Les esprits de Princeton

Les esprits de Princeton
Kehlmann Daniel
Ed. Actes Sud

Le grand scientifique Kurt Gödel est misé-rablement décédé, à Princeton, en 1978. Sa veuve et ses collègues venus assister à la veillée funèbre évoquent leurs souvenirs de ce scientifique atypique qui, ces dernières années, leur a donné du fil à retordre. Kurt Gödel, ou plutôt son esprit, est présent lui aussi, pour revivre les événements de sa vie, spectateur éthéré de son évolution.

Comme une épine dans l'oeil. La plainte de l'impératrice de Pina Bausch

Comme une épine dans l'oeil. La plainte de l'impératrice de Pina Bausch
Collectif
Ed. Arche

En novembre 1987, quand débute le tournage de La Plainte de l'impératrice, Pina Bausch est à l'apogée de sa gloire. Elle a porté la révolution dans le spectacle vivant, cassant tous les codes, inventant au fur et à mesure, pièce après pièce. Filmer, c'est pouvoir sortir de scène, du théâtre, c'est avoir accès à l'espace extérieur, à la nature. Il y a là le désir d'un appel d'air. Comment la chorégraphe et sa troupe de Wuppertal ont-ils trouvé le chemin qui conduit de la scène à la caméra ? Pourquoi ce film sera-t-il la seule réalisation cinématographique de Pina Bausch ? C'est ce que raconte cet ouvrage.

Avec des témoignages. Parmi eux, ceux de grands artistes qui furent ses contemporains. Des témoignages qui continuent encore aujourd'hui. Ils sont rassemblés, ici, pour la première fois. Federico Fellini, Pedro Almodóvar, bien sûr, mais aussi Bob Wilson, Heiner Müller, Pippo Delbono, et encore Wim Wenders, Susan Sontag, Hervé Guibert, Yannick Haenel, François Weyergans, Peter Esterhazy... Tous ont ressenti le désir compulsif d'écrire sur Pina Bausch, comme pour s'approprier son pouvoir et sa force.

Il y a, dans l'oeuvre de Pina Bausch, un avant et un après de La Plainte de l'impératrice. Le film reste une énigme et fixe un point de rupture dans l'oeuvre théâtrale, qui se transforme. Aujourd'hui Pina Bausch a disparu. La Plainte de l'impératrice, oeuvre maudite et culte, au titre prémonitoire, ne se rend toujours pas. Comme un phare solitaire.

Le tombeau d'Oedipe. Pour une tragédie sans tragique

Le tombeau d'Oedipe. Pour une tragédie sans tragique
Marx William
Ed. Minuit

Il faut sauver la tragédie grecque de toute la gnose philosophique et tragique qui l'accable depuis près de trois siècles. Il faut la sauver de notre conception moderne de la littérature et du théâtre. Il faut la sauver de nous-mêmes pour la retrouver ailleurs, très loin, dans les lieux les plus improbables : le nô japonais, la messe catholique, la psychanalyse freudienne... À moins qu'elle ne soit déjà plus nulle part.

Car la tragédie est aussi introuvable que le tombeau d'Oedipe, ce tombeau que Sophocle prit pour thème de sa pièce ultime, laquelle est également la dernière tragédie grecque connue.

Avec Oedipe à Colone pour fil conducteur, ce livre raconte l'histoire édifiante d'une incompréhension à laquelle nous sommes voués. Il révèle les incroyables trahisons et mutilations dont ces chefs-d'oeuvre furent les victimes et propose en retour quelques thèses - ou hérésies - susceptibles de bouleverser non seulement notre vision de la tragédie, mais notre conception même de la littérature et de ses pouvoirs - sur les lieux, les corps et les dieux.

Nul détour n'est aujourd'hui si troublant ni si salutaire.

Le théâtre

Le théâtre
David Martine
Ed. Belin poche

Du culte de Dionysos au théâtre de l'absurde, en passant par les mystères du Moyen Âge, la tragédie classique, le drame romantique ou le vaudeville, toutes les formes du théâtre sont ici étudiées. Texte, personnages, action dramatique sont analysés. Les techniques de la scénographie sont explorées, ainsi que le travail du comédien et du metteur en scène.

On trouvera en fin d'ouvrage un répertoire chronologique des auteurs et des oeuvres, un index des notions et un index des noms propres.

Les beaux jours d'Aranjuez. Un dialogue d'été

Les beaux jours d'Aranjuez. Un dialogue d'été
Handke Peter
Ed. Le Bruit du temps

La femme

Pourquoi plus de question ? Sans tes questions je ne peux pas continuer, je suis aveugle et muette. Grâce à tes questions je revois - non, je me mets à voir. Voir ce qui restait invisible à ce moment-là. Demande-moi. C'était prévu comme ça.

L'homme

Et qu'est-ce que tu vois, dans la cabane, dans la cabane de la saline perdue ?

La femme

La lumière.

Les Beaux Jours d'Aranjuez, écrit par Peter Handke en français durant l'été 2011, est un dialogue sur l'amour, dans une tradition que l'on pourrait faire remonter au Banquet de Platon. Une femme et un homme, dans la complicité que permet une longue intimité et la beauté d'un soir de l'été qui s'achève, parlent de l'amour, de la première fois, dans un jardin qui est comme le premier jardin. L'homme interroge, selon des règles qui semblent avoir été convenues à l'avance, par jeu. Aux souvenirs d'amour se mêlent des souvenirs de voyage et des descriptions du monde à l'entour (parfois menaçant) qui témoignent d'une attention exceptionnelle à ces signes de la nature, presque imperceptibles, qui sont indissociables des mystères que l'homme et la femme cherchent à déchiffrer.

Beat generation

Beat generation
Kerouac Jack
Ed. Gallimard

« Attends, écoute-moi trente secondes, je vais te montrer un truc, tu vois, mec, Jésus, il descend sur terre, et son karma, c'est de savoir qu'il est fils de Dieu, et qu'il va lui falloir mourir sur la croix pour assurer la sécurité, la sécurité éternelle du genre humain, c'était tout prévu à l'avance, même Judas... »

Beat Generation : une pièce au sujet de l'amitié, de l'angoisse et, aussi, du karma. Elle débute par un beau matin d'automne clair et frais, alors que quelques amis, honnêtes travailleurs pour certains, individus en voie de clochardisation pour d'autres, se passent de main en main une bouteille de vin. La pièce finit par la réaffirmation, en forme de satori, du pouvoir de l'amitié et de la valeur des petits échanges sans importance qui forment le fond de notre vie.

Shakespeare. La comédie de la loi

Shakespeare. La comédie de la loi
Ost François
Ed. Michalon

Il est d'usage de parler de la langue de Shakespeare. Cet ouvrage démontre qu'on pourrait tout aussi bien parler du droit de Shakespeare. Poète national qui forge le roman politique et juridique de la nation anglaise au tournant de la Renaissance, Shakespeare est l'archétype de ces «législateurs cachés» dont parle Shelley. Souvent cité aujourd'hui encore par la Cour suprême des États-Unis, Shakespeare traite quelques-unes des questions juridiques les plus fondamentales : entre l'esprit et la lettre de la loi, équité et formalisme juridique, que choisir ? De quelle légitimité les princes peuvent-ils se prévaloir ? Entre le vrai, le faux et le vraisemblable, où passe la vérité légale ? Les lois pénales sont-elles faites pour être appliquées ? Entre vengeance et pardon, comment équilibrer la balance de la justice ? Ces questions, Shakespeare ne les traite pas à la manière d'un manuel de droit ; il les performe par la grâce du théâtre. Ses pièces sont des laboratoires des passions juridiques ; le faux est traqué derrière les apparences, et l'injuste dénoncé sous le légal. Réalisant un parcours buissonnier dans une oeuvre monumentale, cet ouvrage s'attarde sur six chefs d'oeuvre dont l'éclairage juridique révèle des dimensions insoupçonnées : Le Marchand de Venise, Mesure pour mesure, Richard II, Jules César, Hamlet, et Le Roi Lear.

Dans le cercle magique du théâtre du Globe, c'est l'humanité entière qui est convoquée ; et dans le creuset bouillonnant du théâtre élisabéthain se joue une formidable Comédie de la Loi qui accouche de notre modernité. Contribution essentielle au courant «droit et littérature», cet ouvrage, le premier en langue française à aborder Shakespeare sous l'angle du droit, pourrait bien également renouveler durablement les études shakespeariennes.

Dominique Bagouet/Livre - DVD

Dominique Bagouet/Livre - DVD
Collectif
Ed. Maison d'à côté

Chorégraphe essentiel dans le paysage de la danse contemporaine française, disparu prématurément en 1992, Dominique Bagouet n'a cessé de mêler la danse aux autres arts, cherchant avec ses danseurs un langage toujours plus riche au fil des années.

Parler de... Dominique Bagouet

Le livre regroupe des textes demandés à Christine Rodès autour de mots-clés qui lui semblent refléter les particularités du chorégraphe, ainsi que des entretiens que Dominique Bagouet avait eus avec des journalistes, parfois en public ; enfin des écrits sur les oeuvres présentées complètent l'ensemble.

Voir enfin... Dominique Bagouet

Un premier DVD permet au grand public d'accéder pour la première fois à trois oeuvres majeures de Dominique Bagouet : F. et Stein, Le Saut de l'ange et Meublé sommairement. Filmées en représentation par Charles Picq au moment de leur création, ces captations constituent parfois l'unique mémoire de ces oeuvres.

Un deuxième DVD regroupe des documents d'archives (répétitions et entretiens), afin d'apporter un autre regard sur la fabrication de la danse.

Un libre aller-retour entre le texte et l'image laisse au spectateur le loisir de parcourir les documents audiovisuels, archives «brutes», ou de s'arrêter sur l'écrit, commentaire non illustratif des images en mouvement.

Habiter un théâtre. Inventer et partager un Centre dramatique national à Sartrouville

Habiter un théâtre. Inventer et partager un Centre dramatique national à Sartrouville
Fréchuret Laurent
Ed. Solitaires intempestifs

Nous ne comprenions pas tout, mais nous ressentions beaucoup. Nous étions reliés par quelques rêves. Nous avons franchi les portes du théâtre et habité la maison. Nous l'avons voulue ouverte sur la cité. Une maison où l'on n'accueille pas seulement des artistes mais où l'on est accueilli par des artistes. Une maison dont la pièce maîtresse, le foyer central est la scène, c'est-à-dire un projet dirigé du plateau. Une expérience qui prend pour point de départ, à chaque fois, le rêve de réunir les poètes, les acteurs, tous les artisans du théâtre, pour raconter, pour rencontrer des histoires. Ce livre est une balade. Un carnet de notes sur le désordre. Des notes de travail, des notes en travail. Ce livre est une boîte toujours entrouverte, pleine de visages et de corps, de mots, de pensées et de présences, de lueurs. Une mémoire vive, les fondations de chantiers à venir.

Laurent Fréchuret

Les voyages du comédien

Les voyages du comédien
Banu Georges
Ed. Gallimard

L'acteur rend muet ou enthousiaste. Mais il rend également inapproprié tout discours programmatique autant qu'il interdit toute approche systématique. Pour Georges Banu, il ne s'agit pas de proposer une théorie globale, mais plutôt de formuler un modèle 'mental', le modèle de 'l'acteur insoumis' nourri des expériences biographiques et des données culturelles. Cet acteur, par-delà le rôle, révèle une identité de plateau, identité artistique dont le public saisit la dimension unique. Le livre de Georges Banu invite à faire 'les voyages du comédien', en passant de l'acteur européen à l'acteur oriental, de l'acteur travesti à l'acteur étranger ou à l'acteur âgé. Il convoque et évoque certains des grands interprètes de notre temps, Gérard Philipe, Ryszard Cieslak, Sotigui Kouyaté, Yoshi Oida, André Wilms, Philippe Clévenot, Valérie Dréville, Hugues Quester, Marcel Iures... Ils représentent ces acteurs rares et singuliers qui vont 'au-delà du rôle'. Les voyages du comédien est né d'une fréquentation constante des salles et d'une passion pour l'acteur-poète. Livre d'un parcours de spectateur parvenu à son terme, spectateur ayant encore les yeux rivés sur l'acteur vivant qui, tout en interprétant un personnage, témoigne et se révèle depuis les plateaux de théâtre.