Dans un pays des Balkans qui se remet douloureusement d'un siècle de guerres, Natalia, jeune médecin, est venue vacciner les pensionnaires d'un orphelinat. Autour d'elle, tout n'est que superstitions. Les épidémies seraient des malédictions, les morts, des forces vives. Ces croyances absurdes, Natalia les rattache aux contes que lui a transmis son grand-père. Mais l'histoire la plus extraordinaire, celle du tigre, de la sourde-muette et du petit garçon de neuf ans, il l'a emportée dans la tombe. Un mystère plus douloureux, plus intime, vient alors s'ajouter au faisceau des légendes. En cherchant à l'élucider, Natalia comprendra les errements des générations passées, et les travers de la sienne.
Confrontant le folklore et la modernité, Téa Obreht raconte les massacres, la haine, le soupçon et la lente reconstruction de l'ex-Yougoslavie. Avec ce premier roman écrit à tout juste vingt-cinq ans, elle est saluée de toutes parts comme l'héritière d'Isaac Bashevis Singer ou de Gabriel García Márquez.
« Des fables lumineuses pour une terre meurtrie... Une oeuvre extrêmement ambitieuse, écrite avec audace. »
The New York Times
Julian Treslove et Sam Finkler se connaissent depuis l'enfance, Libor Sevcik est leur ancien prof d'histoire. Au fil des ans, la vie les a séparés sans qu'ils se perdent tout à fait de vue. La mort des épouses de Finkler et de Libor va les réunir de nouveau ; Treslove, veuf honoraire, passe quelques heures délicieusement pénibles avec ses deux amis, à se rappeler le passé. Or, ce soir-là, en rentrant chez lui le coeur lourd, il est victime d'une banale agression qu'il passera des jours à décortiquer. Peu à peu, une certitude s'impose à lui : on l'a pris pour un juif.
Et s'il l'était vraiment ?
« Un chef-d'oeuvre. Chaque page déborde d'esprit : humour noir ou doux-amer, ironie, comédie, burlesque, reparties, cynisme... L'humour n'est pas l'ennemi d'un propos sérieux, et, entre de bonnes mains, il est même vital. » The London Times
Six jeunes paumés dépourvus d'émotions et de buts dans la vie entrent en guerre avec six femmes trentenaires, divorcées en manque d'amour, dans une spirale de violence qui voit les cadavres s'accumuler avant de culminer dans une explosion (presque) atomique qui raye de la carte toute une ville près de Tokyo.
Six jeunes déseouvrés qui passent leurs soirées à parler sans s'écouter, à rire de façon incontrôlée et à interpréter des chansons à la mode au bord de la mer.
Six femmes qui n'ont en commun que leur prénom, Midori, et qui vont découvrir les vertus de la vengeance.
Murakami a écrit une fable très noire, en forme de karaoké littéraire, jouant avec les références aux mangas, à la culture urbaine et aux chansons populaires japonaises de la seconde moitié du xxème siècle.
Un regard d'une lucidité effarante sur une société où seule l'intrusion de la violence donnerait du sens à un monde voué à la solitude.
A Gatwik, les cinq copines du roman Les sopranos se retrouvent pour de nouvelles aventures. Elles sont étudiantes ou employées et décident de prendre le premier vol à bas prix pour une destination de rêve. De péripétie en péripétie, ce nouvel opus offre un tableau de la fragilité humaine avec en filigrane les problématiques de la société écossaise : disparité, éducation, capitalisme, etc.
Jorge Barón Biza est le fils de Rosa Clotilde Sabattini et de Raúl Barón Biza : lui, figure paradoxale de la politique argentine et auteur de romans sulfureux inspirés du Marquis de Sade ; elle, femme engagée et pédagogue influente, rivale d'Eva Perón. Un couple romantique et passionnel, qui a passé la moitié de sa vie en exil, alternant ruptures et réconciliations. Un jour, le père vitriole sa femme sous les yeux de leur fils. Jorge a 20 ans. Commence pour lui un voyage à travers les meilleures cliniques de la planète, pour tenter d'aider à la reconstruction du visage maternel. De Buenos Aires à Milan, il oscille entre quête de la mère, mémoire du père et perdition dans les bas-fonds délétères des grandes villes. C'est cette histoire que raconte le roman.
Le nom des Biza est aujourd'hui entouré, en Argentine, d'un halo méphitique. Le père, Raúl Barón Biza (1899-1964), millionnaire, auteur de romans provocateurs, intellectuel rebelle à tous les régimes, s'est donné la mort après avoir agressé son épouse, qui s'est défenestrée plusieurs années après. Deux de leurs enfants se sont également suicidés et l'un deux, Jorge, a écrit avant sa disparition un roman inspiré de ces destins : Le Désert et sa semence.
Au cours de sa vie, Raúl Barón Biza a défendu tour à tour des leaders et des partis rivaux entre eux, s'exposant à la persécution, puis à l'expatriation en Uruguay, où il est même incarcéré au début des années 1940. Il termine en prison son oeuvre la plus connue, Le Droit de tuer, un roman philosophique et pornographique immédiatement censuré. Il se marie secrètement à la même époque avec Rosa Clotilde Sabattini, une brillante intellectuelle qui a 20 ans de moins que lui. Trois enfants naissent.
Jorge Barón Biza (1942 - 2001 ) est donc ballotté, durant l'enfance, entre l'Argentine et l'Uruguay, puis, à l'adolescence, entre son père et sa mère, qui à partir de 1950 vivent le plus souvent séparés. À l'âge de 22 ans, il assiste, lors d'une ultime procédure de divorce, à une scène atroce : Raúl vitriole Clotidle, puis prend la fuite. Peu après, la police le retrouve dans sa chambre, avec une balle dans la tempe. Jorge part en Italie avec sa mère, pendant plus d'un an, pour l'assister et surveiller les opérations chirurgicales de reconstruction du visage. C'est principalement de cette expérience que se nourrit son roman, qu'il écrit près de 35 ans après (1998), dans un style d'une étrangeté et d'une froideur recherchées pour créer un effet de distance et échapper au pathos.
De retour en Argentine, Jorge devient journaliste, travaille pour des publications d'hôpitaux psychiatriques comme pour des revues mondaines. Il est aussi critique d'art, professeur d'université, correcteur, nègre littéraire et traducteur... de Marcel Proust et de Thomas Mann. À sa mort, il n'a publié qu'un roman : Le Désert et sa semence est d'une telle force qu'il a influencé plusieurs générations d'écrivains argentins (Osvaldo Lamborghini, Oliviero Coelho, ...)
Un scandale éclate dans un lycée de jeunes filles : M. Saladin, le professeur de musique, est renvoyé pour avoir entretenu des relations coupables avec l'une de ses élèves, Victoria. Les camarades de classe de l'adolescente et sa jeune sœur se confient tour à tour à leur professeur de saxophone. Toutes sont en émoi, comme brusquement propulsées dans un monde de désir, de choix, de fantasmes dont elles pressentent obscurément qu'ils forgent la vie tout entière. Les adultes, englués dans leurs angoisses et leur lâcheté, essaient tant bien que mal d'endiguer l'onde de choc. L'affaire agite les conversations jusqu'à l'obsession et l'école de théâtre locale finit même par l'adapter en pièce de fin d'année, brouillant définitivement les frontières entre réalité et fiction. En cours de saxophone ou sur les planches, les jeunes personnages expérimentent leur propre désir et celui d'autrui. En sortiront-ils indemnes?
De cette affaire tristement banale, Ellie Catton tire un formidable roman d'apprentissage – juste, bouleversant et, surtout, extrêmement original.
Pourquoi la hiérarchie militaire refuse-t-elle obstinément son avancement à ce jeune capitaine ? Pourquoi le vieux conseiller d'État chargé de défendre sa requête est-il à ce point fasciné par lui ? Quel nom donner aux sentiments qui agitent les deux hommes et à la relation qui se noue entre eux peu à peu - mais se nouera-t-elle vraiment ?
Voilà un roman tout en mystères. Il fait revivre avec précision la Grèce des années 60, nous introduit dans les coulisses de l'armée et du Conseil d'État, nous fait sentir la montée de l'horreur qui aboutira, en 1967, à la dictature des Colonels, mais par-delà le témoignage historique, il nous offre bien plus : une intrigue envoûtante en forme de lent cauchemar ; un héros lumineux, inoubliable ; une méditation sur tout ce qu'il y a de trouble et d'obscur en nous ; et le plus étrange des romans d'amour. Avec Le Beau Capitaine, Mènis Koumandarèas, l'un des grands romanciers grecs d'aujourd'hui, atteint les mêmes sommets qu'avec La Femme du métro.
Que feriez-vous si vous deveniez soudain millionnaire ?
C'est ce qui arrive à Andy Larkham, employé sans avenir dans une maison d'édition de guides pratiques, que sa fiancée vient de quitter. Se rendant à l'enterrement d'un ancien professeur, il se trompe de chapelle et assiste, en compagnie d'une étrange vieille dame, aux funérailles d'un certain Christopher Madigan. Lequel avait stipulé, dans son testament, que seules les personnes présentes à la cérémonie hériteraient de sa fortune.
Du jour au lendemain, la vie d'Andy bascule. Que se passe-t-il lorsqu'on se retrouve soudain à la tête de 17 millions de livres sterling ? Pris de scrupules face à ce coup du hasard, Andy décide d'enquêter sur son mystérieux bienfaiteur. Qui était Madigan ? Comment ce réfugié d'origine arménienne est-il devenu un nabab du minerai de fer en Australie, avant de finir sa vie reclus dans son manoir londonien ? Pourquoi a-t-il déshérité sa fille ? Et de quels autres secrets Andy est-il devenu le dépositaire malgré lui ?
Imprévisible et virtuose, ce roman tend un miroir vertigineux à l'histoire dont nous sommes, tous, les héritiers.
« Héritage regorge de morceaux de bravoure et de dialogues ciselés comme on en trouve chez les grands maîtres de la séduction romanesque tels que Graham Greene. »
The Age (Melbourne)
« Petit chef-d'oeuvre de suspense, ce roman imprévisible mêle la plus grande légèreté au tour de force littéraire. »
The Economist
« Une fable satirique portée par une prose d'une énergie flamboyante qui entraîne le lecteur en territoire dostoïevskien. »
London Metro
Dans un paysage dominé par une usine chimique abandonnée, au milieu de bois empoisonnés, l'Intraville, aux immeubles hantés de bandes d'enfants sauvages, aux adultes malades ou lâches, est devenue un modèle d'enfer contemporain. Année après année, dans l'indifférence générale, des écoliers disparaissent près de la vieille usine. Ils sont considérés par la police comme des fugueurs.
Leonard et ses amis vivent là dans un état de terreur latente et de fascination pour la violence. Pourtant Leonard déclare que, si on veut rester en vie, ce qui est difficile dans l'Intraville, il faut aimer quelque chose. Il est plein d'espoir et de passion, il aime les livres et les filles.
Il y a dans ce roman tous les ingrédients d'un thriller mais le lecteur est toujours pris à contrepied par la beauté de l'écriture, par les changements de points de vue et leur ambiguïté, par le raffinement de la réflexion sur la façon de raconter les histoires et les abîmes les plus noirs de la psychologie. On a le souffle coupé, mais on ne sait pas si c'est par le respect et l'admiration ou par la peur. On est terrifié mais aussi touché par la grâce d'un texte littéraire rare.
« Un joyau exceptionnel qui va au-delà d'une histoire déconcertante et troublante pour éclairer les possibilités infinies du roman. »
Irvine Welsh
«Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'oeil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables.
De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l'agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d'air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l'homme à la rêverie. N'étaient les objets de laque dans l'espace ombreux, ce monde de rêve à l'incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination. Ainsi que de minces filets d'eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l'un ici, l'autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d'or.»