Rêveries italiennes

Rêveries italiennes
Dominique Fernandez et Joël Laiter
Ed. Imprimerie nationale

Telle est la nature du « livre d'art » : essentiellement didactique et pédagogique. Rien de tel avec l'ouvrage de Joël Laiter, dont le titre indique bien le caractère intimiste, ludique, poétique, franc-tireur : Rêveries italiennes. Le photographe ne se soucie pas de faire le magister, il ne pense aucunement à notre instruction. Nous faire rêver, oui, élargir notre espace intérieur, éveiller en nous des résonances inconnues, nous troubler, nous inquiéter, voilà le principe et l'ambition de son entreprise. [...] Parmi ces images, il y a souvent, bien entendu, des « oeuvres d'art », des statues, des morceaux de fresque, des bouts de corniche, des coupoles d'église, mais ces « oeuvres d'art » ne sont pas vues ni aimées en tant que telles, elles ne sont vues et aimées que parce qu'elles constituent des éléments de décor dans la vie italienne de tous les jours. Elles ne « valent » pas plus à ses yeux qu'un rayon de lumière sur un mur ou une pénombre de sacristie. Elles n'occupent pas dans sa hiérarchie personnelle un degré plus haut qu'un banc abandonné dans un jardin, une entrée de château armoriée, un rideau qui bat contre une fenêtre. [...] Les « oeuvres d'art » cataloguées comme telles sont si nombreuses en Italie, si célèbres, qu'on a tendance à oublier que tout y relève (y relevait) d'un goût unique pour la beauté : non seulement les tableaux et les statues qu'on trouve à foison dans les musées, dans les églises, dans les palais, mais ce qui s'offre aux yeux de qui sait regarder en dehors des lieux spécialisés où la beauté se concentre.

Nous savions, certes, que tout est beau et harmonieux de l'autre côté des Alpes, mais nous ignorions que la brillante scénographie qui est à l'oeuvre dans chaque église, dans chaque palais, dans chaque élément du décor de la vie quotidienne, abrite avec autant d'élégance ces valeurs de recueillement, de silence, de secret.

Cordoue : la grande mosquée et l'Espagne mozarabe alerte

Cordoue : la grande mosquée et l'Espagne mozarabe alerte
Stierlin Henri
Ed. Imprimerie nationale

Si l'on mesure à 1'aune de l'architecture la production des édifices religieux en Espagne, dans les Asturies et dans le califat omeyyade, on saisit la disparité qui existe entre le David mozarabe et le Goliath arabe. Au regard des minuscules chapelles et des espaces cloisonnés des églises du Nord de la péninsule, l'immensité de la salle de prière de Cordoue ne laisse pas augurer du succès de la Reconquista ni de la victoire des rois catholiques, un demi-millénaire plus tard. Un jour pourtant, à Grenade, l'énormité du palais de Charles Quint tentera d'éclipser les fines dentelles de stuc de l'Alhambra. La donne aura changé. De même, la relative faiblesse des effectifs des envahisseurs arabes en Espagne est à mettre en parallèle avec la masse des populations autochtones hispano-romaines. Néanmoins, ce sont celles-ci qui ont subi la dynamique d'un peuple lancé à la conquête du inonde ancien et dont l'unique bagage résidait dans le message coranique que ses croyants aspiraient à délivrer à l'humanité. Là aussi, l'échelle relativise le constat, tout en le rendant plus mystérieux encore.

Tel est l'intérêt d'une enquête remettant en perspective les acteurs d'un affrontement militaire autant que culturel, religieux aussi bien qu'artistique. Sa valeur n'est-elle pas de mesurer l'aventure humaine dans ce champ clos que fut alors la péninsule ibérique ? La civilisation s'y jouait à pile ou face. L'histoire n'y fut pas linéaire, elle a connu retournements et soubresauts. Et les résultats s'y mesurent aujourd'hui à l'échelle de la planète, dont une vaste partie parle le castillan, après la conquête planétaire qui résultait de la « reconquête »...

Journal des lointains n°1

Journal des lointains n°1
Revue
Ed. Buchet Chastel

Revue de textes littéraires consacrés au voyage

Où Jean-Louis Kuffer traque, entre Suisse et Canada, le souvenir d'une institutrice voyageuse... Où Louis-Philippe Dalembert arpente les rues dévastées du Port-au-Prince post-Aristide... Où Yvon Le Men et Marc Trillard s'enfoncent, par des chemins opposés, dans le Mali de l'intérieur pendant la grande Tabaski... Où Sami Tchak voit danser une tout autre N'Djamena que dans les chansons populaires... Où Björn Larsson se débat dans le Salento sous l'assaut d'hospitalité de ses habitants... Où éric Sarner scrute Berlin dans sa mémoire et ses aujourd'hui... Où Edouardo Manet et François Salvaing éprouvent des sentiments souvent contradictoires en s'approchant des deux plus célèbres murs d'Israël... Où Xavier Bazot se retire dans un village arabe du Proche-Orient paisible et traversé des rumeurs de la guerre... Où Marc de Gouvenain fait l'expérience de ses limites mentales sur les pentes des montagnes tibétaines... Où Linda Gardelle vient à la consolation d'une bergère mongole trompée par un Occidental... Où Wei Wei plonge dans un Yunnan encore bien installé dans ses traditions... Cependant que Loïc Finaz médite sur la prochaine circumnavigation qui l'emmènera revoir certains détroits...
Présentation de l'éditeur

L'âge d'or des cartes marines : quand l'Europe découvrait le monde

L'âge d'or des cartes marines : quand l'Europe découvrait le monde
Collectif
Ed. Seuil

Avec leur abondance d'ors, d'enluminures et d'ornements, les portulans, ces somptueuses cartes marines nées vers le XIIIe siècle dans les ports de Majorque, Gênes ou Venise, et qui accompagnèrent les Européens dans leurs premiers grands voyages de découverte des nouveaux mondes, fascinent autant l'amateur que le spécialiste.

Puisant dans la collection exceptionnelle de la BNF - près de cinq cents documents -, L'Âge d'or des cartes marines présente, avec quatre-vingts de ses plus belles « cartes portulans », une vue d'ensemble des écoles qui se sont succédé jusqu'au XVIIIe siècle. Sans compter la fameuse « carte pisane », la plus ancienne, on découvre ici, parmi bien d'autres, cinq trésors cartographiques : l'Atlas catalan (1375), le planisphère du Génois Nicolò de Gaverio (vers 1505), l'atlas portugais dit Atlas Miller (1519), la Cosmographie universelle du Havrais Guillaume Le Testu (1556) et la carte du Pacifique du Hollandais Hessel Guerritsz. (1622).

À travers les éléments d'un système graphique complexe qui permettait aux marins de s'orienter et de faire le point, on déchiffre avec délices, le long des rivages, la succession des noms de ports et mouillages, tandis qu'à l'intérieur des continents les peuples et les moeurs, la faune et la flore, les paysages des nouveaux mondes se révèlent au fil des découvertes de l'Afrique, de l'océan Indien, des Amériques et du Pacifique, le long des nouvelles routes vers les îles aux épices de l'Extrême-Orient. Car les premières représentations des terres et des peuples lointains ne doivent pas qu'à une indéniable curiosité ethnologique : ces images enluminées illustrent aussi clairement les rivalités pour l'hégémonie politique, culturelle et économique des grandes puissances maritimes européennes qui ont aiguillonné les navigations européennes et l'exploration du monde jusqu'au XVIIIe siècle.

Bénéficiant des contributions d'une quinzaine de spécialistes européens, cet ouvrage propose un regard élargi sur les nouveaux défis des traversées transocéaniques qui ont transformé les traditions cartographiques antiques du Grec Ptolémée ou celles des prédécesseurs arabes ou asiatiques. On y comprend comment, à partir du contournement de l'Afrique par Bartolomeu Dias en 1488 et des explorations de Vasco de Gama dix ans plus tard, les relevés des navigateurs du XVIe siècle ont permis aux compagnies commerciales européennes (notamment la Compagnie des Indes néerlandaises, la célèbre VOC) d'infiltrer le très riche marché contrôlé par les navigateurs arabes, persans, indiens et indonésiens. Et, tout en suivant les aléas de cette expansion formidable de la puissance européenne sur l'ensemble du globe, on est captivé par les rêves qui s'attachèrent à ces entreprises extraordinaires.

Aventuriers du monde. Les derniers grands explorateurs français (1866-1914)

Aventuriers du monde. Les derniers grands explorateurs français (1866-1914)
Fournié (dir.) Pierre
Ed. Folio/Gallimard

Ils s'appelaient Savorgnan de Brazza, Charcot, Pavie, Garnier. Ils étaient diplomates, marins ou savants. Une poignée d'aventuriers, réfractaires, rêveurs, têtes brûlées parfois, que la France lança à la conquête du monde.

Sur des embarcations de fortune, avec quelques supplétifs, ces hommes en quête d'absolu franchirent les dernières frontières connues.

Du cap Horn aux plateaux de Mongolie, du Tibet interdit à la cordillère des Andes en passant par Samarkand, en remontant le Niger ou le Mékong, ces Aventuriers du monde, issus pour nombre d'entre eux d'une administration qui a toujours su conjuguer la tradition et l'ouverture, l'engagement et la passion du voyage, explorent une filiation originale de passeurs.
Présentation de l'éditeur

Artistes de la carte : de la Renaissance au XXIe siècle

Artistes de la carte : de la Renaissance au XXIe siècle
Hofmann Catherine
Ed. Autrement

Depuis la Renaissance, la carte est l'instrument par excellence d'appropriation du territoire. Commanditée par les puissants, elle est marine pour la navigation, militaire ou d'état-major pour conduire la guerre et coloniser, administrative pour gérer les pays.

La fascination pour les cartes tend à faire oublier le travail qui précède la production de ces images si particulières. Compilées ou assemblées dans la solitude d'un cabinet de travail, elles résultent des observations recueillies sur le terrain par les astronomes, géomètres, marins, explorateurs, arpenteurs, géographes... jusqu'aux citoyens du XXIe siècle qui contribuent à la cartographie participative accessible sur Internet.

Les cartographes, dont le travail restait pour une part anonyme, ont souvent été oubliés de l'histoire. Les voici réhabilités grâce à cet ouvrage qui, pour la première fois, décrit et analyse leur façon de travailler, leur marge de manoeuvre, leur inventivité, leur pouvoir de décision ainsi que les liens qui les unissaient aux commanditaires de la carte.

Voyage en Russie. Sur les traces de Michel Strogoff

Voyage en Russie. Sur les traces de Michel Strogoff<br />
Michel Rémy
Ed. L'Arpenteur

 

Héros de l'excellent roman d'aventure de Jules Verne, Michel Strogoff s'est enrôlé dans le corps des courriers du tsar et a entamé une course épique de cinq mille cinq cent vingt-trois kilomètres à travers la Russie. De Moscou à Irkoutsk, en train, en bateau, en voiture, les deux auteurs de ce livre ont suivi la route de Michel Strogoff, à la recherche de la «sainte Russie». Partis en enquêteurs attentifs à saisir les traces d'un passé que l'on croyait enfui, ils font renaître dans ces pages les merveilleuses contrées de l'empire du froid. Le temps n'a pas tout effacé... Les peuples de Russie n'ont guère changé: Slaves, Tatares, Kirghiz, Ouzbeks et Mongols se croisent et s'entrecroisent toujours au coeur de ces villes que Michel Strogoff arpentait avec impatience. Certaines d'entre elles, telles Souzdal ou Tomsk, ont gardé le charme des cités anciennes qui se sont assoupies en rêvant à leur brillante histoire. Des villages entiers, avec leurs isbas plantées au milieu de petits jardins, sont passés sans transition du XIXe au XXIe siècle. Un peu partout, le paysage est scandé par les bulbes multicolores des églises, où resplendissent à nouveau l'or et la lumière des icônes. Et, tout au long du légendaire trakt sibérien, qui traverse les sombres forêts de l'Oural et s'étire dans les immensités de la steppe brûlée par le soleil avant de s'enfoncer dans les marais hostiles de la Baraba, nos deux auteurs nous plongent dans l'atmosphère de ce roman qui fascina tant de générations de lecteurs.
Présentation de l'éditeur

Déserts absolus

Déserts absolus
Steinmetz Georges
Ed. La Martinière

« Un projet assez obsessionnel m'occupe depuis quinze ans et m'a emmené dans trente pays, y compris dans des lieux - en Iran, au Yémen, au Tchad et au Pérou - qui n'avaient jamais été photographiés depuis le ciel.
Je me suis intéressé tout particulièrement à ce que les scientifiques appellent ' les régions hyperarides ', c'est-à-dire qui reçoivent moins de dix centimètres de précipitations par an. Ces déserts sont d'une beauté irréelle, et l'on y découvre les milliers de façons dont la vie parvient à se maintenir dans les conditions les plus extrêmes. Les déserts du monde ont chacun leur spécificité, et pourtant, ils présentent de nombreux points communs : les dunes de sable, les lacs salés, l'érosion éolienne, les ruines de civilisations perdues et des formes tenaces de faune ou de flore bien adaptées. Ces traits communs prennent chaque fois des formes différentes, toujours intéressantes et étrangement belles. »
George Steinmetz

La route de la soie ou les empires du mirage

La route de la soie ou les empires du mirage
Edith & François-Bernard Huyghe
Ed. Seuil jeunesse/Un livre documentaire animé !

Par les routes de la soie ont circulé, d'Alexandre le Grand à Tamerlan, richesses, influences et savoirs, mais aussi toutes les fantasmagories. La fresque magistrale d'Edith et François-Bernard Huyghe, récit de voyage à travers le temps, se singularise par son remarquable esprit de synthèse pour expliquer la circulation matérielle des richesses et des hommes par la circulation invisible des idées, des croyances, des cultures.
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Les mains dans la terre

Les mains dans la terre
Muller Camille
Ed. Ulmer

Les mains dans la terre, laissant son intuition et la nature s'exprimer, Camille Muller crée à chaque fois un jardin unique, fruit de sa relation avec le vivant. A l'écoute du biotope et de l'humain, il développe une approche inventive dans laquellle l'écologie tient un rôle majeur.

Un parcours à travers dix-sept jardins, autant d'histoires singulières. Des dessins au crayon gris-bleu, jardins et paysages en devenir, traduisent l'intention et l'esprit des projets. Dans un cahier central, le processus de création très personnel du paysagiste est explicité d'étape en étape par la réalisation du jardin potager de Lantilly, en Bourgogne. Mais les jardins parlent d'eux-mêmes, grâce aux images sensibles et lumineuses de Claire de Virieu, qui a suivi le paysagiste sous toutes les latitudes.