Le musée de l'Innocence

Le musée de l'Innocence
Pamuk Orhan
Ed. Gallimard/Du monde entier

Kemal, un jeune homme d'une trentaine d'années, est promis à Sibel, issue comme lui de la bonne bourgeoisie stambouliote, quand il rencontre Füsun, une parente éloignée et plutôt pauvre. Il tombe fou amoureux de la jeune fille et, sous prétexte de lui donner des cours de mathématiques, la retrouve tous les jours dans l'appartement vide de sa mère. En même temps, il est incapable de renoncer à sa liaison avec Sibel.
C'est seulement quand Füsun disparaît, après les fiançailles entre Sibel et Kemal célébrées en grande pompe, que ce dernier comprend à quel point il l'aime. Kemal rend alors visite à sa famille et emporte une simple règle lui ayant appartenu : ce sera la première pièce du musée qu'il consacrera à son amour perdu. Puis il avoue tout à Sibel et rompt les fiançailles.
Quand, quelque temps après, Kemal retrouve la trace de Füsun, mariée à son ami d'enfance Feridun, son obsession pour la jeune femme mont encore d'un cran...
Le musée de l'innocence est un grand roman nostalgique sur l'amour, le désir et l'absence, une nouvelle preuve de l'immense talent de l'écrivain turc.

 

Le cimetière de Prague

Le cimetière de Prague
Eco Umberto
Ed. Grasset

Trente ans après Le Nom de la rose, Umberto Eco nous offre le grand roman du XIXe siècle secret. De Turin à Paris, en passant par Palerme, nous croisons une sataniste hystérique, un abbé qui meurt deux fois, quelques cadavres abandonnés dans un égout parisien. Nous assistons à la naissance de l'affaire Dreyfus et à la création de l'évangile antisémite, Les Protocoles des Sages de Sion. Nous rencontrons aussi des jésuites complotant contre des francs-maçons, des carbonari étranglant les prêtres avec leurs boyaux. Nous découvrons les conspirations des renseignements piémontais, français, prussiens et russes, les massacres dans le Paris de la Commune où l'on se nourrit d'illusions et de rats, les coups de poignard, les repaires de criminels noyés dans les vapeurs d'absinthe, les barbes postiches, les faux notaires, les testaments mensongers, les confraternités diaboliques et les messes noires...

Les ingrédients sont donc réunis pour faire de ce savoureux feuilleton un diabolique roman d'apprentissage. Tout est vrai ici, à l'exception de Simon Simonini, protagoniste dont les actes ne relèvent en rien de la fiction mais ont probablement été le fait de différents auteurs. Qui peut, cependant, l'affirmer avec certitude ? Lorsque l'on gravite dans le cercle des agents doubles, des services secrets, des officiers félons, des ecclésiastiques peccamineux et des racistes de tous bords, tout peut arriver...

 

R.U.R. Rossum's Universal Robots

R.U.R. Rossum's Universal Robots
Capek Karel
Ed. Mino/La Différence

Rossum, un scientifique génial, invente un robot. Ses successeurs le perfectionnent et la société Rossum's Universal Robots commence à les produire en masse. Les robots sont des machines capables de penser qui s'imposent comme une force de travail extraordinairement peu coûteuse, productive et sans prétentions, mais manquent de vie spirituelle et de sentiments. Des millions de robots remplacent progressivement les hommes - et la compagnie R.U.R. gagne des milliards. Les hommes devenus anachroniques et inutiles sont condamnés à l'inactivité et à l'oisiveté. L'humanité tombe vite en décadence, perd sa capacité à se développer, ne procrée plus. Les robots font les guerres et finissent par se révolter contre leurs maîtres - les hommes. Leur but est de tuer tous les hommes parce que les robots s'estiment beaucoup plus parfaits et ne veulent plus être commandés par eux.

 

Le temps qui va, le temps qui vient

Le temps qui va, le temps qui vient
Kawakami Hiromi
Ed. Philippe Picquier

C'est non pas une coupe de saké mais un poisson à la main que l'on pénètre dans ce petit quartier commerçant de Tôkyô. Car c'est surtout dans la boutique du poissonnier amateur de Cocteau que se rencontre la chaleureuse communauté de gens qui l'habitent. Chacun à son tour prend la parole dans une manière de fugue à la composition surprenante, à la fois très structurée et d'apparence aussi aléatoire que le hasard qui enchevêtre ces vies les unes aux autres. De chapitre en chapitre, les fils de ces existences séparées peu à peu se rejoignent et dessinent un motif qui ne deviendra pleinement lisible qu'aux derniers accords de la fin.

Il est question de solitude et de rencontres, de passions secrètes, de joies modestes mais délectables, et l'écriture ne se fait jamais plus légère que lorsqu'il s'agit d'évoquer les choses graves.

Mystères de Lisbonne

Mystères de Lisbonne
Castelo Branco Camilo
Ed. Michel Lafon

«Ce roman n'est pas un roman : c'est un journal de souffrances, véridique, authentique et justifié.»

Un homme meurt à Rio, laissant dans sa chambre un manuscrit qui commence ainsi : «J'étais un garçon de quatorze ans, et je ne savais pas qui j'étais.»

Et nous voilà aussitôt plongés dans la Lisbonne du XIXe siècle. João est orphelin. Interne dans un collège religieux, il est élevé par l'énigmatique Père Dinis, qui lui dévoile un jour le douloureux secret de sa naissance.

Dès lors, entraîné dans une quête où ce qu'on tient pour acquis se révèle incertain, où les personnages endossent des identités multiples au gré des lieux et des époques, le jeune homme n'aura de cesse de démêler l'écheveau de son histoire...

 

Trois romans chinois

Trois romans chinois
Nakajima Atsushi
Ed. Allia

La vertu, voyez-vous, c'est la faculté de jouir. Nakajima Atsushi

Présentation de l'éditeur

Trois courts romans inspirés des classiques chinois : Wujing, un monstre angoissé, s'embarque aux côtés du célèbre singe pèlerin Wukong, Zilu, un bretteur mal dégrossi, tombe amoureux de Confucius, puis le dernier texte retrace les destins croisés de différents personnages partis guerroyer contre les nomades Xiongnu.

 

Des lanternes à leurs cornes attachées

Des lanternes à leurs cornes attachées
Jha Radhika
Ed. Philippe Picquier

C'est à une Inde nouvelle que nous convie ce roman qui s'attache à une héroïne originale et hautement symbolique : une vache.

Une vache surgit de la forêt. C'est le début d'une grande histoire d'amour qui va faire de l'humble Ramu et de sa femme Lakshmi les sauveurs de leur village. Jusque-là le village de Nandgaon vivait à l'écart du monde, dans une sorte de paradis soigneusement préservé. A l'insu de tous et en rupture avec la coutume, Lakshmi va faire inséminer la génisse venue de la jungle. La vie du village en sera bouleversée. Dans cette composition soigneusement orchestrée, Radhika Jha manifeste son amour pour son pays et les hommes simples qui l'habitent, confrontés à une nature à la fois féroce et maternelle. Son roman s'enracine dans la terre et le coeur de l'Inde, celle des fêtes, des rites et des dieux, celle aussi des notables et des sous-préfectures, évoqués avec humour lorsque germe en eux la graine de la cupidité. Son roman résonne en nous comme une parabole, une de ces épopées de vie et de mort qui se transmettront de génération en génération pour expliquer comment le village de Nandgaon s'ouvrit un jour avec délices aux joies et aux vices de la modernité.

Le polygame solitaire

Le polygame solitaire
Udall Brady
Ed. Albin Michel

Après Le Destin miraculeux d'Edgar Mint, Brady Udall raconte l'histoire exceptionnelle d'une famille non moins exceptionnelle. À quarante ans, le très mormon Golden Richards, quatre fois marié et père de vingt-huit enfants, est en pleine crise existentielle. Son entreprise de bâtiment bat de l'aile, son foyer est une poudrière minée par les rivalités et les menaces d'insurrection. Rongé par le chagrin depuis la mort de deux de ses enfants, il commence sérieusement à douter de ses qualités de père et de sa capacité à aimer. Golden Richards, tragiquement fidèle à ses idéaux, se sent seul. Mais dans le désert du Nevada, il va découvrir que l'amour est une mine inépuisable.

Porté par une verve aussi féroce qu'originale, Le polygame solitaire nous parle avec humour du désir et de la perte, de la famille et de l'amour.

« Un sérieux candidat au titre de Grand Roman Américain. »
Publishers Weekly

« Le portrait ironique et sympathique d'une famille spectaculairement dysfonctionnelle. » The New York Times

« Brady Udall maîtrise son intrigue complexe et la psychologie de ses personnages, tout à la fois admirables et impressionnants. » The Chicago Tribune

« Comme il l'a brillamment démontré dans Le Destin miraculeux d'Edgar Mint, Brady Udall excelle dans l'art de faire parler et penser les enfants. » The Washington Post

 

Zuleika Dobson. Une histoire d'amour à Oxford

Zuleika Dobson. Une histoire d'amour à Oxford
Beerbohm Max
Ed. Monsieur Toussaint Louverture

Attirante, séduisante, fascinante... la jeune Zuleika Dobson l'est sans aucune limite. Prestidigitatrice de renommée mondiale, elle parle comme un écrivain fin de siècle et traîne, en vraie femme fatale, autant de bagages que de prétendants. Lorsqu'elle peut enfin rendre visite à son grand-père, recteur d'Oxford, tous les étudiants tombent inévitablement à ses pieds. Malheureusement pour eux, elle ne pourra aimer qu'un homme totalement imperméable à ses charmes... Si bien que tous décident - par dandysme, par amour ou encore par bêtise -, en une macabre contagion, de mourir pour elle.

Histoire d'amour, de suicide collectif et de régates nautiques, cette fantaisie raffinée, magnifiquement écrite, emporte la rigide Oxford et ses acteurs - jeunes hommes transis d'amour, fantômes en colère, dieux calculateurs et statues inquiètes - dans un tourbillon d'extravagances.

Zuleika Dobson est une oeuvre rare et rafraîchissante, exquise réussite d'un écrivain trop méconnu. Né en 1872, « l'incomparable Max » Beerbohm, comme l'avait surnommé George Bernard Shaw, était victorien jusqu'à un certain point, ironique jusqu'à un autre et espiègle sur toute la ligne. Caricaturiste de talent, critique littéraire proche d'Oscar Wilde, ami de Somerset Maugham et de Truman Capote, c'est non sans panache qu'à 23 ans il publie ses oeuvres complètes...

Ont été traduits en français L'hypocrite heureux : un conte de fées pour hommes fatigués (Grasset) et l'étonnant Sept personnages (Joëlle Losfeld). Mais on doit surtout à Max Beerbohm des essais piquants comme « L'empire du rouge », et de très nombreuses caricatures. Il signe ici son unique roman, dont nous proposons une traduction entièrement révisée et habilement illustrée, qui fait enfin honneur à ce qu'il est : une perle de la littérature anglaise.

Oiseau de malheur

Oiseau de malheur
Sinisalo Johanna
Ed. Actes Sud

Avec ce voyage inoubliable en terre inconnue, Johanna Sinisalo retrouve le style rythmé et la délicate touche de fantastique qui ont fait le succès de Jamais avant le coucher du soleil. Alternativement, Heidi et Jyrki, les deux narrateurs, nous racontent les péripéties d'une randonnée au coeur des régions les plus sauvages d'Australie et de Nouvelle-Zélande, pays de l'oiseau Kéa. Cet animal mythique, surnommé 'le clown des montagnes', saura-t-il imposer sa loi aux visiteurs qui ont fait intrusion dans son univers ?

Ce roman d'un retour à la nature permet à Johanna Sinisalo d'exprimer une nouvelle fois son désir de tourner le dos à la société de consommation, de voir au-delà du factice et de livrer ses personnages à la nature sauvage, cadre dans lequel ils perdent tous leurs repères et renouent avec leurs instincts primitifs : haine, violence, angoisse et croyances archaïques...

 

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