Le chant d'al-Andalus. Une anthologie de la poésie arabe d'Espagne

Le chant d'al-Andalus. Une anthologie de la poésie arabe d'Espagne
Collectif
Ed. Sindbad

Pendant près de huit siècles - de la conquête omeyyade en 711 à la chute de Grenade en 1492 -, la poésie arabe s'épanouit de façon admirable sur le sol andalou. Elle développe avec aisance son caractère propre ; ses poèmes en strophes, relevés par des termes dialectaux, invitent au chant. Il est aujourd'hui difficile de contester son influence sur l'art des troubadours. La poésie andalouse nous toucherait ainsi de la façon la plus directe.

Ce volume rassemble l'essentiel des chants d'al-Andalus. Les voix de quarante poètes, hommes ou femmes, princes ou gens du peuple, courtisans ou soufis, sont convoquées ; les différents genres poétiques sont déclinés à travers leur diversité régionale et leur évolution. Chaque période littéraire est précédée d'un résumé historique, et chaque poète d'une notice biographique et critique.

A côté de nombreuses odes classiques (qasida), le recueil propose à part égale des pièces lyriques en strophes (muwashsha et zajal), qui constituent la marque distinctive de la poésie andalouse. Une attention particulière a été donnée à la restitution des différents mètres et rimes.

 

La maison de Vanves. Poèmes inédits

La maison de Vanves. Poèmes inédits
Tsvetaeva Marina
Ed. Cerf

'De juillet 1934 à juillet 1938 a vécu, au deuxième étage de cette maison, la poétesse russe

Marina Tsvetaeva

1892 - 1941'

« Chaque fenêtre - un regard,
Et dans toutes - une personne !
Le fronton dans la glaise
Chaque fenêtre - une icône
Chaque regard - une fenêtre,
Les visages, des ruines,
Les arènes de l'histoire,
Marronniers du passé
Moi j'y chante et j'y vis. »

Marina Tsvetaeva (La maison, 1935)

Sonnant

Sonnant
Robic Michel
Ed. Albertine

quelque chose s'est fait entendre, on ne sait pas trop quoi mais on essaie d'écouter, envers et contre tout, et par tous les moyens

de cet événement sonore, sonnant dans l'oreille interne, ceci est la partition, offerte pour une écoute à tenter en temps réel

série d'oyances et d'épisodes, insistantes questions, parcours semé d'embûches et d'entourloupes, menant, fatalités, à l'abasourdissement, après de grands chambardements

Langue du chien

Langue du chien
Maurizi Dominique
Ed. Albertine

Feng Feng. Un nom cuit comme de l'or.

À n'en pas douter Feng Feng c'est moi. Comme lui je ne sais si la langue du Chien est bien celle des Ombres, ou si celle de l'Ombre peut être du Chien. Nous n'en savons rien.

Ce qui est sûr c'est qu'il existe un pays où pousse la nuit comme les fleurs et où l'heure n'est pas celle qui avance mais une qui va loin, très loin, derrière. C'en est une autre. Elle file, libre, aile du coeur, anneau céleste tout à la fois. Avec elle je bénis la poussière, je murmure des prières et réinvente mon royaume. Il n'a, comme moi, pas de nom.

43 post-it

43 post-it
Riggs Sarah
Ed. L'Attente

Un Post-it peut être «post-scriptum» lors d’un envoi postal, aide-mémoire, mot doux ou pas à son ami(e), indication précise sur le bureau de sa secrétaire. Les 43 Post-it de Sarah Riggs nous emmènent loin d’une matérialité liée au quotidien et sont malgré tout ancrés dans nos préoccupations philosophiques et politiques. Chaque page de ce livre fait réfléchir. Méditation, questionnement parfois violent de notre présence au monde et de son appréhension. 43 Post-it offre une lecture intime grâce à une traduction millimétrée.

60 textos

60 textos
Riggs Sarah
Ed. L'Attente

Un texto ou un SMS ont ceci de particulier qu’ils trouvent toujours leur destinataire. D’une pratique courante, ce mode de communication a cependant ses avantages et ses inconvénients. Sarah Riggs s’en sert avec beaucoup d’adresse, adresse de la langue et de sa formulation. C’est ainsi qu’elle opère une translation du privé ou de l’intime (toi) vers le public (toi), parvenant à rendre public l’univers de sa langue.

 

Ralentir Spider

Ralentir Spider
Pittolo Véronique
Ed. L'Attente

Dans Ralentir Spider se dresse une archéologie du toon, à travers une typologie de personnages issus de l’entertainment. Spiderman est une figure générique raccourcie en Spider pour évoquer le terme anglais speed, speeder : vitesse accélérée. Entre addiction et aliénation, le monde virtuel imprègne l’imaginaire d’un adolescent, et produit d’autres modes d’exploration. Une collusion se produit entre ce monde artificiel et la réalité que l’on perçoit par bribes documentaires

Entre chien et loup jetés

Entre chien et loup jetés
Zoss Mary-Laure
Ed. Cheyne

qu'est-ce qui jettera sur nos épaules un pli de laine, nous sauvant du désastre ? la mère aux derniers jours laisse tomber une pensée en miettes entre les meubles, la lampe reste introuvable au sortir de la nuit, maintenant il faut s'appliquer à mieux tasser le temps sous les semelles, qu'on évite l'enfilade des faux-pas dans la parole de plus en plus trouble, sachant pousser plus souvent la porte à deux battants, laisser ce qui gît sur le bas-côté de la phrase, on retourne par saccades aux limites de la neige dans le ciel, les rochers bleus dressent leurs tables pour les nuages, on cesse de se précipiter sur tous les fronts, l'angoisse se détache presque dans l'eau d'un après-midi d'avril, le long d'un quai.

A ciel ouvert. Entretiens avec Yvon Le Men

A ciel ouvert. Entretiens avec Yvon Le Men
Jacques Darras & Yvon Le Men
Ed. La Passe du vent

Parler la poésie c'est quelquefois garder le silence. Se taire. Yvon qui s'ouvre aux autres si spontanément dans la vie courante, aime à se taire dans ses poèmes. Je fais l'inverse, parlant peu dans le jour, m'exprimant sur des hectomètres de phrases ou de vers dans les tomes de La Maye. La plage où viennent se fracasser les paroles sur le sable silencieux est notre lieu de rencontre. Nous nous écoutons. Nous pratiquons l'écoute de l'autre sans perdre de vue le fil de nos propres discours. J'aime que le nordique skaut, cette corde qui oriente la voile, ait donné «écoute» en français. En langue anglaise, filer l'écoute, la corde c'est «to spin a yarn», dérouler une histoire. Notre amitié, me semble-t-il, réussit cette manoeuvre maritime avec beaucoup de naturel, d'expertise. Car la poésie est une parole du large, du haut, du loin, à distance de la parole médiane ou des médias.

Comme la marée il se peut qu'elle s'éloigne momentanément du rivage où les plagistes de tout bord, disques ou écrans, se livrent à leurs jeux de sable favoris. Il n'empêche. Dressez l'oreille ! Écoutez la rumeur du fond qui s'amplifie au fond de la Baie picarde ou des multiples anses bretonnes ! C'est du fond de l'existence que nous viennent les injonctions les plus tumultueuses, les plus fascinantes. Aussi bien écoutez-nous, dans les pages qui suivent, marcher sur nos rives maritimes tout à côté de vous, nous expliquant l'un à l'autre comment chacun capte et restitue, avec l'oreille et la bouche, cette musique qui nous vient du profond de la création». Extrait de la préface de Jacques Darras

Poète bin qu'oui, poète ben qu'non ?

Poète bin qu'oui, poète ben qu'non ?
Verheggen Jean-Pierre
Ed. Gallimard

Il y a trente-six sortes de poètes : champêtres ou rodomonts, peuls ou auvergnats, voire ambigus et ambidextres à la fois ! Il y a parmi eux des alcoolos, des mycologues, des indécis, des kamikazes, des inconnus et des curés de leur propre petite gloire locale personnelle ! Sans oublier les agités du buccal et les centaines d'autres espèces. Poète moi-même - peut-être ? (la question reste ouverte) -, j'en ai tiré quelques portraits, le plus souvent au tir à têtes de pipes. C'est que je n'attache jamais ma censure quand je conduis mon autodérision ! Me voici donc fonçant à vive allure sur l'âge ingrat qu'est la vieillesse pour lui rappeler que je suis et veux rester une « persona non gaga » ou plus loin écrasant sans vergogne quelques nouveau-nés choisis parmi nos récents néologismes abscons et technico-bluffeurs venus, une fois encore, s'embourber dans notre langue : procrastination, locaphage (ou locavore : au choix !), accidentogène et buvabilité, etc. Pan ! Sans le moindre coup de frein ! Pan dans le mille !