Pepsi et Maria

Pepsi et Maria
Zameenzad Adam
Ed. Christian Bourgois

Gavroche du tiers-monde, fils naturel d'un riche politicien, Pepsi est un enfant des rues qui s'est donné deux missions : d'abord ramener la petite Maria vers son lointain 'Paradis', l'énorme tas d'ordures où vit sa famille et où elle a été kidnappée pour être vendue à des étrangers. Ensuite, survivre d'un jour au suivant, c'est-à-dire trouver à manger, affonter maints dangers, mais surtout échapper à Caddy, le policier psychopathe des 'escadrons de la mort' qui aimerait débarasser la Ville de tous ces petits miséreux, en les tuant l'un après l'autre. Maria, de son côté, rêve de retourner chez elle, au 'Paradis'. L'argument de Pepsi et Maria, assez proche de celui de La Nuit du chasseur, est donc à la fois la fuite de deux enfants devant l'incarnataion du mal, et un voyage de retour aux origines. Le réalisme magique qui caractérise l'écriture d'Adam Zameenzad transcende ici l'invraisemblance pour nous faire accéder à un niveau poétique de réalité où le rationnel et la magie, loin de s'opposer, tissent la trame d'une admirable fiction politique.
Présentation de l'éditeur

Feu occulte

Feu occulte
Crane Elizabeth
Ed. Phébus

Seize nouvelles qui mettent en scène un joli lot de filles piquées au coeur (ou ailleurs) par l'aiguillon de l'Amour, ce dieu capricieux et volage, grand allumeur d'incendies. Aux prises avec cette grande affaire qui rend peut-être la vie supportable, mais au prix de tant de complications, elles s'en sortent - enfin, plus ou moins - en s'aidant des armes de notre drôle d'époque: petites et grandes tricheries avec le réel, simulations et dissimulations, folie s'il le faut. Woody Allen n'est pas loin. On rit. On ne lésine pas sur le fantasme. Mais la dame qui nous chatouille ici, non sans art, a l'humour féroce - et un sens du dérisoire qui fait parfois froid dans le dos.

Inconnue hier, Elizabeth Crane, dont c'est ici le premier livre, est passée à l'écriture faute d'avoir pu chanter l'opéra. On sait d'elle qu'elle a grandi à New York et qu'elle vit à Chicago. Et que la critique a salué son petit livre en faisant donner ses grandes orgues:

«Une voix nouvelle: merveilleuse à entendre.» Kate Atkinson

«Original et culotté.» The Washington Post

«Sexy et drôle... Ce qui n'exclut ni telle prenante sagesse, ni une réelle patte d'artiste.» The New York Times

«Un esprit acerbe, un humour aiguisé à point: de quoi combler l'attente de tous les lecteurs.» Publishers Weekly

«Des héroïnes comme celles-ci, je n'en ai vu nulle part ailleurs.» Carol Ansha/Chicago Tribune
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Mémoire de mes putains tristes

Mémoire de mes putains tristes
Garica Marquez Gabriel
Ed. Grasset

L'année de mes quatre-vingt-dix ans, j'ai voulu m'offrir une folle nuit d'amour avec une adolescente vierge. Je me suis souvenu de Rosa Cabarcas, la patronne d'une maison close qui avait l'habitude de prévenir ses bons clients lorsqu'elle avait une nouveauté disponible.
Je n'avais jamais succombé à une telle invitation ni à aucune de ses nombreuses tentations obscènes, mais elle ne croyait pas à la pureté de mes principes. La morale aussi est une affaire de temps, disait-elle avec un sourire malicieux, tu verras. G.G.M.

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Voir également Memoria de mis putas tristes

Le Trafiquant d'épaves

Le Trafiquant d'épaves
Stevenson R.L.
Ed. Phébus

Etrange destin que celui du Trafiquant d'épaves, un roman que Borges et Henry James rangeaient parmi leurs livres préférés, et qui en notre langue a souvent manqué sur les tables des librairies - quand il n'était pas proposé au lecteur en version abrégée.

Aucune longueur pourtant dans ce récit kaléidoscopique qui nous offre à la fois, sous le manteau d'une ample narration, maintes confidences autobiographiques, une enquête sur les bas-fonds de San Francisco, un roman d'aventures marines de la plus belle eau, une intrigue policière ourdie de main de maître - le tout agencé sous la forme d'un vaste piège, car l'enquête finales pourrait bien déboucher sur une découverte de l'espèces la moins attendue...

Roman émouvant, surtout, car l'aventure est ici placée sous le signe de l'échec. Comme si Stevenson cherchait à nous rappeler, avant de prendre congé, que toute entreprise est un naufrage mais le but du voyage, au fond, importe peu, pourvu qu'ait soufflé aux oreilles du voyageur le grand vent du Mystère majuscule.

'L'un des meilleurs romans de Stevenson... Un livre magnifique !' JORGE LUIS BORGES
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La rose pourpre et le lys

La rose pourpre et le lys
Faber Michel
Ed. L'Olivier

Londres, 1875.
Quelque part dans Church Lane, à l'écart du tumulte de ce quartier sordide, une jeune fille attend. Elle s'appelle Sugar, elle a dix-huit ans. C'est une prostituée d'un genre particulier : sa beauté, sa vivacité, son intelligence - elle sait lire, écrire et pratique l'art de la conversation - semblent la promettre à un destin différent. Elle est remarquée par un riche parfumeur, William Rackham, qui fait d'elle sa maîtresse. William Rackham est ambitieux. Pour maintenir son train de vie et échapper aux humiliations financières que lui inflige son père, il doit encore gravir quelques échelons. Et puis il y a sa femme, Agnes, une grande bourgeoise neurasthénique qui ignore tout du mal qui la ronge. Ensemble, Sugar et William décident de braver les interdits et de vivre une vie plus conforme à leurs grandes espérances, loin du bordel et de la médiocrité petite-bourgeoise. Y parviendront-ils ?
Utilisant toutes les ressources du roman victorien, Michel Faber a fait de cette histoire un livre extraordinairement moderne. La misère des classes populaires, l'arrogance de la bourgeoisie, la crise des moeurs soumises à une morale sexuelle répressive forment un tableau grouillant de vie, de conflits et de passions à l'arrière-plan des destins croisés de Sugar et William.
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Fragments d'un siècle

Fragments d'un siècle
Barnard Benno
Ed. Castor Astral/Escales du Nord

Le 'trou dans le monde', image centrale des Fragments d'un siècle, c'est la destruction de Rotterdam, la ville d'où sont originaires les parents de l'auteur, mais aussi l'impossibilité qu'éprouve le père à parler de la guerre, et enfin le vide religieux que les bombardements ont laissé dans la pensée européenne.
Benno Barnard fouille, avec un humour virulent et iconoclaste, dans et au-delà de sa propre mémoire, pour nous livrer un compte rendu méditatif et lyrique d'un voyage dans le temps et au coeur de l'Europe.
'Un livre exceptionnellement riche, un éventail de disciplines - journal, lettres, essai, polémique, conte - fusionnées par la cohérence, et qui pourrait tout aussi bien se nommer roman.' Jeroen Brouwers (prix Fémina Etranger 1995)
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Un lit de neige

Un lit de neige
Haring Roswitha
Ed. Christian Bourgois

Ce roman est une sorte de journal oral, mosaïque éclatée d'une chronique familiale, l'histoire que se raconte une petite fille perdue au seuil de l'adolescence. Le livre débute sur le portrait d'une famille unie et riante d'Allemagne de l'Est. L'enfant voit le monde s'agiter autour d'elle, ses soeurs maquillées, sa mère qui cueille des fruits, son père qui s'amuse avec ses enfants. Tous les bruits du bonheur.

Soudain ces bruits se taisent. Les soeurs se marient. Les parents ont trop de soucis pour parler avec elle. Envoyée en vacances chez un de ses oncles, elle découvre le lourd secret qui pèse sur sa famille. Le malheur l'envahit peu à peu, jusqu'à ce que son corps se recroqueville, se mette en position de veille. Ses seuls points de repère : des bruits, des odeurs, des saveurs.

La beauté et la force du livre tiennent au fait que Roswitha Haring choisit de nous parler corps à corps. Elle nous fait communiquer, au plus près du désarroi de la petite fille, avec ses souvenirs, qui ne cessent de resurgir dans le présent et de s'y fondre.
Présentation de l'éditeur

Dans le ventre de la baleine et autres essais (1931-1943)

Dans le ventre de la baleine et autres essais (1931-1943)
Orwell George
Ed. Ivrea/Encyclopédie des Nuisances

Les textes de ce premier volume, extraits de l'édition Essais, articles, lettres, couvrent la période de 1931 à 1943. Ils reflètent la diversité des intérêts d'Orwell tout comme l'évolution de ses idées ainsi que des thèmes orwelliens : disparition de la vérité, occupation des esprits par la propagande, irresponsabilité des intellectuels, corruption du langage, etc.

Pourquoi j'écris
Une pendaison
Comment j'ai tué un éléphant
Les pieds dans le plat espagnol
Pourquoi j'ai adhéré à l'Independent Labour Party
Charles Dickens
Dans le ventre de la baleine
De droite ou de gauche, c'est mon pays
Note autobiographique
Le fascisme prophétisé
Le lion et la licorne : socialisme et génie anglais
Wells, Hitler et l'Etat mondial
Réflexions sur la guerre d'Espagne
Qui sont les criminels de guerre ?

Tels, tels étaient nos plaisirs et autres essais (1944-1949)

Tels, tels étaient nos plaisirs et autres essais (1944-1949)
Orwell George
Ed. Ivrea/Encyclopédie des Nuisances

Deuxième volume des Essais, articles, lettres :

L'immunité artistique : quelques mots sur Salvador Dali
Raffles et Miss Blandish
Arthur Koestler
Notes sur le nationalisme
Préface inédite à
Animal Farm
Amère est la vengeance
La bombe atomique et vous
Où meurt la littérature
Les lieux de loisirs
La politique et la langue anglaise
Politique contre littérature
Comment meurent les pauvres
Lear, Tolstoï et le Bouffon
Tels, tels étaient nos plaisirs
Réflexions sur Gandhi


K.

K.
Calasso Roberto
Ed. Gallimard

De quoi parlent les histoires de Kafka ? Après avoir reçu d'innombrables réponses, la question continue de susciter un sentiment de vive incertitude. S'agit-il de rêves ? d'allégories ? de symboles ? S'agit-il d'événements qui arrivent tous les jours ? Les nombreuses solutions qui ont été proposées ne parviennent pas à éliminer le soupçon que le mystère reste encore intact. Ce livre ne se propose pas de dissiper ce mystère mais de permettre qu'il soit 'éclairé par sa propre lumière', comme l'écrivit un jour Karl Kraus. C'est pourquoi Robert Calasso essaie de se mêler au cours, au mouvement tortueux, à la physiologie de ces histoires, en rencontrant au fur et à mesure les questions les plus élémentaires. Comme, par exemple : qui est K. ?