La construction humaine de l'islam. Entretiens avec Rachid Benzine et Jean-Louis Schlegel

La construction humaine de l'islam. Entretiens avec Rachid Benzine et Jean-Louis Schlegel
Arkoun Mohammed
Ed. Albin Michel

Penseur érudit et engagé, l'islamologue Mohammed Arkoun est connu pour ses remarquables travaux d'anthropologie de l'islam et ses combats contre toutes les formes d'intégrisme.

De ces entretiens, menés peu de temps avant sa mort avec Rachid Benzine et Jean-Louis Schlegel, se dégage un itinéraire humain et intellectuel d'exception, celui qui l'a conduit d'un petit village de Kabylie à la chaire d'« Histoire de la pensée islamique » à la Sorbonne, où il enseigna pendant plus de vingt ans. Ces échanges nous permettent de prendre la mesure de la lutte que ce grand savant a menée contre ce qu'il nommait « l'ignorance institutionnalisée », cause de l'antagonisme entre Islam et Occident.

L'originalité de son travail d'analyse du discours coranique et de sa lecture critique de la tradition montre que Mohammed Arkoun ne se contentait pas de l'histoire reçue des idées, comme l'illustre sa réflexion, tout à fait neuve, sur la célèbre sourate 9, qui pose la question de l'extension de l'alliance de Dieu avec les autres peuples et de l'énonciation d'une norme juridique.

Avec ses informations inédites et sa science alertement exposée, ce livre rend justice à Mohammed Arkoun, inlassable veilleur d'un islam humaniste.

Idées noires et tentatives de suicide. Réagir et faire face

Idées noires et tentatives de suicide. Réagir et faire face<br />
Granier Emmanuel
Ed. Naïve

Le désir de mort ou la tentative de suicide d'un proche est souvent pour nous une expérience extrêmement douloureuse. Notre incompréhension se double alors d'un sentiment d'impuissance et de désarroi.

Psychiatre en unité d'urgence, Emmanuel Granier s'appuie sur ses nombreuses années de pratique au contact de personnes suicidaires. Il apporte dans cet ouvrage des réponses concrètes sur l'attitude à adopter et les actions à entreprendre.

Comprendre. Qu'est-ce qui pousse à vouloir mourir ?

Dialoguer. Quelle attitude avoir avec quelqu'un en proie à des idées ou à des gestes suicidaires ?

Soutenir. Comment décider la personne en crise à s'engager dans des soins ? Comment la soutenir dans l'après-tentative ?
Parler, s'engager, accompagner... Et ne jamais baisser les bras : l'envie de vivre est toujours plus proche qu'on le croit.
Présentation de l'éditeur

L'homme jetable. Essai sur l'exterminisme et la violence extrême

L'homme jetable. Essai sur l'exterminisme et la violence extrême
Ogilvie Bertrand
Ed. Amsterdam

L'époque moderne, qui s'est ouverte avec les révolutions industrielles et l'universalisation du salariat, a engendré de nouvelles formes de violence. Parallèlement aux formes classiques de l'affrontement, de la guerre, du massacre, sont apparues des violences structurelles liées à la réorganisation économique et politique de la vie des êtres humains. Un mouvement d'exterminisme généralisé se fait jour, qui instrumentalise et institutionnalise les catastrophes naturelles, et qui organise l'utilisation et la consommation intégrale des forces de travail, la mise à mort de populations entières. Les exterminations des Arméniens, des Juifs, des Tsiganes, et la perspective d'une autodestruction de l'humanité (avec Hiroshima, le développement d'armes chimiques et les atteintes irréversibles portées à la biosphère) apparaissent ainsi comme des symptômes majeurs du XXe siècle, qu'aucune réflexion philosophique ne devrait négliger.

Désormais, la violence ne s'intéresse plus seulement aux comportements des êtres ou à leurs représentations, mais à leur statut même de vivants, à leur simple présence. Il ne s'agit ainsi plus simplement de cynisme et d'absence de préoccupation de l'avenir de la part des pouvoirs : ces formes nouvelles de violence entraînent une chosification systématique des êtres. La violence moderne est une violence naturalisée, rendue irreprésentable, réduite à une simple « gestion ». L'être humain n'est plus seulement superflu ou surnuméraire. Confronté pour la première fois dans l'histoire à la transposition dans le champ politique de l'irreprésentable du réel, à des formes de violences qui tentent de s'imposer comme l'expression d'une nature inéluctable, il est devenu « jetable ».

La rage de faire apprendre. Un nouveau modèle pédagogique

La rage de faire apprendre. Un nouveau modèle pédagogique<br />
Léonard Guillaume & Jean-François Manil
Ed. Politique

Léonard Guillaume et Jean-François Manil offrent en lecture une trentaine d'activités tirées tout droit de leur expérience professionnelle. Des animations innovantes, originales, interpellantes, efficaces... qui ont été le point de départ d'un essai de modélisation de pratiques de différenciation qu'ils théorisent en référence à de nombreux auteurs pédagogiques connus.

Plus qu'un outil directement appropriable... l'ouvrage se veut une piste de réflexions sur l'école actuelle, ses dérives, ses ambitions, bref un outil large au service d'enseignants, de formateurs, de professeurs d'école normale, d'animateurs pédagogiques, de parents... soucieux d'efficacité pour tous.
Extrait de la présentation de l'éditeur

L'école de Francfort

L'école de Francfort
Durand-Gasselin Jean-Marc
Ed. Gallimard

Nul doute que l'École de Francfort, qui a regroupé des figures aussi importantes que Max Horkheimer, Walter Benjamin, Theodor Adorno, Herbert Marcuse, Jürgen Habermas ou Axel Honneth, est une matrice majeure de la philosophie contemporaine.

Nul doute cependant que repérer les traits constitutifs de ce qui, de manière d'ailleurs assez tardive, s'est appelé « École de Francfort » présente une certaine difficulté.

Quoi de commun, en effet, entre les fulgurances énigmatiques de Benjamin évoquant la figure baudelairienne du flâneur et la rude élaboration par Habermas d'une théorie de l'agir communicationnel ? Entre l'exigeante théorie de l'art d'avant-garde d'Adorno et celle du besoin de reconnaissance de Honneth, tournée vers la vulnérabilité ? Entre les aphorismes pessimistes de Horkheimer et la philosophie explosive du désir de Marcuse ? Où placer des figures importantes comme Neumann, Fromm ou Wellmer ?

À cette variété s'ajoute la discontinuité des générations, des expériences historiques, donc des références intellectuelles. Il y a d'un côté le pessimisme radical d'Adorno et de Horkheimer, tous deux ancrés dans une culture philosophique et intellectuelle allemande, mais liés par l'expérience du nazisme, du stalinisme et de l'exil ; Habermas et Honneth de l'autre, davantage réconciliés avec des institutions démocratiques consolidées par l'après-guerre, et se référant notamment à la psychanalyse anglo-saxonne, au pragmatisme, aux théories américaines de la justice ou au structuralisme français.

Jean-Marc Durand-Gasselin reconduit la diversité de ces penseurs à l'identité du projet d'origine : conjuguer les données empiriques, les enquêtes et les approches plurielles des sciences humaines pour décrire au plus près la réalité sociale.

Invitation à la philosophie japonaise. Autour de Nishida

Invitation à la philosophie japonaise. Autour de Nishida<br />
Stevens Bernard
Ed. Cherche midi

L'ouvrage a pour but d'introduire le lecteur à la philosophie japonaise contemporaine, en portant l'attention sur son représentant le plus célèbre : Nishida Kitarô (1870-1945), fondateur de l'École de Kyôto. Au fil d'un décryptage des notions cardinales de sa pensée (l'expérience pure, le lieu, la dialectique), il s'agit de montrer en quoi a consisté l'effort philosophique de Nishida et quel peut être son intérêt intrinsèque au milieu du paysage intellectuel international. C'est ici la proximité avec le courant phénoménologique qui est soulignée. Mais par-delà l'oeuvre propre de Nishida, il s'agit également d'exposer le contexte intellectuel dans lequel est née sa pensée, les sources de celle-ci dans la tradition orientale (shintoïsme, confucianisme et surtout bouddhisme) et l'influence que son travail philosophique a pu avoir sur l'évolution des idées au Japon, au coeur du XXe siècle. Sont ainsi brièvement abordées, dans la foulée de la percée nishidienne, la dialectique praxique de Tanabe, l'ontologie religieuse de Nishitani, l'éthique de Watsuji et l'esthétique de Kuki.
Présentation de l'éditeur

Le lac inconnu. Entre Proust et Freud

Le lac inconnu. Entre Proust et Freud
Tadié Jean-Yves
Ed. Gallimard

On trouvera ici un inventaire des sujets que Proust et Freud ont traités, si nombreux qu'on ne les a sans doute pas abordés tous. Les deux hommes, s'ils s'étaient rencontrés, auraient eu tant de choses à se dire ! Dans un genre longtemps illustre, on rêve d'un dialogue des morts. Chaque thème découlant du précédent, en partant du rêve et jusqu'à la mort, nous avons espéré éclairer l'un par l'autre, comme si les discours alternés se fondaient en un propos unique : il faut être deux pour parvenir à la vérité. Ce que j'ai cherché, c'est à comparer deux intelligences, deux attitudes, deux comportements face aux hommes et au monde, face à soi aussi. Comme si, des deux termes de la comparaison, des deux pôles de la métaphore, pouvaient, je l'espère, jaillir une étincelle, une idée, une impression poétique. Ainsi se souviendra-t-on toujours de l'un quand l'autre parle.

J.-Y. T.

Le jeu de la guerre. Relevé des positions successives de toutes les forces au cours d'une partie

Le jeu de la guerre. Relevé des positions successives de toutes les forces au cours d'une partie<br />
Alice Becker-Ho & Guy Debord
Ed. P.O.L

En 1965, Guy Debord dépose le brevet d'un Jeu de la Guerre (dit encore Kriegspiel) qu'il avait imaginé dix ans plus tôt.

En janvier 1977, il s'associe à Gérard Lebovici pour fonder, à parts égales, une société dont l'objet est la production, la publication et l'exploitation de jeux. Sous la dénomination « Les Jeux stratégiques et historiques », la société publie simultanément en français et en anglais une Règle du « Jeu de la Guerre », et fait réaliser par un artisan quatre (ou cinq) exemplaires du jeu, dont la table (45,5 cm x 36,5 cm) et les pièces ciselées sont en cuivre argenté.

C'est en 1987, après la disparition de Gérard Lebovici, que paraître, aux éditions qui portaient son nom, Le Jeu de la Guerre, présenté sous la forme d'un « relevé des positions successives de toutes les forces au cours d'une partie ». Un modèle rudimentaire du jeu avait été diffusé dans le même temps.

En 1991, par décision de Guy Debord, Le Jeu de la Guerre est mis au pilon avec l'ensemble de ses autres livres publiés.

Nous le faisons reparaître dans une nouvelle édition revue, corrigée, et augmentée de documents retrouvés, susceptibles d'éclairer le lecteur sur le fondement et la nature spécifique de ce jeu tel que l'a conçu et réalisé son inventeur Guy Debord.
Présentation de l'éditeur

La solidarité écologique. Ce lien qui nous oblige

La solidarité écologique. Ce lien qui nous oblige
Mathevet Raphaël
Ed. Actes Sud

Notre époque connaît une phase d'épuisement des ressources naturelles, de révolution technologique, d'érosion de la biodiversité, d'altération de nos liens à la nature, de déficit de relations sociales, de perte de sens au sujet de notre « être au monde ». Comment convertir cet abattement ordinaire en une reconquête de l'avenir ?

Plutôt que de passer en revue les épreuves du temps, Raphaël Mathevet met en lumière une écologie de la réconciliation. Il invite à penser la biosphère qui nous porte, l'interdépendance des êtres vivants, entre eux et avec les milieux naturels, et ce à quoi nous oblige cette solidarité écologique. Celle-ci, avec la justice environnementale comme pilier, appelle à la responsabilité mais surtout enrôle le principe d'espérance pour refonder le souci de soi, le respect des autres - humains et non-humains -, dans un nouveau contrat naturel.

Cet essai engagé nous convie à la réflexion et à l'action. Il souligne les défis des controverses scientifiques, de l'écologie démocratique dans cette aire de transition qui s'offre à nous. En proposant un nouvel horizon, la solidarité écologique nous prépare à la grande transformation de nos sociétés. Au seuil de nos déraisons, elle seule permettra de poursuivre le chemin : assurément, c'est maintenant qu'il faut l'inventer.

Contre François Jullien

Contre François Jullien<br />
Billeter Jean-François
Ed. Sindbad/L\\'Orient gourmand

Ce que nous considérons aujourd'hui comme la 'civilisation chinoise' est intimement lié au despotisme impérial. Nous devons la juger là-dessus - non pour nier sa grandeur, ni pour réduire le rôle qu'elle a joué dans l'histoire, mais pour déterminer le rapport que nous voulons entretenir avec elle. Jean-François Billeter

Présentation de l'éditeur