Eghobamien Adrawus aime l'autorité que lui confère son uniforme de policier. Il abuse de son pouvoir à l'extérieur comme chez lui où il maltraite son épouse. Pourtant, cet homme violent et corrompu ne sait résister à ses enfants. Une plongée dans le quotidien, les peurs et les espoirs des habitants de Lagos, la grande ville nigériane où se mélangent les classes sociales et les générations.
Ils sont quatre inséparables (deux garçons et deux filles), nés en 1920, qui traversent les rives de l'enfance dans le quartier populaire d'une Barceloneta aux ruelles bigarrées, aux senteurs maritimes, à la culture ouvrière militante. Après l'âge tendre des premiers émois, les personnalités s'affirment et les destinées s'esquissent. Pour les deux filles, du moins. Les balises de l'avenir se font plus fluctuantes pour les garçons quand ils découvrent la passion qui les unit. Si la proclamation de la République leur ouvre les voies de l'espérance, très vite la guerre civile rebat les cartes et conduit les amis au chaos. Après vingt ans d'errance à s'abîmer à travers le monde pour fuir le souvenir douloureux de l'« Ami aimé », le rescapé de cet amour fou regagne sa terre natale pour porter le châtiment qui signe son retour à la vie.
Ode vibrante à Barcelone l'irréductible et à son peuple enivré de rêves libertaires, ce roman trace avec une grande finesse l'expérience guerrière de ces héros sans grade, nimbée de la nostalgie douce-amère des désillusions perdues. Qu'il dénonce les stigmates du franquisme dans les consciences, l'opprobre jeté sur les amours « maudites » ou l'immuable joug des puissants, Lluís Llach est en littérature, comme à la scène, une conscience en alerte, un résistant éternel.
Alejandro Zambra, ou plutôt son double de fiction, nous ouvre ses « Documents », fichiers intimes soigneusement enregistrés sur son disque dur. Dans ces éclats de mémoire à la Perec, Zambra mêle l'immense à l'infiniment petit, qu'il parle de son addiction au tabac, du paradoxe de l'enfance ou de la dictature de Pinochet.
Souvent comparé à Jean Echenoz, Alejandro Zambra aime les personnages un peu perdus, le temps qui s'émiette, l'espace en volute. Et aussi les désirs et les rêves qui s'évaporent sans que l'on sache trop pourquoi. Ni pourquoi d'ailleurs il faudrait le savoir.
Quand Stefan Hertmans entreprend la lecture des centaines de pages de notes laissées par son grand-père, il comprend que cette vie-là vaut la peine d'être racontée. Une enfance très pauvre à Gand, le rêve de devenir peintre, puis l'horreur de la Grande Guerre dans les tranchées de Flandre sont les étapes d'une existence emblématique de tout un siècle. Mais l'histoire de cet homme nommé Urbain Martien ne se réduit pas à ce traumatisme et, grâce à son talent de conteur, Hertmans nous fait ressentir à quel point la peinture mais également un amour trop tôt perdu auront marqué l'existence de son grand-père.
Ce récit restitue avec une grande sensibilité un parcours marqué par la césure indélébile que représente la Première Guerre mondiale dans notre histoire collective et individuelle. Stefan Hertmans nous donne à lire une poignante saga familiale et un panorama puissant du siècle dernier.
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la très jeune Amory Clay se voit offrir par son oncle Greville un appareil photo et quelques conseils rudimentaires pour s’en servir. Elle ignore alors que c’est le déclencheur d’une passion qui façonnera irrévocablement sa vie future.
Un bref apprentissage dans un studio et des portraits de la bonne société laissent Amory sur sa faim. Sa quête de vie, d’amour et d’expression artistique l’emporte bientôt dans un parcours audacieux et trépidant, du Berlin interlope des années vingt au New York des années trente, de Londres secoué par les émeutes des Chemises noires à la France occupée et au théâtre des opérations militaires, où elle devient l’une des premières femmes photoreporters de guerre.
Sa soif d’expériences entraîne Amory vers d’autres conflits, des amants, un mari, des enfants, tandis qu’elle continue à poursuivre ses rêves, à combattre ses démons.
À travers le destin singulier et l’objectif téméraire d’une femme indépendante et généreuse, William Boyd nous promène au gré des événements les plus marquants de l’histoire contemporaine.
Une ode magnifique à la liberté des femmes !
Ce roman noir fut d'abord publié en feuilletons, du 21 novembre 1846 au 18 mars 1847. Fondée sur des faits plus ou moins avérés, l'histoire est celle d'un barbier londonien du XIXe siècle qui, par cruauté, folie et cupidité, tranche la gorge de ses clients et se débarrasse de leurs cadavres avec la complicité de sa maîtresse, qui en fait des friands à la viande qu'elle vend dans sa boutique.
Dans ces quatorze textes, l'auteur évoque des écrivains qu'il apprécie particulièrement, de Georges Perec à Samuel Beckett, mais aussi le cinéaste Jim Jarmusch.Dans ces quatorze textes, l'auteur évoque des écrivains qu'il apprécie particulièrement, de Georges Perec à Samuel Beckett, mais aussi le cinéaste Jim Jarmusch. L'évocation de ses rencontres avec ces créateurs lui donne aussi l'occasion de s'interroger sur sa propre pratique de l'écriture.
Un certain Guy Courtois s'est rendu compte que les écrivains en mal d'inspiration, obsédés par les commencements, cherchaient souvent la première phrase de leurs livres. Il en a donc fait son gagne-pain. Débute alors une correspondance entre lui et le héros de l'ouvrage, dans laquelle il révèle dans quelles conditions sont nées les plus célèbres premières phrases de la littérature mondiale.
Rédigées au tournant des années 1930, ces chroniques journalistiques mettent en lumière les saveurs de la capitale argentine et les travers de ses habitants : les bars de style allemand, les voyantes, les travaux interminables, les dettes colossales des immigrés, les boutiques de vêtements d'occasion, etc. L'actualité internationale et les débuts de la tourmente en Europe sont également évoqués.