Maxwell Sim est un loser de quarante-huit ans. Voué à l'échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l'échec à l'âge adulte (sa femme le quitte, sa fille rit doucement de lui), il s'accepte tel qu'il est et trouve même certaine satisfaction à son état.
Mais voilà qu'une proposition inattendue lui fait traverser l'Angleterre au volant d'une Toyota hybride, nantie d'un GPS à la voix bouleversante dont, à force de solitude, il va tomber amoureux. Son équipée de commis-voyageur, représentant en brosses à dents dernier cri, le ramène parmi les paysages et les visages de son enfance, notamment auprès de son père sur lequel il fait d'étranges découvertes : le roman est aussi un jeu de piste relancé par la réapparition de lettres, journaux, manuscrits qui introduisent autant d'éléments nouveaux à verser au dossier du passé. Et toujours Max pense à la femme chinoise et à sa fille, aperçues dans un restaurant en Australie, dont l'entente et le bonheur d'être ensemble l'ont tant fasciné. Va-t-il les retrouver ? Et pour quelle nouvelle aventure ?
Brouillant joyeusement les cartes de la vérité et de l'imposture, Coe l'illusionniste se réserve le dernier mot de l'histoire, qui ne manquera pas de nous surprendre.
Plus d'une génération va se reconnaître dans ce roman qui nous enchante avec un humour tout britannique, bien préférable au désespoir.
Venu au monde au terme d'une ahurissante grossesse de vingt-quatre mois, un enfant répondant au patronyme de Poitier se voit affublé par une mère aussi rebelle qu'excentrique de l'impossible prénom de Pas Sidney, lequel semble n'avoir d'autre vertu, le temps passant, que de condamner son fils à rejouer dans la 'vraie vie' certains des rôles interprétés par l'acteur principal du célèbre film des années 1960, Devine qui vient dîner ?...
En contrepartie de ce menaçant destin, sa mère, à sa mort, lègue également à l'enfant une colossale fortune issue des dividendes d'actions jadis acquises par elle dans une jeune entreprise du nom de CNN, fondée par son vieil ami, Ted Turner. Flanqué d'une Jane Fonda en tenue d'aérobic, l'extravagant roi des médias prend en charge la formation de l'orphelin, qui s'initie à la gestion de son patrimoine tout en se découvrant pourvu de surnaturels dons d'hypnose... et d'une embarrassante capacité de séduction.
Victime de la concupiscence érotique de son environnement féminin immédiat, en butte à la brutalité raciste des forces de police comme à l'hostilité de ses camarades d'université, tétanisé par les fantasques conseils d'un très déconcertant professeur de 'philosophie du non-sens' du nom de Percival Everett, et maintes fois sauvé du désastre par son capital en dollars, Pas Sidney Poitier progresse dans l'existence comme dans un champ de mines, au fil d'un roman d'initiation aussi drolatique que grinçant, dans une Amérique contemporaine confrontée au pesant héritage de la question raciale.
Parfois, à mesure que notre vie s'avance, ceux que nous avons aimés et qui, pour toujours, nous ont quittés viennent nous visiter. C'est ce que vivent les héros de ces nouvelles. Commence alors pour eux, dans l'âpreté grandiose d'une île, l'intemporelle beauté d'une ville italienne ou la violence assourdissante d'un cap méditerranéen, un pèlerinage auprès d'une ombre, ou plutôt d'une absence. Car c'est de la présence des morts en nous et de notre propre survie dans la pensée des morts que nous parlent ces étranges récits, à la fois réalistes dans leur facture et mystérieux dans leur intention.
Comédie de moeurs, tableau social de l'Angleterre des vingt dernières années, mais surtout sublime histoire d'amour, Un jour est le livre qui a fait chavirer l'Europe tout entière. Superbement construit, un roman drôle et lucide sur l'amitié, le passage à l'âge adulte, les occasions manquées, les illusions perdues.
Lui, Dexter, issu d'un milieu aisé, séduisant, sûr de lui, insouciant.
Elle, Emma, d'origine modeste, charmante qui s'ignore, bourrée de complexes, de principes et de convictions.
Nous sommes le 15 juillet 1988. Margaret Thatcher est au pouvoir, la new wave bat son plein, Dexter et Emma viennent de passer une nuit ensemble. Ces deux-là ne le savent pas encore mais ils ont vécu un coup de foudre.
D'année en année, Dexter et Emma vont se chercher, se perdre, s'aimer, se détester, se séparer, et finir par comprendre qu'ils ne sont jamais aussi heureux que lorsqu'ils sont ensemble.
Nous sommes le 15 juillet 2004. Tony Blair est Premier ministre, Robbie Williams cartonne et la vie, la vie qui va, réserve encore bien des surprises...
Ce roman se présente comme un récit parallèle à la chronique de l'historien Jabarti, témoin oculaire de la conquête de l'Egypte par Bonaparte en 1798. Il serait l'oeuvre d'un jeune disciple possédant quelques rudiments de français qui vont lui permettre d'être recruté à l'Institut d'Egypte, en tant que sous-bibliothécaire. Il peut ainsi fréquenter des Français, observer de près leurs moeurs, s'informer de leurs idées. Il note ce qu'il voit et entend d'un ton généralement neutre, parfois amusé, et n'hésite pas à consigner ses émois amoureux. On apprend ainsi qu'une Française - et pas n'importe laquelle puisqu'il s'agit de Pauline Fourès, la maîtresse de Bonaparte ! - lui a accordé ses faveurs. Cependant, copiste et informateur de Jabarti, il est aussi au courant de tout ce qui se passe en Egypte, et ne manque pas de dénoncer les crimes commis par les mamelouks et les Ottomans, ou les compromissions des grands 'turbans' locaux.
Roman historique, Turbans et chapeaux n'en reste pas moins une oeuvre d'une brûlante actualité. Ecrit lors de l'invasion américaine de l'Irak, il explore, avec la vigueur qui a fait la renommée de Sonallah Ibrahim, l'histoire des relations orageuses entre les Arabes et l'Occident depuis deux siècles.
Ce roman est le livre d'un voyage ou plutôt d'un double voyage : celui que fait un jeune journaliste jusqu'à une bourgade appelée Oreille-de-Chien, à plus de trois mille mètres d'altitude sur la cordillère des Andes, mais également celui, parallèle, qui le projette à l'intérieur de lui-même, vers les tréfonds de ses souvenirs.
Nous sommes au Pérou, quelques années après la chute de Fujimori et la fin de la « guerre sale » entre le Sentier lumineux et l'armée régulière péruvienne. Pendant ce conflit meurtrier, les paysans indiens d'Oreille-de-Chien ont été tués indistinctement par les guérilleros et les patrouilles militaires qui ont mené dans la zone une répression d'une violence extrême. C'est pourquoi le nouveau président, Alejandro Toledo, choisit le village pour lancer l'un de ses programmes sociaux destinés aux populations andines, un geste politique fort et hautement symbolique.
Comme bien d'autres journalistes de la capitale, le protagoniste est envoyé couvrir l'événement, mais il n'imagine pas ce qui l'attend dans ces montagnes où il va s'éprendre d'une Indienne et découvrir un autre visage de son pays et de lui-même.
Par petites touches, avec une écriture agile, fine et intelligente, Iván Thays restitue l'atmosphère irréelle d'Oreille-de-Chien et plonge son lecteur dans un univers dense et magique où les tensions culturelles et ethniques restent très vives. Son récit est une grande histoire d'amour et de haine, mais aussi un regard nouveau sur le Pérou actuel, à l'heure des politiques de la mémoire et du triomphe de la mondialisation.
'Un individu sans famille ne se sent jamais aussi seul que le soir de la Saint-Nicolas. C'est alors un paria, une pauvre créature inutile, sans raison d'être, au milieu de cette foule galvanisée qui ondule dans les rues, les mains chargées de paquets, la tête pleine de rimes, le coeur plein d'attentes...'
Ainsi commence le texte que le jeune Casper-Jan van der Sevensterre est en train d'écrire, un texte qu'il doit remettre le lendemain matin au rédacteur en chef de l'Amsterdam-Hebdo : une dernière chance pour ce jeune journaliste dont les précédents articles n'ont pas convaincu la rédaction.
Sans plus d'inspiration, Sevensterre quitte le café dans lequel il s'était installé. Inquiet pour son avenir, sans famille et plus seul que jamais au soir de la Saint-Nicolas.
La scène se passe dans les années 1930, le froid de ce début de décembre est mordant, la pauvreté et l'angoisse du jeune homme le placent dans une situation peu propice à la création littéraire.
Pourtant, ce soir-là, contre toute attente, un livreur anonyme dépose sur le seuil de sa pension un paquet à son nom, un petit colis dans lequel se cache une étoile de grenats accompagnée d'un parchemin...
Ecrite en 1949, cette fantastique histoire d'étoile menée dans la pure tradition des feuilletons anglais est aujourd'hui publiée sous une forme légèrement modifiée par l'auteur. Un livre jubilatoire, pour le plus grand plaisir du lecteur.
Mission : De sa tribune d'orateur paroissial, un missionnaire belge en Afrique raconte sa vie. Il parle de son réel désir d'améliorer le sort des habitants qu'il côtoie, loin des discours du Vatican et de l'opulence matérialiste de la Flandre actuelle. Mais le retour de la guerre au Congo est aussi régulier qu'inéluctable, malgré la ferveur de cet homme pieux, souvent juste. Loin de la caricature du 'bon père blanc', ce soliloque, plein d'humour et de coups de gueule face à l'horreur, est inspiré d'entretiens avec des missionnaires belges toujours actifs au Congo.
L'Ame des termites : Un cours sur les termites, par un biologiste bientôt à la retraite, est le prétexte à une confession sur une histoire d'amour adultère, au Katanga, en 1962. L'ordre scientifique se perd dans un tourbillon de culpabilité, de remords et de passion.
'Ma mission est devenue claire pour moi dès que j'ai lu ta nouvelle Bérénice. Elle était écrite pour moi n'est-ce pas maître tu m'as envoyé un signe. Je vais leur montrer comment leur nouveau monde va finir.
Je vous apprendrai la peur.'
Samuel, deuxième lettre au maître.
Nicolaj Frobenius restitue l'univers fantastique d'Edgar Allan Poe à travers le prisme de sa relation avec le critique littéraire Rufus W. Griswold. Fasciné et peut-être même secrètement amoureux de Poe, le critique influent mènera le double jeu pervers de l'amitié et de la démolition systématique tout au long de sa vie.
Parallèlement, Samuel Reynolds, esclave en cavale et ami d'enfance de Poe, se croit investi d'une mission terrifiante.
Le célèbre mythe selon lequel Edgar Allan Poe serait mort avec le nom de Reynolds sur les lèvres trouve ici une effroyable origine...
Dénouant les liens ambigus qui unissent ces trois destins, l'auteur du Valet de Sade signe son grand retour avec une intrigue passionnante, entre biographie romanesque et thriller psychologique.
Et si le monde tel que nous le connaissons s'arrêtait demain ? Détérioration du climat, épidémies, chaos politique, restriction des libertés... « Ces choses que nous n'avons pas vues venir », Steven Amsterdam en a fait la matière de son premier livre. Dans un no man's land qui ressemble à s'y méprendre aux États-Unis, l'écrivain invente un roman d'anticipation étrangement actuel, sur les traces d'un personnage qui, de l'enfance à l'âge adulte, survit à la désintégration de son univers.
Tout, de la puissance et la justesse des images et des émotions à l'humour noir de l'auteur, interroge notre humanité et notre tragique capacité à nous adapter. Au coeur de ce tableau apocalyptique où la terre est traversée par des torrents de pluie et où des employés d'une agence pour l'emploi lisent dans vos pensées, le style limpide et sans fioritures de Steven Amsterdam annonce un incontestable talent.
« Ce livre est une petite merveille, qui déborde d'idées. Effrayant, drôle, choquant et émouvant tout à la fois, il allie le plaisir de la lecture au choc de l'avertissement salutaire. » The Guardian