Voyous

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Derrida Jacques
Ed. Galilée

Roland Barthes. Le métier d'écrire

Roland Barthes. Le métier d'écrire
Marty Eric
Ed. Seuil

Pourquoi Roland Barthes ? C'est peut-être à cette interrogation que le présent livre tente de répondre. Plus de vingt-cinq ans après sa mort, mais aussi, après la disparition, dans les années qui suivirent, de toute une génération qui avait donné un sens neuf à l'acte de penser, une telle question n'est pas indécente. Davantage qu'une nécessité, elle trouve un certain charme à être posée.

Roland Barthes, le métier d'écrire expose Barthes à trois lectures : « Mémoire d'une amitié », récit autobiographique qui raconte au quotidien les dernières années ; « L'oeuvre », qui parcourt la totalité des textes dans leur déploiement chronologique et singulier ; « Sur les Fragments d'un discours amoureux », séminaire qui décrypte la stratégie souterraine du livre le plus connu de Barthes, à travers les motifs obsédants de l'Image et du « Non-Vouloir-Saisir ».

Le témoignage, le panorama, le séminaire : tout cela constitue un véritable cheminement. Au récit de la rencontre du jeune disciple avec le maître succèdent une méditation sur l'oeuvre et son exploration minutieuse. « Le métier d'écrire » devient alors la formule même de la vie d'écrivain. E.M.

Présentation de l'éditeur

La vierge et le neutrino. Les scientifiques dans la tourmente

La vierge et le neutrino. Les scientifiques dans la tourmente
Stengers Isabelle
Ed. Empêcheures de penser en rond

Les scientifiques se sentent trahis. Ils dénoncent une montée de l'irrationalité et du relativisme sceptique. Mais ils savent aussi que leur ancienne alliance avec l'État est morte : celui-ci ne rêve plus que de brevets, de percée technologique, d'économie de la connaissance. Enfin, ils sont confrontés, comme on l'a vu dans le cas des OGM, à un nouveau type de «public» posant des questions gênantes au lieu de faire confiance au progrès. Ce public, gênant mais pertinent, pourrait bien être un allié indispensable pour les scientifiques menacés d'asservissement, mais une telle alliance a un prix : elle demande que les scientifiques rompent avec les mots d'ordre qui font d'eux la tête pensante d'une humanité en progrès.

Le pari de ce livre est que les scientifiques peuvent se présenter avec d'autres mots que ceux qui opposent la science à ce qui ne serait qu'opinion, croyance ou superstition. Il tente de forger de tels mots, qui permettent d'affirmer ensemble, sans confusion ni hiérarchie, des pratiques qui divergent, par exemple celle des pèlerins s'adressant à la Vierge et celle qui a autorisé à attribuer une masse au neutrino.
Présentation de l'éditeur

Le phénomène érotique

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Marion Jean-Luc
Ed. Grasset/Figures

L'amour, le plus rigoureux des concepts...

Dans cet ouvrage qui parachève un projet commencé avec L'idole et la distance, Jean-Luc Marion s'attaque à notre (non) compréhension du phénomène de l'amour, souvent ramené à une contradiction entre eros et agapé, jouissance brute et charité abstraite, pornographie et sentimentalisme.

Explication : la philosophie nous a persuadés de l'interpréter à partir de la conscience de soi (du cogito), comme une simple variante, dérivée et irrationnelle, de la claire pensée - il se rabaisse donc au rang de la « passion », maladive, irrationnelle, toujours douteuse.


Le philosophe conteste ici ce verdict :

L'amour nous atteint infiniment plus sérieusement, plus originairement, il ne dérive pas de l'ego, mais le précède et le donne à lui-même. Bien avant la question des philosophes, « être ou ne pas être », ou la question des savants, « connaître certainement ou ignorer », une autre question m'obsède : « m'aime-t-on ? y-a-t-il quelqu'un pour m'aimer ? » Sans réponse à cette question, tout être et toute certitude tombent sous le coup de la vanité, qui leur demande « à quoi bon ? » Je me découvre alors en état de réduction érotique.


Toujours selon Marion,

l'amour précède tout et tout dépend de lui - les raisons des philosophes, les connaissances des savants et les choses du monde. Sans lui, tout est, mais tout est vain. Avec lui, tout devient possible, même et surtout l'impossible. J.L.M.


Le singe en nous

Le singe en nous
de Waal Frans
Ed. Fayard/Le temps des sciences

Et si la psychologie humaine s'inscrivait dans le prolongement de celle des animaux, qu'il s'agisse de la violence, de l'empathie, ou même de la morale ?

C'est la thèse que défend Frans de Waal, primatologue de réputation internationale, dans Le Singe en nous : il s'oppose aux théories de l'exception humaine, qu'elles fassent de l'homme une espèce destinée à dépasser une animalité mauvaise ou qu'elles le présentent comme une aberration de la nature, dont les progrès techniques et intellectuels sont peu en rapport avec sa capacité à gérer son agressivité.

À travers l'étude des deux grands singes qui nous sont le plus proches, le chimpanzé et le bonobo, Frans de Waal décrypte notre comportement. Si les chimpanzés incarnent notre face agressive, les bonobo correspondent au versant doux et empathique de l'espèce humaine : primates pacifiques, ils vivent dans des sociétés matriarcales où la fréquence des rapports sexuels permet d'aplanir les conflits. En s'appuyant sur nombre d'anecdotes fascinantes, mais aussi sur des recherches approfondies, l'auteur brosse un portrait du « singe bipolaire » qu'est l'homme. Il utilise aussi le formidable laboratoire que constituent les sociétés de chimpanzés et de bonobos pour aborder les problèmes de la vie en commun chez les êtres humains.

Incroyable réservoir d'informations sur la vie des grands singes, ce livre tend à l'humanité un miroir qui lui permettra peut-être de mieux gérer ses propres instincts.
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Le commerce des regards

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Mondzain Marie-Jos
Ed. Seuil/L

L'économie du visible et le destin de l'image

Partant de quatre questions ? Qu'est-ce que voir ? Qu'est-ce que dire ce que l'on voit ? Qu'est ce que faire voir ? Qui dit ce qu'il faut voir ? ? la philosophe Marie-José Mondzain tente de dégager l'économie propre à l'image dans le marché des visibilités auquel tout concourt aujourd'hui à la réduire.
Comment se construit la légitimité et le sens du jugement portant sur des objets « iconiques » qui sont des figures émotionnelles ? (voir aussi L'image peut-elle tuer ? Bayard, 2002)
Selon l'auteur, « l'image n'a pas d'autorité morale » , ce qui revient à dire qu'elle est le lieu d'un jugement critique propre à une communauté se donnant un « vocabulaire iconique » pour « repérer les figures de son désir donc de sa liberté. »
De la nudité de Noé au cinéma de Godart en passant par l'économie du sensible mise en place par l'Eglise, Mondzain trace avec érudition les contours d'un espace : celui de notre liberté de pensée.
Dans son introduction, Mondzain déclare :

Quand le commerce des regards se transforme en gestion commerciale du visible, il n'y a plus d'image et le marché des spectacles construit l'empire des nouvelles barbaries. M.J.M.


Voilà un ouvrage qui permettra de mieux saisir les enjeux de l'image dans notre société contemporaine.

Fragilité

Fragilité
Carrière Jean-Claude
Ed. Odile Jacob

«J'ai rencontré quelques grands ancêtres, Shakespeare et Dostoïevski, les auteurs inconnus du Mahâbhârata, Corneille, Chateaubriand, Balzac, Proust. Ils m'ont appris ce que je savais sans doute déjà : un personnage ne peut nous toucher que lorsque nous avons trouvé en lui ce que nous appelons 'vulnérabilité'.

Tout le théâtre, tout le cinéma, toute la littérature, toute forme d'expression repose sur la fragilité. Elle est notre source cachée, le moteur de toute émotion et de toute beauté.

Acceptons-la. Revendiquons-la. Soyons frêles mais souples.

Et calmes devant l'inconnu.

Nous devons préserver notre fragilité comme nous devons sauver l'inutile. L'inutile, parce qu'il nous sauve du simple calcul productif, maître du monde. Il nous permet de nous en évader, il est notre issue de secours. La fragilité, parce qu'elle nous rapproche les uns des autres, alors que la force nous éloigne.»
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Islam et libre arbitre ? La tentation de l'insolence.

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Chebel Malek
Ed. Dervy

Dialogue avec Marie de Solemne

En évoquant sa vie en Algérie, Malek Chebel nous livre des aspects de la pensée arabo-musulmane, ses traditions, ses merveilles et ses limites. Sans polémiques stériles et loin de la folie de certains, comment accueillir l'Autre sans craindre sa différence.

Dépression. La grande névrose contemporaine

Dépression. La grande névrose contemporaine
Chemama Roland
Ed. Erès

«Le sujet déprimé ne veut pas donner au passé un sens nouveau en fonction d'un avenir : l'avenir, il se refuse à l'imaginer. Il répète, comme chacun d'ailleurs. Mais lui tient à ce que cette répétition soit un retour du même. Je force ici à peine le trait. Il peut très bien reconnaître assez vite que c'est bien là sa position. À preuve le fait que, lorsque quelque chose de favorable surgit dans son existence, de façon généralement inattendue, il peut entrer dans le plus grand désespoir.

Pourquoi en est-il ainsi ? Vous comprendrez que je ne peux vous éclairer d'un seul coup sur ce type de mécanismes. En revanche, ce que je me proposerai de faire, dans une prochaine lettre, c'est de commencer à vous parler de l'évolution historique de notre rapport au temps. Vous verrez qu'elle n'est pas étrangère aux questions de notre clinique.»

Sous la forme d'une série de lettres adressées à celui qui fut, dans Clivage et modernité (érès, 2003), son interlocuteur, l'auteur tente de situer quelques éléments structuraux de ce qu'aujourd'hui nous nommons dépression. Ce diagnostic est en effet fréquemment évoqué pour qualifier des difficultés subjectives diverses. Faut-il lui contester toute pertinence ? La dépression présente-t-elle une unité, au moins à un certain niveau ? Plutôt qu'humeur sinistre, elle apparaît comme un désinvestissement radical du désir, associé à une paralysie de l'action, qui conjoint l'impuissance et l'utopie. Retrouvant ici ce par quoi Lacan caractérisait «la grande névrose contemporaine», l'auteur, dans une écriture littéraire, à la fois rigoureuse et accessible, rend compte de cette «maladie du siècle».
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