Fin de l'Occident, naissance du monde

Fin de l'Occident, naissance du monde
Kempf Hervé
Ed. Seuil

Cessons de nous raconter des histoires sur « la crise » !

Et regardons de face le cœur du problème qui se pose à la société humaine en ce début du XXIe siècle : les contraintes écologiques interdisent que le niveau de vie occidental se généralise à l’échelle du monde. Il devra donc baisser pour que chacun ait sa juste part. Autrement dit, l’appauvrissement matériel de l’Occident est inéluctable.

Comment allons-nous vivre cette mutation : en changeant nos sociétés pour nous adapter au mieux à ce nouveau monde, ou en nous opposant au sens de l’histoire, au prix d’un déchaînement de la violence ?

Déjà en cours de traduction dans plusieurs langues, ce récit phosphorescent d’idées originales prend comme fil conducteur les tribulations de l’humanité depuis son apparition sur terre. Captivant et à rebours du discours dominant, il nous invite à une dérangeante lucidité. Mais ce livre est également habité par un optimisme communicatif : oui, un nouveau monde est possible.

Hervé Kempf poursuit un travail de synthèse et de renouvellement de l’écologie politique, qui rencontre la faveur du public, en France et à l’étranger. Récemment : Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (2009) et L’Oligarchie ça suffit, vive la démocratie (2011).

Un million de révolutions tranquilles (...)

Un million de révolutions tranquilles (...)
Manier Bénédicte
Ed. Les Liens qui libèrent

Ils sortent de la faim et de la pauvreté des centaine de milliers de personnes. Ils sauvent des entreprises. Ils construisent des habitats coopératifs, écologiques et solidaires. Ils ouvrent des cliniques gratuites, des microbanques, des épiceries sans but lucratif ou des ateliers de réparation citoyens. Ils reverdissent le désert et régénèrent les écosystèmes. Ils financent des emplois ou des fermes bio. Et partout dans le monde, ils échangent sans argent des biens, des services et des savoirs, redynamisent l'économie locale ou rendent leur village autonome grâce aux énergies renouvelables.

Qui sont-ils ? De simples citoyens et citoyennes. Mais ils sont les pionniers de nouveaux modes de vie, qui sont en train de transformer la planète. Bénédicte Manier, journaliste, a parcouru plusieurs pays et observé la réussite de ces révolutions silencieuses. Son livre est le premier à appréhender la dimension mondiale de ces alternatives qui foisonnent depuis trois décennies et ne cessent de se développer. Des initiatives qui n'émanent pas de groupes marginaux, mais de classes moyennes bien intégrées, aspirant à vivre dans un monde plus juste.

Il s'agit là d'un mouvement inédit, mené par une société civile lucide, ayant décidé de reprendre en main les enjeux qui la concernent et qui, des États-Unis à l'Inde, du Canada à la France, de l'Argentine au Japon, fait émerger des solutions innovantes à la plupart des maux de la planète. Peu à peu, elle dessine ainsi les contours d'une société plus participative, plus solidaire, plus humaine.

Dictionnaire de psychologie et de psychopathologie des religions

Dictionnaire de psychologie et de psychopathologie des religions
Collectif
Ed. Bayard

Quels mystérieux ressorts affectifs, quels émois inconscients, quels désirs cachés, quelles aspirations spirituelles sont au coeur de l'expérience du religieux ? Dès la fin du XVIIIe siècle jusqu'aux années 1980 apparaissent les principales controverses et échanges féconds entre sciences et foi, au regard de diverses écoles de pensées médicales, philosophiques, psychologiques, psychanalytiques, et concernant la plupart des religions et traditions spirituelles du monde. Ce Dictionnaire de Psychologie et Psychopathologie des Religions, le premier du genre en Europe, propose un éclairage pluridisciplinaire sur le savoir clinique des rapports entre mystique et folie, et des racines psychologiques du sentiment religieux individuel et collectif. Environ 100 entrées thématiques et plus de 250 notices biographiques ouvrent des horizons à l'exploration de ce vaste territoire qui a nécessité la collaboration de près de 70 auteurs prestigieux. Parmi les itinéraires biographiques, on lira ceux de Pinel, Charcot, James, Freud, Jung jusqu'à Scholem, Eliade, Lacan, Foucault, Castañneda..., et ceux d'auteurs plus méconnus, Brierre de Boismont, Ribot, Janet, Leuba, Bechterev, Pacheu, Delacroix, Blondel... Parmi les grands thèmes, sont abordés : âme et corps, crimes rituels, démons de midi., états modifiés de conscience et transe, folies biblio-clastiques, guérisons par la foi, inconscient, lycanthropie, ou encore mélancolie religieuse et acédie, nuit mystique, péché et culpabilité, psychologie soufie, stigmates et stigmatisation, théomanie, yoga... La vocation première de ce dictionnaire est d'être ainsi une porte d'entrée pour tous les lecteurs intéressés par les liens entre vie psychique et expériences religieuses se déclinant aussi bien dans la sérénité et la raison, que dans le délire et la folie.

Terrains d'écrivains. Littérature et ethnographie

Terrains d'écrivains. Littérature et ethnographie
Alban Bensa & François Pouillon (dir.)
Ed. Anacharsis

Conrad et Stevenson nous en apprennent-ils moins sur les tropiques que Malinowski, et Chateaubriand ou Proust que Lévi-Strauss sur l’homme en société ? Pourquoi les écrivains (les grands) disent-ils mieux le monde que les anthropologues patentés ?

Dans ce livre impertinent, douze spécialistes de l’enquête en science sociale se plongent dans les expériences vécues où s’enracinent quelques grands textes littéraires : Montaigne, Lamartine, Pouchkine, George Sand, Nerval, Flaubert, Rimbaud, Kipling, Virginia Woolf, Céline, Montherlant, Camus sont ici successivement sollicités.

Si l’ethnographe n’existe que par l’enquête de terrain, les écrivains s’y astreignent tout autant. Leur matériau collecté et son élaboration jusqu’à la fi ction est ici épluché de près. Avertissement cuisant : cette archéologie met au jour une relation tangible aux mondes arpentés. Une dimension sociale et humaine que la prose anthropologique escamote trop souvent sous les conventions narratives et conceptuelles. Salubre retour au terrain en ces temps de tout textuel.

Ont participé à cet ouvrage : Bernard Traimond, Wladimir Bérélowitch, Rose-Marie Lagrave, Dominique Casajus, Clémentine Gutron, Jackie Assayag, Renée Champion, Emmanuel Terray, Corinne Cauvin Verner et Michèle Sellès Lefranc.

Analyser les discours institutionnels

Analyser les discours institutionnels
Krieg-Planque Alice
Ed. Armand Colin

Analyser des discours émanant de partis politiques, d'associations, d'organisations publiques ou privées demande des compétences, des concepts et des méthodes précises et solides. Dans cet ouvrage, l'auteure expose les catégories d'analyse utiles qu'elle illustre à l'aide de nombreux exemples, éclairant les enjeux politiques et sociaux contemporains des déclarations politiques, textes journalistiques, documents administratifs, prises de parole publiques, supports de communication...

Au fil des chapitres, l'étudiant apprend ainsi à poser un regard spécifique sur les textes et les énoncés pour repérer différents types d'implicites (présupposés, sous-entendus...), identifier les équivoques d'un discours (phénomènes de flou et d'ambiguïté), ou encore saisir les stéréotypes langagiers (slogans, formules, phraséologie...).

Ce livre s'adresse en particulier aux étudiants des différentes sciences humaines et sociales qui ont besoin d'appréhender la dimension discursive des objets sur lesquels ils travaillent.

Lire Etre et temps de Heidegger

Lire Etre et temps de Heidegger
Zarader Marlène
Ed. Vrin

Lire Être et temps : une aventure captivante - et difficile. On se propose ici d'accompagner le lecteur dans cette aventure, et de l'aider, autant qu'il est possible, à lire le texte. Le lire, c'est d'abord s'employer à le déchiffrer : le suivre pas à pas, dans sa littéralité, en éclairer les concepts, en restituer l'économie interne. C'est, ensuite, ne pas hésiter à le questionner : car ces concepts ne vont pas de soi, et moins encore l'économie d'ensemble dans laquelle ils sont pris.

Le maître-livre de Heidegger fait donc ici l'objet d'une approche critique, visant à en mesurer les tensions et à dégager les difficultés qui y restent en suspens. Mais sa spécificité est qu'elle s'effectue au fil d'un commentaire linéaire qui n'abandonne jamais la lettre même du texte. D'où découle le rythme de ces pages, marqué par une complexification croissante. Elémentaire au début, l'analyse s'affinera progressivement, permettant au lecteur d'entrer toujours plus avant dans la problématique, et d'en maîtriser les enjeux.

Il apparaîtra finalement que le principal d'entre eux est constitué par le concept de monde : l'auteur s'attache à montrer que, tout en étant au coeur de Sein und Zeit, ce concept est le lieu d'un problème qui ne semble pas pouvoir trouver sa solution dans le cadre de l'ontologie fondamentale.

La textualité du droit. Etude formelle et enquête transcendantale

La textualité du droit. Etude formelle et enquête transcendantale
Goyard-Fabre Simone
Ed. Cerf

Les textes de droit envahissent, aujourd'hui plus que jamais, notre vie quotidienne : des constitutions aux lois, des codes aux règlements, ils prennent une autorité si forte que, dans leur extrême diversité, ils forment une sorte de canevas régulateur tel qu'il existe bien peu de situations ou d'actions humaines qui lui échappent. Devant ce constat, il n'est pas possible de rester indifférent : si la textualité du droit se présente d'abord comme un objet graphique qu'explore la sémiotique, elle s'offre aussi et surtout comme un objet philosophique dont la sémantique a charge - parmi les termes usités, les symboles, les structures, les accentuations, les constructions syntaxiques, les relations et les opérateurs logiques - de saisir le sens profond. La recherche philosophique doit être plus exigeante encore : en effet, par leur manifestation, leur organisation, leur signification, les textes font parler le droit. Aussi bien, par-delà l'analytique formelle qui en scrute l'écriture, l'interrogation qui les soumet à une critique transcendantale livre la fondation première et la fin ultime de la juridicité. À la lumière de cette enquête transcendantale, il apparaît que, dans le domaine immense de la production des oeuvres de l'esprit, la textualité du droit ne procède pas - à l'instar du problème scientifique, de l'énigme littéraro-poétique ou du mystère théologique - de l'irréductibilité d'un type sui generis d'écriture ; elle n'est possible et valide que si elle plonge ses racines dans le terreau de la «philosophie première» qui lui apporte ses présuppositions et ses exigences fondamentales. Voilà qui permet de comprendre enfin que le conflit séculaire entre le droit et la philosophie n'a pas lieu d'être.

Résister responsabiliser anticiper

Résister responsabiliser anticiper
Delmas-Marty Mireille
Ed. Seuil

Ce livre est né d'une interrogation sur le rôle du droit face aux effets de la mondialisation. D'un côté, celle-ci renforce l'humanisme juridique par le développement international des droits de l'homme et la création d'une justice pénale internationale. De l'autre, elle le menace par le durcissement du contrôle des migrations, l'aggravation des exclusions sociales, la multiplication des atteintes à l'environnement, la persistance des crimes internationaux les plus graves ou les risques d'asservissement engendrés par les nouvelles technologies.

À force d'être invoquée à tort et à travers sans être pour autant mieux appliquée, la ritournelle humaniste n'annonce-t-elle pas, en réalité, la mise à mort de l'humanisme juridique ?

Reste à inventer un nouvel humanisme, ou plutôt à se projeter dans l'avenir en faisant le pari qu'il est possible d'humaniser la mondialisation autour de trois objectifs : résister à la déshumanisation, responsabiliser ses acteurs, anticiper sur les risques à venir.

Tel est l'esprit qui anime ce livre de combat.

En numérique chez Tropismes : Résister responsabiliser anticiper

Politique et Etat chez Deleuze et Guattari. Essai sur le matérialisme historico-machinique

Politique et Etat chez Deleuze et Guattari. Essai sur le matérialisme historico-machinique
Sibertin-Blanc Guillaume
Ed. PUF

Souvent abordée par sa «micropolitique du désir», l'oeuvre commune de Deleuze et Guattari est rarement sollicitée lorsqu'on s'interroge sur les problèmes classiques ou contemporains de la pensée politique : la forme-État, la souveraineté, le rapport de la violence et du droit, la guerre, le paradigme de la Nation et les recombinaisons qu'il a entraînées entre les idées de peuple, de citoyenneté et de minorité. En suivant la trajectoire conduisant du premier tome de Capitalisme et schizophrénie (1972) au second (1980), ce sont pourtant tous ces problèmes qui se trouvent réélaborés, au fil d'une conjoncture de transition historique marquée par la fin des guerres de décolonisation, la transformation du capitalisme mondial, les recompositions aussi profondes qu'incertaines des forces de résistance collective.

Encore faut-il, pour mesurer les prises de la pensée guattaro-deleuzienne sur les bouleversements de son temps, la confronter à ce qui fut son interlocuteur principal, le marxisme, à son champ épistémique (le matérialisme historique), à son programme critique (la critique de l'économie politique) et à sa grammaire politique (la lutte des classes). De ces pourparlers, trois hypothèses nouvelles se dégagent : celle d'un «Urstaat», incarnant un excès de la violence souveraine sur l'appareil d'État et sur ses investissements politiques ; celle d'une puissance de «machine de guerre», que les États ne peuvent jamais s'approprier que partiellement, et à laquelle ils peuvent eux-mêmes se subordonner ; celle d'un excès du «destructivisme» de l'accumulation capitaliste sur son organisation productive.

Dans ce triple excès, la pensée politique de Deleuze et Guattari trahit le spectre de l'entre-deux-guerres qui la hante, mais qui la fait aussi communiquer avec les penseurs actuels de l'impolitique. S'y donnent à lire non seulement une nouvelle théorie politique, mais aussi un tableau de la pluralité des voies d'ascension à l'extrême-violence susceptibles de détruire la politique même et auxquelles les luttes contemporaines ne peuvent s'épargner de faire face.

Elizabeth Anscombe. L'esprit en pratique

Elizabeth Anscombe. L'esprit en pratique
Aucouturier Valérie
Ed. CNRS

Elizabeth Anscombe (1919-2001) est l'une des grandes philosophes britanniques du XXe siècle. Influencée par Aristote et la scolastique médiévale, mais surtout par son maître Ludwig Wittgenstein, elle a renouvelé les débats en philosophie de l'action et en philosophie morale.

L'action est un sujet de perplexité pour le philosophe car, irréductible à un mouvement sans agent, elle engage une volonté, des intentions et des valeurs morales. Elle se situe donc entre philosophie de l'esprit et philosophie morale : préciser le rôle de la volonté et des intentions dans l'action nous éclaire sur les degrés de responsabilité - en particulier morale - de l'agent.

Dès lors, comprendre comment s'intriquent la spontanéité de l'action et sa dimension téléologique devient un enjeu majeur de la philosophie.

L'esprit en pratique explique pourquoi la philosophie de l'esprit selon Anscombe doit opérer un détour par la philosophie de l'action et décrire le «mental» dans ce qu'il a de visible. Mais aussi pourquoi toute considération sur l'éthique impose de s'appuyer sur une vision claire des motifs de l'action et du type d'agent qui en est le moteur.

En s'inscrivant pleinement dans les débats actuels sur la subjectivité, l'intentionalité, la responsabilité, la philosophie d'Anscombe renouvelle en profondeur la notion d'intention.