Sable d'aphasie

Sable d'aphasie
Szpilmann Harry
Ed. Taillis pré

À quelques mensonges près, le poème reprend une étendue qui s’y insère — l’élargit, et la relance. Une jonchaie peuplée d’absurde, le ventre de la roche chauffé à blanc. Par lui déjà plus proches de leur seconde nature, de ce cri qui s’étend depuis les arcanes du soleil. Qui, modulant leurs distances, et les rejoignant, déchire la matière brute jusqu’à l’offrande, jusqu’à l’oubli. Jusqu’à ce qu’au revers de chaque pli s’annoncent le soufre et l’ancolie.

Le poème ne renferme rien qui lui soit propre. Mais, sous la sommation sans cesse réitérée d’une autre terre, met en place et réactive à temps cela qui s’apprête à être nommé.

Sables d'aphasie

Couverture non disponible
Szpilman Harry
Ed. Taillis Pré

À quelques mensonges près, le poème reprend une étendue qui s’y insère — l’élargit, et la relance. Une jonchaie peuplée d’absurde, le ventre de la roche chauffé à blanc. Par lui déjà plus proches de leur seconde nature, de ce cri qui s’étend depuis les arcanes du soleil. Qui, modulant leurs distances, et les rejoignant, déchire la matière brute jusqu’à l’offrande, jusqu’à l’oubli. Jusqu’à ce qu’au revers de chaque pli s’annoncent le soufre et l’ancolie.

Le poème ne renferme rien qui lui soit propre. Mais, sous la sommation sans cesse réitérée d’une autre terre, met en place et réactive à temps cela qui s’apprête à être nommé.

Vrouz

Vrouz
Rouzeau Valérie
Ed. Table ronde

Pendant que je sonne repose mon epson
Qui imprime en rouge et noir mes feuillets
Et aussi en bleu que j’y voie clair mieux
En ce flux verbal où me place sujet
Sujet très sujette - c’est une elle qui parle
Au mal de l’époque qui fut dite épique
Non je ne veux nulle prothèse communicante
Collée à mon oreille hyper sensible et ni
Pour ma santé cinq fruits légumes par jour
Parler wall-street-english mourir et rebondir
Oublier ma grand-mère qui craignait le tonnerre
Et la télévision mais demeurer moderne
À ma manière moderne sans fil et non
Actuelle plutôt crever.

For intérieur : haïbuns

For intérieur : haïbuns
Werts Thierry
Ed. Pippa

Dans ce recueil mêlant prose et haïku, l'auteur évoque la rencontre de l'autre et du mystère qu'il porte en lui, vécue à travers son métier de magistrat, ainsi que les médiations sur le monde et sur l'existence qu'elle lui suggère.

Essai sur le camion

Essai sur le camion
Ravey Yves
Ed. Maison Chauffante

Yves Ravey s'est rendu dans la cuisine du peintre A. Mathiot et son regard s'est porté sur une peinture-collage sur carton intitulée Camion rouge. Son attention se concentre alors sur cette composition puis sur l'Âne jaune, analysant ces oeuvres comme une dénonciation de la beauté dans le monde. L'ouvrage se décompose en deux parties, les oeuvres puis le texte.

Voz

Voz
Piette Eric
Ed. Le Tallis Pré

lorsque le train démarre
me revient la sensation
d'une blessure douce
comme les mains d'une mère

et le regard inquiet
de ceux qui me regardent partir

il s'agit de me réconcilier
avec moi-même

Sans complaisance avec lui-même, Eric Piette laisse sa voix se perdre dans le brouhaha du monde, comme une bouteille jetée à la mer, et que la vie ramène obstinément à lui. Le poème est une feuille de route griffonnée à la hâte dans la grisaille des gares ou sur les rives lumineuses du Bosphore. Ce qui importe, c'est de savoir que l'ailleurs n'affranchit de rien, fût-ce au prix d'une mélancolie ayant la souffrance pour chien de compagnie.

 

Et chaque lent crépuscule

Et chaque lent crépuscule
Owen Wilfred
Ed. Castor astral

Depuis leur première parution en 1920, ces poèmes ont été constamment réédités en Angleterre. Au fil du temps, l’œuvre de Wilfred Owen a dépassé son statut de témoignage d’époque pour gagner celui de classique de la poésie anglaise. C’est de la condition humaine dont il est ici question. L’homme meurtri, humilié, nié jusque dans son humanité même. Un livre bouleversant.
En même temps que la version revue et augmentée de cette anthologie, paraît La Nuit d’Ors, fantaisie dramatique de Xavier Hanotte relatant les dernières heures de Wilfred Owen.

La nuit d'Ors

La nuit d'Ors
Hanotte Xavier
Ed. Castor astral

Ors (Nord), 3 novembre 1918. Offensive finale. La nuit est tombée sur le Bois-l’Évêque. Quelques sapeurs achèvent de construire les passerelles qui, dès le petit matin, doivent permettre aux troupes britanniques de franchir le canal de la Sambre à l’Oise sous le feu de l’ennemi. La guerre touche à son terme. Qui sera le dernier à mourir ? C’est dans cette ambiance tendue, étrange que débarque un personnage encore plus étrange... Sans doute, le sapeur Smith ne sait pas tout, mais il en sait beaucoup. D’où lui vient donc la prescience dont il fait preuve, cette faculté qu’il a de deviner les pensées secrètes de ses nouveaux camarades et de leurs officiers ? Le sapeur Smith, c’est sûr, a une mission. Mais laquelle ? La première consiste à retrouver le lieutenant Wilfred Owen et à faire avec lui, l’air de rien, plus ample connaissance. Bien sûr, Smith a déjà lu l’œuvre de ce poète encore inconnu de tous... D’ailleurs, les poètes, Smith, ça le connaît ! Combien, et de célèbres, n’en a-t-il pas déjà
« fait passer », comme il dit, puisque c’est son métier ? Peu à peu, entre l’officier-poète et l’homme qui n’en est peut-être pas un, se noue l’étonnante complicité d’une dernière nuit terrestre, placée sous le signe des grandes questions et des réponses qui se dérobent...
En même temps que La Nuit d’Ors paraît une version revue et augmentée de l'anthologie de Wilfred Owen, Et chaque lent crépuscule.

Le poème Californie

Le poème Californie
Sikelianos Eleni
Ed. Grèges

En 2007, les éditions Grèges ont fait paraître une sélection choisie de l’œuvre d’Eleni Sikelianos. Ce projet regroupait des poèmes extraits, avec l’aval de l’auteur, de deux de ses recueils de poésie : Earliest

Worlds (2001), et The California Poem (2004) afin de rendre compte, pour cette première publication en français, de la diversité et de la richesse de sa poésie. Suite à la venue d’Eleni Sikelianos en France pour les Belles Etrangères en novembre 2009, il est apparu évident, tant à l’auteur et à la traductrice qu’à l’éditeur, que The California Poem, tant par sa nature que pour son ambition, méritait d’être traduit et restitué dans son entier. En effet, un tiers seulement de ce poème a été traduit en 2007, avec le souci principal pour cette sélection de donner à percevoir ses diverses facettes ainsi que son caractère « kaléïdoscopique », selon l’expression de l’auteur pour qualifier la manière dont les sous-parties de The California Poem sont autant de tiroirs ou fenêtres que le lecteur peut ouvrir au hasard.

Cependant, plus fondamentalement, The California Poem répond au désir d’écrire un long poème épique, dans la tradition des Feuilles d’herbe de Walt Whitman, ou de Paterson de William Carlos Williams. Il s’agit d’un poème fleuve qui cherche à charrier, à travers l’évocation d’un bout d’Amérique, l’ensemble du monde, de son histoire, de son langage, de son imaginaire et de son devenir, tout en jouant de la perméabilité du texte en y intégrant images, dessins, documents historiques et scientifiques. Si l’auteur donne vie à toutes les strates de la Californie, elle rend compte aussi, par l’ampleur même du poème, d’un intense sentiment de perte, que ce soit à travers l’évocation de l’enfance disparue, ou celle de l’extinction irrémédiable de peuples, de langues et d’espèces florales et animales.

À présent qu’Eleni Sikelianos commence à trouver une place dans le paysage éditorial et littéraire français (Actes Sud a acheté les droits de The Book of Jon), il paraît important de restituer l’intégralité de The California Poem.

Sonnets de Crimée. Sonnets d'amour

Sonnets de Crimée. Sonnets d'amour
Mickiewicz Adam
Ed. Age d'homme

Pendant plus d'un siècle, la poésie polonaise doit à Mickiewicz seul de prendre rang entre Homère, Goethe et Byron. Pouchkine l'admire. En exil, il devient le premier titulaire de la chaire de langues slaves au Collège de France. Son engagement politique, son romantisme mystique, l'envergure de son oeuvre épique n'ont pas fait oublier l'admirable poète des Sonnets de Crimée (1826), où Mickiewicz transpose un ailleurs radieux aux portes de l'Orient, ni celui des Sonnets d'amour (dits aussi Sonnets d'Odessa).