Petites formes sombres

Petites formes sombres
Anthologie
Ed. Orbis Pictus

Conçue comme une introduction à l'humour sombre et désespéré, cette compilation réunit une trentaine d'auteurs majeurs du dérisoire et du sarcasme. Le dénominateur commun de ces textes est leur forme courte : haïku, aphorisme, notule, pièce en un acte, roman en neuf lettres, chronique, histoire brève, page de carnet, nouvelle en trois lignes, autobiographie expresse, compte-rendu de poche, etc.

Lire aussi l'article du Matricule des Anges référencé sur lelibraire.com

L'anthologie de l'Oulipo/Livre + DVD

L'anthologie de l'Oulipo/Livre + DVD
Anthologie
Ed. Gallimard

L'anthologie de l'Oulipo

Créé autour de l'écrivain Raymond Queneau et du mathématicien François Le Lionnais, l'Oulipo compte parmi ses membres célèbres Georges Perec, Italo Calvino, Marcel Duchamp, Jacques Roubaud... C'est l'unique exemple dans le monde d'un groupe littéraire toujours actif et se renouvelant, un demi-siècle après sa création.
Jamais autant de textes de l'Ouvroir de littérature potentielle, aussi divers, n'ont été rassemblés en un volume unique. Pour le plus grand plaisir du lecteur, la langue, comme le poème, a ici kekchose d'extrême.

Le film L'Oulipo mode d'emploi

Ce documentaire est un portrait à la fois historique et actuel de l'Oulipo, mélangeant archives, scènes de la vie du groupe et entretiens avec ses membres. Semé d'astucieuses animations graphiques, ce film réjouissant nous fait découvrir un monde ludique, surprenant, protéiforme mais contraint - en un mot, oulipien.

Un film documentaire réalisé par Jean-Claude Guidicelli, écrit par Jean-Claude Guidicelli et Frédéric Forte, avec la collaboration d'Hervé Le Tellier et Daniel Levin Becker.

 

Sonnets

Sonnets
Shakespeare William
Ed. Hazard

C’est un monument ; l’une des quelques merveilles absolues du patrimoine littéraire de l’humanité. Les 154 Sonnets de William Shakespeare sont peut-être moins connus que les grandes œuvres dramaturgiques du barde de Stratford, Hamlet, Macbeth, Othello et consorts, mais ils n’ont cessé, depuis quatre cents ans, d’ensorceler les lecteurs et de passionner la critique, à la fois par leur beauté, expression suprême de l’art poétique élisabéthain, et par leur impénétrable mystère.
Car ces sonnets, s’ils participent pleinement à la légende de l’œuvre shakespearienne, en sont aussi l’une des énigmes. À qui s’adressent ces bouleversants poèmes d’amour, tour à tour ode à la procréation, hymne érotique et cri de rage jalouse ? Qui est ce mystérieux « W.H. » à qui le recueil est dédié ? Qui, enfin, est le « William Shakespeare » qui parle ici et semble, au crépuscule de sa vie théâtrale, tomber le masque pour mettre son cœur à nu ?
Après avoir redonné vie et vigueur à l’œuvre de Malcolm Lowry et à celle de Walt Whitman, Jacques Darras nous offre ces Sonnets comme on ne les avait jamais lus – ou, faudrait-il dire plutôt, comme on ne les avait jamais entendus. Car tout l’enjeu de cette nouvelle traduction est de nous faire entendre la musique, proprement inouïe, des vers de Shakespeare : une symphonie baroque, échevelée, d’une audace contemporaine et d’une splendeur inépuisable.

Cheveux emmêlés

Cheveux emmêlés
Yosano Akiko
Ed. Belles lettres
Court est le printemps,
Qu'y a-t-il dans la vie
Qui soit immortel ?
Et j'autorisai sa main
Sur la rondeur de mes seins

Ignorant la Voie
Insouciants de l'avenir
Méprisant la gloire,
Seuls ici s'aimant d'amour
Toi et moi nos deux regards

Véritable hymne à l'amour, à l'art, et à la jeunesse, Cheveux emmêlés (Midaregami) devient lors de sa parution en 1901 la référence de toute une génération de poètes. La jeune Yosano Akiko renouvelle alors puissamment le genre poétique du tanka (poème de trente et une syllabes) et libère l'expression de la sensibilité féminine. Les 399 poèmes du recueil disent tous la passion naissante de l'auteur pour son futur mari, poète lui aussi, dans une célébration aérienne du printemps et l'évidence joyeuse d'un coeur amoureux. Cette oeuvre capitale du romantisme japonais est ici traduite pour la première fois dans son intégralité en langue occidentale.

Sept chants d'Avenisao

Couverture non disponible
Emmanuel François
Ed. Esperluète
Inspiré par la légende d'Orphée Sept chants d'Avenisao est à la fois l'adresse d'un homme à une disparue et le récit fragmenté de son voyage entre mémoire et rêve pour tenter de la retrouver.
Sept chants marquent le dépouillement progressif du narrateur, sa mort peu à peu consentie, sa traversée de pays indéfinis, son errance au gré des voix et des présences, jusqu'à cette lumière tant espérée qui scella jadis la rencontre.

L'âge de verre

L'âge de verre
Swensen Cole
Ed. José Corti

Deuxième livre de l'auteur à paraître chez Corti - après Si Riche Heure en 2007 -, L'Âge de Verre retrouve le rythme de vers coupé qui est sa signature mais en alternance cette fois avec de brefs blocs de prose. L'auteur parcourt ainsi à sa façon l'histoire du verre et donc, surtout, celle de la fenêtre : tant l'invention de l'objet et ses conséquences sur le regard que nous portons sur le monde, que la représentation qui en est faite depuis la Renaissance. La peinture s'étant emparée de la fenêtre pour en faire son deus ex machina : la source de toute mise en scène, cadrage et perspective.

Raison pour laquelle cette histoire s'entretisse avec celle de Bonnard - le peintre des fenêtres s'il en est - poursuivant en sa compagnie, de vitre en reflet et réciproquement, une réflexion sur la réflexion. Poème de la traversée de la transparence et de ce qui la procure, ce livre noue et dénoue ce qu'il en est de la vue et de la vision, de l'intensification des diverses modalités du voir. Nicolas Pesquès

Hymnes à la haine. Poèmes

Hymnes à la haine. Poèmes
Parker Dorothy
Ed. Phébus

En dix-neuf poèmes assassins, publiés en 1916 dans Vanity Fair et réunis ici sous le titre évocateur d'Hymnes à la haine, Dorothy Parker n'épargne rien ni personne. Tout y passe : les maris, qu'elle dit haïr car «ils lui bouchent la vue», les femmes, la famille, qui lui «donne des crampes d'écriture», le théâtre, les livres, les films, les fêtes...

Féroce, drôle et d'une incroyable modernité, la plume de Dorothy Parker libère les frustrations et permet l'exultation de la rage et la formulation de ce qui devrait être tu.

«La plus belle volée de bois vert qu'une lady ait jamais flanquée à la société de son temps ! Jubilatoire.» Nathalie Cottin, Questions de Femmes

Poèmes. Gedichte

Poèmes. Gedichte
Mörike Eduard
Ed. Belles Lettres

Le recul de la littérature en Allemagne au XIXe siècle au profit de la philosophie donne-t-il raison à Hegel, prophète de « la fin de l'ère artistique » ? N'y aurait-il rien entre la mort de Goethe (1832) et le renouveau des années 1880 ? Heinrich Heine s'inscrit évidemment en faux contre ce jugement péremptoire. Mais une autre oeuvre domine ce temps, celle du Souabe Eduard Mörike (1804-1875). Conteur et nouvelliste, ce dernier a été cependant surtout un très grand poète lyrique.

Nourrie des Grecs et des Latins, inimaginable sans le siècle romantique et classique, sa langue est d'une rigueur formelle exceptionnelle. Elle dit une expérience de la vie tendue entre le proche et le lointain, le jeu et le sérieux, le matériel et le spirituel.

En des temps prosaïques partagés entre l'attente révolutionnaire et le repli sur une médiocrité maquillée en sagesse, Mörike a tenté de réenchanter le monde par le Verbe. Loin de l'histoire idolâtrée, il a fait de l'instant l'outil d'une saisie délicate de la réalité, mariant le concret à l'onirique.

Avec lui, la première place échoit aux sensations propres aux états transitoires. Par l'image, c'est à ces instants que s'accomplit dans l'écriture même qui la restitue l'alchimie délicate de la création poétique.

Les aphorismes de Zürau

Les aphorismes de Zürau
Kafka Franz
Ed. Gallimard/Arcades

Entre 1917 et 1918, Kafka séjourne huit mois chez sa soeur Ottla à Zürau, dans la campagne de Bohême. La tuberculose s'est déclarée, et crée chez l'écrivain dans sa retraite une intimité nouvelle avec l'idée de la mort. C'est durant cette période que sont nés ces « aphorismes » étranges et déroutants : alors que Kafka avait coutume de remplir des cahiers d'écolier d'une écriture serrée, ici au contraire il dispose une phrase, un paragraphe tout au plus, sur de petites feuilles volantes. Tout le reste de la page, étonnamment vide... À l'initiative de Roberto Calasso, ces aphorismes de Zürau sont livrés pour la première fois à une lecture telle que Kafka aurait pu la souhaiter. Quoiqu'il ait presque toujours répugné à la publication de ses textes, il est certain que cette disposition singulière était destinée à faire briller l'éclat foudroyant de sentences venues des abîmes. Car ses pensées y sont vertigineuses, parfois oraculaires, échappant toujours à l'explicitation univoque mais suscitant sans cesse la nécessité d'une méditation essentielle : le bien et le mal, le corps et l'esprit, le courage et la fuite, le chemin et le cercle, la création et la mort. Autant de motifs qui parcourent son oeuvre, mais ciselés ici à l'extrême, douloureux et resplendissants comme des pointes de diamant, regard d'un « oeil qui simplifie jusqu'à la désolation totale ». Mais cette désolation est pour Roberto Calasso une « splendeur voilée ».

La proximité de la mer. Une anthologie de 99 poèmes

La proximité de la mer. Une anthologie de 99 poèmes
Borges Jorge Luis
Ed. Gallimard/Du monde entier

Malgré une éclipse considérable de trente ans entre son troisième recueil - Cuaderno San Martín (1929) - et son quatrième - L'Auteur  (1960) -, durant laquelle il a composé ses proses les plus mémorables, Borges n'a cessé, sinon de publier, du moins d'écrire de la poésie. Peut-être parce que le poème relève pour lui d'une nécessité existentielle. S'il y a recours aux mêmes obsessions et paradoxes qui ont fait la célébrité de ses récits - labyrinthes, tigres et miroirs, jeux sur le temps, l'espace ou l'identité, mais aussi mythologie de faubourgs, de malfrats, de guitare et de couteaux qui est celle de la mïlonga et du tango, à laquelle il restera attaché toute sa vie -, c'est moins pour nous plonger et nous perdre dans leur fascinant vertige, que pour les interroger ou nous en communiquer mezza voce l'inquiétante familiarité. Dans ses poèmes, Borges médite et chante. Et ce croisement de pensée et d'émotion leur donne ce mélange très particulier de rigueur et d'abandon, d'emphase maîtrisée et de simplicité retorse qui fait leur tonalité singulière. Quelque chose qui hésite, entre le vers bien frappé et la confidence chuchotée, entre l'épique et l'élégiaque, entre le baroque et, nous dit Borges, « non pas la simplicité, qui n'est rien, mais la modeste et secrète complexité ». Jacques Ancet