Tropismes vous invite à rencontrer Polina Panassenko à l'occasion de la récente parution de À voix haute aux éditions de l'Olivier.
Elle a vingt ans et veut devenir actrice. Après avoir grandi en France, elle retourne en Russie chez son grand-père, pour entrer à l’École du Théâtre National de Moscou. Mais à l’École comme dans sa famille, quelque chose résiste.
Pendant qu’on répète Les Trois Sœurs de Tchekhov, la réélection de Vladimir Poutine déclenche des manifestations. Le soir, le grand-père commente les informations. Sa petite-fille l’interroge sur le passé. En guise de réponse, il pose parfois sous ses yeux une photo, un vêtement, une pièce de monnaie qui a appartenu à l’arrière-arrière-grand-père. Voilà, c’est à toi. Des objets qui vont se transformer en éléments d’enquête.
Quels secrets cachent les photos de l’album vert ? Pourquoi ne faut-il pas parler près de la porte d’entrée ? Pour découvrir ce qu’on ne lui dit pas, la narratrice devra apprendre à écouter les silences et à poser des questions, à voix haute.
Dans ce roman extraordinaire, voyage au bout de la mémoire, Polina Panassenko plonge dans l’héritage d’un pays, mettant au jour des vies brisées par le Goulag et la peur qui se transmet d’une génération à l’autre. Un pays dans lequel subsiste, malgré tout, l’espoir de liberté et de justice.
Tropismes vous invite à une rencontre exceptionnelle avec Mariana Enriquez à l'occasion de la parution de J'irai marcher sur vos tombes aux éditions du sous-sol, traduit de l'espagnol par Anne Plantagenet.
“Les cimetières recèlent d’histoires fascinantes, et il m’arrive d’en emprunter quelques-unes pour mes livres.”
Depuis son adolescence, Mariana Enriquez est captivée par la beauté envoûtante des cimetières. Flâneuse gothique, elle les fréquente assidûment, prenant des notes sur son obsession esthétique au détour des tombes, “là où la mort semble bien plus intéressante que la vie.” Mais lorsque le corps de la mère d’une amie, disparue sous la dictature militaire argentine, est retrouvé dans une fosse commune, elle commence à explorer plus profondément la signification complexe des cimetières et le lieu où nos corps reposent. Dans ces “excursions à travers la mort”, Mariana Enriquez parcourt l’Amérique du Nord et du Sud, l’Europe e l’Australie, visitant les catacombes de Paris, le vieux cimetière juif de Prague, les mausolées de La Nouvelle-Orléans, le somptueux cimetière Recoleta de Buenos Aires, et tant d’autres lieux encore, explorant l’histoire et l’architecture de chaque cimetière, ses saints et ses fantômes, ses gardiens et ses visiteurs et, bien sûr, ses défunts. (présentation de l'éditeur)
Tropismes vous invite à rencontrer Laurent de Sutter à l'occasion de la parution de La planète artificielle aux éditions PUF.
La Terre est en crise. De cette crise, l’espèce humaine est souvent présentée comme la fautive. Et si ce n’était pas le cas ? Et si l’espèce humaine était tout simplement ce qui avait rendu la Terre possible ?
Au contraire de ce que veut un cliché tenace, la Terre n’est pas le décor d’une activité humaine qui le dévasterait – mais le véritable produit de son activité millénaire, en combinaison avec celle d’innombrables créatures. Nous vivons sur une Terre intégralement humanisée. L’espace, le temps, la vie, jusqu’à la pensée ont pu se déployer parce qu’à la surface d’un bolide perdu dans un coin de galaxie l’industrie de créature infimes avait abouti à la fabrication d’une sorte d’habitat artificiel, où la brique se mêle au verre, le bois à l’acier et la glaise à la fibre optique. Quel est cet habitat ? Quels sont ses équipements ? Comment a-t-il été construit ? Telles sont quelques-unes des questions qu’affronte Laurent de Sutter dans cet essai panoramique et singulier, à la fois histoire des infrastructures, fresque cosmologique et plaidoyer pour une nouvelle Terre, qui affronterait enfin les défauts de design de la première.
Tropismes vous invite à rencontrer Sergueï Shikalov à l'occasion de la parution de Grenouille aux éditions du Seuil.
Au début de la guerre en Ukraine, une star de cinéma russe prend la fuite. Elle s’exile à Paris, persuadée que la situation se rétablira, que tout finira par rentrer dans l’ordre. Mais rien ne se rétablit. Rien ne revient à la normale. Quelque chose s’est cassé. Commence alors une chute brutale dans l’anonymat et l’indifférence. Elle n’est plus qu’une silhouette parmi d’autres, étrangère sur sa terre d’accueil, paria chez elle.
En errant dans Paris, elle fume, conjugue mentalement des verbes français, s’émerveille, boit du champagne puis s’arrête tout à coup. Des souvenirs. De ce qu’elle a été, et de ce qu’elle n’a jamais pu être.
Et si cet effacement était une chance ? Se regarder autrement, se remettre en question, prendre position pour retrouver sa dignité. (présentation de l'éditeur)
Tropismes invite à fêter le lancement du nouveau roman de Luc Dagognet, Le château de la solitude aux éditions do.
Toutes les relations amoureuses semblent vouées au désastre dans cette ville du Plessis-Robinson, dominée par la silhouette menaçante du château de la Solitude. Un orthophoniste erre dans les parcs, une serveuse rentre chez elle en pleine nuit, un cuisinier fume dans l'arrière-cour d'une cantine - seuls, parfois blessés, pleins de leurs souvenirs.
Et puis le petit Jacques, écolier, les doigts toujours recouverts de pansements, croise un soir Alexandra, une lycéenne de dix-sept ans. Un gouffre les sépare : l'âge, les passions, l'expérience. L'enfant la regarde pourtant comme si tout était encore possible. Alors, pièce après pièce, il va rencontrer son histoire. Et le château veille, seul au milieu de son bois. (présentation de l'éditeur)
Après les déjà savoureux Fraternité et Scarborough, Luc Dagognet revient avec un roman au goût d'étrange et de mélancolie, l'une des sensations de cette rentrée littéraire.
Tropismes vous invite à rencontrer Karoline Buchner à l'occasion de la parution de son livre Les cissettes aux éditions La Lettre volée.
Les cissettes ne sont pas L, G, B ou T ; elles ne sont pas Q, I ou A. Elles ne sont pas + mais elles sont légion. Dans nos contrées, il est arrivé parfois qu’on les baptise Rosalia, Silke ou Marion. Bien qu’elles aient grandi dans la méconnaissance de leur sexe, de leur jouissance et de leur désir, elles ont chacune connu plusieurs hommes ; mis au monde deux, trois enfants. Et même si personne ne les y a forcées, elles se sont engouffrées dans les impasses de la maternité et de la conjugalité. Elles vous diront qu’elles n’en éprouvent aucun regret. Pourtant, si c’était à refaire, au grand jamais elles ne recommenceraient. » Sur un ton grave et ironique, quatre voix de femmes tissent le récit fragmenté et incarné de leur désillusion d’hétérosexuelles privilégiées face au réel de la maternité et de la conjugalité. Le récit s’inscrit résolument dans l’ère post-#MeToo en déployant l’enjeu pour les femmes de se réapproprier leur corps et de reconnaître les impasses inhérentes à l’exercice de l’hétéronormativité. La plume littéraire performative de l’autrice conjugue descriptions crues/cliniques et fulgurances poétiques. Derrière ce titre au concept accrocheur : un néologisme intrigant qui porte en lui une promesse de subversion, de sororité et de modernité, piquant immédiatement la curiosité, le lecteur découvre un rythme haletant, une structure fragmentée et une tension narrative qui font du récit un véritable page-turner. Le livre se lit vite, d'une traite, emportant le lecteur par son urgence et sa musicalité.
Tropismes vous invie à une rencontre exceptionnelle avec Lize Spit à l'occasion de la parution de Autobiographie de mon corps (traduit du néerlandais par Emmanuelle Tardif) aux éditions Actes Sud.
À l'annonce de la maladie incurable de sa mère, Lize Spit entreprend un dernier rapprochement. Jamais trouver les mots n'aura été aussi difficile, jamais trouver les mots n'aura été aussi nécessaire. Autobiographie de mon corps est une mise à nu d'une honnêteté brutale et bouleversante : celle d'une fille qui cherche à comprendre non seulement la relation complexe qui la lie à sa mère, mais aussi le rapport troublé qu'elle entretient avec son propre corps. Ce qui pourrait n'être qu'un récit intimiste devient une quête exploratoire à la portée universelle : celle de notre rapport aux parents, de l'empreinte de leurs failles et des dynamiques familiales dans notre construction. Un récit qui redéfinit le genre autobiographique en le poussant vers une vérité brute et sans concession.
Tropismes vous invite à rencontrer Pascal Chabot à l'occasion de la parution de Nos vies encapsulées aux éditions PUF.
Où êtes-vous en ce moment ? Probablement dans une capsule, objet technique total offrant autonomie, confort et connexion permanente, et dans laquelle nos existences se sont peu à peu installées.
Cette vie encapsulée nous a permis d’aller plus vite, plus loin, de communiquer davantage, parfois même de nous sentir plus libres. Mais la promesse moderne d’émancipation semble aujourd’hui se retourner contre elle, pour ne produire que narcissisme et dépendance. Continuons-nous vraiment d’exister dans ces capsules ? Ne serions-nous pas tous atteints de digitose, ce mal digital par excellence ?
Comme dans le mythe de la caverne, iIl nous faut apprendre à sortir de ces capsules, et à retrouver les liens subtils qui nous unissent au monde. . À travers des exemples concrets — une couveuse, une mandarine dans une chambre d’hôtel, une capsule temporelle laissée par Baudelaire, un bar européen à Bruxelles —, Pascal Chabot explore les voies possibles d’une existence plus habitée et pose les questions philosophique par excellence qui nous traversent : que désirons-nous devenir ? Et comment réinventer le progrès ?
Tropismes vous invite à rencontrer Philippe Devries à l'occasion de la parution de La mémoire de l'oeil, regard intérieur sur une collection aux éditions La Lettre volée.
Comment s’exerce la mémoire d’une œuvre ? Et comment œuvre-t-elle en nous ? L’œuvre s’ouvre en s’éloignant et le corps se prolonge dans le regard. telle est la quête paradoxale de l’auteur qui pratique le jeu des associations. Tantôt une œuvre émerge à la naissance d’une phrase, tantôt l’œuvre suscite la phrase en surgissant de la mémoire. Par les mots, il tente de mettre à jour le travail qu’opère le regard intérieur sur une œuvre de sa collection ainsi que l’expérience de l’acquisition matérielle qui est à la base de cette incorporation mentale de l’œuvre. Et pour exprimer cette expérience intérieure des œuvres d’art, une règle a été suivie tout au long du livre : en parler sans les avoir sous le regard, en se fiant à leur remémoration. La mémoire de l’œil consiste à se baser exclusivement sur l’image mentale et à se placer au centre de sa résonance. Vivre sur les bords, là où les mains se prolongent à travers le regard pour tenter de saisir ce qui s’ouvre, ce qui s’œuvre, au bout des doigts.
Tropismes vous invite à une rencontre autour de la baronne Else von Freytag-Loringhoven, figure incontournable du mouvement dada new-yorkais. Deux livres publiés récemment s'intéressent à cett artiste injustement oubliée
En 2025, paraît aux éditions Macula une première monographie en français L'art, c'est la vie : Else von Freytag-Loringhoven critique de Marcel Duchamp d'Eric Fassin et Joana Maso.
A New-York dans les années 10, on admire cette baronne allemande sans le sou pour sa manière d'incarner Dada, dans son travail de modèle comme dans les performances qu'elle organise hors de l'atelier. . Ce qui caractérise Ev FL (sa signature) c'est que l'art c'est la vie!
Les éditions Ypsilon publient My Book qui présente pour la première fois en langue française les écrits d’Else von Freytag-Loringhoven. On retrouve sa trace partout dans les œuvres et les témoignages de l’avant-garde des années 20, dont elle est reconnue comme l'incarnation la plus radicale. À sa mort à Paris en 1927, Elsa von Freytag-Loringhoven laisse une masse de manuscrits dont elle a chargé son amie Djuna Barnes de faire un livre — qui aurait eu comme titre My Book. Grâce au travail acharné des éditions Ypsilon, ce livre paraît pour la première fois en français dans la traduction d'Etienne Dobnesque. Ensemble disparate de poèmes-fleuves ou lapidaires, poèmes visuels, sonores, essais critiques et polémiques, My book regroupe l'ensemble des textes publiés de son vivant et au lendemain de sa mort, entre 1918 et 1929. Ils sont issus des revues The Little Review, New York Dada, The Liberator, Broom, Transatlantic Review, Transition.
11, Galerie des Princes
Galerie Royale Saint-Hubert
B-1000 Bruxelles
T. +32 (0)2 512 88 52
Ouvert tous les jours
Lundi : 10.00 - 18.30
Mardi : 10.00 - 18.30
Mercredi : 10.00 - 18.30
Jeudi : 10.00 - 18.30
Vendredi : 10.00 - 18.30
Samedi 10.30 - 19.00
Dimanche : 13.30 - 18.30