Les enfants perdus du franquisme

Ed. Aden
Date de publication : 01/09/2012
L'une des pages les plus noires du franquisme est enfin mise au jour à travers le récit historique et les témoignages des victimes de ce que le juge Garzon a considéré comme étant un crime imprescriptible et non amnistiable de disparition forcée : plus de 30 000 enfants arrachés à leurs parents pour être 'rééduqués', sous la tutelle de l'Etat ou des familles proches du régime, selon les thèses eugénistes du psychiatre militaire Antonio Vallejo Nagera.
Les recherches sur le 'biopsychisme du fanatisme marxiste', menées par ce dernier auprès des combattants internationaux et des prisonnières républicaines espagnoles, ont conduit les autorités franquistes à considérer le marxisme comme une infériorité mentale et à prescrire la ségrégation totale des enfants dans le but de la régénération de la 'race de l'hispanité', mise en danger par les velléités démocratiques des opposants politiques.
'Perdus car souvent morts dans les trains de marchandises qui les transféraient des camps de concentration vers les prisons. Perdus car morts de froid, de faim, de maladies. Perdus car l'éducation qu'ils ont reçue était destinée à les priver de l'avenir que leurs parents avaient forgé pour eux. Perdus car beaucoup d'entre eux prirent en horreur l'idéologie de leurs parents, devenus des perdants, qui les avait mis au ban de la société. Perdus car en grand nombre disparus ou donnés en adoption régulière. Perdus car ils ne virent jamais plus leur famille.'