La guerre du foot et autres guerres et aventures

Couverture non disponible
Kapusckinski Ryszard
Ed. Plon

Lutter contre le silence revient-il plus cher que faire la guerre au bruit ?

Après Ebène qu'on avait déjà beaucoup apprécié pour la véracité de ses témoignages sur ces sempiternelles dictatures qui naissent à l'aube et meurent au coucher du soleil, sur le continent Noir. Pour ses chroniques sur les petites gens qui vivent de rien au quotidien, qui attendent le gong dans les faubourgs de métropoles recouvertes de taules, mais qui se relèvent presque en dansant comme par dérision. L'auteur, avec ses invraisemblables rencontres dans les déserts et sur les pistes africaines, nous revient avec un livre en forme d'interrogations sur les acteurs et le sens de ces conflits qui déchirent avec constance ces États géométriques tracés comme sur le cadran d'un flipper. Perplexe, il s'interroge sur sa fonction de journaliste et doute inlassablement de la presque embarrassante matière qu'il a accumulée au cours de ses voyages sur des continents qui ont droit aux honneurs des communiqués quand ailleurs il ne se passe rien. Il y a dans ce livre, à côté d'un humour toujours vivace et un grand sens de l'observation, la peur du vide, de l'absurde (cette guerre du foot entre le Salvador et le Honduras), des incompréhensions et des laissés-pour-compte. Ces événements décrits entre 1958 ? début des indépendances africaines ? et 1980 sont hélas toujours d'actualité, comme si les hommes qui partaient à la guerre avaient fait fi de l'histoire, mais comment pouvaient-ils la connaître ? Les guerres auxquelles on participe ne sont-elles pas définitivement les meilleures ?

Politique étrangère 4/2004 - Hiver 2004-2005

Politique étrangère 4/2004 - Hiver  2004-2005
Revue
Ed. Ifri

Au sommaire : Les nouveaux enjeux du Moyen-Orient. Aux frontières de l'Europe élargie. La Chine, acteur régional et global.

Les livres du Grip n°278-279

Les livres du Grip n°278-279
Revue
Ed. Complexe

' Par quelle aberration a-t-on pu croire, après la chute du Mur, que la disparition d'un adversaire signifiait l'abolition de l'adversité ?

Par quelle sottise a-t-on pu considérer que l'Homo economicus allait pacifier la planète, et que les conflits subsistants n'étaient que des vestiges du passé, des bavures exotiques ? Je l'explique à la manière de Tchékhov. Par le très grand plaisir que les hommes ont à dormir. ' La Cerisaie ' est vraiment la grande pièce sur les dix dernières années que nous venons de passer. Tous les protagonistes, qu'ils soient propriétaires ou intellectuels, y sont acquis à l'idée que finalement tout s'arrange toujours, que le mal n'est que le fourrier du bien. Cet esprit-là domine en Occident depuis 1989. C'est ainsi que l'on a pu, sans rire, voir Fukuyama célébrer la victoire des Etats-Unis sur l'Union soviétique exactement dans les même termes que Kojève pensait fêter la victoire de Staline sur l'Occident? Fêter la victoire de Staline en 1937 et la victoire de Wall Street en 1987 exactement dans les mêmes catégories intellectuelles aurait tout de même dû poser un problème, non ? '
André Glucksman, in Le Nouvel observateur, janvier 2002.

La nouvelle Alternative/Politique et société à l'Est/vol. 19, N°62 - octobre 2004

La nouvelle Alternative/Politique et société à l'Est/vol. 19, N°62 - octobre 2004
Revue
Ed. Nouvelle Alternative

' Par quelle aberration a-t-on pu croire, après la chute du Mur, que la disparition d'un adversaire signifiait l'abolition de l'adversité ?

Par quelle sottise a-t-on pu considérer que l'Homo economicus allait pacifier la planète, et que les conflits subsistants n'étaient que des vestiges du passé, des bavures exotiques ? Je l'explique à la manière de Tchékhov. Par le très grand plaisir que les hommes ont à dormir. ' La Cerisaie ' est vraiment la grande pièce sur les dix dernières années que nous venons de passer. Tous les protagonistes, qu'ils soient propriétaires ou intellectuels, y sont acquis à l'idée que finalement tout s'arrange toujours, que le mal n'est que le fourrier du bien. Cet esprit-là domine en Occident depuis 1989. C'est ainsi que l'on a pu, sans rire, voir Fukuyama célébrer la victoire des Etats-Unis sur l'Union soviétique exactement dans les même termes que Kojève pensait fêter la victoire de Staline sur l'Occident? Fêter la victoire de Staline en 1937 et la victoire de Wall Street en 1987 exactement dans les mêmes catégories intellectuelles aurait tout de même dû poser un problème, non ? '
André Glucksman, in Le Nouvel observateur, janvier 2002.

Hollywood, le Pentagone et Washington

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Valantin Jean-Michel
Ed. Autrement

Cinéma, armée et politique : bon ménage à trois ?

Depuis plusieurs décennies, les superproductions hollywoodiennes se succèdent sur les écrans des salles obscures. Parmi ces nombreux films, Jean-Michel Valantin, chercheur au Centre interdisciplinaire de recherches sur la paix et d'études stratégiques (CIRPES), distingue une catégorie très particulière et loin d'être innocente : le « cinéma de sécurité nationale ».
Tantôt allégorique ou symbolique, tantôt mobilisateur, parfois critique, ce type cinématographique met en scène les grands mythes fondateurs de la nation américaine avec la bénédiction des hautes instances militaires et politiques de l'Etat. Comédies, thrillers, films de guerre ou de science fiction se révèlent ainsi de formidables moyens de diffusion des discours sécuritaires et militaristes auprès de l'opinion publique. Depuis la guerre froide, le cinéma de sécurité nationale décrit les menaces réelles ou virtuelles qui pèsent sur les Etats-Unis. Cette « production de la menace » permettant de légitimer les options stratégiques élaborées au sommet de l'Etat grâce au consensus établi par l'intermédiaire de certaines créations cinématographiques. Les décideurs américains s'appuient ainsi sur une opinion publique largement influencée par un média pratiquement incontournable.
Une réflexion pertinente à l'heure où les médias audiovisuels oscillent entre information et mise en scène de la réalité. Dans pareil contexte, l'esprit critique est plus que jamais nécessaire pour analyser et décrypter le grouillement de tout ce qui nous est donné à connaître.

La Seconde Guerre mondiale : stratégies, moyens, controverses, chronologie, filmographie

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Masson Philippe
Ed. Tallandier

Synthèse remarquable, réflexion pertinente et outil de travail incontournable.

Historien spécialisé en histoire militaire, Philippe Masson a le don d'expliquer remarquablement les conflits complexes qui ont bouleversé le XXe siècle. Cette nouvelle synthèse consacrée à la Seconde Guerre mondiale est à rapprocher du dictionnaire raisonné publié voici huit ans sous la direction de J.-P. Azéma et F. Bédarida (édition épuisée, voir références ci-dessous). Mais il s'en distingue toutefois - car le propos est ici de présenter via cinq grands axes de réflexion, une analyse approfondie des aspects stratégiques, géopolitiques, techniques, économiques, etc. qui ont fait des années 1939-1945 un pivot majeur de l'histoire du XXe siècle.
Philippe Masson met également en lumière l'historiographie de la Seconde Guerre mondiale et précise des événements tels que les bombardements de villes qui ont donné lieu à des interprétations variées voire à d'âpres controverses parmi les historiens. Un autre point fort de ce volume est son précis chronologique qui en 170 pages fournit un outil de travail particulièrement complet et détaillé. Les cinéphiles apprécieront en outre l'abondante filmographie qui agrémente cet ouvrage. Ce livre, qui met l'accent sur les différents niveaux de lecture de l'histoire, s'avère un indispensable outil pour la connaissance de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.
1938-1948. Les année de Tourmente de Munich à Prague, s. dir. Jean-Pierre AZEMA & François BEDARIDA, Paris, Flammarion, 1995, 1064 p. Attention, cette référence est mentionnée ici à titre indicatif, car l'ouvrage est épuisé.

L'Europe à table

Couverture non disponible
Plouvier Liliane
Ed. Labor

Un cours d'histoire dans la cuisine

Liliane Plouvier est historienne et marche dans les pas de Jean-Louis Flandrin, fondateur de la gastronomie historique. Elle nous livre ici le résultat de recherches menées au sein du Centre de gastronomie historique de Bruxelles.
Ces deux volumes présentent un large éventail des pratiques alimentaires depuis les origines jusqu'aux environs de l'an Mil (tome 1) et du milieu du moyen âge à nos jours (tome 2). Chaque volume contient un exposé historique sur l'évolution des pratiques alimentaires, reposant principalement sur l'analyse des livres de cuisine, dont les plus anciens nous proviennent de la civilisation de l'antique Mésopotamie. Une seconde partie dévoile de nombreuses recettes et fournira au lecteur l'occasion de s'essayer à la réalisation des recettes antiques, médiévales ou modernes. Amateurs de nourritures spirituelles ou terrestres se délecteront de cet ouvrage.
Pour ceux qui ont un plus grand appétit, on verra également dans le domaine de l'histoire culinaire :
Les particules alimentaires. Naissance de la gastronomie au XVIe siècle, Maurice BENSOUSSAN, Paris, Maisonneuve & Larose, 2002, 187 p. ISBN 2-7068-1615-5, 23 euros.
Histoire des peurs alimentaires. Du moyen âge à l'aube du XXe siècle, FERRIERE (Madeleine), Paris, Seuil, 2002, 477 p. (L'univers historique), ISBN 2-02-047661-4, 25 euros.
L'ordre des mets, FLANDRIN (Jean-Louis), Paris, Odile Jacob, 2002, 300 p., ISBN 2-7381-1052-5, 22,50 euros.
Histoire de l'alimentation, s. dir. Jean-Louis Flandrin & Massimo Montanari, Paris, Fayard, 1996, 650 p., ISBN 2-213-59457-0, 42,75 euros.

Futuribles/Analyse et prospective/ N° 303 - décembre 2004

Futuribles/Analyse et prospective/ N° 303 - décembre 2004
Revue
Ed. Futuribles

' Par quelle aberration a-t-on pu croire, après la chute du Mur, que la disparition d'un adversaire signifiait l'abolition de l'adversité ?

Par quelle sottise a-t-on pu considérer que l'Homo economicus allait pacifier la planète, et que les conflits subsistants n'étaient que des vestiges du passé, des bavures exotiques ? Je l'explique à la manière de Tchékhov. Par le très grand plaisir que les hommes ont à dormir. ' La Cerisaie ' est vraiment la grande pièce sur les dix dernières années que nous venons de passer. Tous les protagonistes, qu'ils soient propriétaires ou intellectuels, y sont acquis à l'idée que finalement tout s'arrange toujours, que le mal n'est que le fourrier du bien. Cet esprit-là domine en Occident depuis 1989. C'est ainsi que l'on a pu, sans rire, voir Fukuyama célébrer la victoire des Etats-Unis sur l'Union soviétique exactement dans les même termes que Kojève pensait fêter la victoire de Staline sur l'Occident? Fêter la victoire de Staline en 1937 et la victoire de Wall Street en 1987 exactement dans les mêmes catégories intellectuelles aurait tout de même dû poser un problème, non ? '
André Glucksman, in Le Nouvel observateur, janvier 2002.

Alternative libertaire N°42 (278) - décembre 2004

Alternative libertaire N°42 (278) - décembre 2004
Revue
Ed. Alternative libertaire

' Par quelle aberration a-t-on pu croire, après la chute du Mur, que la disparition d'un adversaire signifiait l'abolition de l'adversité ?

Par quelle sottise a-t-on pu considérer que l'Homo economicus allait pacifier la planète, et que les conflits subsistants n'étaient que des vestiges du passé, des bavures exotiques ? Je l'explique à la manière de Tchékhov. Par le très grand plaisir que les hommes ont à dormir. ' La Cerisaie ' est vraiment la grande pièce sur les dix dernières années que nous venons de passer. Tous les protagonistes, qu'ils soient propriétaires ou intellectuels, y sont acquis à l'idée que finalement tout s'arrange toujours, que le mal n'est que le fourrier du bien. Cet esprit-là domine en Occident depuis 1989. C'est ainsi que l'on a pu, sans rire, voir Fukuyama célébrer la victoire des Etats-Unis sur l'Union soviétique exactement dans les même termes que Kojève pensait fêter la victoire de Staline sur l'Occident? Fêter la victoire de Staline en 1937 et la victoire de Wall Street en 1987 exactement dans les mêmes catégories intellectuelles aurait tout de même dû poser un problème, non ? '
André Glucksman, in Le Nouvel observateur, janvier 2002.

Qantara/Magazine de cultures arabe et méditerranéenne N°53 - automne 2004

Qantara/Magazine de cultures arabe et méditerranéenne N°53 - automne 2004
Revue
Ed. Institut du Monde Arabe

' Par quelle aberration a-t-on pu croire, après la chute du Mur, que la disparition d'un adversaire signifiait l'abolition de l'adversité ?

Par quelle sottise a-t-on pu considérer que l'Homo economicus allait pacifier la planète, et que les conflits subsistants n'étaient que des vestiges du passé, des bavures exotiques ? Je l'explique à la manière de Tchékhov. Par le très grand plaisir que les hommes ont à dormir. ' La Cerisaie ' est vraiment la grande pièce sur les dix dernières années que nous venons de passer. Tous les protagonistes, qu'ils soient propriétaires ou intellectuels, y sont acquis à l'idée que finalement tout s'arrange toujours, que le mal n'est que le fourrier du bien. Cet esprit-là domine en Occident depuis 1989. C'est ainsi que l'on a pu, sans rire, voir Fukuyama célébrer la victoire des Etats-Unis sur l'Union soviétique exactement dans les même termes que Kojève pensait fêter la victoire de Staline sur l'Occident? Fêter la victoire de Staline en 1937 et la victoire de Wall Street en 1987 exactement dans les mêmes catégories intellectuelles aurait tout de même dû poser un problème, non ? '
André Glucksman, in Le Nouvel observateur, janvier 2002.

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