Miniatures théoriques. Repères pour un paysage de la scène moderne

Miniatures théoriques. Repères pour un paysage de la scène moderne
Banu Georges
Ed. Actes Sud

Georges Banu dégage dans cet ensemble de « miniatures théoriques » certains « noeuds poétiques » autour desquels s'organise le paysage théâtral d'une époque. Il se fie à sa « bibliothèque intérieure » que constituent les spectacles vus au fil du temps et dont sa mémoire a gardé la trace ainsi que le plaisir.

Très personnel et subjectif, ce livre s'apparente à un cabinet de curiosités, une collection privée à l'aspect faussement disparate, car tous les éléments sont reliés au nom d'une posture commune : le théâtre vu de près. Ces textes saisissent des « points de fixation » de la scène contemporaine : une question récurrente (« Vidée, la scène vide ? »), un bonheur secret (« Neige »), un choix significatif (« Chapeaux melon et godillots usagés ») ou encore une porte ouverte (« Les saluts ou le protocole de la fin »)...

Ces brefs écrits se placent sous le signe d'une rare phrase optimiste de Beckett : « Se donner du mal pour les petites choses, c'est parvenir aux grandes, avec le temps » !

Le clown Arletti. Vingt ans de ravissement

Le clown Arletti. Vingt ans de ravissement
Collectif
Ed. Magellan & Cie

Dans ce livre, Catherine Germain, actrice, et François Cervantes, auteur et directeur artistique de la compagnie L'entreprise, témoignent de leur collaboration insolite, depuis vingt ans, autour du clown Arletti.

« Dans ces moments de ma vie où j'ai ri comme ça, je crois que j'ai reconnu des désirs impossibles et des échecs fondateurs. Sans le savoir, en riant, j'apprenais quelque chose de fondamental.
Les clowns sont des livres de chair. » François Cervantes

« En mettant au monde Arletti, j'ai découvert une poésie que je ne soupçonnais pas vivre en moi. » Catherine Germain

 

Craig et la marionnette

Craig et la marionnette
Catalogue d'exposition
Ed. Actes Sud

Important théoricien de l'art de l'acteur et de la représentation scénique, Edward Gordon Craig (1872-1966) fit de nombreuses recherches sur la marionnette, qu'il considérait comme un modèle à suivre pour le comédien. Au fil de ses réflexions et de ses tentatives pratiques, il constitua une importante collection de marionnettes de différentes époques et de plusieurs pays et rassembla des documents sur cet art scénique, à partir duquel il forgea le concept de 'sur-marionnette'. Outre une large partie du fonds Craig de la BNF, ce catalogue d'exposition présente plusieurs spectacles contemporains, établissant ainsi les prolongements de la pensée du metteur en scène anglais dans la pratique actuelle de la marionnette.

 

Oposito. L'art de la tribulation urbaine

Oposito. L'art de la tribulation urbaine
Bertrand Dicale & Anne Gonon
Ed. L'Entretemps

Quatre motos zoomorphes déboulent en ville, chevauchées par des guerriers kidnappeurs et une mariée armée d'un fouet. Ainsi débute la folle épopée d'Oposito, une compagnie « des arts de la rue » qui a fait irruption il y a 25 ans et n'a cessé d'évoluer au fil de ses rencontres avec d'autres artistes. Son but : l'espace urbain, faire basculer le quotidien et embarquer le public dans ses histoires. Un public conquis spectacle après spectacle, à grands renforts de mises en scène poétiques, de costumes et de créatures rêvés. Oposito, une aventure humaine et artistique animée par ses deux fondateurs, Enrique Jimenez et Jean-Raymond Jacob, avec des artistes du monde entier et le public.

Cet art de la tribulation urbaine recèle des savoir-faire et des manières d'être que Bertrand Dicale et Anne Gonon décrivent à partir de trois spectacles déambulatoires qui ont fait la renommée de la compagnie : Transhumance, l'heure du troupeau (1997), Les Trottoirs de Jo'burg... mirage (2001) et Toro (2006). Tous les trois inspirés de rencontres, parcours et voyages, ont en commun leur forme : des spectacles en mouvement, écrits pour la foule et les grands espaces

Joël Pommerat, troubles

Joël Pommerat, troubles
Joëlle Gayot & Joël Pommerat
Ed. Actes Sud

Deux voix se croisent et cherchent à définir au mieux le langage théâtral si particulier de Joël Pommerat et de sa Compagnie Louis Brouillard. Joëlle Gayot a recueilli, au fur et à mesure de ses rencontres avec lui, la parole de l'écrivain et metteur en scène, évoquant sa manière de travailler, ses doutes, et ses évolutions. Joël Pommerat a ensuite commenté les images de ses créations, oeuvres tout à la fois plastiques, sonores et pleinement incarnées par sa troupe.

Bharata. L'origine du théâtre, la poésie et la musique en Inde

Bharata. L'origine du théâtre, la poésie et la musique en Inde
Daumal René
Ed. Gallimard/Blanche

René Daumal ne fut pas seulement l'auteur du Mont analogue et l'un des protagonistes du Grand Jeu, ce mouvement qui fit beaucoup parler de lui vers 1929, il fut aussi un grand connaisseur de la pensée hindoue et un remarquable traducteur. Bharata (mot qui désigne à la fois l'Inde en sanskrit et l'auteur d'un traité classique sur l'origine du théâtre) réunit tous les essais/études que Daumal consacra à la littérature hindoue. Ces études sont accompagnées de traductions du sanskrit, langue qui offre la particularité unique d'avoir été construite (samskrita = fabriqué) et que Daumal considérait à juste titre comme le monument par excellence de l'Inde.

Non content d'entreprendre des traductions inédites (c'est le cas du traité sur le théâtre de Bharata et du début d'un hymne du Rig Véda), Daumal s'efforça d'améliorer celles que nous possédons de certaines Upanishads et même de la célèbre Bhagavad-Gità. Sa mort prématurée ne lui permit pas de mener à bien ces grandes entreprises. Néanmoins, dans les fragments de traductions qu'il a laissés et qui figurent dans Bharata, on décèle, à côté d'une parfaite fidélité, une compréhension exceptionnelle du génie de l'Inde.

Par ce livre, comme par certains essais qui parurent dans Chaque fois que l'aube paraît, on s'aperçoit, sans l'ombre d'un doute, que si Daumal avait vécu il serait devenu l'un des maîtres à penser de ce temps.

Emmanuel Demarcy-Mota, Arthur Nauzyciel, James Thiérrée. Un théâtre apatride

Emmanuel Demarcy-Mota, Arthur Nauzyciel, James Thiérrée. Un théâtre apatride
Godard Colette
Ed. Arche

Comment les classer ? Ils ne sont jamais précisément là où on les attend, mais un peu à côté, sur le trottoir d'en face, en train de bouger. Dans leur travail, leurs recherches comme dans leur vie et dans leur tête, ils explorent. À force de passer les frontières quelles qu'elles soient, ils les effacent. Les oublient. Ils ne se sentent ni d'ici ni d'ailleurs. Plutôt d'un entre-deux aux limites indécises et mouvantes, couvrant la terre entière tout en se confinant au plateau qui devient leur domaine le temps d'un spectacle.

Israel Galvan. Danser le silence

Israel Galvan. Danser le silence
Frayssinet Savy Corinne
Ed. Actes Sud

Avec Israel Galván, la danse flamenca s'engage sur le terrain de la performance conçue comme un 'processus'. Elle devient une 'proposition', 'une création en acte'.

Depuis 1998, avec le spectacle ¡ Mira ! Los zapatos rojos, premier jalon de sa collaboration avec le plasticien Pedro G. Romero, le solo s'impose à Israel Galván comme une nécessité d'être devant l'héritage flamenco qu'il porte en lui. Il le ramène au fondement éthique du flamenco, una forma de ser, autrement dit un mode d'être. Défiant toute posture artistique, il s'agit d'une mise en jeu de soi au travers du geste vocal ou dansé. A l'écoute de cette pratique, Israel Galván réévalue la danse flamenca dans sa conception de numéro, élaborée à l'époque des cafés cantantes (cafés concerts), encore présente aujourd'hui dans le cuadro flamenco (spectacle à numéros chantés, dansés et instrumentaux).

Israel Galván de los Reyes (Séville, 1973) apprend la danse dès l'enfance avec son père, le danseur José Galván, et sa mère, la danseuse Eugenia de los Reyes. En 1994, il entre dans la Compañía Andaluza de Danza dirigée par Mario Maya. Dès 1998, Israel Galván présente ses propres créations. Une trajectoire peu commune commence, jalonnée par l'obtention des prix les plus prestigieux du flamenco et de la danse. En 2005, il reçoit le Premio nacional de Danza - domaine de la création - attribué par le ministère de la Culture espagnole 'pour sa capacité à générer dans un art tel que le flamenco une création nouvelle sans oublier les véritables racines qui l'ont nourri jusqu'à nos jours, et qui le constituent comme un genre universel'. Dix créations voient le jour entre 1998 et 2008. Elles définissent une étape fondamentale dans l'évolution de la danse et de la création chorégraphique flamenca.

Le repos

Le repos
Banu Georges
Ed. Solitaires intempestifs

Ariane Mnouchkine s'adresse à un acteur trop paniqué face à ses tâches : « Regarde ça comme on regarde les nuages et ça viendra. » Le repos détend et, en surmontant la crispation, libère ce qui autrement restait bloqué. C'est sur une plage ou, autrefois, dans un jardin que j'ai trouvé l'architecture des livres que je préparais obstinément sans pour autant pouvoir voir clair. « Les nuages, mes meilleurs amis », notait Cioran, un partisan actif du repos.

La Part de l'oeil n°24/Ce qui fait danse. De la plasticité à la performance

La Part de l'oeil n°24/Ce qui fait danse. De la plasticité à la performance
Revue
Ed. Part de l'oeil

Je n'ai pas trouvé la maison.

Ce sont les premiers mots du Garçon lorsqu'il arrive chez les parents de la Fille et frappe à la porte. Là, sur le seuil de cette maison étrangère, débute le théâtre de Fosse. Ouvrons la porte et entrons.