Les âmes sauvages, face à l'occident, la résistance d'un peuple d'Alaska

Les âmes sauvages, face à l'occident, la résistance d'un peuple d'Alaska
Nastassja Martin
Ed. La découverte

Récit d'une enquête de terrain de deux ans auprès de Gwich'in ou Kutchin, chasseurs-cueilleurs athapascans. Décrit leurs croyances, la place de l'animisme dans leur capacité d'adaptation à la dégradation de leurs conditions de vie et leurs relations avec les Occidentaux, leur perception du réchauffement climatique, etc.

 

Un si fragile vernis d'humanité. Banalité du mal, banalité du bien

Un si fragile vernis d'humanité. Banalité du mal, banalité du bien<br />
Terestchenko Michel
Ed. Bourgois

On a pu croire ou espérer, un temps, que les monstruosités de la Seconde Guerre mondiale étaient derrière nous. Définitivement. Or partout, à nouveau, on massacre, on torture, on extermine. Comment comprendre cette facilité des hommes à entrer dans le mal ? La réponse à cette question devient chaque jour plus urgente.

Michel Terestchenko rouvre ici le débat. D'abord, en complétant la démonstration de Hannah Arendt : de même que ce ne sont pas seulement des monstres qui basculent dans l'horreur mais des hommes ordinaires, trop ordinaires, de même, montre-t-il, il n'est pas besoin d'être un saint pour accomplir le juste et secourir des victimes au risque de sa vie. Héros ou salaud ? C'est toujours une petite décision initiale, à peine perceptible, qui décide du côté dans lequel, une fois engagé, on se retrouvera in fine. Mais qu'est-ce qui explique cette décision ? C'est là où l'enquête de M. Terestchenko prend toute son ampleur. En procédant à une reconstitution critique du débat central de la philosophie morale depuis le XVIIe siècle, aujourd'hui relayé par la majorité des sociologues et des économistes, elle montre combien est stérile l'opposition entre tenants de la thèse de l'égoïsme psychologique et défenseurs de l'hypothèse d'un altruisme sacrificiel. Ce n'est pas par « intérêt » qu'on tue ou qu'on torture. Ni par pur altruisme qu'on se refuse à l'abjection.

Les travaux qui analysent les phénomènes de soumission à l'autorité, de conformisme de groupe ou de passivité face à des situations de détresse, invitent à comprendre tout autrement les conduites de destructivité. Tirant les conclusions philosophiques de recherches récentes entreprises en psychologie sociale et s'appuyant sur certains exemples historiques particulièrement éclairants - tel le cas de Franz Stangl, le commandant de Treblinka, ou, à l'opposé, les actions héroïques du pasteur André Trocmé et de sa femme Magda au Chambon-sur-Lignon -, l'auteur propose de penser les conduites humaines face au mal selon un nouveau paradigme : celui de l'absence ou de la présence à soi.
Présentation de l'éditeur

La production platonicienne. Thèmes et variations

La production platonicienne. Thèmes et variations<br />
Rosen Stanley
Ed. PUF/Chaire Etienne Gilson

Cet ouvrage reproduit les six conférences données par Stanley Rosen dans le cadre de la Chaire Étienne Gilson de l'Institut catholique de Paris en novembre 2003. La pertinence de la question de l'être, au regard de l'oeuvre d'Étienne Gilson, n'a guère besoin d'être soulignée. Il n'est pas davantage nécessaire de s'attarder sur l'extraordinaire influence exercée par l'interprétation de Platon donnée par Martin Heidegger sur la pensée des XXe et à présent XXIe siècles, particulièrement en ce qui concerne la France. Bien qu'il soit plus juste d'envisager Gilson en tant que philosophe aristotélicien qu'en tant que platonicien, il demeure que l'interprétation faite par Heidegger de Platon en particulier et de la philosophie grecque en général, s'oppose au courant dont Gilson était un représentant si distingué.

Les conférences ont été consacrées aux trois principaux aspects de l'approche heideggerienne de Platon : l'assimilation à l'aristotélisme ; la métaphysique de la production et le traitement platonicien de la « parousie » ou, plus précisément, de la présence et de l'absence, de la lumière et des ténèbres, de la découverte et de l'occultation. L'ensemble de ces conférences tire son titre général de la question de savoir si la structure de l'intelligible doit être découverte ou produite.
Présentation de l'éditeur

Après la finitude. Essai sur la nécessité de la contingence

Après la finitude. Essai sur la nécessité de la contingence<br />
Meillassoux Quentin
Ed. Bloomsbury

La critique empiriste des prétentions universelles de la pensée humaine est-elle réellement fondée ? On sait que c'est le problème de Kant. Mais Quentin Meillassoux montre avec une force étonnante qu'une autre compréhension de cette critique, restée en quelque sorte dissimulée, bien que plus «naturelle», aboutit à un partage des ambitions de la pensée très différent de celui proposé par Kant. Il établit en effet qu'une seule chose est absolument nécessaire : que les lois de la nature soient contingentes.

Ce noeud entièrement nouveau entre les modalités contraires installe la pensée dans un tout autre rapport à l'expérience du monde, un rapport qui défait simultanément les prétentions «nécessitantes» de la métaphysique classique, et le partage «critique» entre l'empirique et le transcendantal.

Cette remarquable «critique de la Critique» est ici introduite sans fioritures, coupant vers l'essentiel dans un style particulièrement clair et démonstratif. Elle autorise à nouveau que le destin de la pensée soit l'Absolu, et non la «finitude» dans laquelle nous nous complaisons en laissant la morale, ou le «retour du religieux», servir de fictif supplément d'âme.
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Deleuze épars. Approches et portraits

Deleuze épars. Approches et portraits<br />
Collectif
Ed. Gallimard/Blanche

Il y a dix ans, Gilles Deleuze est mort. Quelques ami(e)s se reprennent à parler de lui, et du chantier qu'est devenue, dans le monde entier, son oeuvre, avec une sobriété (Jean Pierre Faye) qui tolère l'émotion du souvenir (Jeannette Colombel, Roger-Pol Droit, Pascale Criton) et s'engage dans les chemins d'une érudition teintée d'humour (Philippe Choulet, Richard Zrehen, Charles J. Stivale, André Bernold) ou d'humeur polémique (Arnaud Villani), voire dans ceux du rêve (Raymond Bellour). Un ethno-musicologue (Jérôme Cler) explique comment Mille Plateaux l'ont fait devenir ce qu'il est. Jean-Claude Dumoncel nous fait les honneurs du nouveau jardin, deleuzien, de Raymond Roussel. Jean-Luc Nancy ouvre enfin la méditation conjointe de Deleuze avec Derrida, et René Schérer explore ce que peut être un mysticisme athée. Simon Hantaï envoie un Pli en triple état, Hélène Bamberger et Marie-Laure de Decker des photos inédites. Richard Pinhas nous montre un manuscrit qui lui fut confié. Timothy S. Murphy scelle le tout de sa minutieuse bibliographie.

Deleuze épars ? Non. Deleuze est tout entier rassemblé dans les multiplicités d'une intempestive audace. C'est nous qui sommes épars autour de lui.
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Des hommes sur le fil. La construction de l'identité masculine dans les milieux précaires

Des hommes sur le fil. La construction de l'identité masculine dans les milieux précaires<br />
Jamoule Pascale
Ed. Imec

Comment quitter l'adolescence, devenir un homme et s'affirmer en tant que tel dans les cités et autres zones dénigrées, touchées de plein fouet par la désindustrialisation et son cortège d'insécurités sociales et mentales ? Cette enquête de terrain menée pendant trois ans dans des cités d'anciennes villes ouvrières s'intéresse aux figures masculines dans des milieux où la précarité s'étend. Elle montre comment les prises de risque et conduites «décalées» permettent aux jeunes gens de poser les bases de leur identité virile et de construire leur réputation sur un territoire. Mais aussi, plus avant dans leur vie d'hommes, de gagner leur vie dans les réseaux souterrains, de diversifier leurs relations et de répliquer à la honte de vivre dans des lieux stigmatisés.

Ces prises de risque s'apparentent à des conduites d'honneur et de distinction, et sont souvent le fruit d'une conjonction d'éléments : fragilisation du rapport au travail, question du logement social, évolution des relations familiales, culture des cités stigmatisées et tensions de genre exacerbées qu'elle produit...

À travers les multiples portraits de jeunes gens et d'hommes vivant dans des cités sociales ou dans la rue, Pascale Jamoulle montre combien la précarisation accentue les souffrances psychiques, familiales et sociales, et exacerbe les tensions familiales. Certains pères, disqualifiés par femme et enfants, perdent pied ; d'autres trouvent des appuis dans différents réseaux sociaux ; d'autres encore engagent des trajectoires de soins et tentent de reprendre leurs engagements affectifs, d'assumer leur fonction paternelle.

Cet ouvrage offre un éclairage sensible sur ces hommes touchés par la précarité, qui intéressera en particulier toutes les personnes amenées à intervenir auprès d'eux.
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Balades politiques. Entretiens avec Jean-Christophe Marti

Balades politiques. Entretiens avec Jean-Christophe Marti<br />
Véronique Nahoum-Grappe & Jean-Christople Marti
Ed. Omnibus

Dans Balades politiques, Véronique Nahoum-Grappe invite le lecteur à la pratique de la balade comme mode privilégié de « résistance au présent ». C'est en effet au cours de ces moments qui s'inscrivent « dans le rien de la vie », que sont déjouées le plus vigoureusement nos prétentions à lire le monde, que sont malmenées nos certitudes et nos convictions. Ce temps de « l'accueil », parfaitement adapté à nos capacités cognitives, a une dimension politique: il ouvre à la possibilité de la nouveauté, du surgissement de l'événement. La balade, c'est l'absence de cause finale, c'est la « suspension du monde », et donc un outil pour penser ce qui est en train d'arriver.
Au cours de ces promenades parisiennes, Véronique Nahoum-Grappe nous propose aussi de pénétrer au c?ur de son univers, éclaté et pourtant cohérent: elle évoque le travail de description comme seule posture « honnête » face au présent, elle revient sur son expérience de la guerre en ex-Yougoslavie, elle explique comment l'approche anthropologique des violences extrêmes est nécessaire à leur définition juridique, elle exprime une vision singulière du féminisme et du féminin et éclaire les liens concrets entre politique et sexualités...
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Dictionnaire des athées, agnostiques, sceptiques, et autres mécréants

Dictionnaire des athées, agnostiques, sceptiques, et autres mécréants
Minois George
Ed. Albin Michel

« Il y a plusieurs façons de ne croire en aucun dieu. On peut douter de tous, juger que la question de leur existence est indécidable, ou encore affirmer leur inexistence. Cela définit trois positions différentes : le scepticisme, l'agnosticisme, l'athéisme. Ce qui les rapproche ? De n'être pas religieuses. À la question 'Croyez-vous en Dieu ?', les partisans de l'un ou l'autre de ces trois courants peuvent en effet, en toute rigueur, apporter la même réponse : 'Non.' C'est ce qui justifie que Georges Minois ait pu les rassembler dans un même et remarquable dictionnaire : tous sont des mécréants, si l'on entend par là, conformément à l'usage, quelqu'un qui ne croit pas en Dieu.& L'athéisme n'est pas une doctrine. On serait bien en peine de trouver une seule thèse positive qui soit commune à tous ses partisans, ou même à la plupart d'entre eux. C'est qu'ils ne s'accordent que sur ce qu'ils refusent. Ils n'ont en commun qu'une seule thèse, purement négative, que leur nom résume (athéos : 'sans Dieu') et qui suffit à les définir : ils pensent que Dieu, ou les dieux, n'existent pas. Pourquoi ? Comment ? Avec quels arguments ? Contre quels adversaires ? C'est ce que ce monumental dictionnaire - d'autant plus impressionnant qu'il est l'oeuvre d'un seul auteur - permet d'explorer. C'est un travail considérable, qui vient à son heure. Il était urgent, face à ce qu'on appelle parfois le 'retour du religieux' et qui prend trop souvent la forme d'une montée des fanatismes, de faire entendre d'autres voix, qui sont de liberté, de lucidité, de révolte et d'incroyance. »&  André Comte-Sponville

Référence et autoréférence. Etude sur la mort de la philosophie dans la pensée contemporaine

Référence et autoréférence. Etude sur la mort de la philosophie dans la pensée contemporaine<br />
Thomas-Fogiel Isabelle
Ed. Laffont

La présente étude se propose d'analyser, de mettre en cause, puis en perspective, le thème reçu de la fin de la philosophie. Analyser le motif, en développant ses diverses variantes (post-analytique, phénoménologique, etc.). Le mettre en cause, à la lumière d'une conception de la signification philosophique qui aille au delà des paradoxes de l'énonciation qui y sont attachés. Le mettre en perspective, en retournant à la source historique de ces paradoxes dont la racine est commune : une « course à la référence » au détriment d'une théorie minimale de l'auto-référence. Au total, fournir un modèle qui mène vers la fin de la fin de la philosophie, c'est-à-dire vers la vie toujours recommencée.
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Le ferment et la grâce. Une ethnographie du sacré chez les Druzes d'Israël

Le ferment et la grâce. Une ethnographie du sacré chez les Druzes d'Israël
Armanet Eléonore
Ed. PUM

Fruit d'un long travail de terrain en Israël, cet ouvrage pionnier donne à comprendre le monde largement méconnu des Druzes. Faisant la part belle au sensible et à la sensorialité, Éléonore Armanet restitue le quotidien de la communauté où elle s'est immergée durant près de trois ans.

À travers les gestes, les attitudes et les paroles, elle met en évidence ce qui relève d'une poétique radicale : le lien du corps - et singulièrement du corps maternel - au sacré. Dans le monde druze, la vie éclôt comme une émanation des origines ; mise à l'abri comme peut l'être le ferment qui fera lever le pain, elle est promesse de grâce, de plénitude en devenir. Renouvelant la connaissance de la société druze, ce livre offre une contribution originale à la réflexion anthropologique encore balbutiante sur « la part féminine du religieux » (Vassas 2001) dans les monothéismes méditerranéens. Proposant des pistes novatrices pour l'approche comparative des trois religions abrahamiques, l'ouvrage s'adresse aux étudiants et aux chercheurs en anthropologie et en sciences des religions, mais aussi à tous les lecteurs curieux de découvrir une culture appréhendée dans son intimité.