Je te fais signe à travers les flammes.
Le Pôle Nord a changé de place.
La Destinée Manifeste n’est plus manifeste.
La civilisation s’autodétruit.
Némésis frappe à la porte.
À quoi bon des poètes dans une pareille époque?
À quoi sert la poésie ?
L’imprimerie a rendu la poésie silencieuse, elle y a perdu son chant. Fais-la chanter de nouveau !
Si tu te veux poète, crée des oeuvres capables de relever les défis d’une apocalypse, et s’il le faut, prends des accents apocalyptiques.
Tu es Whitman, tu es Poe, tu es Mark Twain, tu es Emily Dickinson et Edna St Vincent Millay, tu es Neruda et Maïakovski et Pasolini, Américain(e) ou non, tu peux conquérir les conquérants avec des mots.
Si tu te veux poète, écris des journaux vivants. Sois reporter dans l’espace, envoie tes dépêches au suprême rédacteur en chef qui veut la vérité, rien que la vérité, et pas de blabla...
Recueil inédit en français… qui a déjà vendu plus de 10.000 ex aux USA! A 93 ans, le grand auteur et éditeur de la Beat Generation ressent le besoin d’une adresse aux jeunes poètes dans un monde au bord d’un grand renouveau… C’est ainsi qu’il insuffle joie, esprit de combat, avec un maître-mot : Insurrection comme synonyme d’art poétique et d’art de vivre ! Dans ce livre, se retrouve aussi un work in progress historique : le texte «What is poetry?» une énumération – définition/anti-définition de la poésie…
Ma seule baïonnette était le regard furtif de la lune entre les nuages. Voilà peut-être pourquoi je n'ai jamais écrit de vers aussi irrévocables que des intestins renversés Aris Alexandrou
L'histoire politique de la Grèce depuis 1830, date de son indépendance officielle, jusqu'en 1974, chute de la Junte des Colonels, a été particulièrement instable. Dictatures et coups d'état se sont succédés. C'est néanmoins sous un régime d'apparence démocratique que le camp de Makronissos fut fondé.
Par le nombre des déportés autant que par l'amplitude et l'intensité des moyens de persécution, individuels et collectifs, physiques et psychiques, mis en place ; par le rôle central qu'il occupait dans la propagande de l'État ; par la «production littéraire» qu'il a engendrée, Makronissos représente l'apogée d'un système politique et législatif établi tout au long d'un siècle d'histoire grecque mouvementée. Pascal Neveu
Les éditions Ypsilon continuent la publication des oeuvres d'Alejandra Pizarnik
«Il n'y eut plus ni dehors ni dedans». Il n'y a que des jeux de miroirs : «Tu te désires autre. L'autre que tu es se désire autre». L'écriture cherche à extraire ce qui n'existe pas sinon par elle, le poème, un corps qui saurait parler le silence. «Je parle du lieu où se font les corps poétiques». Alejandra Pizarnik défend et illustre son «métier», écrivain. Écrire est sa seule manière de vivre et de pouvoir mourir sans fin.
Extraction de la pierre de folie, titre repris de l'un des plus connus et enigmatiques tableaux de Jérôme Bosch, parut à Buenos Aires en 1968, en 4e de couverture figurait un petit texte d'André Pieyre de Mandiargues : «Je relis fréquemment tes poèmes, je les donne à lire à d'autres et je les aime. Ce sont de beaux animaux un peu cruels, un peu neurasthéniques et tendres [...]. J'aime tes poèmes, je voudrais que tu en fasses beaucoup et que tes poèmes diffusent de partout l'amour et la terreur.»
Présentation de l'éditeur
Depuis peu, les études sur le bonheur sont fort prisées. On peut apprendre tout ce qu'on veut. Fini, les doutes. Ces études sont mieux encore qu'un détecteur de métaux ! Précision et efficience. Mais quel est le coefficient de ton bonheur à minuit, quand vient la hérissonne, qu'elle se glisse dans ton lit et se niche sur ton ventre ? Quelle étude moderne saurait mesurer son grignotement sonore et le convertir en pourcentage ? Doina Ioanid
Je vous salue / mes compagnons de route et de déroute / passants d'anonymes partages de mon voyage sans boussole / frères obscurs des passages secrets / Qu'on ne me cherche plus de ce côté de l'eau / dans un rang sur une scène ou dans la loge sept / Je me mets entre parenthèses / je prends le large / je déserte ma rue / ma cour ma demeure ma chambre / ma femme mon enfant et mes bêtes / pour donner corps aux quelques rêves / que je perds trop souvent de vue / pour un autre versant du monde / plus juste plus honnête / plus transparent sans doute / où j'apprends à me supporter...
Paru en 1944, 1 x 1 est construit, comme tous les livres de
Cummings, selon une progression allant du rejet des
idées convenues à l'affirmation de soi, de l'amour et
de la vie. Il comprend trois parties:
• « 1 », des satires des illusions qui conduisent à la
guerre: pression collective sur l'individu, progrès des
techno-sciences, discours politiques;
• « X », des odes aux phénomènes naturels (astres, vent,
pluie, erc.) dont l'amour est la meilleure expression;
• « 1 », des hymnes aux minuscules vies (oiseaux,
fleurs, bourgeons, etc.) qui font le bonheur.
Ainsi le livre progresse-t-il clairement des idées froides et figées d'une société adulte, aux mouvements printaniers d'une saisie individuelle en perpétuel renouvellement. Les deux derniers poèmes ne ont pas dédiés par hasard à l'enfance. Cummings développe une approche profonde et complexe de la vie, dans laquelle l'individu accède à lui-même dans une communion avec une nature qui
le dépasse et reste mystérieuse.
Je n'ai pas prétendu diminuer ou remplacer les travaux remarquables de mes si nombreux prédécesseurs. Je me suis seulement attaché à suivre le plus scrupuleusement possible ces deux principes :
1. clarification et simplification du sens,
2. maintien inaltérable du décasyllabe.
Que le lecteur donc ne s'étonne pas de ne point trouver toujours un parallélisme exact entre le texte italien et le texte français.
Mon travail a rejeté toute note explicative parce qu'un poème doit se suffire à lui-même et ne pas en appeler à des béquilles.
En conséquence, il m'est arrivé d'intégrer le contenu d''explications' au texte lui-même (d'où certaines transformations), ou bien alors j'ai carrément supprimé des noms inutiles ou des références fastidieuses (d'où certains raccourcissements).
Ainsi j'espère offrir un vrai poème dont la marche jamais n'est en rien entravée. William Cliff
Sándor Petofi (1823-1849), héros de la Révolution de 1848, mort les armes à la main, est l’un des plus grands poètes de la littérature hongroise.
Véritable icône dans son pays, traduit dans toute l’Europe, son oeuvre était introuvable en France depuis près de quarante ans.
Nuages, recueil daté de 1846 où le pessimisme et l’ironie d’une génération se mêlent de façon unique à un lyrisme amer, nous permet de renouer avec cette immense voix du romantisme européen.
Issu d’une lignée de hauts dignitaires liés à la famille omeyyade, Ibn Shuhayd (992 - 1035) a vécu la majeure partie de sa courte vie pendant les troubles de la fitna qui ont abouti au renversement de ses protecteurs et à la chute du califat de Cordoue.
Dépeint comme un libertin, Ibn Shuhayd semble avoir souffert d’un orgueil prononcé qui est peut-être à l’origine de cette épître, composée en partie pour faire valoir ses qualités d’homme de lettres et son aptitude à égaler les plus célèbres de ses modèles.
À court d’inspiration, Abû ‘Âmir (Ibn Shuhayd) voit lui apparaître une “ombre” qui l’aide à achever son poème et le conduit dans la vallée où, selon la mythologie arabe, vivent les génies inspirateurs des poètes et prosateurs du passé. Il y rencontre ceux des plus grands, d’Imru-l-Qays à Mutanabbî, et leur présente des extraits de ses oeuvres en vue d’obtenir leur agrément. Grâce à ce cadre fictionnel original, à la beauté de nombre des pièces citées et à son style concis et souvent spirituel, cette épître, composée vers 1030, est unanimement considérée comme un chef-d’oeuvre de la littérature arabo-andalouse.
Gravez-les en toutes lettres, lecteurs testamentaires (c'est à mes écoliers que je parle, mes hypocrites enfants, les philoprolétaires qui me ressemblent tant, innombrables, désormais, comme les grains de sable de mon désert vide), ces paroles miennes, sur ma tombe, avec la salive, en vous trempant un doigt dans la bouche : (comme je le trempe, maintenant, entre les excessifs abcès de mes gencives glacées) : j'en ai joui, moi de ma vie :
Edoardo Sanguineti (Gênes, 1930-2010)
L'un des plus grands poètes italiens du XXe siècle. Figure de proue des Novissimi, il participe à la création du Gruppo 63. Critique, prosateur, traducteur, président de l'Oplepo, il est l'auteur d'une poésie radicale, polyglotte et autobiographique, encore trop peu traduite en langue française.