Neuf hommes, âgés de 17 à 73 ans, tous à une étape différente de leur vie et dispersés aux quatre coins de l'Europe, essayent de comprendre ce que signifie être vivant. Tels sont les personnages mis en scène par David Szalay à la façon d'un arc de cercle chronologique illustrant les âges de la vie. En juxtaposant ces existences singulières au cours d'une seule et même année, il montre les hommes tels qu'ils sont : tantôt incapables d'exprimer leurs émotions, provocateurs ou méprisables, tantôt hilarants, touchants, riches d'envies et de désirs face au temps qui passe. Et le paysage qu'il nous invite à explorer, multiple et kaléidoscopique, apparaît alors au fil des pages dans sa plus troublante évidence : il déroule le roman de notre vie.
L'artiste et activiste raconte son enfance à New York où, dès ses premières années d'école, il décida qu'il était un garçon plutôt qu'une fille et où il vécut dans la pauvreté et la violence auprès d'une mère accro aux médicaments qu'il dénonça à la protection de l'enfance. Il livre ses réflexions sur les normes qui enferment, la question du genre et l'amour filial.
À quoi pourraient bien ressembler la « machine à arrêter le temps », les « boucles d'oreilles-réveil », le « traducteur chien-humain », le « livre infini », l'« effaceur de mémoire »... ces multiples inventions dont recèle la littérature ? Joueurs inventifs, Eduardo Berti et Monobloque nous en offrent un inventaire aux allures oulipiennes.
L'auteur s'interroge sur la manière dont l'homme interprète l'histoire du monde. Il propose de réécrire cette dernière en huit textes, mettant en scène Antoine de Saint-Exupéry, Matsuo Basho, Marina Abramovic, Youri Gagarine et d'autres personnalités, en tenant compte des secrets et des omissions que certains nomment conspiration universelle.
En quatre parties, intitulées du nom des saisons, l'auteur (1937-2003) cherche à retrouver, entre souvenirs personnels et érudition, entre exigence narrative et discours scientifique, ce qu'est et ce que fut la région du Rio de la Plata, son histoire, sa culture, sa civilisation. Un portrait à la fois satirique, spirituel et onirique.
« Je n'ai jamais su ce qu'elle faisait Plaza Irlanda. » La mort tragique de sa compagne Helena sur cette grande place de Buenos Aires plonge le narrateur vers des territoires inconnus : ceux d'une vie nouvelle à laquelle il n'était pas préparé ; ceux d'une ville qu'il doit désormais aborder sans elle. Avec une attention qui se porte sur des détails infimes et quotidiens, il évoque des souvenirs de leur existence partagée et des situations de sa vie sans Helena. La douleur n'est jamais pathétique, une douce tristesse berce souvent le récit par un ton ingénu, subtilement ironique.
Recueil de nouvelles célébrant l'amour et la vie tout en luttant contre le temps et l'oubli afin de préserver le souvenir des êtres chers disparus.
Un livre dans lequel on apprend qu’Une rose est une rose est une rose est une rose et où Gertrude Stein donne la pleine mesure de son écriture – répétitive, musicale et poétique. Mécène et porte-parole du cubisme, elle en a assimilé l’esprit dans ce livre destiné à l’origine aux enfants qui devint rapidement un des textes majeurs de l’avant-garde.
Rose est une petite fille. Elle a un cousin, Willie, avec qui elle découvre le monde ; parfois concret, parfois absurde celui-ci se dérobe puis se révèle. Rose n’en cherche pas le sens, elle veut simplement en faire partie.
Vus à travers le prisme enfantin, les êtres et les objets se montrent complexes et toujours étonnants.& La répétition des mots amène à une compréhension intuitive du monde de Rose. Le texte s’enroule autour du sujet et donne rythmes et couleurs aux mots.
Ecrit pour qu’on en ait du plaisir, Le Monde est rond nous parle des territoires de l’enfance.
A propos de cette nouvelle édition…
Ce texte, emblématique de l’œuvre de Gertrude Stein, fut publié pour la première fois en 1939 par William R. Scott à New York. Il était accompagné d’illustrations de Clement Hurd et imprimé en bleu sur pages roses. On retrouvera un clin d’oeil à ces couleurs dans la présente édition, ainsi que l’usage de la typographie Futura, en vogue à l’époque.
Le Monde est rond est probablement un des premiers, et peut-être même le seul texte cubiste pour enfants.
Il fut traduit en français en 1984 par Françoise Collin et Pierre Taminiaux pour les éditions Deuxtemps Tierce.
La version qui est proposée ici s’appuie sur leur travail. En s’approchant au plus près du texte anglais, Anne Attali, grâce à sa double culture franco-américaine et sa connaissance particulière de ce texte, s’est attachée à conserver aux mots leur simplicité mais aussi leur ambiguïté.
Comme le lecteur le percevra dans le texte anglais, les jeux de sons et de sens sont omniprésents, et parfois difficiles à traduire en français. Souvent nous avons préféré privilégier le sens, maudissant l’absence d’équivalent en français !
L’écriture de Gertrude Stein dégage un sentiment d’étrangeté qui déjoue nos attentes et nous entraîne dans un monde poétique, proche de la comptine, du temps de l’enfance. Nous avons essayé de ne pas gommer ces aspects-là.
En 1934, Gertrude Stem retourne aux États-Unis son pays natal, après plus de trente ans d'exil, pour y donner une série de conférences. L'écrivain a alors soixante ans. Établie à Paris, elle y est connue pour sa collection d'art, son amitié avec Picasso, sa poésie réputée difficile. Elle est aussi nouvellement célébrée pour L'Autobiographie d'Alice Toklas, publiée en 1933, qui lui apporte une attention dont elle était jusque-là relativement frustrée. La tournée américaine durera huit mois et connaîtra un important succès ; Stein y expose ses idées sur la littérature en général et sur la sienne en particulier. À l'invitation de Thornton Wilder, universitaire et romancier, elle intervient à l'Université de Chicago pour quatre conférences qui sont publiées aux États-Unis dès 1935 sous le titre Narration, et sont traduites pour la première fois en français dans ce volume. Stein tente d'y définir ce qui constitue la spécificité de la littérature américaine, la ligne de séparation entre poésie et prose, les conditions de possibilité du récit. Elle ne propose cependant pas une théorie des genres ; la langue des conférences contourne l'explication académique, provoque plutôt, la pensée par sa poésie propre. (présentation de l'éditeur)
Le livre de cuisine d'Alice Toklas n'est pas un livre de recettes. C'est, au sens propre, un livre de cuisine. Et la cuisine est une grille de lecture du monde, depuis la disposition du potager jusqu'au plat achevé en passant par l'ordonnance de la table et l'assortiment des convives. Un livre de cuisine, c'est un livre de culture, et c'est presque un livre de philosophie dans un pays comme la France où manger n'est pas seulement se nourrir. La cuisine est même, pour Alice Toklas et Gertrude Stein, la clé de la France.