Petits textes poétiques

Petits textes poétiques
Walser Robert
Ed. Gallimard/Du monde entier

Minimaliste avant la lettre ou plutôt - comme disait de lui Stefan Zweig - 'miniaturiste par excellence', Robert Walser est un maître de la forme brève.
Il a publié des centaines de textes courts, mais le présent recueil, datant de 1914, est du très petit nombre qu'il a composés lui-même.
Son indolente vivacité, sa mélancolie narquoise, son charme modeste et poignant ont ici toute la densité littéraire qui, depuis un siècle, suscite l'admiration des plus grands écrivains et l'attachement de lecteurs inconditionnels.
Présentation de l'éditeur

Le déclin de la lune

Le déclin de la lune
Coulson Joseph
Ed. Sabine Wespieser

'Tout est mémoire'. Après avoir retracé le destin de trois générations d'une famille ouvrière américaine, Joseph Coulson achève son roman sur ce constat désabusé.
Rien n'a jamais été facile pour les Tollman : quand le père, réparateur de radios, se retrouve à la rue, victime de la grande dépression des années 1930, ils sont contraints de quitter Cleveland et d'aller vivre sous une tente en pleine campagne.
Stephen, le fils cadet, évoque cette période misérable mais bucolique avec un certain bonheur, malgré la cécité naissante de la mère, la cruauté des gamins de l'école et une nature plutôt hostile dont les arbres morts sont les inquiétants vigiles. Sans doute la vitalité et l'obstination de Phil, le frère aîné, font-elles à cette époque écran à la malchance.
Quand Katherine, narratrice de la deuxième partie du livre, rencontre Phil, il est devenu un ténébreux jeune homme qui chavire le coeur de la belle pianiste avant de la quitter pour s'engager dans l'armée de l'air. Nous sommes en 1939.
La fatalité familiale et les épreuves de la guerre finiront par avoir raison de Phil : en 1968, c'est un père alcoolique et violent que décrit son fils James, adolescent dans l'Amérique des hippies, des Black Panthers et de la guerre du Viêtnam. Un déclin qui trouve son aboutissement dans la dernière partie du livre, lors d'une saisissante crise d'autodestruction.
Bien qu'il soit le seul à ne jamais y livrer son point de vue, Philip Tollman est au coeur de ce roman polyphonique à l'écriture remarquablement modulée. Son destin brisé est emblématique de celui de sa famille en même temps qu'il nous parle d'une certaine Amérique, celle des laissés pour compte.
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Le livre du sel

Le livre du sel
Truong Monique
Ed. Rivages

En 1929, deux femmes formidables - Gertrude Stein et Alice Toklas - quittent les États-Unis où la récession bat son plein. Installées à Paris, elles se mettent en quête d'un cuisinier. Binh se présente pour l'emploi. Subtil, délicat, le jeune homme a appris son métier au service du gouverneur à Saigon. Mélancolique, silencieux, il cherche lui aussi un refuge après avoir dû quitter précipitamment son pays.

Élégant, plein d'émoi, Le livre du sel croise les lieux et les destins de trois personnages hors du commun.

Née à Saigon en 1968, réfugiée aux États-Unis avec sa famille alors qu'elle a six ans, Monique Truong est diplômée des universités de Yale et Columbia. Elle vit à New York.
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Laisse couler. Nouvelles

Laisse couler. Nouvelles
Gallant Mavis
Ed. Bernard Pascuito

« Ce recueil rassemble celles des ' nouvelles canadiennes ' que je préfère. Canadiennes, elles le sont seulement par la nationalité des personnages, sans égard pour le lieu où ils se trouvent dans l'histoire. Mavis Gallant fait revenir certains d'entre eux dans d'autres nouvelles pour les placer dans des circonstances différentes, les soumettre à un nouveau point de vue, produisant ainsi des séquences de trois ou quatre histoires sur la même personne et sur ses proches, ébauchant presque un roman sans trahir le genre qu'elle a choisi.

' Les nouvelles ne sont pas des chapitres de roman, dit-elle. On ne doit pas les lire l'une après l'autre comme si les histoires se suivaient. Lisez-en une. Fermez le livre. Lisez quelque chose d'autre et revenez plus tard. Les nouvelles peuvent attendre '. Peut-être, mais pas celles-ci, croyez-moi. »
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L'homme souterrain

Couverture non disponible
Jackson Mick
Ed. Christian Bourgois

William John Cavendish-Bentinck-Scott, cinquième duc de Portland, aristocrate anglais particulièrement excentrique dont la plus grande réussite fut de faire creuser, sous ses terres, un vaste réseau de tunnels, grâce auxquels il pourrait s'échapper clandestinement vers le monde extérieur. Le duc est hanté par un ténébreux secret de famille qui finit par le rendre paranoïaque. Il comprend peu à peu que les dangers auxquels il croit être confronté sont imaginaires. Le duc est un aristocrate qui prend conscience du fait qu'il ne sera pas capable d'arrêter la chute de sa classe. Mick Jackson nous entraîne dans les méandres de souterrains dans lesquels on reconnaît l'image d'une psyché tourmentée par un secret que le journal du duc permet d'exhumer. Il crée ainsi un personnage délicieux, irritant, mais terriblement humain dans la souffrance qui le hante.
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Les premières éditions des sentiments. Journal 1961-1972

Les premières éditions des sentiments. Journal 1961-1972
Nizon Paul
Ed. Actes Sud

En 1961, Paul Nizon est un jeune homme d'une trentaine d'années. Son premier livre, un recueil de nouvelles, fait sensation, et la critique prend la mesure de son talent. Il se met alors à écrire Canto, magnifique oeuvre inspirée par son séjour à Rome. Une grande maison d'édition se propose de le publier. L'auteur, qui laisse derrière lui son métier et sa famille pour se consacrer à l'écriture, croit réaliser son plus fol espoir. Or le livre, paru en 1963, rencontre une incompréhension totale. Canto, fulgurante prouesse littéraire, se voit rejeté par la critique, ce qui plonge Paul Nizon dans un état de crise. Dans Les Premières Editions des sentiments, il retrace la manière dont il parvient progressivement à prendre le dessus et à revenir à l'écriture.

La richesse des pensées, la précision et la passion avec lesquelles Nizon parle de la genèse d'oeuvres comme Immersion ou Dans la maison les histoires se défont, ses rencontres avec d'autres écrivains (Max Frisch, Friedrich Dürrenmatt), ses colères, ses brouilles et ses désespoirs, mais aussi sa fidélité à son art... tout ici participe d'une matière existentielle et artistique d'exception.
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La Fourrure de la Truite

La Fourrure de la Truite
Nizon Paul
Ed. Actes Sud

Stolp est un marginal, un sympathique bon à rien qui aime sa liberté avant tout.

Ayant hérité d'un minuscule appartement à Paris, il y pose ses bagages un peu malgré lui et, plutôt que de prendre possession des lieux, laisse Paris l'apprivoiser. A travers rues et cafés, il faut fuir l'atmosphère pesante de ce nouvel habitat, mais aussi les désespoirs latents d'un amour perdu. En chemin, il croise et recroise Carmen, esquisse avec elle les figures d'un duo éphémère.

Car Stolp descend d'une lignée d'acrobates audacieux. Il veut jeter du lest. Ses pensées se délient, se libèrent, bondissent.

Dans le nouveau roman de Paul Nizon, les intuitions les plus existentielles sont portées par une écriture aérienne : une voltige littéraire où l'humour entraîne le lecteur dans l'élan d'un récit qui mot à mot s'invente. Comme la vie.
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Le gang de la clef à mollette

Le gang de la clef à mollette
Abbey Edward
Ed. Gallmeister

Révoltés de voir le somptueux désert de l'Ouest défiguré par les grandes firmes industrielles, quatre insoumis décident d'entrer en lutte contre la ?Machine?. Un vétéran du Viêtnam accroc à la bière et aux armes à feu, un médecin incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clefs à molette ? et de dynamite ? nos héros écologistes vont devoir affronter les représentants de l'ordre et de la morale lancés à leur poursuite. Commence alors une longue traque dans le désert.
Dénonciation cinglante du monde industriel moderne, hommage appuyé à la nature sauvage et hymne à la désobéissance civile, ce livre subversif d'une verve tragi-comique sans égale est le grand roman épique de l'Ouest Américain.
Ce classique de la contre-culture américaine s'est vendu à plus d'un demi-million d'exemplaires depuis sa parution. Roman policier drôle et extravagant, Le Gang de la Clef à Molette, est devenu la bible d'une écologie militante et toujours pacifique... ou presque.
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Les hommes passent à Tanger

Les hommes passent à Tanger
Behn Ari
Ed. Actes Sud/Aventure

En partance pour le Burkina Faso où son amie travaille dans une ONG, Andy, jeune Norvégien aux longues boucles blondes, descend du train à Madrid. Il s'imagine, passé Gibraltar, pouvoir traverser le Sahara, rejoindre Tombouctou et de là Ouagadougou.

Sur le quai, il se fait aborder par Valderon, qui a repéré d'emblée le jeune naïf... Bientôt coincé dans la toile qu'autour de lui tisse le vieux beau en chasse, Andy va se retrouver bloqué à Tanger, incapable de refuser les soirées auxquelles il est convié. Si la rencontre espérée avec Paul Bowles a bien lieu, elle est vite bousculée par les nuits folles de la ville exotique.

Dans un sursaut d'amour pour celle qui l'attend, Andy prend le train pour Marrakech, échappe aux mains masculines, s'enfuit dans la médina avant d'être récupéré par un groupe de touristes dont la guide aimerait bien connaître ce jeune homme tombé du ciel... Le Sahara pourtant se rapproche, avec ses premières dunes, les oueds et les Touaregs pour cartes postales prêts à faire une virée à dos de chameau, mais certainement pas à rejoindre Tombouctou en quarante jours...
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Blanche et Marie

Blanche et Marie
Olov Enquist Per
Ed. Actes Sud

?Amor omnia vincit? ? l'amour triomphe de tout ?, c'est ce qu'elle avait écrit sur la couverture de la chemise marron qui contient les trois carnets ; au-dessus, en capitales plus vigoureuses, figure le titre, LIVRE DES QUESTIONS. Comme s'il s'agissait de tester deux attitudes : celle en haut de page, énergique, optimiste et absolument neutre, et celle en dessous, frêle, prudente et presque suppliante. Comme si elle avait voulu dire : voici le point de départ, je voudrais tant que ce soit ça, oh, si seulement ça pouvait être vrai.
L'amour triomphe de tout. Tout en sachant que c'est faux, mais quand même, on a un petit pincement au c?ur en lisant cela, oh, si ça pouvait être vrai, si seulement ça pouvait être vrai. Le ton très artificiel d'objectivité et de bienséance ne tient cependant pas jusqu'au bout. Un carnet jaune, un noir ? incomplet ou censuré ? et un rouge. A eux trois, un Livre des questions, qui parle de Blanche et Marie. Rien de plus.
A nous de nous en contenter.
L'amour triomphe de tout, hypothèse de travail ou douleur profondément enfouie.

Deux ans après que Marie Sklodowska Curie avait reçu son deuxième prix Nobel, celui de chimie, en 1911 ? alors que son amant, Paul Langevin, était en train de se réconcilier avec sa femme Jeanne, et d'instaurer, avec son accord, une relation sexuelle plus ou moins permanente avec sa secrétaire ?, elle subit une perte, attendue certes, mais néanmoins très éprouvante, quand un matin, dans son propre appartement, à Paris, on retrouva son amie Blanche Wittman morte.
Elle avait essayé de descendre du lit, pour rejoindre la caisse en bois montée sur roulettes. Elle n'avait pas réussi. Et elle était morte.
La cause du décès ne fut jamais établie, mais ceux qui vinrent chercher le corps remarquèrent sa taille dérisoire, et aussi que Marie Sklodowska Curie avait insisté pour coucher elle-même cette femme-tronc amputée dans son cercueil. Ensuite, en guise d'adieu, elle était restée assise sur une chaise à côté de la morte, une main posée sur le couvercle du cercueil, obligeant les porteurs à attendre une heure entière dans la pièce attenante. Elle n'avait pas cherché à expliquer son geste, elle n'avait fait que murmurer je resterai toujours à tes côtés.
Pour finir, on emporta le cercueil.
Dans l'unique nécrologie qui fut rédigée, la morte est qualifiée de ?phénomène légendaire, et l'on souligne son rôle de médium du professeur J. M. Charcot. Elle laissait trois carnets, dont on apprit l'existence vers la fin des années 1930 seulement, et qui ne furent jamais rendus publics dans leur entièreté.
Marie Curie omet de mentionner l'existence de Blanche dans ses mémoires, comme énormément d'autres choses.
Je ne l'en blâme pas.
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