L'oeil solaire, l'allégorie platonicienne de la caverne

L'oeil solaire, l'allégorie platonicienne de la caverne
Pierobon Frank
Ed. MetisPress

Relecture philosophique modernisée de l'allégorie platonicienne : l'auteur tient compte des conclusions des spécialistes de l'histoire de l'optique et de l'iconographie et esquisse un projet de phénoménologie de l'écriture.




 

L'icône ou la vision de Dieu

L'icône ou la vision de Dieu
de Cues Nicolas
Ed. PUF

Ce penseur du XVe siècle consacre ce traité à l'art et à Dieu, en examinant le rapport entre voir et être vu. Il analyse la mise en scène d'un regard qui voit tout à partir d'un autoportrait de Rogier van der Weyden.


 

La vie intense : une obsession moderne

La vie intense : une obsession moderne
Garcia Tristan
Ed. Autrement

Maître argument de tout discours publicitaire, l'intensité est le leitmotive de la vie contemporaine. Quand cette valeur est apparue et pourquoi ? Avec le chemin de fer, l'industrie, la médecine, le confort domestique, ce nouveau fluide parcourt le monde du vivant et les choses inanimées. L'intensité est devenue un concept savant de philosophie et un idéal ordinaire de l'homme.

 

La liberté avant le libéralisme

La liberté avant le libéralisme
Skinner Quentin
Ed. Seuil

Ce livre étudie, dans la théorie politique anglophone, ce que l'auteur appelle une conception néo-romaine de la liberté civile. Cette conception née au cours de la révolution anglaise du XVIIe siècle sera occultée par le triomphe du libéralisme. Pour contrer cette hégémonie libérale, l'auteur tente de réinstaller aujourd'hui cet univers intellectuel perdu.

 

Politique de l'inimitié

Politique de l'inimitié
Mbembe Achille
Ed. La découverte

L'auteur s'appuie en partie sur l'oeuvre de Frantz Fanon pour analyser la façon dont les conflits de la décolonisation au XXe siècle, les guerres de conquête et d'occupation, la terreur et la contre-insurrection sont devenus emblématiques de la société contemporaine. Il interroge les rapports entre la violence et la loi, la norme et l'exception, l'état de guerre, de sécurité et de liberté.

 

Les âmes sauvages, face à l'occident, la résistance d'un peuple d'Alaska

Les âmes sauvages, face à l'occident, la résistance d'un peuple d'Alaska
Nastassja Martin
Ed. La découverte

Récit d'une enquête de terrain de deux ans auprès de Gwich'in ou Kutchin, chasseurs-cueilleurs athapascans. Décrit leurs croyances, la place de l'animisme dans leur capacité d'adaptation à la dégradation de leurs conditions de vie et leurs relations avec les Occidentaux, leur perception du réchauffement climatique, etc.

 

Un si fragile vernis d'humanité. Banalité du mal, banalité du bien

Un si fragile vernis d'humanité. Banalité du mal, banalité du bien<br />
Terestchenko Michel
Ed. Bourgois

On a pu croire ou espérer, un temps, que les monstruosités de la Seconde Guerre mondiale étaient derrière nous. Définitivement. Or partout, à nouveau, on massacre, on torture, on extermine. Comment comprendre cette facilité des hommes à entrer dans le mal ? La réponse à cette question devient chaque jour plus urgente.

Michel Terestchenko rouvre ici le débat. D'abord, en complétant la démonstration de Hannah Arendt : de même que ce ne sont pas seulement des monstres qui basculent dans l'horreur mais des hommes ordinaires, trop ordinaires, de même, montre-t-il, il n'est pas besoin d'être un saint pour accomplir le juste et secourir des victimes au risque de sa vie. Héros ou salaud ? C'est toujours une petite décision initiale, à peine perceptible, qui décide du côté dans lequel, une fois engagé, on se retrouvera in fine. Mais qu'est-ce qui explique cette décision ? C'est là où l'enquête de M. Terestchenko prend toute son ampleur. En procédant à une reconstitution critique du débat central de la philosophie morale depuis le XVIIe siècle, aujourd'hui relayé par la majorité des sociologues et des économistes, elle montre combien est stérile l'opposition entre tenants de la thèse de l'égoïsme psychologique et défenseurs de l'hypothèse d'un altruisme sacrificiel. Ce n'est pas par « intérêt » qu'on tue ou qu'on torture. Ni par pur altruisme qu'on se refuse à l'abjection.

Les travaux qui analysent les phénomènes de soumission à l'autorité, de conformisme de groupe ou de passivité face à des situations de détresse, invitent à comprendre tout autrement les conduites de destructivité. Tirant les conclusions philosophiques de recherches récentes entreprises en psychologie sociale et s'appuyant sur certains exemples historiques particulièrement éclairants - tel le cas de Franz Stangl, le commandant de Treblinka, ou, à l'opposé, les actions héroïques du pasteur André Trocmé et de sa femme Magda au Chambon-sur-Lignon -, l'auteur propose de penser les conduites humaines face au mal selon un nouveau paradigme : celui de l'absence ou de la présence à soi.
Présentation de l'éditeur

La production platonicienne. Thèmes et variations

La production platonicienne. Thèmes et variations<br />
Rosen Stanley
Ed. PUF/Chaire Etienne Gilson

Cet ouvrage reproduit les six conférences données par Stanley Rosen dans le cadre de la Chaire Étienne Gilson de l'Institut catholique de Paris en novembre 2003. La pertinence de la question de l'être, au regard de l'oeuvre d'Étienne Gilson, n'a guère besoin d'être soulignée. Il n'est pas davantage nécessaire de s'attarder sur l'extraordinaire influence exercée par l'interprétation de Platon donnée par Martin Heidegger sur la pensée des XXe et à présent XXIe siècles, particulièrement en ce qui concerne la France. Bien qu'il soit plus juste d'envisager Gilson en tant que philosophe aristotélicien qu'en tant que platonicien, il demeure que l'interprétation faite par Heidegger de Platon en particulier et de la philosophie grecque en général, s'oppose au courant dont Gilson était un représentant si distingué.

Les conférences ont été consacrées aux trois principaux aspects de l'approche heideggerienne de Platon : l'assimilation à l'aristotélisme ; la métaphysique de la production et le traitement platonicien de la « parousie » ou, plus précisément, de la présence et de l'absence, de la lumière et des ténèbres, de la découverte et de l'occultation. L'ensemble de ces conférences tire son titre général de la question de savoir si la structure de l'intelligible doit être découverte ou produite.
Présentation de l'éditeur

Après la finitude. Essai sur la nécessité de la contingence

Après la finitude. Essai sur la nécessité de la contingence<br />
Meillassoux Quentin
Ed. Bloomsbury

La critique empiriste des prétentions universelles de la pensée humaine est-elle réellement fondée ? On sait que c'est le problème de Kant. Mais Quentin Meillassoux montre avec une force étonnante qu'une autre compréhension de cette critique, restée en quelque sorte dissimulée, bien que plus «naturelle», aboutit à un partage des ambitions de la pensée très différent de celui proposé par Kant. Il établit en effet qu'une seule chose est absolument nécessaire : que les lois de la nature soient contingentes.

Ce noeud entièrement nouveau entre les modalités contraires installe la pensée dans un tout autre rapport à l'expérience du monde, un rapport qui défait simultanément les prétentions «nécessitantes» de la métaphysique classique, et le partage «critique» entre l'empirique et le transcendantal.

Cette remarquable «critique de la Critique» est ici introduite sans fioritures, coupant vers l'essentiel dans un style particulièrement clair et démonstratif. Elle autorise à nouveau que le destin de la pensée soit l'Absolu, et non la «finitude» dans laquelle nous nous complaisons en laissant la morale, ou le «retour du religieux», servir de fictif supplément d'âme.
Présentation de l'éditeur

Deleuze épars. Approches et portraits

Deleuze épars. Approches et portraits<br />
Collectif
Ed. Gallimard/Blanche

Il y a dix ans, Gilles Deleuze est mort. Quelques ami(e)s se reprennent à parler de lui, et du chantier qu'est devenue, dans le monde entier, son oeuvre, avec une sobriété (Jean Pierre Faye) qui tolère l'émotion du souvenir (Jeannette Colombel, Roger-Pol Droit, Pascale Criton) et s'engage dans les chemins d'une érudition teintée d'humour (Philippe Choulet, Richard Zrehen, Charles J. Stivale, André Bernold) ou d'humeur polémique (Arnaud Villani), voire dans ceux du rêve (Raymond Bellour). Un ethno-musicologue (Jérôme Cler) explique comment Mille Plateaux l'ont fait devenir ce qu'il est. Jean-Claude Dumoncel nous fait les honneurs du nouveau jardin, deleuzien, de Raymond Roussel. Jean-Luc Nancy ouvre enfin la méditation conjointe de Deleuze avec Derrida, et René Schérer explore ce que peut être un mysticisme athée. Simon Hantaï envoie un Pli en triple état, Hélène Bamberger et Marie-Laure de Decker des photos inédites. Richard Pinhas nous montre un manuscrit qui lui fut confié. Timothy S. Murphy scelle le tout de sa minutieuse bibliographie.

Deleuze épars ? Non. Deleuze est tout entier rassemblé dans les multiplicités d'une intempestive audace. C'est nous qui sommes épars autour de lui.
Présentation de l'éditeur