Essais V. Descartes, Leibniz, Kant

Essais V. Descartes, Leibniz, Kant<br />
Bouveresse Jacques
Ed. Philippe Rey

LES GRANDS PHILOSOPHES de la tradition sont sus
ceptibles de parler immédiatement à des gens qui ignorent pratiquement tout de l'époque et du contexte. Que Descartes, Leibniz ou Kant puissent être traités spontanément comme des contemporains est une sorte de fait premier dont toute histoire de la philosophie doit tenir compte. Même si cela peut sembler la conséquence d'une forme de naïveté un peu ridicule aux yeux de l'historien averti, ce qu'il y a au début n'est sûrement pas l'incommensurabilité ou la distance infranchissable qui sont censées nous séparer de certains de nos ancêtres philosophiques.
Un certain anachronisme conscient et raisonné semble être un élément constitutif de la tentative que nous faisons pour instaurer une sorte de dialogue imaginaire avec nos grands prédécesseurs: nous les traitons comme les partenaires d'une conversation dans laquelle nous considérons que nous devrions pouvoir les persuader que nous avons clarifié certaines de leurs idées, remédié à certaines insuffisances de leurs théories, amélioré certaines de leurs méthodes et peut-être résolu mieux qu'eux certains de leurs problèmes.

Ce cinquième volume des Essais de Jacques Bouveresse est l'hommage d'un philosophe rationaliste d'aujourd'hui à trois grandes figures du rationalisme classique. S'appuyant sur Frege, Gödel et quelques autres modernes, il examine et discute leurs conceptions de la raison et de la vérité, de la logique et des mathématiques, du possible, de la contingence et de la liberté, ou encore des relations entre le corps et l'esprit.
Présentation de l'éditeur

La blessure du nom. Une anthropologie d'une séquelle de l'esclavage aux Antilles-Guyane

La blessure du nom. Une anthropologie d'une séquelle de l'esclavage aux Antilles-Guyane
Chanson Philippe
Ed. Academia

Au-delà des dichotomies recherche fondamentale - recherche appliquée et théorie académique - pratique politique, il s'agit pour l'anthropologie prospective d'explorer les voies d'une science engagée dans les évolutions et les enjeux sociétaux du 21e siècle.

La collection anthropologie prospective entend mettre à disposition d'un large public des ouvrages concis - rédigés dans un style synthétique et enlevé - qui seront consacrés à des recherches contemporaines et inédites, reposant sur une connaissance et une expérience approfondies du terrain. Cette collection est dirigée par Pierre-Joseph Laurent. Olivier Servais et Anne-Marie Vuillemenot [professeurs à l'UCL et membres du LAAP. Laboratoire d'anthropologie prospective. Louvain-la-Neuve, Belgique].

Anonyme - Passavoir - Crétinoir - Trouabal - Dément - Comestible - Macabre - Zéro - Malcousu - Savon - Gouacide - Négrobar - Satan - Peccatus - Dangeros... Tels sont quelques-uns des centaines de noms d'état civil saugrenus, dégradants et injurieux, redonnés aux esclaves africains des Antilles et de la Guyane françaises libérés en 1848. Cette blessure identitaire, largement et curieusement occultée, suinte encore sur ces terres créoles travaillées par trois siècles d'histoire coloniale traumatique. Mais comment donc de tels noms ont-ils pu être attribués ?

L'étude ethnographique que propose cet ouvrage, travaillée par de longues années de terrain, tente d'en entendre les réponses. Elle s'étaye tout à la fois sur le dépouillement de plus de 350 000 patronymes collectés dans ces départements français d'Outre-mer, des entretiens notamment avec quelques figures éminentes de l'intelligentsia créole (Césaire, Glissant, Pépin, Chamoiseau), le cumul de données historiques, culturelles, linguistiques, littéraires, ainsi que sur la mise en oeuvre d'une anthropologie dite `fictionnelle' et pourtant contemporaine.

L'auteur, sensible au poids moral du nom, se penche d'abord sur le choc, la prégnance, la proportion, les causes et les avatars de cette problématique si délicate ; reconstitue ensuite les circonstances et conditions des processus d'attribution qui ont pu aboutir à de tels dénis ; dégage également les pratiques et parades cathartiques de résistances mentales et culturelles pour contrer l'affront du nom ; et termine en ouvrant la question de cette grave blessure également subie par les créoles de l'Île Maurice, tout en s'interrogeant sur une possible réparation du nom.

Arabesques. L'aventure de la langue arabe en Occident

Arabesques. L'aventure de la langue arabe en Occident<br />
Henriette Walter & Bassam Baraké
Ed. Marabout

L'arabe et le français...

Lointaines par leurs origines, ces deux langues se sont croisées et influencées depuis près d'un millénaire.

Connaissez-vous le nom par lequel les Arabes désignent nos chiffres « arabes » ?

Croyez-vous que les Mille et Une Nuits ont vraiment duré 1001 nuits ?

Vous doutiez-vous que les textes des savants grecs n'ont pu nous être transmis que grâce à des traductions arabes des manuscrits originaux ?

Saviez-vous qu'il y a des centaines de mots français en arabe, tout comme il y a des centaines de mots arabes en français ?

Vous trouverez des réponses à ces questions et bien d'autres informations érudites ou distrayantes, mêlées d'anecdotes littéraires et historiques, dans le livre d'Henriette Walter et de Bassam Baraké.

Entre exposés savants et jeux linguistiques, c'est un peu la longue histoire des rencontres de l'Orient et de l'Occident que cet ouvrage retrace en filigrane et par touches successives. Une façon unique de s'instruire en s'amusant.
Présentation de l'éditeur

La souveraineté

La souveraineté
Bataille Georges
Ed. Nouvelles éditions Lignes

La Souveraineté est l'un des livres les plus importants de Georges Bataille, en même temps que l'un des moins connus. Il devait tenir lieu de tome II de l'ensemble regroupé par lui sous le titre de La Part maudite (le troisième et dernier tome étant L'Érotisme). Abandonné, bien que presque achevé, il n'a jamais fait l'objet d'une publication séparée.

La Souveraineté est aussi l'un de ses projets les plus ambitieux, dans lequel il oppose sa conception de la souveraineté - soit «l'emploi des ressources à des fins improductives» - aux conceptions passées (religieuses) et récentes (le communisme) de la souveraineté.

«Bien entendu la souveraineté [...] ne peut être donnée pour le but de l'histoire. Je représente même le contraire : que si l'histoire a quelque but, la souveraineté ne peut pas l'être.»

«Le monde souverain a sans doute une odeur de mort, mais c'est pour l'homme subordonné ; pour l'homme souverain, c'est le mode de la pratique qui sent mauvais ; s'il ne sent pas la mort, il sent l'angoisse, la foule y sue d'angoisse devant des ombres, la mort y subsiste à l'état rentré, mais elle l'emplit.»

Un monde de fous. Comment notre société maltraite ses malades mentaux

Un monde de fous. Comment notre société maltraite ses malades mentaux<br />
Coupechoux Patrick
Ed. Temps qu\\'il fait

Le fou est l'exclu par excellence. Gênant pour le bon fonctionnement social, perturbant pour notre vision de la norme, le fou fait peur. Exilé... Enfermé... Pourtant, il appartient à l'humanité et l'interroge. Humain, si humain...

Regards sur l'histoire, regards d'aujourd'hui... Comment notre époque fait-elle face au problème de la maladie mentale ?

Quelles sont les finalités de la psychiatrie ?
Quelles sont ses missions ?
Quelle est la vision que nous avons aujourd'hui de la maladie mentale ?
Quels sont ses rapports avec la société ?
Les profondes mutations et les importantes remises en cause du système psychiatrique français donnent lieu aujourd'hui à un vif débat.

Des reportages de terrain, auprès des principaux acteurs du milieu psychiatrique et auprès des malades, au sein des familles, dans les hôpitaux et les institutions, mais aussi dans la rue et les prisons...

Au-delà des témoignages qui rendent compte de la diversité des points de vue, il s'agit bel et bien d'un voyage dans un univers touchant, car humain, que nous propose Patrick Coupechoux. Il s'agit enfin d'un regard sur la façon dont notre société entend aborder le problème de la maladie mentale.
Présentation de l'éditeur

La construction humaine de l'islam. Entretiens avec Rachid Benzine et Jean-Louis Schlegel

La construction humaine de l'islam. Entretiens avec Rachid Benzine et Jean-Louis Schlegel
Arkoun Mohammed
Ed. Albin Michel

Penseur érudit et engagé, l'islamologue Mohammed Arkoun est connu pour ses remarquables travaux d'anthropologie de l'islam et ses combats contre toutes les formes d'intégrisme.

De ces entretiens, menés peu de temps avant sa mort avec Rachid Benzine et Jean-Louis Schlegel, se dégage un itinéraire humain et intellectuel d'exception, celui qui l'a conduit d'un petit village de Kabylie à la chaire d'« Histoire de la pensée islamique » à la Sorbonne, où il enseigna pendant plus de vingt ans. Ces échanges nous permettent de prendre la mesure de la lutte que ce grand savant a menée contre ce qu'il nommait « l'ignorance institutionnalisée », cause de l'antagonisme entre Islam et Occident.

L'originalité de son travail d'analyse du discours coranique et de sa lecture critique de la tradition montre que Mohammed Arkoun ne se contentait pas de l'histoire reçue des idées, comme l'illustre sa réflexion, tout à fait neuve, sur la célèbre sourate 9, qui pose la question de l'extension de l'alliance de Dieu avec les autres peuples et de l'énonciation d'une norme juridique.

Avec ses informations inédites et sa science alertement exposée, ce livre rend justice à Mohammed Arkoun, inlassable veilleur d'un islam humaniste.

Idées noires et tentatives de suicide. Réagir et faire face

Idées noires et tentatives de suicide. Réagir et faire face<br />
Granier Emmanuel
Ed. Naïve

Le désir de mort ou la tentative de suicide d'un proche est souvent pour nous une expérience extrêmement douloureuse. Notre incompréhension se double alors d'un sentiment d'impuissance et de désarroi.

Psychiatre en unité d'urgence, Emmanuel Granier s'appuie sur ses nombreuses années de pratique au contact de personnes suicidaires. Il apporte dans cet ouvrage des réponses concrètes sur l'attitude à adopter et les actions à entreprendre.

Comprendre. Qu'est-ce qui pousse à vouloir mourir ?

Dialoguer. Quelle attitude avoir avec quelqu'un en proie à des idées ou à des gestes suicidaires ?

Soutenir. Comment décider la personne en crise à s'engager dans des soins ? Comment la soutenir dans l'après-tentative ?
Parler, s'engager, accompagner... Et ne jamais baisser les bras : l'envie de vivre est toujours plus proche qu'on le croit.
Présentation de l'éditeur

L'homme jetable. Essai sur l'exterminisme et la violence extrême

L'homme jetable. Essai sur l'exterminisme et la violence extrême
Ogilvie Bertrand
Ed. Amsterdam

L'époque moderne, qui s'est ouverte avec les révolutions industrielles et l'universalisation du salariat, a engendré de nouvelles formes de violence. Parallèlement aux formes classiques de l'affrontement, de la guerre, du massacre, sont apparues des violences structurelles liées à la réorganisation économique et politique de la vie des êtres humains. Un mouvement d'exterminisme généralisé se fait jour, qui instrumentalise et institutionnalise les catastrophes naturelles, et qui organise l'utilisation et la consommation intégrale des forces de travail, la mise à mort de populations entières. Les exterminations des Arméniens, des Juifs, des Tsiganes, et la perspective d'une autodestruction de l'humanité (avec Hiroshima, le développement d'armes chimiques et les atteintes irréversibles portées à la biosphère) apparaissent ainsi comme des symptômes majeurs du XXe siècle, qu'aucune réflexion philosophique ne devrait négliger.

Désormais, la violence ne s'intéresse plus seulement aux comportements des êtres ou à leurs représentations, mais à leur statut même de vivants, à leur simple présence. Il ne s'agit ainsi plus simplement de cynisme et d'absence de préoccupation de l'avenir de la part des pouvoirs : ces formes nouvelles de violence entraînent une chosification systématique des êtres. La violence moderne est une violence naturalisée, rendue irreprésentable, réduite à une simple « gestion ». L'être humain n'est plus seulement superflu ou surnuméraire. Confronté pour la première fois dans l'histoire à la transposition dans le champ politique de l'irreprésentable du réel, à des formes de violences qui tentent de s'imposer comme l'expression d'une nature inéluctable, il est devenu « jetable ».

La rage de faire apprendre. Un nouveau modèle pédagogique

La rage de faire apprendre. Un nouveau modèle pédagogique<br />
Léonard Guillaume & Jean-François Manil
Ed. Politique

Léonard Guillaume et Jean-François Manil offrent en lecture une trentaine d'activités tirées tout droit de leur expérience professionnelle. Des animations innovantes, originales, interpellantes, efficaces... qui ont été le point de départ d'un essai de modélisation de pratiques de différenciation qu'ils théorisent en référence à de nombreux auteurs pédagogiques connus.

Plus qu'un outil directement appropriable... l'ouvrage se veut une piste de réflexions sur l'école actuelle, ses dérives, ses ambitions, bref un outil large au service d'enseignants, de formateurs, de professeurs d'école normale, d'animateurs pédagogiques, de parents... soucieux d'efficacité pour tous.
Extrait de la présentation de l'éditeur

L'école de Francfort

L'école de Francfort
Durand-Gasselin Jean-Marc
Ed. Gallimard

Nul doute que l'École de Francfort, qui a regroupé des figures aussi importantes que Max Horkheimer, Walter Benjamin, Theodor Adorno, Herbert Marcuse, Jürgen Habermas ou Axel Honneth, est une matrice majeure de la philosophie contemporaine.

Nul doute cependant que repérer les traits constitutifs de ce qui, de manière d'ailleurs assez tardive, s'est appelé « École de Francfort » présente une certaine difficulté.

Quoi de commun, en effet, entre les fulgurances énigmatiques de Benjamin évoquant la figure baudelairienne du flâneur et la rude élaboration par Habermas d'une théorie de l'agir communicationnel ? Entre l'exigeante théorie de l'art d'avant-garde d'Adorno et celle du besoin de reconnaissance de Honneth, tournée vers la vulnérabilité ? Entre les aphorismes pessimistes de Horkheimer et la philosophie explosive du désir de Marcuse ? Où placer des figures importantes comme Neumann, Fromm ou Wellmer ?

À cette variété s'ajoute la discontinuité des générations, des expériences historiques, donc des références intellectuelles. Il y a d'un côté le pessimisme radical d'Adorno et de Horkheimer, tous deux ancrés dans une culture philosophique et intellectuelle allemande, mais liés par l'expérience du nazisme, du stalinisme et de l'exil ; Habermas et Honneth de l'autre, davantage réconciliés avec des institutions démocratiques consolidées par l'après-guerre, et se référant notamment à la psychanalyse anglo-saxonne, au pragmatisme, aux théories américaines de la justice ou au structuralisme français.

Jean-Marc Durand-Gasselin reconduit la diversité de ces penseurs à l'identité du projet d'origine : conjuguer les données empiriques, les enquêtes et les approches plurielles des sciences humaines pour décrire au plus près la réalité sociale.