Catégories de l'impolitique

Catégories de l'impolitique
Esposito Roberto
Ed. Seuil/L'ordre philosophique

L'actuelle aphasie du langage politique, son incapacité à représenter la réalité, ne naît pas simplement des changements qui ont caractérisé le siècle. Elle vient d'une difficulté qui investit la catégorie même de « représentation », aussi bien au sens, théologico-politique, de la représentation-image du Bien par le pouvoir, qu'au sens, moderne, de la représentation-délégation du plus grand nombre par une instance souveraine unique. Aussi la perspective « impolitique » n'est-elle pas une attitude apolitique ou antipolitique. L'impolitique est le politique considéré depuis sa frontière extérieure. Il est sa détermination, au sens où il en définit les « termes » - les mots et les confins. Selon cette acception, tout le grand réalisme politique, c'est-à-dire la pensée non théologique sur la politique, aura donc été impolitique.
Présentation de l'éditeur

Cahiers d'Etudes Lévinassiennes Hors-série. Benny Lévy

Cahiers d'Etudes Lévinassiennes Hors-série. Benny Lévy
Revue
Ed. Verdier

Numéro consacré au fondateur des Etudes Lévinassiennes récemment disparu

Nous avons voulu, dans les pages de ces Cahiers qu'il avait initiés, lui rendre hommage : hommage à une parole de feu, à une pensée haute, à une radicale exigence de vérité sans compromis. Pensée ardente, dérangeante, provocatrice, pensée ardue, tendue, ramassée, qui demande à être dépliée, déployée, méditée, interrogée.

Nous avons donc ouvert ces pages à ses interlocuteurs d'élection, ses amis, ses élèves, ses compagnons d'étude, ceux qui ont croisé ce 'passant considérable' sur le chemin de son retour.

Nous lui avons également redonné la parole directement, pour faire encore entendre et résonner son verbe brûlant : Benny Lévy le talmid 'hakham, l'élève des Sages, Benny Lévy l'enseignant, Benny Lévy le maître, attentif au monde et à son temps. Carine Brenner
Extrait de la présentation

La Cause freudienne n°61 novembre 2005 - Applications de la psychanalyse

La Cause freudienne n°61 novembre 2005 - Applications de la psychanalyse
Revue
Ed. Navarin

Méditations mythologiques est le prolongement et la condensation, le précipité épuré et apuré d'un livre-somme de Pinchard :

La Raison dédoublée. La fabbrica della mente (Aubier, 1992), où une critique mythologique de la raison, à travers le conflit entre la scolastique et l'humanisme italien, en s'appuyant sur l'?uvre de Giambattista Vico, était menée rigoureusement comme une enquête sur les pouvoirs géminatoires de l'esprit : le deux, la doublure, le ' aussi ', l'intervalle, l'analogie, la variation. Toute la Renaissance était traversée jusqu'à l'épistémologie de René Thom, qui signait une postface complice et aride au livre.
L'exercice de Méditations mythologiques, répondant aux méditations métaphysiques de Descartes, ausculté en profondeur par Pinchard, a pour fonction de ' saisir méthodiquement le sujet à son surgissement le plus libre et de lui montrer que, par un développement rigoureux de ses actes premiers, il engendre une mythologisation générale de l'existence ' (p.19). Il s'agit d'un acte à la fois de fondation et de transformation où la pensée se mesure à l'infini et non à sa finitude. Elle est capable, par une sorte d'autarcie éprouvée, s'étendant à tout ce qui est, s'aliénant pour y jouer la possibilité de l'esprit, de construire et de concevoir des ' objets-limites ', expressions, figurations, plans de conscience, légendes mythes matière subtile, espace qualifié qui devient, avec ses enroulements, ses vibrations, ses résistances, ' étendue mythologique ' dont la méditation prend ' en toute chose le parti de l'âme. Pour quelles fins ? Pour les fins d'une liberté dont il n'est ni idée ni exemple ' (p.95). Platon, Descartes, Malebranche, Leibniz, Dante, Rabelais et jusqu'à René Guénon et René Thom sont relus à la lumière vive d'une réflexion audacieuse, parfois exaltée, hardie dans sa formulation, qui ' des ruissellements (passe) au n?ud, des chemins au massif, et du plein à son conflit fondateur. ' (p.126). Plutôt qu'une pensée éthique, familière dans les parages actuels de la philosophie, nous allons, avec Pinchard, vers une pensée métamorphique, et nous entendons les inflexions d'un Orphée cosmographe. Suggérons les pages fulgurantes, au plus loin de toute lecture philosophante, de la première section :
' Solipsisme du Livre ' où Dante (à qui Pinchard a consacré un essai magistral Le Bûcher de Béatrice) est Le Livre, le nom et le don du Livre, par quoi chaque lecteur désigne et dissipe son origine.
Un livre qui se médite dans l'ordre même où il est écrit, pour reprendre Vico. Et c'est vertigineux.
(Sami El Hage)

L'Homme n°175-176 juillet-décembre 2005 - Vérités de la fiction

L'Homme n°175-176 juillet-décembre 2005 - Vérités de la fiction
Revue
Ed. Ecole des hautes études en sciences sociales

Méditations mythologiques est le prolongement et la condensation, le précipité épuré et apuré d'un livre-somme de Pinchard :

La Raison dédoublée. La fabbrica della mente (Aubier, 1992), où une critique mythologique de la raison, à travers le conflit entre la scolastique et l'humanisme italien, en s'appuyant sur l'?uvre de Giambattista Vico, était menée rigoureusement comme une enquête sur les pouvoirs géminatoires de l'esprit : le deux, la doublure, le ' aussi ', l'intervalle, l'analogie, la variation. Toute la Renaissance était traversée jusqu'à l'épistémologie de René Thom, qui signait une postface complice et aride au livre.
L'exercice de Méditations mythologiques, répondant aux méditations métaphysiques de Descartes, ausculté en profondeur par Pinchard, a pour fonction de ' saisir méthodiquement le sujet à son surgissement le plus libre et de lui montrer que, par un développement rigoureux de ses actes premiers, il engendre une mythologisation générale de l'existence ' (p.19). Il s'agit d'un acte à la fois de fondation et de transformation où la pensée se mesure à l'infini et non à sa finitude. Elle est capable, par une sorte d'autarcie éprouvée, s'étendant à tout ce qui est, s'aliénant pour y jouer la possibilité de l'esprit, de construire et de concevoir des ' objets-limites ', expressions, figurations, plans de conscience, légendes mythes matière subtile, espace qualifié qui devient, avec ses enroulements, ses vibrations, ses résistances, ' étendue mythologique ' dont la méditation prend ' en toute chose le parti de l'âme. Pour quelles fins ? Pour les fins d'une liberté dont il n'est ni idée ni exemple ' (p.95). Platon, Descartes, Malebranche, Leibniz, Dante, Rabelais et jusqu'à René Guénon et René Thom sont relus à la lumière vive d'une réflexion audacieuse, parfois exaltée, hardie dans sa formulation, qui ' des ruissellements (passe) au n?ud, des chemins au massif, et du plein à son conflit fondateur. ' (p.126). Plutôt qu'une pensée éthique, familière dans les parages actuels de la philosophie, nous allons, avec Pinchard, vers une pensée métamorphique, et nous entendons les inflexions d'un Orphée cosmographe. Suggérons les pages fulgurantes, au plus loin de toute lecture philosophante, de la première section :
' Solipsisme du Livre ' où Dante (à qui Pinchard a consacré un essai magistral Le Bûcher de Béatrice) est Le Livre, le nom et le don du Livre, par quoi chaque lecteur désigne et dissipe son origine.
Un livre qui se médite dans l'ordre même où il est écrit, pour reprendre Vico. Et c'est vertigineux.
(Sami El Hage)

Les virtuoses et la multitude. Aspects sociaux de la controverse entre Augustin et les pélagiens

Les virtuoses et la multitude. Aspects sociaux de la controverse entre Augustin et les pélagiens
Salamito Jean-Marie
Ed. Millon/Nomina

Au début du Ve siècle, la crise pélagienne est la première grande controverse théologique de l'Occident. Étape de l'histoire doctrinale, elle apparaît aussi comme un observatoire des rapports entre religion et société. Car des convergences ont existé entre, d'une part, les valeurs et les expériences des groupes sociaux de l'Empire romain tardif et, d'autre part, les idées de la vie chrétienne défendues respectivement par Augustin et par Pélage. Pour les mettre en lumière, ce livre s'appuie à la fois sur une analyse de toutes les sources disponibles (y compris les sermons d'Augustin nouvellement découverts par François Dolbeau) et sur la sociologie religieuse de Max Weber. Il montre des aspects inattendus d'un grand moment historique, en refusant le trop fréquent divorce entre érudition et conceptualisation. Son titre dit son double enracinement intellectuel : les 'virtuoses' sont les chercheurs de perfection définis dans la typologie wébérienne des attitudes religieuses ; la 'multitude', c'est ce peuple croyant auquel l'évêque d'Hippone a parlé inlassablement. Entre virtuoses et multitude se sont tissés, il y a seize siècles, des liens qui nourrissent encore nos conceptions actuelles de la morale, du christianisme, du rapport entre les élites et les masses, voire de la démocratie.
Présentation de l'éditeur

Deleuze et l'art

Deleuze et l'art
Sauvegnargues Anne
Ed. PUF/Lignes d'art

L'art occupe dans la pensée de Deleuze une place déterminante. De la littérature au cinéma, de la lettre à l'image, Deleuze théorise le domaine de l'art avec des concepts très nouveaux, attrayants et difficiles : corps sans organes, machines désirantes, devenir-animal, rhizome, lignes de fuite... Il s'agit ici d'en exposer le fonctionnement exact en montrant pourquoi l'art, selon Deleuze, devient une machine à explorer les devenirs des sociétés : critique et clinique, il détecte et rend sensibles les forces sociales. Mais l'art produit surtout des effets réels, et non pas simplement imaginaires : l'image n'est donc pas une donnée mentale mais bien une réalité existante.

Cet ouvrage se propose de faciliter l'accès à l'oeuvre décisive de Deleuze, en restituant ses parcours dans un souci d'extrême clarté.
Présentation de l'éditeur

Chemins qui mènent ailleurs. Dialogues philosophiques

Chemins qui mènent ailleurs. Dialogues philosophiques
Henri Atlan & Roger-Pol Droit
Ed. Stock/Les essais

Les questions classiques de la philosophie - l'existence de Dieu, la liberté, l'âme, les relations du corps et de l'esprit - sont-elles, comme nous l'ont appris nos maîtres, inévitables ? Tout esprit qui pense est-il contraint de demeurer dans ces cadres ?

Nous l'avons cru. Mais il y a pourtant des chemins qui, loin de ne conduire nulle part, mènent ailleurs. Ils ne sont pas moins bien fréquentés que ceux que nous avons appris à arpenter. Mais ils débouchent sur des paysages que nos guides philosophiques ignorent habituellement.

Henri Atlan et Roger-Pol Droit revisitent ainsi quelques-uns des grands thèmes de la philosophie occidentale en empruntant ces itinéraires de traverse. La Kabbale, le Talmud, le brahmanisme, le bouddhisme, mais aussi Spinoza, leur servent de points d'appui pour déplacer nos questionnements habituels. Ils nous acheminent sinon vers d'autres réponses, du moins vers d'autres questions.

Au terme de ce parcours peu commun, il se pourrait que ce que nous appelons « universel » doive être considérablement révisé.
Présentation de l'éditeur

Les Temps Modernes n°s 632-633-634 juillet-octobre 2005. Notre Sartre

Les Temps Modernes n°s 632-633-634 juillet-octobre 2005. Notre Sartre
Revue
Ed. Gallimard

Méditations mythologiques est le prolongement et la condensation, le précipité épuré et apuré d'un livre-somme de Pinchard :

La Raison dédoublée. La fabbrica della mente (Aubier, 1992), où une critique mythologique de la raison, à travers le conflit entre la scolastique et l'humanisme italien, en s'appuyant sur l'?uvre de Giambattista Vico, était menée rigoureusement comme une enquête sur les pouvoirs géminatoires de l'esprit : le deux, la doublure, le ' aussi ', l'intervalle, l'analogie, la variation. Toute la Renaissance était traversée jusqu'à l'épistémologie de René Thom, qui signait une postface complice et aride au livre.
L'exercice de Méditations mythologiques, répondant aux méditations métaphysiques de Descartes, ausculté en profondeur par Pinchard, a pour fonction de ' saisir méthodiquement le sujet à son surgissement le plus libre et de lui montrer que, par un développement rigoureux de ses actes premiers, il engendre une mythologisation générale de l'existence ' (p.19). Il s'agit d'un acte à la fois de fondation et de transformation où la pensée se mesure à l'infini et non à sa finitude. Elle est capable, par une sorte d'autarcie éprouvée, s'étendant à tout ce qui est, s'aliénant pour y jouer la possibilité de l'esprit, de construire et de concevoir des ' objets-limites ', expressions, figurations, plans de conscience, légendes mythes matière subtile, espace qualifié qui devient, avec ses enroulements, ses vibrations, ses résistances, ' étendue mythologique ' dont la méditation prend ' en toute chose le parti de l'âme. Pour quelles fins ? Pour les fins d'une liberté dont il n'est ni idée ni exemple ' (p.95). Platon, Descartes, Malebranche, Leibniz, Dante, Rabelais et jusqu'à René Guénon et René Thom sont relus à la lumière vive d'une réflexion audacieuse, parfois exaltée, hardie dans sa formulation, qui ' des ruissellements (passe) au n?ud, des chemins au massif, et du plein à son conflit fondateur. ' (p.126). Plutôt qu'une pensée éthique, familière dans les parages actuels de la philosophie, nous allons, avec Pinchard, vers une pensée métamorphique, et nous entendons les inflexions d'un Orphée cosmographe. Suggérons les pages fulgurantes, au plus loin de toute lecture philosophante, de la première section :
' Solipsisme du Livre ' où Dante (à qui Pinchard a consacré un essai magistral Le Bûcher de Béatrice) est Le Livre, le nom et le don du Livre, par quoi chaque lecteur désigne et dissipe son origine.
Un livre qui se médite dans l'ordre même où il est écrit, pour reprendre Vico. Et c'est vertigineux.
(Sami El Hage)

La pensée de midi n°16 - octobre 2005. Fin(s) de la politique culturelle ?

La pensée de midi n°16 - octobre 2005. Fin(s) de la politique culturelle ?
Collectif
Ed. Actes Sud

Méditations mythologiques est le prolongement et la condensation, le précipité épuré et apuré d'un livre-somme de Pinchard :

La Raison dédoublée. La fabbrica della mente (Aubier, 1992), où une critique mythologique de la raison, à travers le conflit entre la scolastique et l'humanisme italien, en s'appuyant sur l'?uvre de Giambattista Vico, était menée rigoureusement comme une enquête sur les pouvoirs géminatoires de l'esprit : le deux, la doublure, le ' aussi ', l'intervalle, l'analogie, la variation. Toute la Renaissance était traversée jusqu'à l'épistémologie de René Thom, qui signait une postface complice et aride au livre.
L'exercice de Méditations mythologiques, répondant aux méditations métaphysiques de Descartes, ausculté en profondeur par Pinchard, a pour fonction de ' saisir méthodiquement le sujet à son surgissement le plus libre et de lui montrer que, par un développement rigoureux de ses actes premiers, il engendre une mythologisation générale de l'existence ' (p.19). Il s'agit d'un acte à la fois de fondation et de transformation où la pensée se mesure à l'infini et non à sa finitude. Elle est capable, par une sorte d'autarcie éprouvée, s'étendant à tout ce qui est, s'aliénant pour y jouer la possibilité de l'esprit, de construire et de concevoir des ' objets-limites ', expressions, figurations, plans de conscience, légendes mythes matière subtile, espace qualifié qui devient, avec ses enroulements, ses vibrations, ses résistances, ' étendue mythologique ' dont la méditation prend ' en toute chose le parti de l'âme. Pour quelles fins ? Pour les fins d'une liberté dont il n'est ni idée ni exemple ' (p.95). Platon, Descartes, Malebranche, Leibniz, Dante, Rabelais et jusqu'à René Guénon et René Thom sont relus à la lumière vive d'une réflexion audacieuse, parfois exaltée, hardie dans sa formulation, qui ' des ruissellements (passe) au n?ud, des chemins au massif, et du plein à son conflit fondateur. ' (p.126). Plutôt qu'une pensée éthique, familière dans les parages actuels de la philosophie, nous allons, avec Pinchard, vers une pensée métamorphique, et nous entendons les inflexions d'un Orphée cosmographe. Suggérons les pages fulgurantes, au plus loin de toute lecture philosophante, de la première section :
' Solipsisme du Livre ' où Dante (à qui Pinchard a consacré un essai magistral Le Bûcher de Béatrice) est Le Livre, le nom et le don du Livre, par quoi chaque lecteur désigne et dissipe son origine.
Un livre qui se médite dans l'ordre même où il est écrit, pour reprendre Vico. Et c'est vertigineux.
(Sami El Hage)

L'âge d'or des sciences arabes

L'âge d'or des sciences arabes
Collectif
Ed. Actes Sud/Institut du monde arabe

Exposition de l'Institut du monde arabe, Paris, 26 oct. 2005-19 mars 2006

Cette manifestation présente le développement majeur qu'ont connu les sciences à l'époque de ce qu'il est convenu d'appeler l'âge d'or de la civilisation arabo-musulmane (VIIIe-XVe siècle).
Après une introduction historique et géographique suivie d'une évocation des héritages grec, indien et persan, le parcours de l'exposition et du catalogue sera organisé autour de trois ensembles.

Le ciel et le monde
Ou comment les mathématiques, l'astronomie ? et son corollaire de l'époque l'astrologie ? et la cartographie ont permis d'observer, de décrire, de prédire et de mesurer le temps (calendrier lunaire et heures des prières quotidiennes).

Le monde du vivant et l'homme dans son environnement
Où seront présentés les savoirs liés à l'être humain (médecine, pharmacopée, anatomie, chirurgie), à son milieu (botanique, zoologie, minéralogie), les sciences et leurs applications (la chimie et son corollaire de l'époque l'alchimie, la physique, la mécanique et les procédés ingénieux) dans les domaines agricole, artisanal, militaire et bien entendu dans la vie quotidienne.

L'union entre sciences et arts
A travers l'architecture et le décor architectural (mathématiques et géométrie), la calligraphie (théorie des proportions), l'artisanat de luxe (chimie dans la production des céramiques lustrées ou des verres émaillés), la musique (mathématiques mais aussi médecine), sans oublier les automates de divertissement.
Présentation de l'éditeur