a perdu sa femme et ses fils dans un accident d'avion.

Au bord de la dépression, anéanti devant la télévision, son attention est soudain retenue par un acteur du cinéma muet, un certain Hector Mann, disparu depuis 1929. Pour la première fois depuis des mois, David est sous le charme ; ce virtuose du septième art parvient à le faire rire, et, pour ce petit miracle, David décide de se lancer dans la filmographie du personnage. Le livre publié, il s'invente une autre raison de vivre et entreprend la traduction des Mémoires d'outre-tombe. Un soir, une inconnue débarque chez lui et, sous la menace, lui impose un très long voyage. Elle a pour mission de l'amener le plus vite possible au chevet d'Hector Mann qui, mourrant, l'appelle pour lui léguer un étrange héritage. Malgré l'improbabilité de l'histoire, David se laisse entraîner?
Avec Le Livre des illusions, Paul Auster fait un brillant retour romanesque. Dès les premières pages, le lecteur est littéralement emporté par le torrent narratif. Au-delà de l'extraordinaire et mystérieuse histoire d'Hector Mann, l'auteur nous entraîne au c?ur des destins qui s'entrecroisent dans un monde à la hauteur de son incomparable imaginaire. Le livre des illusions ne pourrait s'appeler autrement : cinéma, suspense, enquêtes, meurtres et histoires d'amour, tout est là, magistralement orchestré, pour finalement disparaître dans un nuage de fumée?

Shalimar le clown

Shalimar le clown
Rushdie Salman
Ed. Plon/Feux croisés

Los Angeles, 1991. Maximilien Ophuls, notable américain, ex-ambassadeur des Etats-Unis en Inde, devenu chef de la lutte antiterroriste en Amérique, est égorgé en plein jour, devant chez sa fille illégitime India. Il a été abattu par son chauffeur cachemiri, un mystérieux personnage se faisant appeler Shalimar le clown. Tout semble d'abord indiquer un assassinat politique, mais il s'agit en fait d'un crime passionnel d'une nature très spéciale.

Voici l'histoire de Maximilien, de son assassin et de sa fille - ainsi que d'un quatrième personnage, la femme qui unit leurs destins. L'histoire d'un amour profond qui connaît une fin tragique, au fil d'une épopée qui s'étend de la Californie à la France sous l'Occupation, l'Angleterre et, surtout, le Cachemire. Au coeur de ce récit se trouve un paradis terrestre peuplé de pêchers et d'abeilles, de montagnes et de lacs, de femmes aux yeux couleur d'émeraude et d'hommes assassins : un paradis détruit, anéanti plutôt que perdu.

Couvrant le globe et traversant l'Histoire, le nouveau récit de Salman Rushdie séduit dès les premières pages et capte l'esprit d'une époque bouleversée et bouleversante.
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Cloudstreet

Cloudstreet
Winton Tim
Ed. Rivages

Cloudstreet : tel est le nom donné à la maison dans laquelle deux familles modestes jetées par-dessus bord suite à divers revers se retrouvent un beau jour.

Les Lamb, menés à la baguette par Oriel, véritable commandant en chef, s'adonnent avec ferveur à la prière et au labeur, seule façon pour eux de sortir de la misère et du drame qui fit perdre la raison à Fish l'enfant rieur.

Les Pickles, rêveurs impénitents, vivent dans un total désordre et maugréent lorsque le père, Sam, joue aux courses la paye de la semaine et le plus souvent la perd. Bon an mal an, au milieu des rires et des drames, les enfants vont grandir et s'émanciper sans vouloir pour autant s'éloigner du nid.

Car Cloudstreet est une maison comme on les aime passionnément : immense, de guingois, remplie de vacarme et de sentiments. Et pour les treize membres des familles Pickles et Lamb, l'endroit du monde où ils ont enfin trouvé leur place.

Tendre et exubérante, cette saga tragi-comique aux personnages inoubliables a remporté le très prestigieux Miles Franklin Award en 1992.
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Adrian Nicole LeBlanc

Adrian Nicole LeBlanc
enfants du Bronx Les
Ed. Olivier

Adrian Nicole LeBlanc n'a que 25 ans lorsque son journal lui demande de couvrir le procès d'un certain Boy George. Portoricain, tout juste 18 ans, ce dealer gagnait avant son arrestation plus d'un million de dollars par semaine grâce au commerce d'Obsession, l'héroïne qu'il a lancée sur le marché.

Fascinée par le contexte qui a permis une telle envolée, la reporter s'immerge dans le Bronx où Boy George a grandi. Elle rencontre Jessica, la petite amie du dealer, puis Coco, la belle-soeur de Jessica, des filles débordantes de vie avec lesquelles elle se lie très vite d'amitié. En devenant l'une des leurs, Adrian Nicole LeBlanc découvre la réalité du ghetto portoricain. Depuis l'âge d'or où l'argent de la drogue coule à flots jusqu'aux années de galères marquées par les visites en prison, elle raconte comment Jessica et Coco essaient, en dépit de la violence et de la pauvreté, d'élever leurs enfants et de garder la tête haute.


À travers le destin croisé de ces deux femmes, sur fond de sexe, de drogue et de musique latino, Adrian Nicole LeBlanc nous livre une chronique inédite, celle de la vie d'une famille avec laquelle elle a passé douze ans dans le Bronx. Bouleversant, sans concession, Les Enfants du Bronx est un reportage, mais aussi une immense saga familiale.
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Lunar Park

Lunar Park
Easton Ellis Bret
Ed. Laffont/Pavillons

Je ne veux pas avoir à clarifier ce qui est autobiographique et ce qui l'est moins. Mais c'est de loin le livre le 'plus vrai' que j'aie écrit. Au lecteur de décider ce qui, dans Lunar Park, a bien eu lieu. B.E.E.

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B. Ellis, auteur à la réputation sulfureuse, décide avec ce roman d'incarner lui-même son personnage, un homme marié, père de famille, vivant dans une immense propriété du comté de Midland. Il y décrit une vie bourgeoise partagée entre le centre commercial le samedi après-midi, les séances chez une thérapeute pour couples et les dîners entre voisins.

Le pique-assiette et autres récits

Le pique-assiette et autres récits
Nescio
Ed. Gallimard/Du monde entier

«C'était une époque extraordinaire. Lorsque j'y réfléchis, cette époque dure sans doute encore, elle durera aussi longtemps qu'il y aura des garçons de dix-neuf, vingt ans. Mais pour nous elle est depuis longtemps révolue.
Nous étions au-dessus du monde et le monde était au-dessus de nous et pesait sur nous de tout son poids. Loin tout en bas, nous voyions le monde plein d'agitation, et méprisions les gens, surtout les messieurs importants, les messieurs affairés et satisfaits qui pensent être arrivés dans le monde.»
Les antihéros de Nescio baignent dans une mélancolie dont les décors sont les cafés d'Amsterdam, les magnifiques paysages de Zélande, la mer, les polders et les canaux sous les couchers de soleil ; une mélancolie nourrie d'un désenchantement devant la vie et ses contraintes et d'un sentiment d'absurdité existentielle. Nescio n'a pas choisi son pseudonyme par hasard : il ne sait pas, il interroge, la vie reste un mystère. En cela, il nous est merveilleusement contemporain, et sa littérature, universelle.
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