Minotaure. Nouvelles

Minotaure. Nouvelles
Nadas Peter
Ed. Plon/Feux croisés

Répression sociale, violence, emprise du pouvoir : tels sont les sujets de ces nouvelles dans lesquelles Péter Nádas met en scène des personnages - âgés ou enfants - en situation de risque et de rupture. Avec acuité, l'auteur du magistral Livre des mémoires explore les tréfonds de la nature humaine, ajoutant à son talent d'analyste et d'observateur un jeu tout personnel de la narration, pour atteindre à une inquiétante ambiguïté.

L'Age d'or

L'Age d'or
Karinthy Ferenc
Ed. Denoël

Décembre 1944, Budapest s'enfonce dans la tragédie : la ville est assiégée par les Soviétiques et ravagée par les Croix-fléchées, des fascistes hongrois qui exterminent les derniers juifs. L'un d'eux, Joseph Beregi, persiste malgré le danger de mort à mener une vie insouciante. Don Juan aimant la vie et les femmes, il est protégé et nourri par ses admiratrices, prostituées ou grandes bourgeoises. A l'heure de la destruction finale, son obstination à jouir jusqu'au bout lui sauvera la vie.
Réponse hédoniste au cauchemar de la guerre, L'Age d'or est l'un des romans les plus originaux et les plus troublants de Ferenc Karinthy.
Présentation de l'éditeur

La maison fantôme

La maison fantôme
Krüger Michael
Ed. Seuil

Venu à Hambourg pour couvrir un ennuyeux congrès des bibliothécaires allemands, le narrateur, un journaliste de Munich, préfère aller flâner dans les faubourgs chics où s'alignent les villas cossues au fond de jardins clos.

Mais voici qu'un ballon échappé d'une maison atteint le promeneur en pleine poitrine et salit méchamment sa chemise. Arrivent l'un après l'autre le garçon maladroit et sa blonde mère, qui l'invite chez elle puis l'abandonne avec son rejeton taciturne. Peu à peu, la lumière se fait sur les zones d'ombre dans la vie de l'hôtesse. Le narrateur est bientôt pris dans le jeu de celui qui tire toutes les ficelles: le grand-père mafieux, ancien nazi, qui tente de le séduire par ses histoires de jésuites et d'Indiens guaranis.

L'ironie, la satire et l'autodérision rejoignent une mélancolie qui fait de La Maison fantôme une méditation à la fois comique et profonde.
Présentation de l'éditeur

Cheese

Cheese
Holman Sheri
Ed. Seuil

Bienvenue à Three Chimneys, Virginie, dans le tourbillon médiatique qui accompagne la naissance des onze nouveau-nés de Manda Frank. Seulement, aussi vite qu'elle a connu la célébrité, Manda est délaissée par les journalistes. Le village n'a néanmoins pas fini de surprendre l'Amérique : Margaret Prickett, toute dévouée à sa ferme, confectionne un fromage «mammouth», réplique exacte d'une roue livrée en 1802 au président Jefferson. Il s'agit d'offrir le fromage au candidat à la présidence des États-Unis que Margaret soutient pour sa défense de l'agriculture traditionnelle. C'est compter sans Polly, la fille de Margaret, une adolescente qui n'a pas tout à fait la même vision des choses. Entre une mère qui traie son troupeau en le berçant sur des airs de Sinatra et un professeur d'histoire rebelle qui lui apprend à penser par elle-même, Polly se cherche dans cette Amérique en mal de repères.

Avec Cheese, Sheri Holman nous plonge au coeur de la vie de personnages banals et excentriques, prêts à tout pour défendre ce en quoi ils croient. Une pastorale sur fond de valeurs américaines qui oscille entre résignation et folie des grandeurs.
Présentation de l'éditeur

Miracles en série

Miracles en série
Shields Carol
Ed. Triptyque

Ces Miracles en série ne sauraient être réduits à la seule forme de la nouvelle. Nous les découvrons au carrefour du conte, du récit et de l'anecdote, prêts à nous convaincre qu'un recueil de nouvelles est bien plus que la somme des textes qui le composent. Ils forment un véritable parcours d'initiation à la folie du quotidien, dans lequel les voyages ne sont que les révélateurs de notre besoin de banalité et où la banlieue prend des allures de terra incognita : les bungalows révèlent leurs chambres secrètes tandis que les vérandas et les cours arrières, dissimulées derriére les clôtures et les grillages, préservent jalousement leurs non-dits...
Présentation de l'éditeur

Dix petits indiens

Dix petits indiens
Alexie Sherman
Ed. Albin Michel/Terres d'Amérique

«Une voix irrévérencieuse, sardonique, mais sentimentale et rebelle (...) Imprévisible, inclassable, Sherman Alexie nous rappelle le jeune Philip Roth.» Joyce Carol Oates

«Quel genre d'Indien est capable de perdre la raison devant un livre de poèmes ? Eh bien, elle était ce genre d'Indien, exactement ce genre d'Indien, et le seul genre d'Indien qu'elle savait être» : la première nouvelle, dans laquelle une jeune femme part à la recherche d'un poète disparu, donne le ton de ce recueil audacieux. Dans une Amérique désormais fragilisée par la menace terroriste, tout peut être source de divisions : les sexes, les races ou les classes sociales.

À la fois drôle et grave, mais toujours radicale dans son exigence de justice et de liberté, la voix de Sherman Alexie, récemment récompensé avec Richard Ford par le Bernard Malamud Award for Excellence in Short Fiction, puise à la source même de l'expérience humaine.

C'est la voix d'un irréductible, d'un magicien de la langue qui nous offre, avec Dix petits Indiens, son livre le plus étonnant.
Présentation de l'éditeur

L'homme de Shanghai

L'homme de Shanghai
Caldwell Bo
Ed. Liana Levi

Dans les années 1930 à Shanghai, les étrangers qui habitent la concession internationale mènent grand train. Mais pour Joseph Schoene, cela n'est qu'un à-côté: c'est la ville qu'il aime passionnément. Ses trottoirs grouillants, ses venelles odorantes, le Bund qui s'étire le long du fleuve boueux. Il aime Shanghai, envers et contre tout: les revers de fortune, l'invasion japonaise, les geôles communistes... Il l'aime tant qu'il laisse sa femme retourner seule aux États-Unis avec leur fille Anna. Pour celle-ci, la narratrice, Joseph restera à jamais «l'homme de Shanghai».
Présentation de l'éditeur

Oeuvres complètes

Oeuvres complètes
Chatwin Bruce
Ed. Grasset

   
Nouvelle traduction, présentation, notes et notices de Sophie Benech

Qui était Isaac Babel, ce Juif d'Odessa considéré comme l'un des plus grands écrivains russes du XXe siècle, qui connut une gloire fulgurante au début des années 20 avant d'être réduit au silence et exécuté par la Tchéka à l'âge de 45 ans, en janvier 1940 ?

Cette édition propose pour la première fois l'ensemble de ses oeuvres sous un angle nouveau. Les cycles projetés par Babel ont été reconstitués : le cycle autobiographique (Histoire de mon pigeonnier et Journal pétersbourgeois) et tout ce qui se rapporte aux truculents récits du cycle d'Odessa ; celui de la guerre russo-polonaise avec Cavalerie rouge, le recueil qui le rendit célèbre, suivi du Journal de 1920 et des Plans et esquisses ; enfin les textes inclassables, dont de nombreux inédits et les fragments de son livre inachevé sur la collectivisation en Ukraine.

Le lecteur y trouvera donc tous ses textes en prose connus à ce jour, son théâtre, ses scénarios ainsi que ses reportages, articles, discours, entretiens, portraits, notes et projets.

«Je prends un petit rien, une anecdote, une histoire qui traîne sur la place du marché, et j'en fais une chose à laquelle moi-même, je n'arrive plus à m'arracher. Ça joue, c'est rond comme un galet. Ça tient par la cohésion de ses particules. Et la force de cette cohésion est telle que même la foudre ne saurait la briser.»

Isaac Babel en 1921, dans une conversation avec Constantin Paoustovski.

Thanatos

Thanatos
Murakami Ryu
Ed. Picquier

Un photographe installé à Cuba est convoqué pour servir d'interprète auprès d'une compatriote japonaise suspectée par les services de l'immigration. Cette femme, Reiko, extrêmement belle, jadis actrice à Paris, lui raconte son histoire, sa rencontre avec Keiko Kataoka et celui qu'elle appelle «le maître», et les relations intenses, fondées sur le plaisir et la soumission, qui se noueront entre eux.

Elle ne parlait pas particulièrement fort, mais ses paroles étaient parfaitement distinctes. Casse-toi vite d'ici et rentre chez toi, me disais-je, mais je ne pouvais pas m'éloigner. J'étais comme enchaîné. Quelque part mon corps désirait sa voix. C'était une sorte de sentiment masochiste, comme d'être violé mais de jouir quand même.

Réflexion sur l'identité, la sexualité, les métaphores du désir, de la jouissance et de la souffrance, Thanatos forme le dernier volet, après Ecstasy et Melancholia, de la trilogie regroupée par Murakami sous le titre de «Monologues sur le plaisir, la lassitude et la mort» - et en fournit en quelque sorte la clé. A l'opposé d'une lecture voyeuriste, les relations sadomasochistes y apparaissent comme le miroir grossissant de tensions sociales poussées à leur paroxysme.
Présentation de l'éditeur

Gonzo Highway

Gonzo Highway
S. Thompson Hunter
Ed. Laffont/Pavillons

Le 21 février 2005, Hunter S. Thompson se tirait une balle dans la tête. Une mort en accord avec la vie qu'il avait choisie-et un point final mis à l'oeuvre la plus délirante et la plus féroce de la littérature américaine.

Inventeur du journalisme « gonzo », un style de reportage unique dont le reporter est à la fois auteur et héros, Thompson était reconnu depuis peu comme un écrivain de grande classe. Gonzo Highway, recueil de lettres et de papiers divers, livre la quintessence de son univers : explosif et comique, sur fond d'autodérision et de saine colère. « J'ai l'impression que les gens préfèrent mes lettres à mes articles », écrivait Thompson. Une chose est sûre : il s'y montre à son meilleur, cancre surdoué et hyperactif, trublion politique et voyageur lucide, portant haut sa haine et sa fascination du rêve américain - qu'il prolonge en s'acharnant à le détruire.

« Thompson le forcené distingué est aujourd'hui, in fine, respecté pour ce qu'il a toujours été : un romancier, dernier héritier bâtard d'une écriture mise en scène de soi hallucinée, telle que l'avaient augurée les nomades de la beat generation.» Philippe Azoury et Alexis Bernier, Libération

« Découvrir la littérature sauvage [de Hunter S. Thompson] [...], c'était comme se faire gifler d'un coup par les Stones ou les Clash après des années d'écoute de Georges Brassens : une sensation physique, électrique, sexuelle, le sentiment de coller de plus près à l'urgence du monde et du moment. » Serge Kaganski, Les Inrockuptibles

« La correspondance de Thompson [...] montre qu'au-delà de l'irrévérence absolue, cet ancêtre du 'nouveau journalisme' sut dresser un tableau lucide d'une Amérique qu'il jugeait de plus en plus hypocrite et prude. » Émilie Grangeray et Patrick Kéchichian, Le Monde