A la gauche du Christ : les chrétiens de gauche en France de 1945 à nos jours

A la gauche du Christ : les chrétiens de gauche en France de 1945 à nos jours
Sous la direction de Denis Pelletier et Jean-Louis Schlegel
Ed. Seuil

«Cathos de gauche» : l'expression s'est imposée dans la seconde moitié du XXe siècle pour désigner un monde de militants et de «clercs», d'organes de presse et de mouvements, laïques ou religieux, dont la contribution politique, sociale, culturelle et intellectuelle à l'histoire de la France de l'après-guerre apparaît souvent oubliée.

Cet ouvrage retrace pour la première fois l'aventure des «chrétiens de gauche», comme on devrait appeler plus justement les catholiques et les protestants de cette mouvance. Contre une Église catholique jusque-là massivement portée à droite et une Église protestante embourgeoisée, ils voulaient, au nom de leur foi, s'engager dans la Cité et peser sur la politique tout en changeant le visage de leurs Églises. Décolonisation, syndicalisme, autogestion, féminisme, tiers-mondisme... : ils ont été de toutes les luttes, et souvent même à l'avant-garde de la contestation. Beaucoup engagèrent un dialogue exigeant avec la tradition marxiste. Après le concile Vatican II et Mai 68, certains furent même tentés par la révolution dans la société et dans leurs Églises. Leur contribution à la rénovation de la gauche socialiste puis à l'élection de François Mitterrand en 1981 fut ensuite décisive.

Mais la réforme de l'Église catholique n'est-elle pas devenue restauration sous Jean-Paul II puis Benoît XVI ? Et la victoire de la gauche en 1981 n'a-t-elle pas sonné l'heure du déclin politique de la gauche chrétienne ? Que reste-t-il aujourd'hui de ses combats et des idéaux qu'elle entendait porter ? Au-delà d'une parenthèse utopique, c'est l'évolution du rapport entre le politique et le religieux, à l'épreuve de la sécularisation de la société française, que cette histoire éclaire.

 

Cours de philosophie morale. Notes recueillies à l'Université libre de Bruxelles, 1962-1963

Cours de philosophie morale. Notes recueillies à l'Université libre de Bruxelles, 1962-1963<br />
Jankélévitch Vladimir
Ed. Denoël & d\\'ailleurs

Le Cours de philosophie morale de Vladimir Jankélévitch fut à l'origine professé à l'Université libre de Bruxelles en 1962. Mais il est fort différent des cours prononcés à la Sorbonne et publiés sous forme enregistrée, dont l'écrit ne saurait rendre les célèbres crescendos et le mode musical. Il s'agit ici de tout autre chose : Jankélévitch se montre d'abord très didactique et n'hésite pas à faire des références précises et nombreuses à l'histoire de la philosophie. Pour autant, il n'abandonne pas ses thèmes de prédilection. La singularité et l'intérêt de ce cours, où se rejoignent le professeur et le philosophe de la morale, résident précisément dans le croisement de ces deux «lignes» de pensée. Car, comme le rappelle Vladimir Jankélévitch, «la morale [...] tend à envahir l'existence entière [...]. Il n'est rien d'humain qui ne soit moral».
Présentation de l'éditeur

Il était une fois le dernier homme

Il était une fois le dernier homme
Dufour Dany-Robert
Ed. Denoël

À mi-chemin entre le conte philosophique et l'essai. Dany-Robert Dufour poursuit en philosophe son travail de critique du monde contemporain. Et pour mieux s'interroger sur ce qui menace aujourd'hui gravement son avenir, il propose de revisiter toute l'histoire de l'être humain.

Évoquant l'axolotl, ce poisson mexicain qui nous ressemble, comme le jaguar de la brousse brésilienne ou le loup des contes enfantins, discutant avec Platon. Albert Einstein ou Michael Jackson, se prenant à l'occasion pour Sherlock Holmes, le narrateur écrit dix lettres à sa « belle amie ». Autant de moments clefs d'un voyage à travers le temps accompli par cette étrange espèce animale qu'on appelle les hommes.

Cette espèce se caractérise non pas par sa supériorité sur le reste de la création mais par sa forme inachevée, sa faiblesse « naturelle ». Un « manque de nature », donc, que seule peut compenser la culture - discours, récits, sciences et techniques - qui permet à l'être humain d'agir sur le monde pour mieux l'habiter. En tout cas qui le permettait jusqu'ici. Car le rêve des puissants de créer une « surhumanité » à leur service compromet aujourd'hui la survie de l'espèce.

Que faire, si nous refusons ce risque d'en finir avec le genre humain, si nous voulons que puisse se poursuivre son aventure si belle et si désespérée ? Il n'est pas trop tard pour résister.

Politique et histoire, de Machiavel à Marx. Cours à l'Ecole normale supérieure, 1955-1972

Politique et histoire, de Machiavel à Marx. Cours à l'Ecole normale supérieure, 1955-1972<br />
Althusser Louis
Ed. Flammarion

Louis Althusser concevait l'enseignement de la philosophie comme une expérience de pensée qui cherche à ressaisir le geste de quelques «hommes qui ont tenté le plus grand effort de lucidité qui soit». On trouvera ici une magistrale illustration de cette tentative pour «voir à quel prix et par quelles voies certains hommes ont réussi à dégager un peu de vérité sur les ressorts de la conduite humaine et de la société», notamment à travers un cours sur la philosophie de l'histoire - une «propédeutique nécessaire à l'intelligence de la pensée de Marx» -, un autre sur les théories du contrat aux XVIIe et XVIIIe siècles, enfin une approche très personnelle de Machiavel. Ainsi, dans la mesure où «l'histoire se confond moins avec le rappel de son passé qu'avec l'intelligence de son dépassement», Althusser s'efforce d'éclairer «les problèmes innombrables qui se posent aujourd'hui en politique, histoire, psychologie, philosophie, par le secours d'un passé mis dans un peu de lumière».
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Renverser l'insoutenable

Renverser l'insoutenable
Citton Yves
Ed. Seuil

Dictature des marchés, politiques d'austérité, inégalités sociales, catastrophes environnementales, crises démocratiques : de toutes parts nous arrivent les signes de la fin d'un monde caractérisé par des pressions insoutenables.

Yves Citton ébauche un nouveau vocabulaire politique pour renverser cet insoutenable à la fois environnemental, éthique, social, médiatique et psychique. À la croisée de multiples (in)disciplines, cet essai drôle et enlevé prend le contre-pied du misérabilisme ambiant en révélant que le renversement de l'insoutenable est déjà inscrit dans les dynamiques collectives de nos gestes les plus communs. Il esquisse une politique des gestes qui prend sa source entre ces deux questions : Comment faisons-nous pression sans le vouloir ? Comment faire pression en le voulant ?

Attentif au rôle de l'image et à la circulation des discours, Yves Citton livre ici les moyens de repenser notre place et notre action dans des processus sociaux dont la complexité nous dépasse. Il montre que l'on peut tirer parti des dispositifs médiatiques plutôt que de les subir et que, une fois fait le deuil du Grand Soir, l'urgence est de proposer des alternatives à la politique du pire.

Comment vivre ensemble. Simulations romanesques de quelques espaces quotidiens. Notes de cours et de séminaires au Collège de France, 1976-1977

Comment vivre ensemble. Simulations romanesques de quelques espaces quotidiens. Notes de cours et de séminaires au Collège de France, 1976-1977<br />
Barthes Roland
Ed. Steidl

Dans la leçon inaugurale de cette chaire, on avait postulé la possibilité de lier la recherche à l'imaginaire du chercheur. On a souhaité, cette année, explorer un imaginaire particulier : non pas toutes les formes de «vivre ensemble» (sociétés, phalanstères, familles, couples), mais principalement le «vivre ensemble» de groupes très restreints, dans lesquels la cohabitation n'exclut pas la liberté individuelle ; s'inspirant de certains modèles religieux, notamment athonites, on a appelé cet imaginaire fantasme d'idiorrythmie. Beaucoup de matériaux qui ont servi au cours ont donc été empruntés au monachisme oriental, le corpus proprement dit restant cependant littéraire. Ce corpus a réuni (d'une façon évidemment arbitraire) quelques ?uvres documentaires ou romanesques, dans lesquelles la vie quotidienne du sujet ou du groupe est liée à un espace typique : la chambre solitaire (A. Gide, La Séquestrée de Poitiers) ; le repaire (D. Defoe, Robinson Crusoé) ; le désert (Pallade, Histoire lausiaque) ; le grand hôtel (Th. Mann, La Montagne magique) ; l'immeuble bourgeois (Zola, Pot-Bouille). R. B.
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Evolution : l'histoire de l'homme

Evolution : l'histoire de l'homme
Roberts Alice
Ed. Delachaux et Niestlé

'L'évolution se dévéloppe de façon imprévisible et surprenante. Il est à la fois humiliant et merveilleux de comprendre que l'apparition de notre espèce sur la Terre n'avait rien d'obligatoire ni d'inéluctable. Les plus grandes réalisations de nos civilisations dépendent aussi du hasard.' Alice Roberts

Cet ouvrage s'inspire des toutes dernières recherches et théories pour expliquer les découvertes de la science, explorer notre relation aux autres primates et suivre le périple de nos ancêtres partis d'Afrique pour occuper le reste du monde.

Un guide visuel unique sur l'histoire de l'Homme et qui nous confronte à nos plus lointains ancêtres, grâce aux stupéfiants portraits des frères Kennis.

La préparation du roman I et II. Cours et séminaires au Collège de France, 1978-1979 et 1979-1980

La préparation du roman I et II. Cours et séminaires au Collège de France, 1978-1979 et 1979-1980<br />
Barthes Roland
Ed. Fayard

Depuis l'année dernière, je m'interroge devant vous, avec vous, sur les conditions de préparation d'une oeuvre littéraire, appelée par commodité Roman. J'ai d'abord examiné le rapport de l'oeuvre et de cet acte minimal d'écriture qu'est la Notation, principalement à travers une Forme exemplaire de Notation, le Haïku. Cette année, je veux suivre l'?uvre de son Projet à son accomplissement : autrement dit, du Vouloir-Écrire au Pouvoir-Écrire, ou du Désir d'Écrire au Fait d'Écrire. Si vous le voulez bien, nous allons considérer le Cours qui commence comme un film ou comme un livre, bref comme une histoire. R.B.
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La crise sans fin. Essai sur l'expérience moderne du temps

La crise sans fin. Essai sur l'expérience moderne du temps
Revault d'Allonnes Myriam
Ed. Seuil

On ne parle plus aujourd'hui d'une crise succédant à d'autres crises - et préludant à d'autres encore -, mais de «la crise», et qui plus est d'une crise globale qui touche aussi bien la finance que l'éducation, la culture, le couple ou l'environnement. Ce constat témoigne d'un véritable renversement : si à l'origine la krisis désignait le moment décisif qui, dans l'évolution d'un processus incertain, permettait d'énoncer un diagnostic et donc une sortie de crise, tout se passe comme si la crise était devenue permanente. Nous n'en voyons pas l'issue : elle est la trame même de notre existence.

La crise, plus qu'un concept, est une métaphore qui ne rend pas seulement compte d'une réalité objective mais aussi d'une expérience vécue. Elle dit la difficulté de l'homme contemporain à envisager son orientation vers le futur. La modernité, dans sa volonté d'arrachement au passé et à la tradition, a dissous les anciens repères de la certitude qui balisaient la compréhension du monde : l'homme habite aujourd'hui un monde incertain qui a vu s'évanouir tour à tour l'idée de temps nouveaux, la croyance au progrès et l'esprit de conquête.

C'est à partir de cette expérience du temps d'un nouveau genre que cet essai nous invite à reconsidérer de façon inédite la «crise» dans laquelle nous sommes plongés et à y puiser de quoi aller de l'avant.

De la matière relativiste, quantique, interactive. Collège de la Cité des Sciences et de l'Industrie, 2004

De la matière relativiste, quantique, interactive. Collège de la Cité des Sciences et de l'Industrie, 2004<br />
Lévy-Leblond Jean-Marc
Ed. Thames & Hudson

Ces trois conférences ont pour objectif d'expliciter les conceptions que la physique moderne se fait de la matière, et tout particulièrement l'impact sur ces conceptions des révolutions quantique et relativiste qu'a connues le début du XXe siècle. L'accent y est mis sur la nouveauté et l'originalité de nos idées quant à la constitution de la matière plutôt que sur les propriétés spécifiques de ses constituants. Comme on le verra, la notion même d'objet physique et les concepts qui permettent de localiser, caractériser et dénombrer ces objets, puis d'analyser leurs interactions, ont subi des mutations profondes, trop souvent masquées par un formalisme mathématique ardu, totalement absent de ces leçons. Il s'agit au fond de présenter la pensée physique moderne de la matière telle qu'en elle-même l'a transformée un bon siècle de pratiques théoriques et techniques.
Présentation de l'éditeur