Une minute de silence

Une minute de silence
Lenz Siegfried
Ed. Laffont

Nous devons remercier Siegfried Lenz pour ce livre d'une grande poésie. Peut-être est-ce son plus beau roman. Marcel Reich-Ranicki, Frankfurter Allgemeine Zeitung

Dans une petite ville de la Baltique bercée par le rythme incessant des vagues, Christian assiste à la minute de silence observée par son lycée en mémoire de Stella Petersen, professeur d'anglais morte en mer. Stella fut le grand amour de Christian, un amour volé aux conventions qui régissent les relations entre un professeur et son élève. Un amour composé de silences et d'interrogations, de découvertes fragiles et de beauté.

Dans une prose lumineuse, toute de tendresse et de retenue, Lenz nous offre un roman intimiste, presque onirique, sur l'éblouissement d'un premier amour et sur la douleur de l'inachèvement.

Après la pluie

Après la pluie
Deshpande Shashi
Ed. Philippe Picquier

Un père anatomiste passionné par le corps, ses lois organiques, ses mystères et ses plaisirs. Une mère écrivain, confite dans des histoires d'amour parfaites et romantiques, jusqu'à la dernière, d'une violence terrible, avant que s'installe le silence. Un oncle qui se joue de la vie et de la mort au sein du gang de Bombay dont il est le chef clandestin. Une soeur trop aimée, un cousin trop aimant, et une jeune femme, Manjari, qui tente de démêler les fils du passé et du présent pour comprendre les liens d'amour, de désir et de révolte qui unissent tous ces êtres.

Comme souvent chez Shashi Deshpande, c'est la maison familiale qui est au coeur de l'histoire. La maison où Manjari découvre le journal laissé par son père après sa mort, la maison menacée par des intrus qui veulent l'en chasser, la maison gardienne de tous les secrets. Après la pluie est une quête tissée de liens et d'échos où le désir de déchiffrer le sens de ce qui a été permet d'ouvrir enfin la porte sur l'espace libre et infini de la mer, sur l'horizon offert du choix.

Le pasteur et ses ouailles

Le pasteur et ses ouailles
Camilleri Andrea
Ed. Fayard

En juillet 1945, dans une Sicile en ébullition, l'évêque d'Agrigente se soucie plus des paysans en lutte contre les grands propriétaires terriens que des élans mystiques des religieuses du couvent de Palma. Jusqu'à l'attentat qui met ses jours en danger. Dix jeunes religieuses vont alors prononcer un voeu inouï pour sauver la vie de leur bon pasteur. Dix vies contre une... Comble de piété ou geste insensé ?

Stimulé par le dilemme que pose cet épisode longtemps resté secret, Andréa Camilleri en éclaire pour nous les zones d'ombre. Qui a tiré sur Mgr Peruzzo ? Et pourquoi ? Exploitant documents et recherches historiques, l'écrivain démêle l'écheveau, en séparant judicieusement raisons religieuses et intérêts laïques.

Habile à interroger les évidences et à renverser les apparences, la plume alerte de Camilleri brosse des portraits inattendus de saints et d'aristocrates, de moines bandits et de syndicalistes courageux. Une façon aussi de s'opposer aux fanatismes.

Vous ne savez pas. Un abécédaire de la mafia d'après les pizzini du boss Bernardo Provenzano

Vous ne savez pas. Un abécédaire de la mafia d'après les pizzini du boss Bernardo Provenzano
Camilleri Andrea
Ed. Fayard

Pendant les quarante-trois ans que dura sa cavale, le boss de la mafia sicilienne Bernardo Provenzano communiqua avec ses hommes de main par le biais de messages tapés sur de minuscules bouts de papier, des pizzini. À partir de certains de ces billets auxquels il a eu accès, Andréa Camilleri compose un abécédaire de la mafia sicilienne en classant par thèmes les questions abordées par Bernardo Provenzano.

À travers ce document instructif, vivant, de première main et qui s'appuie sur des études d'historiens spécialistes de la mafia, se dessine la biographie de celui qui, après l'arrestation de Totò Riina, devint le chef suprême de Cosa Nostra.

Récits oubliés

Récits oubliés
Morante Elsa
Ed. Verdier

Ce volume rassemble une cinquantaine de récits inédits publiés par Elsa Morante entre 1939 et 1941 alors qu'elle n'avait pas trente ans. Écartés des volumes dans lesquels la romancière avait réuni certains de ses récits (Le Jeu secret et Le Châle andalou), dispersés dans des journaux aujourd'hui introuvables ou sommeillant parmi les papiers qu'elle laissa à sa mort, ces pépites attendaient leur heure. Il fallait les tirer de l'oubli et restituer leur éclat sauvage.

Des personnages singuliers que la vie rend fous d'amour ou de tristesse, des histoires qui se brisent comme des verres après la fête, des rires d'enfant, des chiens peureux, des âmes, des fidélités à toute épreuve : les courts récits d'Elsa Morante tiennent de la fable et de l'anecdote, du réalisme et du rêve, ils chatoient dans la lumière d'un jour qui contiendrait les couleurs et les douleurs du couchant. Une sensibilité merveilleuse les traverse tout entiers. Chacun d'entre eux ouvre un monde et referme un destin.

Alfonso Bernardinelli, un des critiques italiens les plus influents de la littérature italienne contemporaine a pu écrire : « Elsa Morante savait que les facultés humaines d'où naît la culture la plus authentique sont vulnérables et poursuivis par de nombreux monstres, elle savait aussi que défendre ces facultés nécessite toujours, même dans les circonstances les plus communes, une certaine dose d'héroïsme. » Cet héroïsme éclate partout dans les Récits oubliés - avec quelle grâce, on le verra.

Le Japon n'existe pas

Le Japon n'existe pas
Torres Blandina Alberto
Ed. Métailié

Voyageurs qui n'aimez pas les longues attentes dans les aéroports, ce livre est pour vous.

Dans un terminal, un balayeur affable et disert bavarde avec les passagers en attente, devine leur destination, leur donne des conseils, raconte des histoires passionnantes sur ses voisins, flirte avec la vendeuse de journaux. Il propose même à ses interlocuteurs en partance pour Tokyo une théorie originale : « Le Japon n'est qu'une façade. Une opération marketing comme une autre. On l'a inventé pour vendre de la technologie et ça a marché. Made in Japan est aujourd'hui le meilleur label pour vendre une voiture ou un téléviseur. »

D'histoire en histoire cet étrange balayeur nous surprend avec humour et bonheur.

Le premier roman plein d'ironie et d'énergie d'un jeune homme prometteur.

Ce livre a reçu le Prix Las Dos Orillas qui consiste en la publication simultanée en Italie, Grèce, Espagne, Portugal et France.

Un arrangement tranquille

Un arrangement tranquille
Markovits Benjamin
Ed. Christian Bourgois

En 1813, Lord Byron est au sommet de sa célébrité. L'Angleterre tout entière l'adule pour ses écrits poétiques, la gent féminine pour son aura déjà sulfureuse. Lors d'un bal, il rencontre Annabella Milbanke, une jeune femme raffinée et spirituelle, qu'il épouse deux ans plus tard. La présence d'Augusta Leigh, la demi-soeur de Byron avec qui il entretient une relation ambiguë, vient cependant perturber leur idylle. S'instaure un triangle amoureux dans lequel Annabella peine à trouver sa place, partagée entre les élans de son coeur et ce que lui dicte sa raison.

«Entre les mains talentueuses de Markovits, l'histoire de Byron dépasse le cadre du drame historique - une étude de la fragilité humaine. C'est un triomphe !» (Scotland on Sunday)

«Un aperçu hypnotique, éblouissant, et impeccablement documenté de l'âme d'un homme qui fascine le monde depuis près de 200 ans.» (The Independant)

«Qu'il est malin ce Benjamin Markovits !» (Augustin Trapenard, Elle)

 

Villages

Villages
Updike John
Ed. Seuil/Cadre vert

Il coule une retraite paisible avec Julia, sa seconde femme, qu'il aime. Pourtant, Owen Mackenzie a de plus en plus de mal à s'extirper de ses rêves, de son passé. Il déroule sa vie, celle d'un Américain ordinaire, marié deux fois, père de quatre enfants, informaticien de génie et dirigeant d'une petite société, qui lui a assuré une existence confortable. Un roman d'apprentissage : les «villages» dans lesquels il a vécu ont tout appris à Owen : la Pennsylvanie rurale où il a grandi dans les années 50 ; le prestigieux MIT dans le Massachusets ; Middle Falls, la petite ville provinciale du Connecticut où il a monté et fait prospérer sa start up ; Haskells Crossing, sa dernière résidence ; l'Amérique - son village fédéral - où les moeurs n'ont cessé d'évoluer. Et, surtout, ces lieux peuplés de femmes, mères, épouses, maîtresses, qui l'ont formé, arraché à son innocence. Le travail, l'amour, la sexualité lui ont apporté leur lot de gratifications et de pertes irrémédiables dont, au terme du chemin, il est impossible de faire le solde. C'est la richesse tragique, nostalgique de toute existence humaine que John Updike fait trembler dans une prose ample, d'un érotisme cru et frémissant.

Grand-mère déballe tout

Grand-mère déballe tout
Dische Irene
Ed. Seuil/Cadre vert

Une sacrée grand-mère ! Autoritaire, impertinente, arrogante, catholique invétérée, bourrée de préjugés, hypocondriaque... N'ayant peur de rien, la langue bien pendue, libre, généreuse, éprise de justice : un mélange détonnant qui mène le lecteur par le bout du nez. Dans ce récit de sa vie et de celle de sa famille (son mari, un médecin juif, converti bien sûr, sa fille talentueuse, Renate, et sa petite-fille rebelle, une certaine Irene Dische, qui lui donne bien du fil à retordre), elle traverse des pans entiers d'histoire : la montée du nazisme en Allemagne, l'exil, l'Amérique contemporaine et les joyeuses errances de la période hippie. L'imposante «Frau Doktor Rother», impératrice de Weehawken, une bourgade du New Jersey, a d'indéniables dons de conteuse et assume, avec fougue et ironie, la stature de la grand-mère idéale que ses tribulations, les frottements avec la culture américaine et les jeunes générations, ont petit à petit transformée. La plume légère de l'auteur évoque avec subtilité des sujets graves. On sourit à chaque page, on se délecte à chaque formule. Magistral !

Je suis très à cheval sur les principes

Je suis très à cheval sur les principes
Sedaris David
Ed. L'Olivier

Porter un noeud papillon nuit-il gravement à la vie sexuelle ? Peut-on larguer son petit ami quand on ne sait ni cuisiner ni lire un plan ? Faut-il avoir peur des microbes dans les salles de cinéma ? Comment peut-on être Français ?

Voilà quelques-unes des questions que pose David Sedaris dans ce livre en forme de one man show. À la manière du Woody Allen de Destins tordus ou de Jerry Seinfeld, il cingle de son humour noir les travers de notre société.

Sedaris dézingue tout et tout le monde, à commencer par lui-même. Complexé, capricieux ou exubérant, il nous raconte «sa» vie (et celle de sa famille fantaisiste) avec un sens de la comédie hors du commun.

«La vie est dure et elle s'achève violemment.» Mais ce maître en dérision a pris le parti d'en rire.

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