Une femme. Un homme. Depuis l'aube des temps, c'est toujours la même histoire qui recommence...
C'est une histoire qui pourrait être simple et qui ne l'est pas. Car chacun a son histoire de son côté. Où s'arrête la liberté propre face à ceux à qui on est lié ? Fidélité à soi et fidélité à ceux qu'on aime. Catherine Guillebaud cisèle en orfèvre les contours des amours...
Elle avait envie de crier je l'aime, nous nous aimons. Elle voulait que cet aveu fasse plier les volontés, qu'il remonte le cours des choses, que plus rien ne résiste à cette évidence claire.(...) Elle avait des envies de pureté et de transparence.
Elle était écartelée. Ecartèlement : état d'un être écartelé, tiraillé par des forces, des influences opposées. (...) elle était au centre, leur centre, mais qu'elle décide de se déplacer un peu et tout s'écroulait. Elle ne doutait pas non plus qu'il vivait les mêmes interrogations. Il avait de son côté un bonheur, une histoire, une vie qui le gardait. C'était bien une partie à sept qui se jouait là.
L'amour qu'il eut pour elle à ce moment-là fut immense. Il n'eut d'égal que sa peur de la perdre. Jamais il ne l'avait sentie autant à lui que dans cet instant où elle lui disait qu'elle s'était donnée à un autre. C.G.
Une variation sur la solitude et l'être, les êtres, leur incommunicabilité, leurs petites lâchetés, leurs moments superbes...
Autour d'un événement minuscule - les petites fêlures du quotidien, l'auteure contruit avec son ?il d'entomologiste les émotions, les soubresauts, l'hypersensibilité humaine. Déjà découverte par Son nom d'avant (également édité en poche Minuit), Hélène Lenoir confirme sa subtile capacité à explorer là où çà fait du bien et du mal dans le quotidien du temps qui passe.
Je me mis sans doute à les aimer pour ces batailles mêmes, pansant les blessures de l'un, ranimant l'autre expirant, essayant de leur communiquer de mon amour, de mon estime, de cette fascination qui louvoyait de l'un à l'autre, les réchauffait, les calmait.
A la croisée des chemins entre récit de vie, philosophie, voyage dans le monde, dans la tête, à Paris
au c?ur des révoltes intérieurs et de la passion pour l'humain tel est le paradoxe du nomade immobile.
Philosophe : ami de la simple sagesse dans le retrait d'une solitude toute relative, Albert Memmi est professeur et écrivain. Tunisien et juif, à la croisée du Moyen-Orient, fils d'artisan et homme de lettres, être de révolte touché par le nazisme et le colonialisme, tenté un moment par le marxisme, il chemine sur les thèmes du racisme, de la laïcité, de la dominance et de la dépendance. Pudique amant, mari et père, il y a chez lui une tendresse doucement farfelue et ironique pour dire la vie.
!!Du reste, une existence ne se prouve pas, elle se constate. Personne jusqu'ici n'a constaté cette existence malgré l'encombrement du ciel, on n'a pas encore relevé de collisions entre un ange et un avion. Il est possible qu'un jour la notion même de divinité appartiendra à l'histoire de la pensée. (...) Disons sagement que l'existence de Dieu n'est qu'une hypothèse, plutôt déraisonnable. (...)
En somme, ce qui me séparait - et me sépare toujours - des croyants et des militants, c'est leur subordination. Subordination à un appareil, à une hiérarchie, à des traditions, à des textes sacralisés (...) je ne fais pas de l'insoumission une vertu cardinale, je n'ai pas ce romantisme-là ; elle fut simplement une condition nécessaire à mon salut. Je reconnais également que ma position est peu confortable. Les hommes qui renoncent à leur autonomie, même virtuelle, m'étonnent comme s'ils étaient d'une autre race.
Je ne suis pas un homme à femmes, j'ai presque toujours préféré la sécurité à l'aventure ; je me méfie de la passion. Mais si je ne suis pas un homme à femmes, j'aime les femmes. (...)
Leur simple nudité déjà me fascine. (...) Qui aime les femmes aime la vie, et consent à ses aléas. Le plaisir est un don de la nature sans cesse renouvelé, toujours délicieux, s'il ne nous est pas gâché par la culpabilité, inoculée en nous, par l'éducation, par les prêtres, les moralistes et les politiques pour des raisons évidentes : l'homme qui jouit leur échappe. Il se détourne de leurs exigences. Il dépend de nous de défendre nos plaisirs. (...)
Avec Dans le nu de la vie, récits des marais rwandais, Jean Hatzfeld avait recueilli les récits des rescapés tutsis du génocide rwandais.
Après de longs séjours sur place, dans la prison où ils étaient enfermés et jugés, il fait maintenant parler les acteurs hutus de ce génocide des mêmes collines. En l'occurrence une bande d'amis: cultivateurs, instituteurs, commerçants, qui, comme ils disent, sont allés «au boulot» ensemble, à horaires réguliers. Des hommes qui ont, pendant plusieurs semaines, systématiquement «coupé» leurs «avoisinants», avec la claire idée de les faire totalement disparaître.
Ils parlent ici de façon directe, sans souci d'atténuer leurs actes, même s'ils ne peuvent comprendre leurs responsabilités. Ils racontent les monstres qu'ils ont été et, de façon ahurissante, les hommes ordinaires qu'ils étaient avant et qu'ils espèrent nous faire croire être redevenus. Jamais aucun «génocidaire» du siècle n'a témoigné ainsi, ce qui fait d'Une saison de machettes un livre exceptionnel, unique, d'une force sans exemple.
Présentation de l'éditeur
á la veille de la retraite, un professeur de lettres classiques accusé d'avoir tenu des propos racistes
envers ses étudiants, préfère démissionner plutôt que de livrer le secret qui pourrait l'innocenter.
Tandis que l'affaire Lewinski défraie les chroniques bien pensantes, Nathan Zuckerman ouvre le dossier de son voisin Coleman Silk et découvre derrière la vie très rangée de l'ancien doyen un passé inouï, celui d'un homme qui s'est littéralement réinventé, et un présent non moins ravageur.
Après Pastorale américaine et J'ai épousé un communiste, La tache, roman brutal et subtil, complète la trilogie de Philip Roth sur l'identité de l'individu dans les grands bouleversements de l'Amérique de l'après guerre, où tout est équivoque et rien n'est sans mélange. Il a le rythme, la puissance et le talent des plus grands, et, aussi cette mûre capacité de manier justement un sujet d'une telle complexité morale avec la sophistication narrative requise, bien au-delà des artifices. Cette juxtaposition si précise et pénétrante de grandeur et d'intimité nous laisse comme paralysé par un sentiment d'empathie et de reconnaissance? comme une tragédie antique, sans doute.
Existe aussi en poche
á la veille de la retraite, un professeur de lettres classiques accusé d'avoir tenu des propos racistes
envers ses étudiants, préfère démissionner plutôt que de livrer le secret qui pourrait l'innocenter.
Tandis que l'affaire Lewinski défraie les chroniques bien pensantes, Nathan Zuckerman ouvre le dossier de son voisin Coleman Silk et découvre derrière la vie très rangée de l'ancien doyen un passé inouï, celui d'un homme qui s'est littéralement réinventé, et un présent non moins ravageur.
Après Pastorale américaine et J'ai épousé un communiste, La tache, roman brutal et subtil, complète la trilogie de Philip Roth sur l'identité de l'individu dans les grands bouleversements de l'Amérique de l'après guerre, où tout est équivoque et rien n'est sans mélange. Il a le rythme, la puissance et le talent des plus grands, et, aussi cette mûre capacité de manier justement un sujet d'une telle complexité morale avec la sophistication narrative requise, bien au-delà des artifices. Cette juxtaposition si précise et pénétrante de grandeur et d'intimité nous laisse comme paralysé par un sentiment d'empathie et de reconnaissance? comme une tragédie antique, sans doute.
Existe aussi en poche