1828, un adolescent surgit sur une place de Nuremberg, une lettre à la main. Illettré, comme coupé du monde, il passe aux mains de différents tuteurs avant de disparaître en 1833. Très vite, d'extraordinaires rumeurs circulent sur le jeune homme : il serait le fils du grand-duc de Bade et de Stéphanie de Beauharnais, une nièce de Napoléon mariée à un souverain allemand pour consolider la politique d'alliances impériales. Il aurait été enfermé dès sa naissance dans une minuscule cellule et privé de tout contact avant d'être relâché vers sa seizième année. Banal cas d'autisme ou enfance martyre, brisée par la raison d'Etat ? Telle est encore aujourd'hui l'énigme de Kaspar Hauser.
L'histoire de Kaspar Hauser, adaptée par Werner Herzog, est ici renouvelée à travers les récits vibrants d'amour ou de haine de personnages ayant approché intimement l'enfant sauvage princier : sa mère, un cheval, son assassin...
La découverte d'un écrivain de haute volée, d'un lyrisme singulier.
Présentation de l'éditeur
Entre histoire avérée et pure fiction, Le Faussaire s'offre au lecteur comme un récit à deux voix, mi-jésuitique mi-éclairé, où les considérations religieuses et l'honnête morale sont comme dissoutes dans les arcanes politiques de la Rome des papes, de l'Ibérie des rois et cardinaux et de la toute jeune Compagnie de Jésus. L'ombre d'Ignace de Loyola occupe l'horizon comme un point de référence que les protagonistes ne manquent jamais d'évoquer ou de consulter dans l'échange serré de leur correspondance. Car le roman de René Rodriguez, sans aucune condescendance pour les usages d'une certaine modernité, est strictement épistolaire: deux amis, l'un resté laïc et demeurant en Castille, l'autre comptant parmi les premiers compagnons d'Ignace de Loyola, et vivant à Rome, dans les années qui occupent le milieu du XVIe siècle, se trouvent personnellement impliqués dans l'élucidation d'une intrigue politico-religieuse ayant trait à l'établissement de l'inquisition au royaume du Portugal. L'un à l'autre associés et subtilement engrenés et accommodés, ils enquêtent, en fins limiers de police, sur les agissements d'un escroc, faussaire et aventurier, fallacieusement enfroqué dans la tenue de légat du pape. Se déroule ainsi, à l'adresse du lecteur, une subtile intrigue d'espionnage et de traque sur fond de conflits internes à l'Eglise et de diplomatie vaticane, tout cela dans la rigueur, la sobriété et l'élégance d'une prose qui restitue, à la perfection, l'esprit du classicisme en ses commencements. Claude LOUIS-COMBET
Présentation de l'éditeur
Prix Convivium 2006 de Littérature
'Notre monde à nous, c'était le chemin d'eau. Un grand silence nous entourait. Nos canots se frayaient leur route à travers un no man's land de deux cents années, soit le temps qui nous séparait des découvreurs et des pionniers de l'ancienne Amérique française.» Jean Raspail
1949. Jean Raspail a vingt-trois ans et un rêve : descendre en canot du Saint-Laurent à La Nouvelle-Orléans sur les traces des premiers explorateurs français. Sept mois durant, avec trois compagnons, il va affronter intempéries, accidents et naufrages, tenant chaque soir son journal de bord. Miraculeusement retrouvées, ces notes sont aujourd'hui l'occasion pour lui de revivre ce singulier voyage et de nous faire partager un extraordinaire récit où l'on croise Champlain, Le Moyne d'Iberville, le père Marquette, Cavelier de la Salle, mais aussi les officiers du Roi, les garnisons des forts...
Hymne à la France américaine, ce «voyage d'apprentissage» est aussi une fabuleuse aventure humaine.
Présentation de l'éditeur
Georges a vingt ans. Il livre le pain, ramasse les petites annonces en Vespa et il est amoureux de la plus belle fille du monde (ou à peu près), Louisa. Une drôle de fille qui se dérobe et cache une double vie. Georges s'occupe aussi de son grand-père, Léo Malgudi, fou du Hollywood des années cinquante (et du genièvre). N'oublions pas son meilleur ami, Ahmed, ennemi farouche de l'Amérique de monsieur Bush.
Bref, il est un peu perdu Georges au milieu de toutes ces histoires qui se téléscopent. Pourquoi se met-il à écrire une biographie d'une star fétiche de Hitchcock et de Capra, et dont la vie, telle que Georges l'imagine à travers ses films, croise étrangement la sienne...
C'est un roman décalé et drôle qui réussit à approcher la légèreté des comédies de Capra ou de Lubitsch sans verser dans la mélancolie d'un âge d'or révolu.
Présentation de l'éditeur
Par le chansonnier de Julien Clerc, entre autres...
«'Vous êtes tous ici parce que vous êtes accros à une chose ou une autre. Je vais vous expliquer comment ne jamais vous laisser piéger. Écoutez-moi, c'est simple : lundi alcool, mardi cocaïne, mercredi haschich, jeudi amphétamines, vendredi héroïne, samedi ecstasy, dimanche L.S.D., Noël et jours de fête quartier libre, morphine, éther, mescaline, tout ce que vous voudrez, avec ce régime, pas d'accoutumance.' Jean ne sourit plus du tout.»
La tentative de désintoxication du narrateur est le prétexte à une épopée turbulente avec son ami musicien, Charlie Wood, dans un Montréal sérieusement bonifié par le rock and roll et la «Blanche de Chambly».
Présentation de l'éditeur
«Quelle est la vie d'un objet, d'un mot, d'un produit de l'imagination ? La naissance d'une chaise, par exemple, c'est évident. Quelques bouts de bois, deux trois clous, la voilà meuble, au mieux siège. Mais sa relation au monde, son opinion sur le climat, ce qu'elle mange, ses souffrances, sa philosophie, ses amis, qui les connaît ? Avec ma loupe et mon couteau, je suis allé rendre visite à ce vocabulaire que l'on a tort d'imaginer rangé dans le tiroir d'une fonction bornée. Un éventail de réalités, d'éléments ectoplasmiques m'ont ouvert leurs portes et permis de passer un moment avec eux. J'en rapporte ces textes, témoins d'un monde plus infini, dans lequel l'écriture porte le casque de l'explorateur et permet de rencontrer la vie au-delà de l'usage.»
Les soixante textes courts d'Introduction à tout autre chose forment un nuancier de sensations et d'humeurs où «tout est possible à qui est écrit». On y devine, en filigrane, l'autoportrait ironique d'un aventurier immobile, d'un rêveur chamanique, d'un monstre de solitude, d'un épicurien contrarié, bref, d'un évadé de la société.
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Quand le second est né, le premier s'est écrié : «Comme il est moche !»
Le premier faisait rire la mère, le second jamais.
Du premier, on disait qu'il était nerveux, du second qu'il était quasiment muet.
Quand le second eut quinze ans, le premier lui fit découvrir la littérature.
Quand, à la même époque, ils vont se promener ensemble dans la ville, il n'y a plus de premier et de second. Ils diffèrent l'un de l'autre mais portent tous les deux la même canadienne. C'est l'hiver, l'air est vif, ils marchent d'un bon pas.
Le cadet vient de retrouver quelques lettres qu'il a reçues de l'aîné. Certaines débordent d'affection, d'autres sont pleines de fiel.
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J'avais toujours voulu être père. Avant d'avoir Marion, je voulais un enfant à tout prix : garçon ou fille, peu importe. Je voulais avoir un ami, un véritable ami dans un monde que je ne jugeais pas très amical. J'avais envie d'un être à qui j'apprendrais à nager, que j'emmènerais au parc et pour qui j'inventerais des histoires...
Entre Simon Kolveed et Marion, sa fille de dix ans, le lien s'est rompu. Ils ne peuvent plus vivre ensemble. Pourtant, au fil des années, Simon comprend que seule sa fille lui permet de se sentir vivant. Alors il la retrouve. Ils se parlent. Mais que veut-elle ? Y a-t-il pour lui une autre place que celle de l'étranger ?
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Publié il y a 40 ans par Jean-Jacques Pauvert, SchrummSchrumm, premier roman de Fernand Combet, fut, dès sa parution, salué comme un livre important. En témoignent ces quelques extraits de la critique littéraire en 1966.
Combet a écrit un beau livre tranquillement féroce, où l'air devient irrespirable. Un livre important, aussi, dont on n'a pas fini d'épuiser les significations, les mines. (...) C'est le Livre du Doute - et le doute est à mes yeux l'un des plus puissants motifs de la réflexion, ou besoin d'écrire. André Hardellet
Fernand Combet s'inscrit dans la lignée où se compte quelques-uns des écrivains les plus originaux de notre époque. Il fait songer à Kafka et à ses personnages prisonniers d'un système auquel on ne peut échapper. Kléber Haedens, Candide
Le tort de SchrummSchrumm, c'est de n'avoir pas abdiqué toute pensée. Dans un monde mécanique et magique, il a conservé un esprit logique : c'est un damné, dont Combet vient de décrire l'enfer. Bernard Gros, À livre ouvert
Réalité et théâtre s'imbriquent à merveille dans ce conte sadique. Ce n'est pas un roman agréable à lire mais son humour noir est fascinant car tout est construit, pensé, pesé. Malgré soi on est entraîné vers ces fameux Sables Mouvants. Marie-Claude de Brunhoff, La quinzaine littéraire
Fernand Combet détruit l'humour même, il construit une parfaite machine mystifiante dont l'agencement précis, infiniment arbitraire, avec ses simplifications ou ses curieux ornements, paraît correspondre en tous points à notre Folie et à notre Sagesse. Georges Anex, Journal de Genève
Issu d'une imagination que certains jugeront sans nul doute délirante, SchrummSchrumm paraîtra peut-être à quelques-uns extrêmement irritant. Pour nous, il s'agit du roman le plus original qu'il nous ait été donné de lire depuis longtemps. Annette Colin-Simard, Le journal du dimanche
Présentation de l'éditeur
C'est une histoire très secrète que raconte ce livre. Elle est éclairée de visions fugitives, de scènes d'enluminures, parsemées dans les grandes ombres du Temps. Les images défilent, entre le trivial et le sublime, le sordide et l'immémorial, comme des inscriptions rupestres dont le mystère et l'évidence nous retiennent et nous échappent. L'auteur nous invite à déchiffrer une partition de signes syncopés dont le rythme est celui du sang, entre 'l'émerveillement et la blessure'.
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