«Ernesto savait très bien les risques qu'il courait à chaque fois qu'il rencontrait une femme. De peur de céder à la séduction, il levait immédiatement les mains en l'air et offrait son amitié en gage de paix. Mais aucune d'entre elles n'était prête à l'épargner. Il constituait une cible à laquelle la plus tendre des vanités féminines n'aurait pu résister. Son désir de souffrance était aussi grisant que la vue du sang pour les requins. Il excitait leur appétit, elles en voulaient encore.»
Ernesto, 40 ans, un professeur de lettres qui vit à Trieste, n'a pas de chance avec les femmes. Ce sont peut-être les séquelles d'un très lointain traumatisme d'enfance qui lui font craindre l'amour et rechercher l'amitié qui lui garantirait enfin la tranquillité et la sérénité, échappant ainsi au drame de la passion et à l'esclavage du désir. Mais il est difficile de renoncer aux imprévisibles feux de la passion et voilà qu'Ernesto, après un mariage terne avec Nadia, qu'il connaît depuis l'enfance, poursuit sa quête de femmes-amies, ruminant son «désir de souffrance».
Sur un ton faussement léger où perce l'ironie, Marani explore la relation amoureuse à travers un personnage attachant, et drôle malgré lui.
Gin aurait pu devenir une pianiste de talent. C'était sans compter son beau-père malfaisant qui l'a fait interner dans un hôpital psychiatrique. Aussi, quand l'étrange Mr Toad la demande en mariage, voit-elle dans cette proposition la possibilité de fuir ce lieu hostile. Elle accepte et part s'installer avec lui dans les terres reculées du bush australien. Mais rien dans son éducation bourgeoise ne l'avait préparée à cette vie étriquée et misérable. Elle doit aussi se familiariser avec son nouveau rôle de mère et d'épouse. Surtout, elle doit subir le regard inquisiteur des gens du village, intrigués par son teint d'albinos.
Tout change un jour de 1944, lorsqu'arrivent Antonio et John, deux prisonniers de guerre italiens placés chez eux comme ouvriers agricoles. Le souffle qu'ils apportent, bercé par les airs d'opéras, bouleverse le fragile équilibre bâtit par Gin qui se prend à rêver de plus vastes horizons. Un rêve d'évasion partagé par Antonio avec qui elle se lie d'une douce complicité. Au risque de s'y perdre ?
Georgie a le moral en berne : son mari vient de la quitter et elle a pris du retard pour rendre ses articles à la revue Les Adhésifs dans le monde moderne. Mais quand elle rencontre Mrs Shapiro, une vieille émigrée juive excentrique qui fourrage dans sa benne à ordures, une solide amitié se noue. Peu après, Mrs Shapiro est admise à l'hôpital et Georgie, attachée à sa nouvelle amie, prend en charge sa grande bâtisse en ruine. Flanquée de sept chats malodorants, de trois artisans incompétents et de deux agents immobiliers véreux, elle découvre le passé de Mrs Shapiro et de sa maison. Elle se rend compte combien les êtres humains sont soumis aux lois chimiques de l'adhésion, et combien ils sont accrochés les uns aux autres par des liens qui se tissent tout au long de la vie.
Chicago, 1999. Karl, écrivain à la quarantaine languissante, peine à finaliser l'«Opus» dont il veut faire la pierre angulaire de son oeuvre. Sa compagne Lori souhaite consolider leur couple et avoir un enfant, mais souffre de stérilité. Tandis qu'ils se lancent dans l'expérience de la procréation artificielle, Karl voit ses plus grandes peurs resurgir et les problèmes financiers s'accumuler. D'autant plus que sa principale source de revenus - son travail de nègre pour l'auteur de thrillers Penny Fennimore - s'amenuise. Karl prend peu à peu ses distances et s'installe dans les quartiers plus reculés de Chicago. Lorsque Fennimore réapparaît soudain avec une nouvelle proposition, Karl se met en quête d'inspiration. Mais jusqu'où poussera-t-il sa recherche de l'histoire criminelle parfaite ?
«Son écriture mêle le banal et l'étrange d'une façon qui rappelle les films de David Lynch.» Sunday Times
«Michael Collins est un génie. En tant qu'Irlandais écrivant sur l'Amérique, il porte le regard affûté d'un outsider avec une percutante perspicacité. [...] Un chef-d'oeuvre noir et philosophique.» P&P Bookseller's blog
Recueil de portraits et d'essais qui sous la plume d'un autre que l'auteur du Fil du rasoir et de La Comédienne auraient pu s'avérer fastidieux, L'Humeur passagère tient tout au contraire d'une conversation de salon à l'heure du five o'clock tea avec un vieux gentleman plein d'esprit et de cet humour anglais qui sait dissimuler l'érudition sous la causticité du style. Qu'il s'agisse de l'histoire vraie du héros d'un snobisme en voie d'extinction, de Zurbaran, de Kant ou du roman policier, Maugham conserve une clarté dans l'expression qui en fait un guide culturel à nul autre semblable. À ce recueil s'ajoute son texte sur « L'Art de la Nouvelle » où l'on lira notamment d'admirables pages sur celui qui fut son modèle : Anton Tchekov, ainsi que sur Maupassant, Katherine Mansfield et Henry James.
Passionné par la magie depuis son enfance, le jeune Dan Mannix rejoint une étonnante troupede forains qui sillonne les États-Unis. Il rêve d’apprendre les techniques de ces artistes de l’étrange et de percer à jour les secrets de leur répertoire. En quelques mois, l’apprenti forain devient tour à tour cracheur de feu, avaleur de sabres, fakir, spécialiste de l’évasion et télépathe. La vie sous les chapiteaux, la compagnie de maîtres de l’illusion sous toutes ses formes, l’épreuve de la scène et ses dangers font de cette expérience, plus qu’un apprentissage, une véritable initiation. La fête foraine, et en particulier les sideshows (littéralement «le spectacle à côté», cirques del’étrange dans lesquels se produisent plusieurs artistes aux numéros sensationnels et risqués ainsi que des monstres et des phénomènes), constitue un pan méconnu de la tradition de show-business des États-Unis. Loin des théâtres de Broadway et des studios d’Hollywood, la fête foraine est un art populaire qui a besoin d’être au plus près du public, de ses désirs et ses peurs. Cet univers insaisissable, marginal et itinérant a fasciné des réalisateurs tels Tod Browning (Freaks)et David Lynch (Elephant Man), des chanteurs tel Tom Waits (Black Rider) ou, plus récemment, des scénaristes de séries télévisées comme pour (Carnivale).
En 1953, le texte original n’avait pas été traduit dans son intégralité. Dans cette nouvelle édition, et dans le prolongement de leur travail sur Yegg de Jack Black, les traducteurs ont cherché à être plus fidèles au texte original, afin d’en restituer pleinement le découpage narratif, les effets de surprise et l’ironie du ton.
The agents at the IRS Regional Examination Centre in Peoria, Illinois, appear ordinary enough to newly arrived trainee Davis Wallace. But as he immerses himself in a routine so tedious and repetitive that new employees receive boredom-survival training, he learns of the extraordinary variety of personalities drawn to this strange calling. And he has arrived at a moment when forces within the IRS are plotting to eliminate even what little humanity and dignity the work still has.
The Pale King remained unfinished at the time of David Foster Wallace’s death, but it is a deeply intriguing and satisfying novel, hilarious and fearless and as original as anything Wallace ever undertook. It grapples directly with ultimate questions – questions of life’s meaning and of the ultimate value of work and family – through characters imagined with the interior force and generosity that were Wallace’s unique gifts. Along the way it suggest a new idea of heroism and commands infinite respect for a writer who dared to take on the most daunting subjects the human spirit can imagine.
David Foster Wallace wrote the novels Infinite Jest and The Broom of the System, and the short-story collections Oblivion, Brief Interviews with Hideous Men and Girl with Curious Hair. His non-fiction includes Consider the Lobster, A Supposedly Fun Thing I’ll Never Do Again, Everything and More and This Is Water. He died in 2008.
En 1990, Sepulveda revient au Chili après la chute de la dictature, il emporte une photo représentant un groupe de cinq enfants d'une banlieue ouvrière. Avec la photographe qui l'avait prise dans les années 70, il entreprend de reconstituer le groupe pour refaire la même photo. Ils retrouvent ceux qui sont maintenant devenus des jeunes gens mais l'un d'eux manque, il a disparu. A partir de l'histoire de cet enfant, Sepulveda raconte l'histoire du Chili après 17 ans de dictature.
Vingt-deux histoires, chroniques toujours ironiques et tendres, parfois féroces, aussi, nous transportent à traver le monde, de l'Amérique latine à l'Europe, ici et ailleurs, à travers des situations différentes, des milieux différents, mais les mots de l'auteur nous ramènent toujours sur le même territoire littéraire, celui des vaincus qui refusent d'accepter la défaite. Un territoire que tous les lecteurs de Luis Sepulveda connaissent et où ils retrouveront quelques-uns des meilleurs moments de son oeuvre littéraire et de son inimitable force narrative, de son talent pour transformer observations et anecdotes en histoires fascinantes. Un recueil qui se place dans la continuité des Roses d'Atacama.
Un soir d'automne 1797, des chasseurs capturent un garçon errant, nu, sale et hirsute, dans une forêt du Languedoc. Tout le pays est en émoi, fasciné par la découverte de ce «prodige», qui semble aussi dépourvu d'âme et de raison qu'une bête. Qui est cet «enfant sauvage», vivant défi au siècle des Lumières ?
Traîné d'orphelinats en salons mondains tel un monstre de foire, il sera bientôt abandonné par ses tuteurs à son incurable sauvagerie. Seul le jeune docteur Itard, de l'Institution des sourds-muets à Paris, s'entête à croire que de cet «animal» il saura faire un homme. Des années durant, l'enfant sauvage, rebaptisé Victor, va subir l'apprentissage de la civilisation sous la férule de son maître.
Dans ce bref et intense récit, l'un des plus flamboyants écrivains américains s'empare de la célèbre histoire de Victor de l'Aveyron, qui inspira aussi l'un de ses plus beaux films à François Truffaut.
« Comme dans les oeuvres de Paul Bowles, se mêlent à l'itinéraire de cette femme, qui se révèle à elle-même, tension narrative et étrangeté... Captivant et surprenant... » Joyce Carol Oates
Veuve depuis peu, Yvonne, la cinquantaine, accepte l'invitation de ses enfants à une croisière en Méditerranée. Avant de retrouver les siens, elle a décidé de séjourner une semaine seule à Datça, sur la côte turque, où elle avait passé sa lune de miel vingt-huit ans auparavant, pour se replonger dans le souvenir des jours heureux.
Ces souvenirs la perturbent plus qu'ils ne lui apportent de réconfort, et le séjour, avec son cortège de rencontres insolites, ne se déroule pas comme prévu. Il n'y a guère qu'avec Ahmet, petit pêcheur de coquillages qui ne parle pas un mot d'anglais, qu'Yvonne parvient à oublier ses soucis. Jusqu'à ce qu'un tragique accident vienne semer le chaos dans sa vie...
Dans ce livre troublant et sensible, Vendela Vida, l'auteur remarquée de Sans gravité, réussit un très beau portrait de femme. Sa prose détachée et sobre, sa finesse d'observation restituent la grâce et les zones d'ombre des sentiments, et la quête intérieure qu'évoque le voyage.
« Le portrait brillant et convaincant d'une femme qui cherche à soulager une douleur qui ne peut pas vraiment disparaître. » The New York Times
« Un formidable talent pour retracer le parcours de la mémoire et des émotions. Une variation élégante sur la manière dont la mort et la distance resserrent les liens entre les êtres. » Kirkus Reviews