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Mathias Enard

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Par une nuit décisive, un voyageur lourd de secrets prend le train de Milan pour Rome, muni d'un précieux viatique qu'il doit vendre le lendemain à un représentant du Vatican pour ensuite - si tout va bien - changer de vie. Quinze années d'activité comme agent de renseignements dans sa Zone (d'abord l'Algérie puis, progressivement, tout le Proche-Orient) ont livré à Francis Servain Mirkovic les noms et la mémoire de tous les acteurs de l'ombre (agitateurs et terroristes, marchands d'armes et trafiquants, commanditaires ou intermédiaires, cerveaux et exécutants, criminels de guerre en fuite...). Mais lui-même a accompli sa part de carnage lorsque la guerre en Croatie et en Bosnie l'a jeté dans le cycle enivrant de la violence.
Trajet, réminiscence, aiguillages, aller-retour dans les arcanes de la colère des dieux. Zeus, Athéna aux yeux pers et Arès le furieux guident les souvenirs du passager de la nuit. Le train démarre et, avec lui, commence une immense phrase itérative, circulatoire et archéologique, qui explore l'espace-temps pour exhumer les tesselles de toutes les guerres méditerranéennes. Car peu à peu prend forme une fresque homérique où se mêlent bourreaux et victimes, héros et anonymes, peuples déportés ou génocidés, mercenaires et témoins, peintres et littérateurs, évangélistes et martyrs... Et aussi les Parques de sa vie intérieure : Intissar l'imaginaire, la paisible Marianne, la trop perspicace Stéphanie, la silencieuse Sashka...

S'il fallait d'une image représenter la violence de tout un siècle, sans doute faudrait-il choisir un convoi, un transport d'armes, de troupes, d'hommes acheminés vers une oeuvre de mort. Cinquante ans après La modification de Michel Butor, le nouveau roman de Mathias Enard compose un palimpseste ferroviaire en vingt-quantre "chants" conduits d'un seul souffle et magistralement orchestrés, comme une Iliade de notre temps.

(Présentation de l'éditeur)

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Commentaires

Ecrit par Lyonel Baum
29/09/2008

Excellent roman de Mathias Enard dont la structure est à la fois linéaire (le train) et circulaire (la mémoire , les pensées). Francis Servain Mirkovic, le narrateur , est un mâle-soldat qui n'a pas la sécheresse de ceux de Jonathan Littell. Il n'est pas un héros. La zone méditerranéenne a été le theatre de guerres sanglantes , d'histoires singulières, de morts innombrables (autant de morts que les traverses des rails du TGV pandolino Milan-Rome) . Developpement sur Knol ( http://knol.google.com/k/lyonel-baum/zone/2k8pqpdqx6p8k/27#view ).



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