Cités n°52/La laïcité en péril ?

Cités n°52/La laïcité en péril ?
Revue
Ed. PUF

Pourquoi et comment le pape est-il devenu 'infaillible' ? Qui était la femme derrière Pie XII ? Le Vatican a-t-il aidé les criminels nazis après la guerre ? Le pape Jean XXIII a-t-il évité l'apocalypse nucléaire en 1962 ? Peut-on être à la fois catholique et franc-maçon ? Qu'a-t-on trouvé dans le tombeau de saint Pierre ? Que se sont dit exactement Gorbatchev et Jean-Paul II en 1989 ? Jean-Paul II a-t-il couvert les crimes pédophiles ?

Après le grand succès des Secrets du Vatican, Bernard Lecomte nous livre à nouveau, avec son souci de l'exactitude historique, les histoires extraordinaires et insoupçonnées d'un lieu qui alimente tous les fantasmes.

L'écart et l'entre. Leçon inaugurale de la chaire sur l'altérité

L'écart et l'entre. Leçon inaugurale de la chaire sur l'altérité
Jullien François
Ed. Galilée

Comment s'ouvrir un chemin vers l'Autre ?

Je proposerai ici deux concepts médiateurs : d'écart et d'entre.

À la différence de la différence, qui reste à la remorque de l'identité, l'écart est fécond en ce qu'il est exploratoire, aventureux, et met en tension ce qu'il a séparé.

De là que ouvrir un «écart», c'est produire de l'«entre» ; et que produire de l'«entre» est la condition pour promouvoir de l'«autre».

Car dans cet entre, que n'a pas pensé notre pensée de l'Être, s'intensifie la relation à l'Autre qui se trouve ainsi préservé de l'assimilation à soi.

Ce n'est donc pas à partir du semblable, comme on voudrait le croire, mais bien en faisant travailler des écarts, et donc en activant de l'entre, qu'on peut déployer une altérité qui fasse advenir du commun. Un commun effectif est à ce prix.

Qu'on s'en souvienne aujourd'hui où le danger d'assimilation, par temps de mondialisation, partout menace.

F. J.

Le sens du mouvement

Le sens du mouvement
Ed. Berthoz

Notre cerveau n'est pas un calculateur prudent qui nous adapte au monde ; c'est un simulateur prodige qui invente des hypothèses, modélise et trouve des solutions qu'il projette au-dehors.

Cette intuition de philosophe se présente ici comme une propriété physiologique. Comprendre ces mécanismes, c'est comprendre comment le cerveau anticipe l'orientation d'un regard, la trajectoire d'une balle ou la perte de l'équilibre. C'est encore comprendre pourquoi nous avons le vertige, pourquoi une certaine architecture moderne nous rebute et pourquoi les peintures de Lascaux nous fascinent. L'enjeu de ce livre est aussi de nous expliquer comment nos perceptions peuvent être manipulées, au risque de nous précipiter dans la haine et la destruction de l'autre.

La fabrique des imposteurs

La fabrique des imposteurs
Gori Roland
Ed. Liens qui libèrent

L'imposteur est aujourd'hui dans nos sociétés comme un poisson dans l'eau : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l'apparence et à la réputation plutôt qu'au travail et à la probité, préférer l'audience au mérite, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que pour le courage de la vérité, choisir l'opportunisme de l'opinion plutôt que tenir bon sur les valeurs, pratiquer l'art de l'illusion plutôt que s'émanciper par la pensée critique, s'abandonner aux fausses sécurités des procédures plutôt que se risquer à l'amour et à la création. Voilà le milieu où prospère l'imposture !

Notre société de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs. L'imposteur est un authentique martyr de notre environnement social, maître de l'opinion, éponge vivante des valeurs de son temps, fétichiste des modes et des formes. L'imposteur vit à crédit, au crédit de l'Autre.

Soeur siamoise du conformisme, l'imposture est parmi nous. Elle emprunte la froide logique des instruments de gestion et de procédure, les combines de papier et les escroqueries des algorithmes, les usurpations de crédits, les expertises mensongères et l'hypocrisie des bons sentiments.

De cette civilisation du faux-semblant, notre démocratie de caméléons est malade, enfermée dans ses normes et propulsée dans l'enfer d'un monde qui tourne à vide. Seules l'ambition de la culture et l'audace de la liberté partagée nous permettraient de créer l'avenir.

Qu'est-ce que le vivant ?

Qu'est-ce que le vivant ?
Prochiantz Alain
Ed. Seuil

Certains livres annoncent des vérités, celui-ci pose des questions. Face à sa diversité et à son extraordinaire plasticité, comment appréhender le vivant ? Si la biologie englobe l'homme, notre espèce ne bouscule-t-elle pas le cadre théorique naturalisant de cette discipline ? Ces interrogations obligent à repenser les rapports de continuité, et de rupture, entre la biologie et les autres sciences «dures» ou celles-là encore qu'on dit humaines. Comme si tout savoir n'était pas production d'un cerveau humain si particulier - monstrueux - qui nous rattache à l'histoire animale et nous en distingue, radicalement.

À travers les concepts centraux d'évolution et d'individuation, cet ouvrage met l'accent sur l'instabilité de toute structure vivante, compensée par un renouvellement infini de formes, fondement d'une individuation qui fait de chacun d'entre nous un être unique, en évolution permanente.

Mêlant les avancées les plus récentes de la recherche à la relecture de nombreux théoriciens et philosophes du vivant - Charles Darwin, Claude Bernard, Henri Bergson ou Alan Turing, entre autres -, Alain Prochiantz propose au lecteur de suivre les méandres des grandes questions qui traversent l'histoire des sciences du vivant et, par-delà, intéressent tous les champs de savoir.

En numérique chez Tropismes : Qu'est-ce que le vivant ?

Métaphysique de la destruction

Métaphysique de la destruction
Pinchard Bruno
Ed. Peeters

Aufhebung est l’un des noms majeurs de la philosophie et l’auteur y cherche les chances d’une ultime transformation de l’esprit. Interrogeant ce nœud conceptuel qui, à la fois, signifie destruction et dépassement, sursaut et relève, catastrophe et métamorphose, il y cherche le chiffre d’une ultra-modernité qui règne d’abord par son pouvoir de destruction. Elucider la part de sursaut qui demeure encore accessible quand tout se fait décombre, ce n’est pas seulement interroger le plus puissant système philosophique de l’Occident, celui de Hegel, c’est demander à des constellations en apparence secondaires ou dépassées dans l’économie du savoir: l’instant, la langue, la substance, le secret ou l'analogie de témoigner pour une faculté d’intériorisation et de synthèse qui échappe aux désespoirs de l’heure, quand bien même elle ne s’exercerait dans l’histoire que sous des formes parcellaires, décevantes ou dramatiques. Mais pour ce faire, il faut accepter d’entrer à nouveau, par-delà les certitudes communes de l’espace et du temps, dans le romantisme d’une dialectique absolue qui n’épargne rien, mais éclaire toute chose en s’imposant comme la métaphysique même de toute destruction.

La résistance des signes. Peintres aborigènes d'Australie

La résistance des signes. Peintres aborigènes d'Australie
Collectif
Ed. Indigène

La réédition du catalogue de l'exposition éponyme de la Villette, à Paris (26 novembre 1997 au 11 janvier 1998), devenu un « classique » pour les amateurs et les spécialistes de l'art aborigène, était très attendue. Nombre des acteurs de la révolte des signes, qui vit se dresser l'Australie aborigène dans les années 1970, ont aujourd'hui disparu et le monde de l'art, face à l'emballement pour cette peinture, efface volontiers le combat audacieux, douloureux que menèrent les grands initiés d'un bout à l'autre du continent pour donner le coup de grâce au génocide culturel sans pareil auquel on les soumettait depuis deux siècles. Il est ici restitué dans toute sa complexité, à travers des chairs, des formes, des couleurs, des matières, raconté par tous ceux qui ont, d'une manière ou d'une autre, participé à la révélation de ce peuple artiste pour qui créer, c'est résister, et résister, c'est créer.

Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou ont séjourné en 1985 à Papunya, dans le désert central de l'Australie, où émergea en 1971 l'Ecole de Papunya célébrée aujourd'hui internationalement. Ils rencontrent alors ses derniers grands maîtres et notamment Kaapa Tjampitjinpa, le premier à avoir peint sur le mur de l'école de Papunya le Rêve de la Fourmi à miel, acte de naissance de cette terre ocre, mais aussi Turkey Tolson Tjupurrula, Mick Namerari Tjapaltjarri, Clifford Possum Tjapaltjarri... Ils rendent visite à Geoff Bardon, l'artiste blanc, amoureux de Gauguin, qui encouragea les initiés à franchir l'interdit et à peindre sur des supports fixes leurs signes sacrés, éphémères. De ces rencontres, de ces ultimes confidences naîtront deux expositions majeures en France, dont ils seront les commissaires : en 1990, L'Eté australien au musée Fabre de Montpellier, puis en 1997 Peintres aborigènes d'Australie, à l'établissement public du parc et de la grande halle de la Villette, qui vit voyager jusqu'à Paris non seulement Turkey Tolson Tjupurrula, un des derniers survivants du groupe de Papunya, mais des artistes femmes de la célèbre école d'Utopia, plus à l'est du désert, comme Gloria et Ada Petyarre, ainsi que, venus de Turkey Creek aux confins nord-ouest, les héritiers de Rover Thomas, le premier peintre aborigène à avoir représenté l'Australie à la Biennale de Venise, en 1990.

Les forces imaginantes du droit - Coffret

Les forces imaginantes du droit - Coffret
Delmas-Marty Mireille
Ed. Seuil

Ce coffret réunit des ouvrages consacrés au nouvel ordre juridique mondial dont Mireille Delmas-Marty souhaite l'émergence. Elle aborde la question du droit et de son rapport à la société en évolution, notamment dans la mondialisation. Ce contexte l'amène à une réflexion autour de la recherche d'un droit commun et de valeurs communes.

Ce coffret réunit : 

Le relatif et l'universel : les forces imaginantes du droit
Les forces imaginantes du droit, Vol. 2. Le pluralisme ordonné
Les forces imaginantes du droit, Vol. 3. La refondation des pouvoirs
Les forces imaginantes du droit, Vol. 4. Vers une communauté de valeurs ?

En numérique chez Tropismes : Les forces imaginantes du droit - Coffret

Outis! Revue de philosophie (post)européenne 01/2011 - Révoltes migrantes

Outis! Revue de philosophie (post)européenne 01/2011 - Révoltes migrantes
Revue
Ed. Mimesis

Le premier numéro de la revue Outis!, une enquête philosophique sur le mouvement des migrants en Europe et dans le monde, adopte un point de vue singulier : à l'encontre de l'ordre du discours en vigueur, il reconnaît un caractère politique aux insurrections des migrants, qui les rend capables de bouleverser le sens et valeur des institutions démocratiques. Les révoltes sur le territoire italien, à Lampedusa, à Rosarno, les nombreuses révoltes qui ont éclaté dans le monde ces dernières années, représentent des formes d'insubordination au nouvel eslcavage et au racisme d'Etat. Le premier numéro de Outis! se demande alors si ces révoltes ne sont pas l'expression indéterminée d'une nouvelle subjectivité politique étrangère à toute forme de sujet politique pré-établi. Une figure destituante qui donne vie à une politique de l'existence capable de provoquer le pouvoir.
L'enquête sur les migrations mondiales n'est pas uniquement conduite sur fond d'un profil géographique, économique et politique, mais en évaluant le contrecoup, au niveau esthétique et culturel, qu'impose le mouvement collectif des êtres humains à travers le monde.

 

Outis! Revue de philosophie (post)européenne 2/2012 - Où est Oussama Ben Laden ?

Outis! Revue de philosophie (post)européenne 2/2012 - Où est Oussama Ben Laden ?
Revue
Ed. Mimesis

La mort d'Oussama Ben Laden, le 2 mai 2011, victime au Pakistan d'un guet-apens mené par les corps spéciaux des marines américains, fixe un point de non retour - symbolique et matériel - pour le destin des démocraties occidentales : le crime devient justice. L'ennemi est hors de l'humanité. Ben Laden représente le cas le plus éloquent de la réalisation d'une justice divine démocratique : la Kill list que le président des Etats-Unis consulte chaque semaine, pour établir quel terroriste suspecté doit être éliminé, avec une sentence sans appel de vie ou de mort, révèle que le sort de Ben Laden concerne potentiellement tout le monde. Quiconque peut devenir le corps spectral de l'ennemi.
Le deuxième numéro d'Outis! questionne le sens de la fin d'Oussama Bel Laden. Une fin, en réalité, sans fin : la disparition de son corps sert à faire tenir debout son fantôme. La manifestation publique de Ben Laden, avec le 11 septembre, n'était-elle pas l'apparition du fantôme de l'ennemi que l'Occident cherchait après l'écroulement du communisme d'Etat entre 1989 et 1991 ? Ben Laden a toujours été un spectre. Son apparition rend la guerre 'infinie', la démocratie 'sans limites', l'illégalité planétaire 'légale', la justice du plus fort 'raisonnable'. Elle représente l'occasion pour incarner la domination de l'incertitude qui gouverne une planète qui n'est pas gouvernable, et pour cette raison, du moins pour certains, terrorisante. La guerre contre la terreur, au fond, n'est autre qu'une guerre contre tout ce que nous ne connaissons pas. Contre le Néant. Contre la possibilité de dire Non.